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COLLECTIONS & SUCCESSIONS
Mobilier & Objets d'Art

mercredi 22 mars 2017 - 14:00
Salle 5-6 - Drouot-Richelieu- 9, rue Drouot 75009 Paris
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N° 2
Ecole LOMBARDE (Brescia) vers 1480-1490
Adoration de l'Enfant
Panneau de dévotion
Panneau (probablement transposé)
H : 52,5 cm, L : 61,5cm

Dans ce panneau, inédit jusqu’ici, on remarquera la manière insolite de présenter sur une même surface picturale les épisodes qui ont accompagné la naissance de Christ qui sont habituellement répartis dans la peinture de dévotion médiévale occidentale entre les panneaux d’un diptyque ou d’un triptyque. Pour en donner l’illusion, le peintre a joué ici avec les montants verticaux de la crèche afin de séparer les diverses scènes représentées : dans la partie supérieure, se détachant sur un ciel lumineux, la scène de l’Annonciation est scindée en deux : à gauche l’ange Gabriel, à droite la Vierge, tous les deux agenouillés. Sous Gabriel, sur fond de paysage architecturé apparaît l’Annonce aux bergers, tandis qu’à droite, sous la Vierge, on assiste au voyage des Rois Mages. Au centre, la crèche, mi-grotte mi-étable, abrite la Vierge, saint Joseph entourés des anges : ils adorent l’Enfant étendu nu sur une couche de paille dans un berceau-mangeoire en présence de l’âne et du bœuf. Dieu le Père placé au-dessus dans un médaillon contemple la scène accosté de deux anges volant. Au premier plan, chiens et moutons du troupeau des bergers dorment ou s’ébattent à leur guise.

Bien que confiné encore dans un style proche du gothique finissant, l’auteur de ce panneau n’en n’est pas moins sensible aux nouveautés de la Renaissance dans le traitement en perspective de la crèche et dans l’expression volumétrique des corps des personnages bien sensibles sous leurs lourds vêtements. Le style de cette œuvre dénote chez son auteur une personnalité artistique nourrie aux sources de l’art flamand dans la composition générale de l’œuvre et le détail réaliste des personnages plébéiens, dans les éléments ornementaux des draperies et le harnachement de la cavalerie qui laissent à penser à un artiste sensible à l’art de Hugo van der Goes dont le triptyque Portinari était arrivé à Florence en 1483. Cependant des éléments plus ponctuels traités avec délicatesse et sans excès d’expressivité ainsi que la luminosité du ciel, lestyle du berceau-mangeoire fabriqué de branchages entrelacés, le détail des animaux, rappelant les carnets de dessins naturalistes des « tacuini sanitatis » du XIVe siècle où les dessins de Pisanello (1395-1456) permettent de placer cette œuvre dans le milieu lombard du XVe siècle.
Rappelons que l’ambiance hétérogène des cours lombardes, celles des chantiers de la chartreuse de Pavie ou du Dôme de Milan ont drainé de nombreux artistes venus du nord de l’Europe comme du sud permettant mixité et réciprocité d’influences auxquelles l’auteur de notre tableau dut être sensible. Mais c’est plus précisément à Brescia, passée sous la domination de Venise, qu’il faut rechercher l‘origine de l’auteur de notre tableau : il y trouve le modèle iconographique de l’Annonciation dans le tableau de Jacopo Bellini arrivé en 1444 dans l’église des servites de Sant’Alessandro de cette cité, la luxuriance des drapés de Paolo da Caylina (documenté à Brescia 1451-1486) ou le style des œuvres du début de la carrière de Vicenzo Foppa (Brescia vers 1427/1430–vers 1515/1516) : le visage de la vierge rappelle celui de La Vierge et l’Enfant et les anges musiciens (Florence Collection Berenson) Dieu le Père doit beaucoup aux Apôtres de la chapelle Averoldi en 1477, le traitement du costume des anges dont la basque blouse sous la taille, l’importance donnée à leurs ailes éployées et diaprées rappellent les anges de la chapelle Portinari à Sant Eustorgio de Milan en 1468. (cf. catalogue de l’exposition, Vicenzo Foppa , un protagonista del Rinascimento, Brescia, Santa Giulia, Museo della città, 3 Mars-2 Juin 2002, respectivement, p.66, n.1 ; p.81,n.19 ; p.30, fig. 2 ; p.41, fig.10).

Ecole LOMBARDE (Brescia) vers 1480 1490 Adoration de l'Enfant Panneau de dévotion Panneau (probablement transposé) H…
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Enchère terminée

N° 9
*Ecole ROMAINE vers 1620
Tête de jeune homme à la plume d'autruche
Toile, anciennement ovale, mise au rectangle
53,5 x 43,5 cm
Au revers, une ancienne attribution à Cristofano Allori
Restaurations anciennes

Oeuvre en rapport:
Concert (toile, 111,8 x 148 cm, Rome, coll. part.), in Richard Spear, Caravaggio and His Followers [cat. expo.], Cleveland Museum of Art, 1971, cat.78 p. 195, repr.


Notre Tête de jeune homme semble être de la même main que le jeune homme à gauche du Concert (cf. œuvre en rapport) ainsi que nous l’a aimablement confirmé Richard Spear après examen photographique du tableau (mail du 19 décembre 2016). Celui-ci nous précise également qu’il ne reconnaît la main de Régnier dans aucun de ces deux tableaux, bien qu’Oreste Ferrari ait attribué le Concert à Régnier; on peut effectivement rapprocher ce tableau des œuvres de Régnier durant son séjour à Rome, alors qu’il était sous l’influence de Bartolomeo Manfredi.
Le visage de notre jeune homme, éclairé par la gauche, se détache du camaïeu de bruns qui forme le fond du tableau. Les reflets lumineux qui s’accrochent aux cheveux et soulignent l’arête du nez animent également les pupilles des yeux largement ouverts. La bouche entr’ouverte, délicatement ourlée, aux tonalités pourprées, transcrit un moment tout juste saisi, où le temps est comme suspendu. Cet instant capté avec une telle sensibilité se retrouve dans le David et Goliath de Nicolas Régnier (toile, 132 x 104 cm, Dijon, musée des Beaux-Arts, inv. 1996.6.1) où la lumière fait également sortir de l’ombre le jeune vainqueur, au visage très proche du nôtre.

Ce lot est présenté en collaboration avec Arts Anciens

*Ecole ROMAINE vers 1620 Tête de jeune homme à la plume d'autruche Toile, anciennement ovale, mise au rectangle 53,5 …
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N° 14
Ecole LOMBARDE du XVIIème siècle, atelier de Pier Francesco MAZZUCCHELLI, dit IL MORAZZONE
Le songe d'Elie
Toile
198,5 x 257 cm
Inscriptions en bas à gauche SVRGE ET COMEDE / III . REG . CAP . 19
Restaurations

Nous pouvons rapprocher notre tableau de la toile (288 x 293 cm) de Morzazzone conservé dans l'église San Raffaele à Milan, dont il existe une esquisse (Toile, 30 x 44 cm) conservée au musée Diocésain de Milan (voir J.Stoppa, Il Morazzone, Milan, 2003, n°33, reproduit en couleur fig. 27 et n°34, reproduit fig.34a).

L'épisode est tiré du chapitre 19 du livre des Rois : un ange apparait au prophète, couché à l'ombre d'un buisson. Il lui apporte un gâteau cuit et une cruche d'eau. L'ange lui dit "Surge et Comede", "Lève toi et Marche". Réconforté par ce frugal repas, le prophète marche pendant quarante jours et quarante nuits jusqu'au mont Horeb.
Cet épisode est considéré comme une préfigure des quarante jours du Christ au désert, de son agonie au Jardin des Oliviers et de la Cène.
Et d'ailleurs, le pendant du tableau de Morazzone dans l'église de San Raffaele est un tableau de Cerano représentant La Cène.

Par ce cadrage et sa compostion, notre tableau est proche de l'esquisse de Morazzone du musée Diocésian de Milan. Toutefois, il a le raffinement des détails et les diemensions d'un tableau d'église. Il a des variantes par rapport au tableau de Morazzone de San Raffaele surtout dans les couleurs et le format.

Provenance :
Collection du Marquis d'Aligre.
La famille d'Aligre originaire de Chartres où elle est mentionnée dès le Xvème siècle est issue de la noblesse de robe et est restée célèbre dans l'histoire pour ses chenceliers, Gardes des Seaux de France (père et fils, ce qui est unique) et hauts magistrats, ainsi que pour son immense fortune et ses nombreux domaines, châteaux, fermes et vignobles.

Ecole LOMBARDE du XVIIème siècle, atelier de Pier Francesco MAZZUCCHELLI, dit IL MORAZZONE Le songe d'Elie Toile 198,…
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N° 41
Louis TOCQUE
(Paris 1696 - 1772)
Portrait de Pierre Simon Mirey, Secrétaire du Roi, Conservateur des Hypothèques, peint en Chasseur tenant un Fusil
Sur sa toile d’origine
136 x 125 cm
Signé et daté en bas à droite L. Tocqué Pinx / 1743
Accidents et restaurations
Cadre

Provenance :
Collection Poan, le beau-frère de notre modèle, Paris, rue de l'Echarpe (d'après une inscription à la plume sur une étiquette au revers du cadre " appartient / à m. Paon St. Si... / rue de l'Echarpe n°2 / près la place royale") ;
Collection Wildenstein vers 1900 ;
Collection Maurice Kann, Paris jusqu’en 1906 ;
Collection de son fils Edouard Kann, Paris en 1909-1910 ;
Collection de sa soeur Madeleine Amélie Bicart-Sée, Paris en 1929 ;
Vente Collection de la Princesse X… et à divers amateurs, Paris, Galerie Charpentier, 2 décembre 1952 (Maître Rheims), n° 96, reproduit ;
Toujours resté dans la même famille.

Expositions :
Salon de 1743, n° 62 ;
Œuvres de l’Art français au XVIIIème siècle, Berlin, Académie Royale des Arts, 1910, n° 133 (Portrait d’homme).

Bibliographie :
Abbé P. F. G. Desfontaines, « Exposition des peintures, sculptures et gravures », Observations sur les écrits modernes, Paris, 1743, tome 47, pp. 299-300 ;
P. Dorbec, « Louis Tocqué », Gazette des Beaux-Arts, 1909, t. II, vol. 51, p. 462 et note 1 ;
Comte A. Doria, « Le Portraitiste Louis Tocqué », L’Art et les artistes, 1928, n° 91, p. 41 ;
Comte A. Doria, Louis Tocqué, Paris, 1929, n° 234, reproduit fig. 24 ;
Catalogue de l’exposition Largillierre portraitiste du dix-huitième siècle, Montréal, Musée des Beaux-Arts, 1981, reproduit p. 350 fig. V.

Notre tableau est un des plus beaux exemples de portrait de chasseur et témoigne parfaitement du goût du portrait sous le règne de Louis XV. Toqué peint Pierre Simon Mirey, conservateur des hypothèques, assis vu au-dessous des genoux, en vêtement de chasseur, dans un paysage.

En 1743, Tocqué est déjà très apprécié. Elève de Nattier, dont il épouse la fille, Toqué est reçu à l'Académie en 1734 avec les Portrait du peintre Louis Galloche et du sculpteur Jean Louis Lemoyne (Paris, musée du Louvre), en même temps que François Boucher. Il réalise de nombreux portraits d'apparat tel que le Portrait de Marie Leczinska en 1740 (Paris, musée du Louvre). En 1759 il partira en Russie travailler auprès de l'impératrice Elisabeth Ière.

En 1743, Tocqué présente au Salon parmi d'autres portraits, deux portraits de la même famille : notre tableau et le Portrait de Monsieur Pouan, appuyé sur le dos d'un fauteuil (n°64 et 63), le beau-frère de notre modèle (Toile, 138 x 104 cm, Chaalis, musée Jacquemart André). En 1744, il peint le Portrait de Madame de Pouan et de sa fille (Toile, 134 x 100 cm, dernièrement à New York, Sotheby's, 27 janvier 2005, n°7, reproduit), toujours considéré à tort comme étant le Portrait de Madame Mirey.

Pierre Simon Mirey (1702-1764) est d'une famille de marchands de vin. Son père est 1er marchand de vin du roi à Paris et fournisseur de la Bouche du roi ainsi que le chef de la fruiterie de Monsieur le duc d'Orléans. Le père de sa mère est marchand de vin aussi.
Mirey eut six frères et sœurs dont l'une d'elle, Marie-Louise, sa sœur ainée, épousa le fils d'un marchand de vin, Pierre Pouan (1689-1765). Pierre Pouan est conservateur des Hypothèques en 1750 puis secrétaire du Roi en 1751.

Pierre Simon Mirey est représenté dans le cadre de sa passion, la chasse. La mise en scène est simple et le traitement, riche et appliqué. Le portrait de Mirey est étonnant de laisser-aller, un morceau d'une rare harmonie d'ensemble et de tons de gris, bleus, violets, doux et fondus. L'attitude observée avec patience et sagacité est familière et enthousiaste.

En rapprochant notre tableau du Portrait d'homme en habit de chasseur par Largillierre à Karlsruhe et du Portrait du Prince Alexandre Kourakine de Nattier, nous voyons comment Tocqué est plus proche de Largillierre que de son maître et beau-père.
C'est à Largillière que Tocqué doit le rendu prestigieux des jabots et des manchettes en dentelles fines et légères, les tons si parfaitement harmonieux des vêtement, la somptuosité des étoffes, l'ampleur du drapé et de la lumière douce adroitement ménagée et favorable aux reflets qui baignent ses compositions. C'est à lui-même qu'il doit cette approche directe du modèle, cette beauté de la matière, cette gentilesse du personnage qui font du tableau une œuvre unique.

Louis TOCQUE (Paris 1696 1772) Portrait de Pierre Simon Mirey, Secrétaire du Roi, Conservateur des Hypothèques, peint …
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