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ABD-UL-HAMID II (Sultan). Catalogue des perles, pierreries, bijoux et objets d'art précieux: le tout ayant appartenu à S. M. le Sultan Abdul- Hamid II, dont la vente aura lieu à Paris; Galerie Georges Petit [et] Hôtel Drouot, commissaire-priseur Lair Dubreuil, expert R. Linzeler; Paris, 1911. In-4, VII-58 pp. et 27 planches en bistre, dont une à double page (419 notices); broché, couverture illustrée de la toghra et rempliée. Catalogue avec 419 numéros et une préface de Jean Richepin - Avec la «Carte d'entrée à l'Exposition Particulière». PREFACE «Embrasser dans une vue d'ensemble les principales manifestations de cette civilisation chez les peuples où elle a régné, reproduire toutes les merveilles qu'elle a laissées en Espagne, en Egypte, en Syrie, en Perse et dans l'Inde, n'avait pas encore été tenté. Les arts eux-mêmes, les plus connus pourtant des éléments de la civilisation arabe, n'avaient pas encore été soumis à cette étude d'ensemble ». C'est ainsi que Gustave le Bon introduisait voilà plus d'un siècle, dans son ouvrage fondateur, « La Civilisation des arabes », le monde arabe et islamique. Aussi, que de terrain parcouru en l'espace d'un siècle pendant lequel une vieille et austère discipline philologique va se draper de ses plus beaux atours et prendre rang parmi les plus jeunes et prolifiques disciplines scientifiques: l'orientalisme. Cela fut possible grâce, d'abord, à la formidable entreprise de documentation par les relevés, dessins, photographies réalisés par des pionniers tels que Murphy, Jones et Goury, Giraud de Prangey, Roberts, Luynes, D'Allemagne, Marteau, Migeon et autres Lamm et Simonov, tous réunis dans notre présent ensemble. Cela fut aussi possible grâce à l'effort considérable de persévérance pour exhumer les textes, les réunir, les déchiffrer et les publier, avec des Sédillot, des Leclerc et des Sacy, permettant ainsi à la chirurgie de Abulcassis et aux sciences mathématiques et astronomiques d'Al-Battani et d'Ibn Younis de briller encore aujourd'hui de mille feux. Et si le monument de Casiri « Bibliotheca Arabico-Hispana « dont l'originalité consiste dans la fusion et la conciliation de la science orientale avec les goûts et les tendances de la chrétienneté espagnole du XVIIIè siècle, deux siècles après la Pragmatica de Philippe II visant les Morisques, ceci prouve l'unité du savoir humain et l'irréversible avancée de l'histoire universelle. De l'Alhambra de Grenade aux marchés de Peshawar, la diversité des regards photographiques réunie dans cette vente illustre sinon rappelle l'extraordinaire richesse de la civilisation arabo-musulmane. Successions de grands courants, d'immenses empires, d'âpres conquêtes et interaction de la présence coloniale, les grands mouvements historiques qui traversent cette civilisation ont fait naître dans l'objectif des photographes de l'Occident et de l'Orient des témoignages bouleversants par leur force esthétique et documentaire. De l'usage du daguerréotype et du calotype, à la grande diffusion des tirages albuminés jusqu'à la mise au point des films souples et des nouveaux appareils instantanés utilisés par Paul Nadar au cours de son Voyage au Turkestan, l'histoire de la collecte de ces témoignages venus d'Orient suit également pas à pas les progrès techniques de la photographie dans la seconde moitié du XIXe et à l'aube du XXe siècle. Si la lumière qui émerge d'une civilisation éclaire aussi celle qui l'étudie et l'observe, nous devons considérer avec admiration l'histoire de cet Orient qui au-delà des rêves et des fantasmes raconte aussi l'avancée considérable apportée à la connaissance historique et scientifique du monde. Abdelaziz Ghozzi Antoine Romand