Animalia et taxidermie

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PELECANIFORMES-Eudocimus ruber Ibis rouge Threskiornitidae La collection ELIE-LEFEBVRE Le naturaliste connaît parfois des bonheurs inattendus, tel celui de découvrir la collection que la baronne ELIE-LEFEBVRE abritait encore récemment en son château de Canteleu, près de Rouen. L'ensemble compte80 oiseaux dont les archives de la famille permettent de connaître l'origine avec certitude, ce qui en fait toute la valeur. Commencée en mai 1836 par Antoine ELIE-LEFEBVRE, la collection fut à sa mort, en 1850, entretenue et complétée par son frère Charles-Louis qui mourut en 1861. On peut envisager plusieurs étapes dans la réunion de cette collection. Une première tranche, très cohérente dans son contenu et sa réalisation, a été assemblée par le même homme assisté du même taxidermiste. Cette tranche comprend essentiellement des Trochilidae (oiseaux-mouches) auxquels s'ajoutent d'autres spécimens appartenant à des espèces d'origine sud-américaines dont les étiquettes font état des années 1840-1850. Des archives de la famille relèvent des achats d'oiseaux, entre 1836 et 1848, auprès de Félix-Archimède POUCHET, alors directeur du muséum de Rouen qui se rendit célèbre en élaborant une théorie tendant à prouver la génération spontanée. A cette époque, à Rouen, au nom de POUCHET on associe immédiatement celui d'Alcide Dessalines d'ORBIGNY, grand voyageur naturaliste qui fit parvenir au Muséum de Paris, entre 1830 et 1834, pas moins de 1520 spécimens d'oiseaux dont plus de 200 furent considérés à l'époque comme appartenant à des espèces nouvelles, non encore décrites. D'ORBIGNY préférait de beaucoup la paléontologie à l'ornithologie, et, s'il profita de son voyage circum-andin qui dura six ans, de 1826 à 1834, pour collecter un maximum d'oiseaux, il s'associa à son retour, au baron Noël-Frédéric-Armand-André de LAFRESNAYE (1783-1861), grand collectionneur d'oiseaux, pour décrire et exploiter ses récoltes. D'ORBIGNY et LAFRESNAYE étaient normands. Ils furent donc tout naturellement en contact avec le milieu scientifique rouennais dont POUCHET et...les frères ELIE-LEFEBVRE puisque l'un d'eux, Charles-Louis, fut reçu à l'Académie de Rouen en 1818. Si l'on ajoute qu'un fils de POUCHET fut nommé à la chaire d'Anatomie Comparée du Muséum de Paris, on voit bien que cette partie de la collection ELIE-LEFEBVRE est contemporaine de l'arrivée en France des premiers spécimens d'oiseaux sud-américains, d'où son considérable intérêt à la fois historique et scientifique. On peut donc légitimement penser que, par le biais d'achats ou d'échanges, des spécimens ramenés par d'ORBIGNY ou LAFRESNAYE puissent se trouver dans la collection ELIE-LEFEBVRE La seconde tranche de la collection se compose d'oiseaux de facture plus tardive - comme l'indique la stylistique - aux postures plus dynamiques. Le choix des espèces devient plus aléatoire, plus «purement» esthétique ; toutefois, on remarque quand même un certain nombre de Paradiseidae et de Psittacidae. Cet ensemble comporte également des espèces australasiennes. Enfin quelques oiseaux à répartition paléarctique viennent très probablement du domaine du château ou de ses environs immédiats. Ces dernières catégories sont de facture inégale, confortant l'idée de compléments de la collection au fil du temps par divers successeurs de son initiateur. On peut assurément estimer qu'aucun spécimen n'a été naturalisé postérieurement à la première guerre mondiale, si l'on excepte un Colin de Californie sans doute issu d'une basse-cour d'agrément, ou quelques autres au socle imparfait et non définitif. Il n'y a pas dans les archives de la famille de traces de descendants des initiateurs qui auraient pu compléter et entretenir la collection. On peut cependant frémir à l'idée que le château a abrité durant la 2ème guerre mondiale plus de trois cents soldats SS et officiers de la Wehrmacht qui auraient pu ne pas épargner la collection. Peut-être se sont-ils contentés d'en distraire quelques exemplaires ? La prévention contre les insectes ayant été bien menée au fil du temps, la principale dégradation observée est due à la lumière dont les effets sur les couleurs métalliques sont notables au niveau de certains spécimens, 35 environ, exposés sur quelques étagères placées face à une fenêtre. La collection ELIE-LEFEBVRE, outre son état sanitaire actuel, présente donc d'incontestables points d'intérêt. Parmi les éléments valorisants, on doit noter, outre une valeur historique, une valeur scientifique indéniable, et un ensemble de valeurs muséographiques et esthétiques. On peut en particulier remarquer que tous les Trochilidae sont montés sur des perchoirs en os tourné, de fabrication apparemment exclusive, puisque jamais rencontrés ailleurs à notre connaissance. Ce qui souligne encore plus le caractère normand de la collection, puisqu'à l'époque les matières dures tournées étaient l'apanage des artisans dieppois qui avaient la quasi-exclusivité du travail de l'ivoire. RÉGLEMENTATION Tous les éléments présentés dans cette vente sont des « spécimens travaillés acquis plus de cinquante ans auparavant » selon la définition de l'Article 2, point w) du Règlement (CE) n° 338/97 du Conseil du 9 décembre 1996. Ils peuvent donc bénéficier des dérogations aux interdictions de vente prévues à l'article 32, point c, du règlement (CE) n° 1808/2001 de la Commission du 30 Août 2001 et être vendus « sans qu'aucun document soit exigé ». Au titre du Code (français) de l'Environnement, aucun des spécimens présentés dans cette vente n'a été prélevé dans le milieu naturel de la France métropolitaine après le 19 mai 1981, ni dans les Etats membres de l'Union européenne après le 2 avril 1979. Ils peuvent donc bénéficier des dérogations aux interdictions de vente prévues par l'Arrêté du 29 octobre 2009, article 3 , III ; 4, II ; et, deuxième alinéa. REMERCIEMENTS On ne remerciera jamais assez notre ami Jacques CUISIN, du Laboratoire des Mammifères et Oiseaux du Muséum national d'Histoire naturelle de Paris, d'avoir réussi l'identification de tous les genres et de pratiquement toutes les espèces des Oiseaux qui sont inclus dans cette vente. A lui notre profonde gratitude. R. B. 6

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