Lot 150

GROUPE en albâtre sculpté en ronde-bosse représentant Vénus et Cupidon. Debout sur un tertre, un dauphin à ses pieds, la divinité est vêtue seulement d’un drapé laissant son buste entièrement dénudé ; elle se tourne vers l’Amour qui se tient à ses côtés, désarmé, les pieds sur son carquois ; sa chevelure est retenue en chignon qui laisse échapper une longue mèche ondulée reposant sur son épaule droite.
Attribué à Gaspard Marsy, vers 1670/75
Hauteur : 84 cm
Terrasse en marbre
Provenance : probablement collection Talard, vente Paris, 22 mars 1756, lot 950.
Manque le bras droit de Vénus et le gauche de Cupidon, érosion.

Il s’agit vraisemblablement de la statue en albâtre originale, de localisation inconnue, à laquelle fait référence François Souchal dans son ouvrage sur les sculpteurs français des 17 et 18e siècles. Dans l’inventaire après décès de l’atelier de Balthazard Marsy († 1674), frère de Gaspard, il est en effet fait mention d’une Venus avec Cupidon et dauphin en albâtre. Souchal établit un rapprochement avec le lot 950 de la vente Talard du 22 mars 1756 :  " Venus accompagnée de l’Amour : figure d’Albâtre ; elle est de Gaspard Marsi …. Elle a 31 pouces de proportion … ". Cette Vénus serait ainsi le modèle d’une des deux statues, le Midi et le Matin, illustrant chacune une des quatre heures de la journée, que Le Brun commanda à Gaspard pour orner le Parterre d’eau de Versailles. Selon les instructions du peintre, chaque allégorie devait s’inspirer de l’Iconologie de Ripa, Midi était ainsi représentée sous les traits de Vénus et Cupidon. Bien que cela soit Gaspard qui ait été commissionné, la présence de la statue d’albâtre dans l’atelier de son frère laisse penser que Balthazard participa aussi à l’élaboration des modèles. Les 31 pouces de la Vénus de la vente Talard - c’est-à-dire environ 84 cm – correspondent parfaitement à la Vénus d’albâtre proposée ici ; l’érosion visible sur la partie supérieure de la sculpture indique sa conservation durant plusieurs décennies dans un endroit humide depuis son enlèvement de l’atelier du sculpteur.
Ouvrage consulté: F. Souchal, French sculptors of the 17th and 18th centuries -The reign of Louis XIV, Vol III, Ed. Cassirer, 1987, n°48 a et b, p.60.
Expert : Madame Laurence Fligny