Lot 13

EDGAR MORGAN 
Broche en forme de libellule en or rose 18k (750 millièmes) et argent. Diamants de tailles anciennes (rose, old mine, Peruzzi, Mazarin…). Le corps est en saphirs ovales de taille ancienne et les yeux en rubis. Epingle dévissable. Aussi beau de dessus que de dessous. Un diamant desserti. 
Dimensions : 6,1 x 5,4 cm. 
Poids brut : 15,7 g. 
 
Qui est Edgar Morgan ? C’est un des grands oubliés de la joaillerie parisienne et il a eu une renommée qui a largement dépassé les frontières de la France. Seules quelques pièces sont connues de lui et c’est un immense plaisir pour Millon Belgique de vous présenter cette splendide libellule. 
A Paris, ses écrins montrent qu’il est installé 17, Rue de la Paix. Rue bien connue des grands joailliers, reliant l’Opéra à la Place Vendôme. Mais ce ne fut pas sa première adresse, en effet, à la date d’insculpation du 3 avril 1879, les archives indiquent que son atelier se trouve 19, Rue Monsigny, près de l’Opéra et de la Rue de la Paix où il s’établira une fois son art reconnu. Le 17, Rue de la Paix, est une adresse convoitée. En 1848, Eugène Jacta est un orfèvre qui, à cette adresse, bénéficie du patronage de l’impératrice. En 1868, Jacta est racheté par Eugène Bassot qui est négociant en diamants et perles et expert au tribunal civil de la Seine. En 1886, son atelier est repris par Edgar Morgan. Connu pour proposer de la joaillerie de qualité supérieure, Edgar Morgan semble avoir disposé d’œufs Fabergé pour sa clientèle. Il réalise la couronne du Couronnement Solennel de Notre-Dame de Guadalupe en 1895 pour l’Archevêque de Mexico, représentant du pape. Edgar Morgan se base alors sur les dessins préparatoires du Mexicain Romulo Escudero. Morgan n’a pas qu’une bijouterie à Paris. Il s’installe à Nice au 10 Quai Masséna ou 10 Avenue Masséna (il s’agit probablement de la Place Masséna). On trouve sur un document de 1908 une adresse supplémentaire à Biarritz. Le croisement de ces données permet de situer la date de la libellule à la toute fin du XIXe siècle.