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CHARPENTIER (François). Lettre autographe signée de son paraphe. Paris, 30 août [1683]. 4 pp. in-4.CHARPENTIER (François). Lettre autographe signée de son paraphe. Paris, 30 août [1683]. 4 pp. in-4. L'Académicien François Charpentier – dont le nom seul mettait Boileau en fureur – fait d'abord le RÉCIT DE L'AUDIENCE ROYALE OÙ, AU NOM DE L'ACADÉMIE FRANÇAISE, IL PRÉSENTA SES CONDOLÉANCES À LOUIS XIV POUR LA MORT DE LA REINE MARIE-THÉRÈSE d'Autriche, survenue le 30 juillet précédant : « Je vous escris, Monsieur, arrivant de Fontainebleau où nous avons esté saluer le roy sur la mort de la reyne. Vous serez assez estonné que l'Académie, ayant à sa tête monsieur de Cordemoy qui en est directeur et Mr l'évesque de Meaux qui est chancelier [l'avocat, philosophe cartésien et historien Géraud de Cordermoy et Jacques- Bénigne Bossuet], la parole me soit escheue , vous voyez, Monsieur, ce que la compagnie [l'Académie] y a perdu. Nous avons salué le roy, Monseigneur [le Grand Dauphin] et Madame la Dauphine. Vous apprendrez d'ailleurs quel en as esté le succès, mais JE VOUS LAISSE À PENSER SI CE N'EST PAS S'EXPOSER BEAUCOUP QUE D'ALLER À L'AUDIANCE DU PLUS GRAND ROY DU MONDE, QUI VOUS ATTEND AVEC TOUTE SA MAJESTÉ, ET DANS UN SILENCE QUI FAIT FRAYEUR. Cependant je n'en suis pas mort et je crois que ce sont vos bonnes prières qui m'ont tiré heureusement de ce péril. En un mot, on m'a escouté, on m'a souff ert, et nos confrères m'ont embrassé, ce n'est pas peu. Car vous sçavez qu'ils ne sont pas fort caressans... » IL FAIT ENSUITE ICI UN ÉLOGE FUNÈBRE FORT PEU ÉLOGIEUX DE L'HISTORIEN FRANÇOISEUDES DE MÉZERAY, ancien secrétaire perpétuel de l'Académie française, mort également le 30 juillet 1683 : « ... Pouvoit-il se plaindre d'un siècle où il avoit fait une si grande fortune avec si peu de mérite. Voilà, Monsieur, comment il nous a trompez tous en voulant passer pour homme de bien tandis qu'on peut dire de luy que C'ESTOIT L'ÂME LA PLUS LASCHE ET LA PLUS INTÉRESSÉE QUI EÛT JAMAIS ESTÉ... Après cela, Monsieur, fi ons-nous à ces gens qui font les Catons & les Aristides. Plus j'examine les hommes, plus je me confi rme dans l'opinion que ceux qui ont un dégoust pour toutes choses ont l'esprit de travers. Ne faisoit-il pas beau voir cette vilaine chauve-souris se moquer des cignes et des aigles... »

Description


CHARPENTIER (François). Lettre autographe signée de son paraphe. Paris, 30 août [1683]. 4 pp. in-4.CHARPENTIER (François). Lettre autographe signée de son paraphe. Paris, 30 août [1683]. 4 pp. in-4. L'Académicien François Charpentier – dont le nom seul mettait Boileau en fureur – fait d'abord le RÉCIT DE L'AUDIENCE ROYALE OÙ, AU NOM DE L'ACADÉMIE FRANÇAISE, IL PRÉSENTA SES CONDOLÉANCES À LOUIS XIV POUR LA MORT DE LA REINE MARIE-THÉRÈSE d'Autriche, survenue le 30 juillet précédant : « Je vous escris, Monsieur, arrivant de Fontainebleau où nous avons esté saluer le roy sur la mort de la reyne. Vous serez assez estonné que l'Académie, ayant à sa tête monsieur de Cordemoy qui en est directeur et Mr l'évesque de Meaux qui est chancelier [l'avocat, philosophe cartésien et historien Géraud de Cordermoy et Jacques- Bénigne Bossuet], la parole me soit escheue , vous voyez, Monsieur, ce que la compagnie [l'Académie] y a perdu. Nous avons salué le roy, Monseigneur [le Grand Dauphin] et Madame la Dauphine. Vous apprendrez d'ailleurs quel en as esté le succès, mais JE VOUS LAISSE À PENSER SI CE N'EST PAS S'EXPOSER BEAUCOUP QUE D'ALLER À L'AUDIANCE DU PLUS GRAND ROY DU MONDE, QUI VOUS ATTEND AVEC TOUTE SA MAJESTÉ, ET DANS UN SILENCE QUI FAIT FRAYEUR. Cependant je n'en suis pas mort et je crois que ce sont vos bonnes prières qui m'ont tiré heureusement de ce péril. En un mot, on m'a escouté, on m'a souff ert, et nos confrères m'ont embrassé, ce n'est pas peu. Car vous sçavez qu'ils ne sont pas fort caressans... » IL FAIT ENSUITE ICI UN ÉLOGE FUNÈBRE FORT PEU ÉLOGIEUX DE L'HISTORIEN FRANÇOISEUDES DE MÉZERAY, ancien secrétaire perpétuel de l'Académie française, mort également le 30 juillet 1683 : « ... Pouvoit-il se plaindre d'un siècle où il avoit fait une si grande fortune avec si peu de mérite. Voilà, Monsieur, comment il nous a trompez tous en voulant passer pour homme de bien tandis qu'on peut dire de luy que C'ESTOIT L'ÂME LA PLUS LASCHE ET LA PLUS INTÉRESSÉE QUI EÛT JAMAIS ESTÉ... Après cela, Monsieur, fi ons-nous à ces gens qui font les Catons & les Aristides. Plus j'examine les hommes, plus je me confi rme dans l'opinion que ceux qui ont un dégoust pour toutes choses ont l'esprit de travers. Ne faisoit-il pas beau voir cette vilaine chauve-souris se moquer des cignes et des aigles... »