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N° 155
MEUBLE D'ENTRE DEUX Formé d'une encoignure à ressaut central. Il est en placage de bois indigènes marqueté au centre sur des fonds de bois tabac d'un chiffre : A.E dans des encadrements à guirlandes de feuilles de laurier rubanées. Les côtés en léger retrait ornés de cubes et de réserves à fond de ronce. Frise de bronze doré d'entrelacs et cul-de-lampe à feuille d'acanthe. Plateau de marbre brèche rouge. Estampille de J.H. Riesener. Époque Louis XVI. (Modifié et légères fentes). Hauteur : 88 cm - Largeur : 83 cm - Profondeur : 28 cm. GD Jean-Henri Riesener(1734-1806) reçu maître en 1768. Ce modèle de meuble à porte s'inspire librement des meubles créés par l'ébéniste Jean-François Oeben dans la première décennie de la seconde moitié du XVIIIe siècle (pour des exemples de meubles à portes de cet ébéniste voir notamment R. Stratmann-Döhler, Jean-François Oeben, Paris, 2002, p. 56 et 57). Il reprend également le dessin des encoignures d'Oeben, à façade à panneau de marqueterie florale environné de panneaux de marqueterie de faux cubes (pour un exemplaire de ce type voir l'exemplaire conservé au Victoria and Albert Museum de Londres reproduit dans R. Stratmann-Döhler, op. cit., p. 58). Dans ce même musée, provenant de la célèbre collection Jones, est conservé un bas d'armoire de Riesener présentant une composition proche (illustré dans Bracket, Catalogue of the Jones Collection, planche 33). À la mort d'Oeben en 1763, Riesener épouse sa veuve et prend la direction de l'atelier, devenant ainsi le successeur attitré de l'ébéniste avant même d'obtenir ses lettres de maîtrise en 1768. Pendant cinq années de 1763 à 1768, et peut-être même au-delà, les meubles qui sortent de l'atelier portent l'estampille de Jean-François Oeben. Considérant la date de maîtrise de Riesener et sa composition de goût Transition, le bas d'armoire présenté peut être daté raisonnablement entre 17698 et 1775, période au cours de laquelle Riesener devient ébéniste du Garde-Meuble de la Couronne. Toutefois nous pouvons noter la persistance de l'influence d'Oeben particulièrement dans son décor de bronze ciselé et doré caractéristique de l'ébéniste et qui se retrouve sur nombre de ses meubles (voir A. Pradère, French Furniture Makers, The Art of the Ebénistes from Louis XVI to the Revolution, Tours, 1989 ; ainsi que F. Watson, Louis XVI Furniture, Londres, 1960). Quant aux panneaux de marqueterie, ils font eux aussi référence aux oeuvres de l'ébéniste de Madame de Pompadour. En effet quelques beaux meubles ornés de panneaux de marqueterie de faux cubes apparaissent dans l'oeuvre d'Oeben, qui avait une prédilection pour ce type de décor géométrique, citons particulièrement une commode provenant de l'ancienne collection Guedes de Souza conservée au J. Paul Getty Museum (G. Wilson et C. Hess, Summary Catalogue of European Decorative Arts in the J. Paul Getty Museum, 2001, p. 17, catalogue n° 31). Ce meuble d'entre-deux présente la particularité d'offrir un panneau central marqueté d'un chiffre composé des initiales A et E entrelacées. Ce type de décor apparaît uniquement sur des meubles de commandes et avait pour but de valoriser un événement spécifique ou un personnage en particulier. De rares meubles répertoriés présentent ainsi des monogrammes rapprochés de personnalités de la famille roylale ou d'importants collectionneurs de l'époque. Tel est le cas pour le célèbre bureau plat du Roi conservé à Waddesdon Manor offrant un double L, ainsi que pour le secrétaire à cylindre du comte d'Orsay aujourd'hui à la Wallace Collection à Londres, orné des initiales ORS. Que dire d'un bureau à cylindre de Riesener conservé dans la Wallace collection et présentant le chiffre SR, sans doute pour Stanislas Rex, ce qui laisse supposer qu'il était destiné à Stanislas Leszczynski, ancien roi de Pologne et beau-père de Louis XV. Nous pouvons également rapprocher le meuble présenté d'un secrétaire à abattant de Leleu portant en façade les initiales NL évoquant peut-être le mariage en 1760 entre le banquier de la Cour Jean-Joseph de La Borde (1724-1794) et Rosalie Nettine (1737-1815), fille de la banquière de l'Impératrice-Reine Marie-Thérèse d'Autriche (vente à Paris, Ader, Picard, Tajan, le 29 novembre 1973, lot 119). Mentionnons enfin, une commode estampillée de Riesener, de décor particulièrement proche : même frise d'entrelacs en ceinture, cul-de-lampe identique, panneaux en marqueterie de faux cubes, et panneau central à médaillon décoré de guirlandes de laurier et de branches d'olivier renfermant le monogramme marqueté LR (vente Sotheby's, Paris, le 15 décembre 2003, lot 107). D'origine germanique Jean-Henri Riesener (1734-1806) était considéré, déjà de son temps, comme le plus important ébéniste de la période Louis XVI. Tout d'abord réalisant des meubles encore très marqués par le style Transition de Jean-François Oeben, il sut se démarquer du maître pour développer son propre style. Tout en travaillant pour une riche clientèle composée de personnalités de la Cour, de banquiers et de fermiers généraux, il devint l'ébéniste favori de la reine Marie-Antoinette et fournit la quasi-totalité des meubles pour les palais royaux pendant une dizaine d'années.

MEUBLE D'ENTRE DEUX Formé d'une encoignure à ressaut central. Il est en placage de bois indigènes ma…
Enchère terminée
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