lot 167

BUREAU À CYLINDRE
PAR JEAN-JACQUES PAFRAT (Mort EN 1793)
PARIS, ÉPOQUE LOUIS XVI, vers 1785
Acajou moucheté, bronzes dorés, marbre blanc veiné gris et cuir
H. 120 cm, L. 166 cm, P. 73 cm
Longueur totale avec les tablettes coulissantes: 246 cm
Ce secrétaire de très grande dimension aux formes rectilignes et intégralement plaqué en acajou moucheté, présente une ceinture à caissons enfermant un large tiroir central souligné de deux écoinçons. Il est flanqué de quatre petits tiroirs latéraux sur deux colonnes. Chacun d'eux fermant à clef est rehaussé d'un encadrement sobrement composé de filets de perles. Ceux du caisson sont simulés et forment un coffre. Deux tablettes à coulisses, garnies de leurs maroquins à liserés dorés et de leurs boutons de tirage, sont dissimulées dans les petits côtés du meuble. Le volet convexe en quart de cylindre est sobrement orné d'une frise d'encadrement en bronze doré, reprise sur les flancs de ce meuble. Il ouvre par deux poignées en bronze ciselé et doré, découvrant ainsi une large tablette coulissante occupant toute la largeur du bureau, garnie aussi d'un maroquin à liserés dorés, ainsi que quatre tiroirs, dont un formant écritoire, et trois casiers. Un gradin à trois layettes encadrées de filets de perles et rythmées de motifs en triglyphes surmonte le meuble. Il est couronné d'un plateau en marbre blanc veiné gris ceint d'une galerie ajourée. Les montants du meuble en quart de rond, cannelés et rudentés sont prolongés par quatre pieds fuselés, également cannelés, ornés de bagues et de sabots en bronze doré à bandeaux amatis.
Ce modèle de bureau où les «lattes mouvantes» sont remplacées par un quart de cylindre a été imaginé par Jean-Henri Riesener pour en simplifier l'exécution.
Le recours au placage d'acajou est caractéristique du mobilier de l'époque Louis XVI, lui donnant la sobriété et l'élégance réclamée par la rigueur néoclassique.
Etabli à Paris, rue de Charonne, Jean-Jacques Pafrat produisit essentiellement des meubles d'une très grande qualité d'exécution et de finition, marquant une nette préférence pour les lignes sobres et épurées et la beauté des bois de placage au détriment des ornements de bronzes qu'il utilisa avec modération. Il se plaçait ainsi en droite
ligne avec le courant rationaliste en vogue à Paris dans les années 1785.
Le Journal des Luxus résumait parfaitement cette tendance en déc larant, en 1787, que «l'esprit d'un véritable mobilier, confortable et de bon goût, est dans la commodité, la simplicité et la pureté des lignes». Une commode et un secrétaire Louis XVI en acajou estampillés I. Pafrat sont actuellement conservés dans les collections du château de Versailles.

Bibliographie:
Pierre Kjellberg, Le Mobilier français du XVIIIe siècle, Ed. de l'Amateur, Paris, 2002, modèles similaires reproduits page 676