lot 49

Emiliano DI CAVALCANTI (1897-1976)  
Troupe de musiciens et danseurs, circa 1935  
Huile sur toile  
Signée en bas à droite Di Cavalcanti  
Dim. : 128 x 154 cm. 50,5 x 60,5 in.  
Restaurations   
Un rapport de condition établi par le cabinet d'expertise Chanoit est disponible sur demande  
Expert : Cabinet Chanoit

Provenance : Succession de Madame V.  
Dans la famille depuis les années 1960  

Emiliano Di Cavalcanti, le grand peintre du Brésil moderne :
Di Cavalcanti est l'un des plus notables participants d'un courant qui à partir des années 30/40 a voulu créer une peinture authentiquement sud-américaine, éloignée des recherches puristes ou abstraites des avant-gardes européennes. Ces artistes (on pourrait citer entre autres les muralistes mexicains Diego Riviero et David Siquieros) souhaitaient donner une image de la société métissée du continent y compris dans ses manifestations populaires quotidiennes et refléter une psychologie et des cultures moins rationalistes. Ils furent néanmoins influencés par certaines modernités plastiques de l'art parisien du début du XXe siècle : le cubisme et la libération fauviste de la couleur. Né à Rio de Janeiro en 1897, Di Cavalcanti fréquente les intellectuels et artistes d'avant-garde de Sao Paulo.
Dès 1917, il participe à la manifestation « Semana de Arte » et adhère dans les années 30 à la Sociedade Pró-Arter Moderna (SPAM), mouvements de renouveau de l'art brésilien issus de sources autochtones. Il séjourne à Paris entre 1923 et 1925 y rencontre Matisse, Braque, Léger et Picasso ; puis une seconde fois avec sa femme entre 1937 et 1940. Il s'engage au parti communiste brésilien et sera emprisonné à plusieurs reprises pour ses activités politiques, notamment comme partisan de la Révolution Paulista

Troupe de musiciens et danseurs :
« Troupes de musiciens et danseurs » montre plusieurs femmes mulâtres (c'est une des obsessions picturales du peintre) au repos, habillées de costumes de couleurs, peut-être de carnaval, et qui se détachent sur un fond de paysage moderne (gare avec voie ferrée, immeubles industriels). Bien que les vêtements de fête soient de couleurs pures et joyeuses, les expressions des visages traduisent en contraste la tristesse de la condition des métisses défavorisés de la société brésilienne. Le style et les formes utilisés par Di Cavalcanti reflètent une exubérance et une poésie formelle caractéristiques de la psychologie et de la culture sud-américaine