Lot 10

Albert-Ernest Carrier-Belleuse (1824-1887)
La Source
Sculpture en marbre blanc
Signé « Carrier-Belleuse » sur la terrasse en bas à gauche
H. : 172 cm
Restaurations au cou et au bras droit

Provenance : Famille Biron, de tradition, par descendances depuis 1887.
Littérature en rapport :
- Albert-Ernest Carrier-Belleuse, Application de la figure humaine à la décoration et à l’ornementation industrielles, Goupil et Cie, 1884 ;
- June Ellen Hargrove, The life and Work of Carrier-Belleuse, Garland Pub., 1977, p.289 et particulièrement les planches 194, 294, 295
- Sous Dir. June Ellen Hargrove et Gilles Gradjean, Carrier-Belleuse Le Maître de Rodin, catalogue de l’exposition tenue à Compiègne, Palais, 22 mai – 27 octobre 2014.

Cette œuvre monumentale en marbre représentant une allégorie de la Source sous les traits d’une jeune femme drapée à l’antique tenant sur la hanche une cruche d’eau renversée a été exécutée par Carrier-Belleuse, artiste fécond et directeur d’un vaste atelier à la production profuse et prisée dans la seconde moitié du XIXe siècle.
Grand dessinateur, Carrier-Belleuse a publié dès 1866, puis en 1884, des ouvrages de dessins dont le second intitulé Application de la figure humaine à la décoration et à l’ornementation industrielle dans l’esprit des recueils de modèles de la Renaissance. La grande particularité de son art est de promouvoir la figure humaine comme principal sujet décoratif. Si l’on connaît de lui plus généralement ses bustes en terre cuite et ses petits bronzes d’édition, Carrier-Belleuse décline aussi ses figures humaines en tout matériaux et en toutes dimensions dans l’art figuratif, notamment à partir du moment où il est nommé directeur des travaux d’art à la manufacture de Sèvres en 1875. Notre œuvre en marbre, de taille monumentale, témoigne de son expérience dans la sculpture à grande échelle, liée à des commandes architecturales ou à des décors urbanistiques. Il participe en effet aux grands chantiers officiels du Second Empire (à l’instar de ceux des Tuileries, du Louvre ou de l’Opéra) pour lesquels il réalise des groupes allégoriques, telles la Nymphe des eaux ou les Quatre Saisons du casino de Vichy bâti en 1865, deux grandes torchères en bronzes pour l’hôtel particulier de la Païva en 1867 ou encore vingt-quatre cariatides en pierre pour la cour vitrée du tribunal de commerce en 1868. Dans le grand escalier de l’Opéra il se distingue par la réalisation de ses Torchères au tambourin et à la couronne, groupes qu’il réalise en galvanoplastie pour Christofle en 1873. Carrier-Belleuse a aussi été l’un des principaux sculpteurs des fonderies d’art Durenne et du Val d’Osne pour lesquelles il fournit de nombreux modèles pour l’édition en série de fontaines ou candélabres. Parmi ses sujets allégoriques, ceux se reliant à l’élément Eau et au thème de la Source sont récurrents, comme en témoignent la Nymphe marine qu’il exécute en 1874 pour la Fontaine de la place du Théâtre Français (Comédie Française), une statuette en terre cuite intitulée la Source de 65 cm et un buste en terre cuite dénommé L’E au de 50 cm présentés toutes les deux aux ventes de 1883 et 1887. On lui connaît également des dessins et des esquisses en plâtre et cire réalisés pour un projet de pavillon- fontaine dans les années 1880 qui s’inspirent directement des grands ouvrages architecturaux classiques du XVIIIe siècle.

Location of the item
France - 75002 Paris