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N° 9
Antilope tji wara Bamana, Mali
Bois à patine brun foncé noir
H. 46 cm
Bamana Tji Wara Antelope Headdress, Mali
H. 18.11 in
Provenance:
- Ancienne collection Maurice Nicaud, Paris
- Collection privée française
Cimier tji wara associant avec abstraction les lignes descriptives de trois animaux.
Un oryctérope tout d'abord (timba), au corps plein et arqué, recouvert ici de chevrons incisés, et reposant sur des pattes fléchies, sert de socle à la sculpture. Le corps enroulé, celui d'un pangolin (n'koso kasa) en position de défense ou de protection, pourrait ensuite être reconnu en région médiane. Tête, cornes et oreilles d'une antilope (dega) sculptées en une succession de projections dynamiques dessinent un motif aérien, où les vides l'emportent sur les pleins de la matière. La courbure des cornes vers l'arrière détermine le caractère masculin du sujet. La laque sombre profondément incrustée contribue à conférer à cette oeuvre une remarquable présence.
Ce cimier appartient au corpus abstrait de l'Ouassoulou, identifié par Dominique Zahan en 1980 dans son célèbre ouvrage Antilopes du soleil, dans le sud-ouest du territoire Bamana.
Cf. planche 56, fig. II44 notamment.
Bibliographie:
- Robert Goldwater, Bambara Sculpture from the Western Sudan, 1960, p. 44, fig. 68 pour un exemplaire approchant
- William Rubin, Primitivism and 20th Century Art, 1984, ill. 272

Antilope tji wara Bamana, Mali Bois à patine brun foncé noir H. 46 cm Bamana Tji Wara Antelope Headdress, Mali H. 18.11 …

N° 12
Bâton de danse Lobi khuluor, Burkina Faso
Bois à patine brun foncé noir, fer forgé
L. 68,5 cm
Lobi Khuluor dance-staff, Burkina Faso
H. 26.77 in
Provenance:
- Collection privée
Très beau bâton de danse Lobi sculpté en son sommet d'une effigie janus, représentant un couple réuni par l'arrière de la tête. Les visages identiques affichent une grande personnalité, signature d'un sculpteur réputé de Gaoua, Sikire Kambire. Les yeux en demi-lune sont percés, les nez larges surmontent des lèvres étirées. La coiffure commune est un chignon en coque strié de fines mèches. Les bras sculptés de part et d'autre du coude formé par la récade, sont légèrement disjoints du buste, les longues mains reposant sur les cuisses. Les caractéristiques sexuelles sont clairement définies. Les jambes du personnage féminin sont dissimulées sous la hampe en fer forgé.
Contrairement aux statues ou bateba, les bâtons de danse n'étaient pas sculptés en l'honneur des esprits ou thila, mais pour de jeunes hommes qui les exhibaient avec fierté lors de fêtes de village, accompagnés de xylophones et tambours. Dans des temps plus anciens, ce type de bâtons pouvait également servir d'arme (Piet Meyer, p. 119).
Les qualités de sculpture sont ici particulièrement remarquables et permettent de dire que nous sommes en présence d'une des trois ou quatre plus belles récades connues avec celle de l'ancienne collection Hubert Goldet (Cf. Vente Ricqlés, 30 juin 2001, lot 74).
Bibliographie:
- Piet Meyer, Kunst und religion der Lobi, Museum Rietberg, Zürich, 1981, p. 120, fig. 151 pour un objet apparenté et p. 127, 4.6.1. pour le sculpteur S. Kambire

Bâton de danse Lobi khuluor, Burkina Faso Bois à patine brun foncé noir, fer forgé L. 68,5 cm Lobi Khuluor dance staff, …

N° 13
Couple d'antilopes tji wara Bamana, Mali
Bois à patine brun foncé noir, métal, fils de coton rouge
H. 73 cm et 95 cm - L. 31 cm et 40 cm
Couple of two Bamana Tji Wara antelopes, Mali
H. 28.74 in and 37.40 in - W. 12.20 in and 15.75 in
Provenance:
- Ancienne collection Maurice Nicaud, Paris
- Collection privée française
Les bambaras sont un peuple mandingue principalement implanté au Mali. Six sociétés initiatiques régissaient leur vie sociale et religieuse et l'ensemble de la communauté masculine passait de l'une à l'autre suivant de complexes cérémonies de passage de grade accompagnées par des masques distincts, le plus souvent zoomorphes. La cinquième société était la société tji wara dont les danses exaltaient la fertilité de la terre et de l'ensemble de la communauté. Les cimiers étaient toujours portés par paire, l'entité masculine évoquant le soleil, la féminine la terre. Les mythes fondateurs bambaras nous enseignent par ailleurs qu'une antilope-cheval (Hippotragus equinus) mâle a offert à l'homme la première céréale et lui a enseigné l'agriculture.
La forme est souvent corollaire de la fonction, ainsi les pattes de nos antilopes sont schématisées à l'extrême. Reposant sur une petite base rectangulaire anciennement fixée au costume, elles n'étaient que peu visibles au cours des danses traditionnelles. Les corps prolongés par les queues sont strictement tubulaires. Puis les encolures sont magnifiquement élancées... Puissante pour le mâle à l'altière crinière, elle est déclinée en une succession de compartiments alternant le vide et la géométrie, elle porte au sommet une tête importante aux oreilles démesurées prolongée par de longues cornes verticales aux extrémités recourbées et dédoublées. Elégante, gracieuse et s'amincissant en son centre, l'encolure de la femelle supporte une tête plus petite, aux oreilles délicatement ornées de boucles. Les cornes sont strictement verticales, preuve de fécondité elle porte sur son dos son bébé.
Ces deux chefs-d'oeuvre de la sculpture bambara, dont très peu d'exemplaires comparables ont subsisté, sont également revêtus d'ornements identiques de métal et d'une superbe patine noire profonde allant parfois jusqu'à dissimuler les incisions géométriques ornant leurs corps et leurs «visages».
Ce couple qui compte parmi les trois ou quatre plus beaux que nous connaissions est proche de celui de la collection Neslon A. Rockfeller publié p. 220-221 du livre Chefs-d'oeuvre de l'Art Primitif, aux Editions Seuil, 1979. L'antilope féminine est à rapprocher de celle de l'ancienne collection Helena Rubinstein, puis Harry Franklin, collecté par Frederick H. Lem dans la région de Minianka: faon sculpté à l'identique de sa mère en lignes étirées et sobres, bagues cerclant les cornes notamment.
Bibliographie:
- Dominique Zahan, Antilopes du soleil - Arts et Rites Agraires d'Afrique Noire, Edition A. Schendl, Vienne, 1980, planche 13 et 14 pour des exemplaires apparentés.

Antelope couple tji wara
Masterpiece from the former Maurice Nicaud collection
H. 28.7 in and 37.4 in - L. 12.2 in and 15.7 in
Provenance:
-Former collection Maurice Nicaud, Paris
-French private collection
The Bambara are a Mandé ethnic group mainly native to Mali. Six initiation societies governed their social and religious life and the entire male community had to pass from one to the other following complex ceremonies, with distinct masks, often zoomorphic. The fifth society was the tji wara, of which the dances exalted the fertility of the land and of the whole community. The headdresses were always worn in pairs, with the masculine entity evoking the sun and the feminine one the earth. The founding myths of the Bambara teach us that a male roan antelope (Hippotragus equinus) offered man the first cereal and thus taught him to farm.
The form is often the consequence of practicality, so the paws of these antelopes are represented in an extremely schematised way. Resting on a small rectangular base that would have been attached to the costume, they were barely visible during the traditional dances. The bodies, extended with tails, are strictly tubular. The necks are wonderfully long and slender. The male neck conveys power with a mane and a succession of compartments alternating between empty spaces and geometrical shapes. On the top is a large head with oversized ears and long vertical horns which are curved and split at the ends. The female neck - elegant, gracious and becoming thinner in the centre - supports a smaller head, with ears delicately decorated with rings. The horns are strictly vertical and, to demonstrate fertility, she carries a child on her back.
These two masterpieces of Bambara sculpture, of which very few comparable examples have survived, are also covered in metal ornaments and a superb deep black patina, which sometimes hides the geometric incisions decorating the bodies and “faces”.
This couple, which is among the three or four loveliest examples we are aware of, is similar to that of the Neslon A. Rockfeller collection, published on pages 220-221 of the book Chefs d'œuvres de l'Art Primitif, Editions Seuil, 1979. The female antelope is similar to that in the former Helena Rubinstein and then Harry Franklin collection, collected by Frederick H. Lem in the Minianka region: fawn sculpted identically to its mother in stretched and sober lines, with rings around the horns in particular.
Bibliography:
-Dominique Zahan, Antilopes du soleil - Arts et Rites Agraires d'Afrique Noire, Edition A. Schendl, Vienne, 1980, plate 13 et 14 for similar model

Couple d'antilopes tji wara Bamana, Mali Bois à patine brun foncé noir, métal, fils de coton rouge H. 73 cm et 95 cm L. …

N° 17
Ɵ Statuette Tellem, Mali
Bois à épaisse patine croûteuse
Epoque: XVe-XVIIe siècle Rapport scientifique de la CIRAM n°1217-OA-3822-1 du 24 janvier 2018
H. 45,7 cm
Tellem figure, Mali
H. 17.99 in
Provenance:
- Collectée par Pierre Langlois à Iréli en 1952
- Collection privée, acquis de ce dernier
Publication:
- Bernard de Grunne, La sculpture classique tellem, AAN, 1993, n° 88, p. 27
En langue dogon tellem signifie «nous les avons trouvés» et désigne les populations qui occupaient la falaise de Bandiagara au Mali avant l'arrivée des dogons au XV° siècle.
Le personnage est représenté debout les pieds posés sur une petite base circulaire, les jambes légèrement fléchies. Les bras sont levés vers le ciel et les mains ouvertes et accolées en une position incantatoire traditionnelle. Le visage sobre et architecturé et le torse aux seins indiqués semblent posés sur la planche dorsale, une caractéristique essentielle de nombreux styles classiques tellem. Une patine sèche, croûteuse et crevassée, résultant des multiples immersions imposées rituellement, recouvre la surface de l'oeuvre.
La culture tellem fut découverte par les occidentaux dès le début du XX° siècle à l'occasion du voyage du Lieutenant Louis Desplagnes, mais c'est entre 1950 et 1954 que le marchand et infatigable globe-trotter Pierre Langlois rapporta en Europe la plupart des oeuvres que nous connaissons aujourd'hui. Il récolta la présente statuette sur le site d'Ireli en 1952.

Tellem female figure, Mali
Period: XV - XVIIth century
H. 18 in
Provenance:
-Private collection
Publication:
-Bernard de Grunne, La sculpture classique tellem, AAN, 1993, n° 88, p. 27
In the Dogon language, tellem means “we have found them” and refers to the populations who occupied the Bandiagara Escarpment in Mali before the arrival of the Dogon people in the 15th century.
The character is represented standing up, with the feet resting on a little circular base and legs slightly flexed. The arms are raised towards the sky and the hands are open and joined, in a traditional posture of incantation. The plain and structured face and the chest with visible breasts seem as if placed on the backboard, an essential characteristic of many classic tellem styles. A dry, crusty and cracked patina, resulting from multiple ritual immersions, covers the surface of the statue.
The Tellem culture was discovered by westerners in the early 20th century during the voyage of Lieutenant Louis Desplagnes, but it wasn't until between 1950 and 1954 that the trader and untiring globetrotter, Pierre Langlois, brought back to Europe the majority of the works we know today. He collected this statuette from the site of Ireli in 1952.

Ɵ Statuette Tellem, Mali Bois à épaisse patine croûteuse Epoque: XVe XVIIe siècle Rapport scientifique de la CIRAM n°121…
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