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N° 1
ABBADIE (Antoine d'). Belle L.A.S. "Antoine d'Abbadie", Abbadia, Hendaye, 9 novembre, 1 p. in-8, adressée (selon une note manuscrite au crayon postérieure au verso) à Charles NAUDIN (1815-1899), biologiste et botaniste, directeur du jardin botanique de la Villa Thuret d'Antibes. Cachet de la collection A. Juncker (autogr n°1086).

"Cher confrère, votre eurêka me rappelle que jadis je lisais comme une personne naturelle l’anabase de Xenophon. Mais 40 ans de préoccupations éthiopiennes ont passé là-dessus. A Athènes en 1884, j’ai reconnu que tout mon bagage grec était comme une outre vide et presque un corps sans âme […]. Quenard s’étant rebiffé contre la piquette de cidre qui est la boisson usuelle ici nous lui avons donné 100 ff par an pour son vin […]. Quant à Me Truchi (italien ?) s’il veut venir (…) nous lui offrons gratis une chambre et une cuisine à 150 mètres de mon observatoire […]. J’ai songé tardivement que vous pourriez demander ce que je fais et je vous envoie mes deux dernières brochures. On m’a traduit en italien en italianisant mon Tujurrak car Tagiurrah est une faute manifeste. J’achève lentement mon livre de géographie éthiopienne : il est si peu intéressant que je le tire à 200 ex. seulement […]. Vous avez raison : vanitas vanitatum ! J’ai 3 commanderies et n’ai porté que l’insigne d’une à Edinburgh. Ma boutonnière est même veuve de son ruban de chevalier de la Ln d’H : j’en étais officier avant et n’ai pas réclamé contre mon pas en arrière. Je n’ai pas fait approuver mes commanderies et ne puis ainsi les porter en France. J’allais vous parler politique : je préfère vous envoyer […] le point de droit que j’ai soulevé […]. Avec mes hommages à Madame Naudin […]".

Né à Dublin d'une mère irlandaise et d'un père basque, l'astronome, explorateur et linguiste français Antoine d'Abbadie (1810-1897) étudia à la Sorbonne, au Muséum national d'histoire naturelle et au Collège de France avant de partir en mission scientifique au Brésil en 1836. De ses onze années d'exploration en Éthiopie de 1838 à 1849 avec son frère Arnauld Michel (1815-1893), il rapporta une cartographie précise de ce pays alors peu connu sans oublier de très nombreuses études scientifiques. Parti de par le monde pour étudier le magnétisme terrestre (Norvège, Castille, Algérie, Haïti, etc., etc.), il n'en resta pas moins très attaché à sa région le Pays Basque, auquel il consacré plusieurs publications, notamment linguistiques. Antoine d'Abbadie parlait pas moins de 14 langues dont le guèze, l'amharique et la basque bien entendu. Son important château néogothique (dessiné par Viollet-le-Duc), situé près d'Hendaye et doté d'un observatoire, fut le lieu de nombreuses expériences de géodésie et d'observations astronomiques.

ABBADIE (Antoine d'). Belle L.A.S. "Antoine d'Abbadie", Abbadia, Hendaye, 9 novembre, 1 p. In 8, adr…
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N° 2
ARAGON (Louis). Manuscrit autographe signé "Aragon", slnd, 5 pp. in-4, intitulé "Laissons parler nos couleurs", à l'encre bleue, avec biffures et corrections : "C'est une chose extraordinaire que l'amour de la peinture en France, et qui donne un peu le vertige. Le XIXe siècle l'y a déjà porté plus haut que jamais, et en donner explication historique ne va pas sans risque de tomber dans le sociologisme vulgaire […] où trouver cette explication mieux que dans le développement propre à ce siècle de sentiments nouveaux, qui semblent extérieurs à la peinture, mais qu'on retrouve fortement exprimés dans la peinture française d'alors ? Or le XIXe siècle est celui où le sentiment national, toujours puissant dans les époques de crise, les malheurs du pays, prend son vrai visage populaire, avec le patriotisme, idée nouvelle comme celle du bonheur, et comme elle issue de la Grande Révolution. […] Dans l'immense clameur de l'art où, de l'héritage de David au romantisme, de l'ingrisme au cézannisme, tant de problèmes se débattent, passionnent, laissant derrière eux plus d'oeuvres marquantes que les meilleures années de la Renaissance italienne (et ce siècle n'est-ce pas Géricault, Delacroix, Courbet, Manet, Seurat ?), deux grandes écoles du paysage se succèdent, Barbizon et l'impressionnisme… où comme jamais se sont exprimés la tendresse du ciel français, le parfum de sa terre, ses floraisons, ses lumières. C'est dans ce même siècle où les trois couleurs du drapeau exprimaient enfin l'unité française […] sans doute est-ce avant tout que les grandes idées de France, celles des Encyclopédistes et des Communards, le soleil de Valmy et le Paris insurgé de 44, précèdent ces acteurs ou ces touristes, mais pour quelle part aussi n'est-ce pas cette beauté des couleurs, ce jeu de lueurs, ce chant des yeux qui est Poussin, Watteau ou Cézanne qui leur ont préparé ce chemin ? Parce qu'aux peuples d'ailleurs, avec les chansons et les victoires de la liberté, nos peintres ont appris charnellement la France, et demeurent sans doute les vrais ambassadeurs de notre ciel, de nos rêves, de ce qui monte enfin des êtres de sang et d'amour, de la vie tant menacée, de ce qui est nos femmes, notre enfance, nos raisons pareilles aux raisons de tous les hommes de se prendre les mains et de haïr la mort […] Voici le moment du monde où il semble que les vents dévastateurs aient chance de s'apaiser, et l'on entend déjà le bruit annonciateur du printemps des peuples […] Il faut laisser faire les images. Les mots sont trop bruyants. Voilà, les tableaux devant lesquels à Leningrad, s'arrêtent, songeurs, des étudiants, des Kolkhoziens, des gens venus des hauts plateaux du Pamir, du Toit du Monde… des amoureux, et des philosophes… tout ce dont est fait un monde. Laissons parler nos couleurs."

Beau et important texte sur le patriotisme pictural qui prend sa source au XIXe s. et sur les rapports entre la France et la Russie en particulier et la paix entre pays de façon générale à travers le prisme de la peinture, des musées et de la culture. Il a été publié dans France-URSS n°122, novembre 1955.

ARAGON (Louis). Manuscrit autographe signé "Aragon", slnd, 5 pp. In 4, intitulé "Laissons parler nos…
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N° 4
[Ballets Russes]. L.A.S. de Lémistin BROUSSAN (1858-1960), 22 septembre [1912], Tsarskoïe Selo (résidence du Tsar Nicolas II), alors qu'il était directeur de l'Opéra de Paris avec André Messager (de 1908 à 1914), à ses "chers enfants" (Jeanne Broussan et son époux Ernest Gaubert, 1881-1945, journaliste, romancier et poète), 2 pp. in-8 sur papier à entête "Tsarskoïe Selo" en cyrillique :

"C'est du palais de l'Empereur à Tsarkoë Selo où je suis pour mon audience, que je vous envoie ces qq mots. (…) J'ai laissé ma lettre ici. Je sors de chez l'Empereur qui a été d'une simplicité et d'un abord très sympathiques ! Il m'a prié de déjeuner au Château ! (…) Je crois que j'ai attrapé un rhume à Moscou. Pensez donc 14° au-dessous et en traîneau ! (…)"

On y joint un programme des Ballets Russes, direction W. de Basil, 30 mai 1934, théâtre des Champs-Elysées (Choreartium - Le Tricorne - Cotillon, chorégraphies de Léonide Massine et Georges Balanchine, Décors et costumes de Terechkovitch, Picasso et Ch. Berard), in-4 broché, couverture illustrée en couleurs par Simon LISSIM, illustrations couleurs (décors et costumes de Ch. Bérard, A. Derain, E. de Beaumont, R. Dufy, P. Pruna, A. Masson, J. Miro) et nombr. publicités et photographies en n&b. Qqs lég. salissures à la couv.

Lémistin Broussan et André Messager furent parmi les premiers et plus importants promoteurs des ballets russes de Diaghilew à Paris.

[Ballets Russes]. L.A.S. De Lémistin BROUSSAN (1858 1960), 22 septembre [1912], Tsarskoïe Selo (rési…
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N° 5
BARING (Maurice). Belle L.A.S. "Maurice Baring", Londres, 20 février 1930, 2 pp. in-4, relative à Sarah BERNHARDT (1844-1923) :

"Cher ami, je viens de lire votre Sarah. Elle revit dans vos pages […] Je vous envoie un énorme livre : (non pas pour lire !) un livre de mémoires vous trouvez dans le chapitre Eton, une lettre citée écrite par moi à l'âge de […] 15 ans ou 14 […] décrivant Sarah dans Léna. […] Elle est morte assise(?) à une table regardant une photographie. C'était peut être sa plus belle mort à la scène ; mais la pièce était idiote. […] Comme vous l'avez bien comprise, bien appréciée."

Après de brillantes études à Eton, le britannique Maurice Baring (1874-1945) devint écrivain tout en menant carrière dans la diplomatie.

La pièce dont il est question est Lena, une pièce de Pierre Berton de 1889, jouée au Théâtre du Vaudeville et dans laquelle Sarah Bernhard avait le rôle titre. Reynaldo Hahn mentionne cette pièce et notamment la mémorable mort du personnage dans son livre de souvenirs consacré à son illustre amie "La Grande Sarah" (chap. II) :

"Nous parlons des chutes qu'elle fait sur le sol, dans diverses pièces, quand elle "meurt."

C'est idiot de travailler ça, dit-elle ; la première condition pour bien tomber, c'est de ne pas calculer sa chute, de se laisser tomber sans crainte et n'importe comment. C'est une question de souplesse; on ne se fait mal que si on n'est pas souple. Moi, je me lance par terre, je m'abandonne sans me ménager et je ne me suis presque jamais fait mal."

Elle trouve elle-même que sa mort dans Léna était remarquable; c'est là qu'elle tombait sur la figure, terrassée par la morphine." La Grande Sarah étant parue en 1930, il est très probable que cette lettre de Maurice Baring ait été adressée justement au compositeur et écrivain Reynaldo HAHN (1874-1947). Maurice Baring consacrera lui-même un ouvrage à la grande comédienne en 1933.

BARING (Maurice). Belle L.A.S. "Maurice Baring", Londres, 20 février 1930, 2 pp. In 4, relative à Sa…
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N° 7
BENOIST (François). Bel ensemble de 24 L.A.S. du compositeur et organiste François BENOIST (1794-1878) adressées à son proche ami Auguste VARCOLLIER :

- L.A.S. "Benoist", Naples, 26 août 1817, 2 pp. sur papier in-4 plié avec adresse au verso, à Aug. Varcollier à Lucca (peut monter un opéra bouffe grâce à M. Donata, son ami et leurs promenades à Naples lui manquent)

- L.A.S. "Benoist le malade", Naples, 16 septembre 1817, 3 pp. sur papier in-4 plié avec adresse au verso, à Auguste Varcollier à Milan (réflexions générales sur l'amitié, le genre humain et les "crapauds", M. Donato et projets, un petit poème, sa santé)

- L.A.S. "Benoist l'impotent", Naples, 17 octobre 1817, 3 pp. sur papier in-4 plié avec adresse au verso, à Auguste Varcollier à Genève (son opéra est annulé, il est déçu, la Suisse et Voltaire, l'Italie)

- L.A.S. "Benoist", Naples, 12 décembre 1817, 3 pp. sur papier in-4 plié avec adresse au verso, à Auguste Varcollier à Milan (Varcollier est triste, son père est malade, la littérature et la versification, son ami lui manque il voudrait le voir à Naples, admiration commune pour Bossuet)

- L.A.S. "Benoist", Naples, 20 février 1818, 2 pp. sur papier in-4 plié avec adresse au verso, à Auguste Varcollier à Rome (mort du père de Varcollier, santé de Benoist, console son ami et propose son aide et son réseau pour s'installer à Paris comme secrétaire)

- L.A.S. "Benoist", Naples, 16 mars 1818, 3 pp. sur papier in-4 plié avec adresse au verso, à Auguste Varcollier à Rome (est invité à Rome par Varcollier mais sa santé l'en empêche, a écrit à M. de Barante pour un poste pour son ami, a du mal à travailler sans son ami et voudrait vivre et travailler avec lui)

- L.A.S. "Benoist", Naples, 28 avril 1818, 3 pp. sur papier in-4 plié avec adresse au verso, à Auguste Varcollier à Rome (le projet d'opéra est relancé, réponse de Barante, …)

- L.A.S. "Benoist", Naples, 7 mai 1818, 3 pp. sur papier in-4 plié avec adresse au verso, à Auguste Varcollier à Rome (projet d'opéra, brouille avec Roll)

- L.A.S. "Benoist", Naples, 19 mai 1818, 3 pp. sur papier in-4 plié avec adresse au verso, à Auguste Varcollier à Rome (certificat pour Barante, brouille, "je ne voulais pas aller à Vienne et voilà que le marquis de St Clair (au service du prince de Salerne), veut me faire donner une lettre du prince pour l'archiduc Rodolphe afin de me faire faire la connaissance de Beethoven. Quoiqu'il soit bien agréable de faire la connaissance d'un Beethoven par un archiduc, cependant l'envie de revoir Paris me tourmente tellement, que je ne sais si je profiterai de la bonne volonté du marquis.")

- L.A.S. "Benoist", Naples, 3 juin 1818, 3 pp. sur papier in-4 plié avec adresse au verso, à Auguste Varcollier à Rome (l'avancée du poste chez Barante pour Varcollier, leurs possibles retrouvailles à Paris au café Hardi et au Rocher de Cancale, Paris incontournable, veut quitter l'Italie, mort du marquis de St Clair, il ne pourra rencontra Beethoven)

- L.A.S. "Benoist", Naples, 19 juin 1818, 3 pp. sur papier in-4 plié avec adresse au verso, à Auguste Varcollier à Rome (beaucoup de travail, santé fragile, Confessions de Rousseau, les muses)

- L.A.S. "Benoist", Naples, 14 août 1818, 3 pp. sur papier in-4 plié avec adresse au verso, à Auguste Varcollier à Rome (livre des rogations, une messe à venir, déception sur sa carrière à Naples, santé et moral fragiles, déclaration d'amitié, Vésuve)

- L.A.S. "Benoist", Naples, 21 août 1818, 3 pp. sur papier in-4 plié avec adresse au verso, à Auguste Varcollier à Rome (s'indigne des accusations faites contre lui à propos de sa brouille avec Roll)

- L.A.S. "Benoist", Florence, 29 septembre 1818, 2 pp. sur papier in-4 plié avec adresse au verso, à Auguste Varcollier à Rome (santé fragile, voyage à Florence via Sienne)

- L.A.S. "Benoist", Bologne, 14 octobre 1818, 3 pp. sur papier in-4 plié avec adresse au verso, à Auguste Varcollier à Rome (le départ de Mlle N…, quitte l'Italie à regret, ses nouvelles rencontres à Florence, s'excuse du dérangement pour la vente de son piano, lettre de réponse de son père, lettre de N…)

- L.A.S. "Benoist", Venise, 4 décembre 1818, 3 pp. sur papier in-4 plié avec adresse au verso, à Auguste Varcollier à Rome (voyage de Bologne à Venise via Mantoue, Vérone, Vicenza, Padoue, description de Venise "la seule place St Marc est très belle et rappelle un peu le palais royal à Paris", s'inquiète du silence de son ami et de ses relations amoureuses)

- L.A.S. "Benoist", Turin, 26 décembre 1818, 2 pp. sur papier in-4 plié avec adresse au verso, à Auguste Varcollier à Rome (voyage à Turin via Milan, toujours inquiet du silence de Varcollier)

- L.A.S. "Benoist", Naples, 12 octobre 1820, 2 pp. sur papier in-8 plié avec adresse au verso, à Auguste Varcollier à Rome (ne comprend pas le silence de Varcollier, demande des nouvelles de l'accouchement de sa femme, description de la région nantaise, regrette l'Italie maintenant qu'il est en France, Barante nommé ambassadeur de Danemark)

- L.A.S. "Benoist", Paris, 15 novembre 1820, 3 pp. sur papier petit in-4 plié avec adresse au verso, à Auguste Varcollier à Rome (toujours sans nouvelles de Varcollier, a quitté sa famille à Nantes pour Paris, "je ne demeure plus au conservatoire… il est impossible de travailler au bruit que font des violons, des cors &c. &c.")

- L.A., Paris, 12 janvier 1821, 4 pp. sur papier in-4 plié, incomplète de la fin

- L.A.S. "Benoist", Nantes, 13 septembre 1825, 3 pp. sur papier in-4 plié avec adresse au verso, à Auguste Varcollier à Paris (attristé du silence de Varcollier, voyage à l'abbaye de Melleray, a fait de la musique avec Orfila,

- Longue L.A., sl, 4 juillet [1827], 27 pp. in-8 à l'encre brune, (s'est réconcilié avec Roll "victime innocente de l'imprévoyance ou de l'injustice administrative de ceux qui gouvernent le théâtre lyrique", longues et intéressantes réflexions sur l'opéra)

- L.A.S. "Benoist", slnd, 1 p. sur papier rose in-8 plié avec adresse au verso, à M. Varcollier, chef du secrétariat de la préfecture de la Seine (invite Varcollier à la 1e répétition musicale d'un ballet)

Organiste et compositeur originaire de Nantes, François BENOIST (1794-1878) fut pensionnaire de l'Académie à Rome dans la section de musique de 1816 à 1818, en même temps que Pierre-Gaspard ROLL (1787-1851). Après son retour en France, il fut nommé premier organiste de la chapelle du roi et professeur d'orgue au Conservatoire National de Paris. On lui doit plusieurs opéras (Félix et Léonore, l'Apparition) et la musique des ballets Le Diable Amoureux, Nisida et Pâquerette, ainsi qu'une messe de Requiem.

Pierre Gaspard ROLL reçut en 1814 le grand prix de composition pour sa cantate Atala. Après son séjour à la ville Médicis, Roll chercha à Paris les occasions de se faire connaître par des succès à la scène ; mais ce fut en vain qu'après avoir écrit la partition d'Ogier le Danois, grand opéra destiné à l'Académie royale de musique, il sollicita sa mise en scène : ainsi que beaucoup d'autres ouvrages, Ogier le Danois a été oublié par l'administration de ce théâtre. Roll se retira dans une maison qu'il possédait à Ville-d'Avray, et disparut du monde musical.

Michel Auguste VARCOLLIER (1795-1883), chef de division de préfecture de la Seine, pensionné jusqu’en 1853 dans la division des beaux-arts, il mène en parallèle une activité littéraire ; nommé le 1er février 1853 intendant général de S.A.I. le Prince Jérôme, avant de devenir en octobre de la même année, secrétaire des commandements du Prince Napoléon puis conseiller de préfecture de la Seine le 28 juin 1856.

Intéressant et abondant témoignage d'un pensionnaire de la Villa Médicis au début du XIXe siècle. Après avoir occupé plusieurs palais ou riches demeures romaines depuis sa création par Colbert en 1666, l'Académie de France à Rome est définitivement transférée par Napoléon Bonaparte à la Villa Médicis en 1803.

BENOIST (François). Bel ensemble de 24 L.A.S. Du compositeur et organiste François BENOIST (1794 187…
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N° 9
BERRY (Marie-Caroline de Bourbon-Siciles, duchesse de). Bel ensemble de pièces de la duchesse de BERRY :

- L.A.S. "Marie Caroline", Brunsée, 23 juin 1854, 1 p. in-8 adressée à "Ma chère Babet", suivi d'une lettre de la princesse CLEMENTINE, 2 pp. in-8. Lettre dans laquelle elle fait allusion à l'assassinat de son gendre le duc de Parme (27 mars 1854) et à la régence de sa fille Louise d'Artois (1819-1864) : "...Ma Louise s'est conduitte comme un ange et on l'adore. Clémentine vous a donné tous les détails de ce triste evenement(…)". La famille ducale fut chassée par les armées du roi Victor-Emmanuel II de Sardaigne en 1859 ; les duchés de Parme et de Plaisance seront rattachés au nouveau royaume d’Italie et Louise mourra en exil cinq ans plus tard.

- Lettre en partie autographe signée "Marie Caroline", Brunsée, 8 novembre 1852, 2 pp. in-8, avec son enveloppe, lettre de condoléance adressée à Mme la Comtesse de Custine qui venait de perdre son mari.

- Lettre en partie autographe signée "Marie Caroline", Brunsée, 14 décembre 1857, 3 pp. ½ in-8, lettre de remerciement adressée à M. de Charrière qui avait envoyé un ouvrage.

- P.S. "Marie Caroline", Gratz, 24 mars 1836, 1 p. in-8 oblong, billet à ordre de 1391 florins.

On y joint :

- P.S. "Le Comte Hector Lucchesi-Palli", Gratz, 4 novembre 1836, billet à ordre de 3000 florins. Hector LUCCHESI-PALLI (1806-1864) épousa secrètement la duchesse de Berry en 1831 à Rome et aurait été le père de la fille à qui la princesse donna naissance, le 10 mai 1833, alors qu'elle était incarcérée à la citadelle de Blaye après sa tentative d'insurrection royaliste dans l'Ouest de la France en 1832.

- Billet d'entrée au Palais de l'Elysée, Paris, 1826, avec la signature autographe du marquis Claude-Henry-Étienne Bernard de SASSENAY (1760-1840), Secrétaire des commandements de la duchesse de Berry sous la Restauration.

BERRY (Marie Caroline de Bourbon Siciles, duchesse de). Bel ensemble de pièces de la duchesse de BER…
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N° 10
BLACAS D’AULPS (Pierre Louis Jean Casimir). Belle lettre signée "le Ce de Blacas d’Aulps", Hartwell 28 février 1814, 2 pp. in-4, avec adresse et cachet de cire rouge au verso, adressée au "Comte de Penne Villemur, Maréchal des Camps et Armées de Sa Majesté Catholique, Commandant Général de la 1re Division de Cavalerie du 4ème Corps d’Armée Espagnole, au Quartier Général du Feld-Maréchal, Marquis de Wellington".

" Je vous remercie extrêmement, Monsieur le Comte, de la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire. Je me suis empressé de mettre sous les yeux du Roi les offres qu’elle renferme et Sa Majesté qui y a été vivement sensible verroit avec grand plaisir naître l’occasion où vous pourriez la servir dans la partie de la France qu’occupe ou que va occuper l’armée alliée aux ordres du Feld. Maréchal, Marquis de Wellington. M. le Duc d’Angoulême qui est maintenant à cette armée, s’empressera avec une égale satisfaction de vous associer à la noble entreprise qu’il va tenter. Son Altesse Royale connaît déjà parfaitement votre nom et vos services et Elle accueillera on ne peut plus favorablement la proposition que vous aurez à lui faire. Le Roi désire donc, Monsieur le Comte que vous adressiez au Prince, son neveu, relativement à l’intéressant objet de votre lettre, et Sa Majesté se flatte qu’elle ne tardera pas à employer utilement votre zèle, ainsi que celui de Monsieur votre frère et de Monsieur votre neveu au soutien de la cause Sacrée qui vous offre une nouvelle carrière de gloire. Des gentilshommes François qui ont combattu avec tant de distinction pour l’indépendance de l’Espagne, ont suffisamment prouvé d’avance la noble ardeur dont ils seront animés lorsqu’il s’agira de rendre la paix et le bonheur à leur malheureuse patrie ! […]".

Emigré en 1790, le duc et prince Pierre Louis Jean Casimir BLACAS D’AULPS (1771-1839 s'attira les faveurs et la confiance du futur Louis XVIII, dans l'exil et devint dès les premiers temps de la Restauration (en avril 1814) ministre de la Maison du Roi, Maréchal de camp, grand-maître de la garde-robe et intendant général des bâtiments de la Couronne. Il accompagna le roi en exil à Gand durant les Cent-Jours mais son impopularité lui vaut à leur retour d'être remplacé par le plus modéré Elie Decaze et envoyé en ambassadeur en Italie. Charles X le nomme à nouveau intendant général des Bâtiments de la Couronne : c'est à ce poste qu'il créa le Musée Egyptien du Louvre tout en apportant son aide à Champollion et en se constituant une importante collection d'antiquités. En 1830, il suivit à nouveau les Bourbons dans l’exil et mourut en Autriche.

Fervent royaliste, Louis II, Comte de Villemur (1761-†?) lieutenant-général des armées de Ferdinand VII roi d'Espagne, gentilhomme de sa chambre, chambellan de l'Empereur d'Autriche (1805) ; il avait émigré en novembre 1791 pour rejoindre les princes français à Coblentz et fit les campagnes du Prince du Condé et de l'armée du Haut-Rhin, avant de rejoindre le régiment de Rohan et le service de l'empire d'Autriche où il se distingua par la défense d'Ugrath. Après la signature de la paix entre l'Autriche et la France, il rejoignit l'armée espagnole en 1809 ; il obtint ses lettres de naturalisation de l'Espagne en 1811 et fut décoré de l'Ordre de Saint Louis par Louis XVIII en 1820.

BLACAS D’AULPS (Pierre Louis Jean Casimir). Belle lettre signée "le Ce de Blacas d’Aulps", Hartwell …
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N° 12
BOISSY D'ANGLAS (François Antoine, comte de).

- L.A.S. "Boissy", Paris, 8 messidor an 11 (27 juin 1803), 1 p. in-8 avec adresse et timbre au verso "au Citoyen Mejan" [Etienne MEJAN (1766-1846) avocat, journaliste et haut fonctionnaire, nommé secrétaire général de la préfecture de la Seine en 1800 par le Général Bonaparte avant d'être nommé par l'empereur secrétaire du prince Eugène en Italie de 1805 à 1814] : "Faites moi le plaisir mon cher Mejan de faire recherchez dans vos bureaux si le certificat d'amnistie de François Barchi n'a point été envoyé […]"

- L.A.S. "Boissy", le 10 juillet 1820 à (?), 2 pp. in-8, avec adresse et timbre au verso, adressée au pasteur Rabaut-Pommier [Jacques Antoine Rabaut-Pommier (1744-1820), pasteur à Marseille puis à Montpellier jusqu’en 1792, membre de la Convention et député au Conseil des Anciens, de 1792 à 1801, l’un des trois premiers pasteurs de l’Église réformée de Paris dès 1803, condamné à l’exil pour régicide par la Restauration ; il bénéficia finalement d’une amnistie. Passionné de médecine, il milita en faveur de la vaccination. Il est le fils de Paul Rabaut, pasteur cévenol, et le frère de Rabaut Saint-Étienne, homme politique célèbre, guillotiné à Paris le 5 décembre 1793.] : "Voici mon cher et ancien confrère(?) une lettre que vous ecris Mr Rattier pasteur dans l'Ardèche, il crains que vous ne posteriez au detriment du consistoire de la Voute un Mr Astier pasteur qui (de vous à moi) ne meriterait pas votre appui, c'est un brouillon et un ignorant. […]" Boissy d'Anglas, qui s'est longtemps battu en faveur du protestantisme (il est lui-même fils d'un médecin protestant de l'Ardèche), était alors membre du Consistoire de l'Église réformée de France (1803-1826).

- L.A.S. "Boissy d'Anglas", slnd (c. 1820), 2 pp. sur papier in-8 plié, destinataire inconnu : "Je vous ai quitté hier au soir avec beaucoup de regrets mon cher et illustre confrère, recevez encore une fois mes adieux…" il joint à son Essai sur Malesherbes (paru en 1819) deux autres œuvres (l'une insérée dans la Galerie Française et l'autre en préambule d'un volume des Discours des orateurs célèbres.)

On y ajoute une pièce manuscrite signé du Citoyen Jean-François Croset (lieutenant réformé du 1er Bataillon franc du Morbihan) adressée au citoyen Préfet du Département de la Seine, Paris, 4 brumaire an 11 (26 octobre 1802), 1 p. in-folio avec apostilles manuscrites en marge appuyant sa demande d'obtention de place dans la Garde Municipale.

BOISSY D'ANGLAS (François Antoine, comte de). L.A.S. "Boissy", Paris, 8 messidor an 11 (27 juin 18…
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N° 13
BONNAY (Charles-François Marquis de). L.A.S. "Le Marquis de Bonnay", Fontainebleau, 27 octobre 1824, 2 pp. in-8 (avec adresse au dos et cachet de cire noir brisé – cachets postaux), adressée à Monsieur de la Salle, Greffier en chef de la Cour Royale des Comptes, 3 rue d’Amboise, Paris.

Intéressante lettre du Marquis de Bonnay (1750-1825), gouverneur du château royal de Fontainebleau depuis 1821, suite au décès du Roi Louis XVIII (un mois plus tôt).

"Nous sommes, Monsieur, repartis pour Fontainebleau le soir même des obsèques du feu Roi, car je n’avais pas de temps à perdre pour venir y recevoir Monsieur le Dauphin [1], lequel nous a quittés ce matin emportant 3 pieds de cerfs, trophée de sa chasse d’hier […]. D’après le petit apperçu que vous me donnez Monsieur, de la composition et de l’exécution du tableau dont je vous avais conditionnellement demandé la lithographie, je me désiste de la commission que j’avais pris la liberté de vous donner. Je vois que cette estampe me laisserait à froid, ni plus, ni moins que l’oraison funèbre de l’Abbé Frayssinous [2] de laquelle on peut dire (en parodiant un mot spirituel de Mr Corvetto [3] au sujet d’une longue discussion sur le Budget) qu’il y est parlé de tout, et même un peu de Louis XVIII. Je laisserai donc de côté cette lithographie dont le sujet est si touchant […] et je ne donnerai pour le moment point de pendant à celle de Mde La Duchesse de Berry. Nous voilà rentrés dans notre nid, au milieu des raisins et des lapins, entremêlés de quelques bécasses. Nous y recevrons, j’espère, encore quelques visites de Mr le Dauphin, sans parler de celles que le Roi m’a fait l’honneur de m’annoncer pour le mois de Xbre. Sa Majesté compte faire un jour une chasse à courre, et le lendemain suivant sa tradition un tiré au parquet. […]"

[1] Louis-Antoine d'Artois (1775-1844), fils aîné de Charles X et duc d'Angoulême, dernier Dauphin de France (1824-1830).

[2] Denis Frayssinous (1765-1841), nommé premier aumônier du Roi en novembre 1821, nommé évêque par le pape en avril 1822, et le même mois chef de l’Instruction publique par Louis XVIII, c'est lui qui se chargera de l'oraison funèbre à la mort de ce dernier.

[3] Louis-Emmanuel Corvetto (1756-1821), ministre des finances de la Restauration.

BONNAY (Charles François Marquis de). L.A.S. "Le Marquis de Bonnay", Fontainebleau, 27 octobre 1824,…
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N° 14
BRAQUE (Georges). Carte postale signée "G Braque", Sorgues, 19 mai 1918, adressée à M. Dermée à La Celle Saint Cloud.

"Mon cher ami, je vous envoie un bien cordial bonjour. Je travaille beaucoup. J'espère que de votre côté le recueillement de votre campagne vous est favorable. Il parait que Paris reprend de l'animation. Bien amicalement à vous."

La carte, expédiée de Sorgues (Vaucluse), représente une vue de cette localité avec un groupe de personnages dominé par la haute stature d'un soldat africain. C'est la guerre ; Georges Braque (1882-1963), officier d'infanterie, en revint grand blessé : grièvement blessé le 11 mai 1915 à Neuville-Saint-Vaast, il fut laissé pour mort sur le champ de bataille avant d'être relevé le lendemain par les brancardiers qui avaient trébuché sur son corps, dans ce charnier où 17 000 hommes ont été broyés. Trépané, le peintre ne reprit connaissance qu'après deux jours de coma et ne s'en remit qu'en 1917. Deux fois cité, il reçut la Croix de guerre. Après un banquet organisé pour fêter sa guérison à Paris, il partit en convalescence à Sorgues.

Paul DERMEE (1886-1951, pseudonyme de Camille Zéphirin Janssen), écrivain, poète belge, critique littéraire et directeur de revues, promoteur de la radiophonie, époux de Céline Arnaud, ami de Guillaume Apollinaire, Picasso, G. Braque, Juan Gris, Sonia et Robert Delaunay, Valery Larbaud ou Max Jacob. Il collabora à la revue d'avant-garde SIC de Pierre Albert-Birot, puis à celle de Pierre Reverdy, Nord-Sud. C'est à lui que fut adressée le lettre d'Apollinaire employant le néologisme "surréalisme" pour tenter de nommer le courant littéraire naissant (« Surréalisme n'existe pas encore dans les dictionnaires, et il sera plus commode à manier que surnaturalisme déjà employé par MM. les Philosophes. »)

BRAQUE (Georges). Carte postale signée "G Braque", Sorgues, 19 mai 1918, adressée à M. Dermée à La C…
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N° 15
BRETON (André). Bel et important tapuscrit signé "André Breton au stylo, Paris, 11 septembre 1960, 1 p. ¼ sur 2 ff. in-4.

Violent texte contre Jean Cocteau qu’on voulait élire Prince des Poètes :

"On sait que, considérant ce que les prétentions de Cocteau à se faire passer pour un poète avaient manifestement d’abusif, d’un commun accord, à partir de 1920 environ, des poètes tels qu’Aragon, Breton, Soupault, Tzara, Eluard, Péret, Desnos, Artaud, Prévert, Char (et d'autres, depuis) s’étaient promis de ne jamais s’occuper de lui, de ne réagir sous aucun prétexte à sa gesticulation, fût-elle provocante. A distance on peut admettre que ce silence a fait son jeu. Aussi n’est-il pas trop tard pour le rompre.

Tous ceux qui ont connu Apollinaire l’ont entendu dire que c’est Cocteau qu'il a dépeint (lyriquement cela va sans dire) sous les traits du fapoîte Paponat ("fapoîte" : contradiction de faux poète[souligné], Apollinaire spécifiait qu’il fallait entendre par là anti-poète[souligné] et l’ouvrage le désigne clairement comme l’ennemi n°1[souligné]). Il n’y a qu’à en appeler au témoignage d’Aragon, de Breton et de Soupault. […] Pourquoi Cocteau doit-il être regardé comme l’anti-poète ? Parce que chez lui la mécanique de l’image, qui donne la mesure de la capacité poétique, fonctionne constamment à rebours […]. Parce qu’en outre le contenu de sa versification, sans qu’il soit besoin de recourir à la psychanalyse, se ramène aux propositions qu’on lit dans les urinoirs […] S'il doit être regardé comme l'anti-poète, c'est aussi parce que sa complexion est celle de l’imposteur-type[souligné], du tricheur-né. Son astuce […] a toujours été de vouloir passer l'anti-conformisme pour le conformisme et inversement […] Que le Sieur Cocteau soit élu Prince des poètes en 1960 […] serait beaucoup plus grave que si Edmond Rostand, faiseur de même acabit mais sans rien d’équivoque, l’avait été en 1912. […]"

"L'affaire du Prince des poètes, en 1960, n'en finit pas d'agiter le Landerneau poétique. Saint-John Perse s'est désisté, et il a de surcroît reçu le Prix Nobel ; Cocteau a accepté, mais son "élection" n'est pas reconnue par tous, et les surréalistes en particulier y voient une sorte d'usurpation. Quant à Breton, qui d'après le décompte présenté ici apparaît comme un challenger, il se retire officiellement d'une course à laquelle il n'a jamais admis explicitement avoir participé... Le tract ci-joint, signé de Paulhan, Gracq, Pieyre de Mandiargues, Breton, Soupault, Ponge et Ungaretti, prend valeur d'une sorte de point de vue officiel, regroupant les personnalités les plus représentatives ; il entérine l'idée d'un abandon du projet." site Atelier André Breton, 2005, à propos du tract du 15 novembre 1960 relatif à l'élection de prince des poètes dont Saint John Perse venait de refuser le titre.

Le titre de Prince des poètes (élu par ses pairs) fut attribué Clément Marot et à Ronsard avant d'être remis au goût du jour à la fin du XIXe siècle (Leconte de Lisle, Verlaine, Mallarmé, etc.). Le titre fut soumis au vote à la mort de Paul Fort en 1960 et suscitera donc moult débats. Cocteau fut finalement élu, en même temps de J. Supervielle (qui mourra quelques jours après son élection).

L'intransigeant André Breton a, dès leur première entrevue en 1918, voué une haine féroce envers Cocteau, qu'il juge être le parangon de la mondanité et de la superficialité. Il le désigne dans une lettre à Tristan Tzara du 26 décembre 1919 comme "l’être le plus haïssable de ce temps". Cocteau deviendra ainsi la victime favorite du groupe surréaliste comme en témoigne ce texte écrit plus de 40 ans après leur rencontre !

BRETON (André). Bel et important tapuscrit signé "André Breton au stylo, Paris, 11 septembre 1960, 1…
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N° 16
BROCA (Paul). Intéressante correspondance composée de 6 lettres autographes signées du Dr Paul BROCA adressées au Dr Eugène AZAM :

- L.A.S. "P Broca", Paris, 7 avril 1861, 3 pp. in-8 sur papier bleu au chiffre à froid : "Mon cher Azam, j'ai reçu votre manuscrit, et je n'ai pas encore eu le temps de le lire […] il est à peu près impossible que votre rapport soit fait et lu avant la fin du mois de sorte que vous êtes obligé de renoncer au dit rapport ou à la publication de votre travail dans le prochain numéro du journal de méd. de Bordeaux. […] Merci de votre prospection(?) anthropologique accepté avec reconnaissance pour l'Hova bien moins que pour le papou. Tous les renseignements que vous pourriez obtenir ou faire obtenir du Doct. Miller sur la population de Madagascar nous serait infiniment précieux. […] Je n'ai pas le temps de vous répondre aujourd'hui sur le cancer. […] PS Dans l'intérêt de votre candidature chirurgique vous feriez mieux de donner définitivement votre travail à la Société, quitte à le répudier(?) dans le journal de Bordeaux dès qu'il aurait paru […]"

- L.A.S. "P Broca", Paris, 2 mars 1872, 2 pp. in-8 sur papier crème au chiffre à froid : "… Je ne vous ai pas oublié mais les gens que j'ai mis à la besogne m'ont fait attendre. Je vous envoie une liste par pays […] Goubaux m'avait promis une liste des journaux de zootechnie et de zoïatrique elle n'est pas venue. Voulez vous de l'anthropologie , [s'ensuit une liste de qqs revues spécialisées] L'association française pour l'avancement de sciences est en progrès […]"

- L.A.S. "P Broca", Paris, 29 avril 1872, 5 pp. in-8 sur papier à entête du Laboratoire d'anthropologie, Ecole des Hautes Etudes : "…mercredi soir a eu lieu l'assemblée générale des fondateurs de l'Association française. Les statuts ont été adoptés, avec quelques légers changements […la première session sera organisée à Bordeaux...] Elle [la commission] espère que vous voudrez bien prendre une part active à l'organisation de la session. [désignation du comité local et des présidents d'honneur] Veuillez donc, mon chez Azam, vous mettre promptement en campagne. Je connais assez la rectitude de votre esprit pour n'avoir pas besoin de vous recommander de faire abstraction de toute considération autre que la valeur et l'honorabilité des hommes choisis dans toutes les parties, […] dans toutes les branches de la science. S'il y a comme je le pense en dehors des hommes de sciences proprement dits, quelques personnages éclairés connus pour leur dévouement aux choses de l'intelligence, banquier, armateur, industriel ou simple rentier, disposés à pratiquer le mécénisme à un degré quelconque, il serait bon de choisir au moins un ou deux noms parmi eux. […] Si vous jugez qu'il soit utile que j'aille faire à Bordeaux une conférence sur l'institution nouvelle et son importance, je pourrai m'échapper un dimanche mais cela ne sera sans doute pas nécessaire. Rassurez les membres de l'Association scientifique (dont je fais partie depuis sa fondation). Dites leur que la nouvelle association n'est pas la rivale de l'ancienne, mais son alliée, en attendant mieux. […]"

- L.A.S. "P Broca", Paris, 3 mai 1872, 3 pp. in-8 sur papier crème au chiffre à froid : "[…]M. d'Eischal(?) l'un des membres de la commission, un grand pontife du chemin de fer du midi, me charge de vous inviter tout particulièrement à vous mettre en rapport avec les ingénieurs de ce chemin de fer. Il compte beaucoup sur eux ; et il pense qu'il ferait souscrire, au moins comme membre, tous les ingénieurs de la ligne. Nous n'avons pas voulu fixer la date de la session avant d'avoir pris l'avis des Bordelais […] On dit qu'à ce moment la plupart des gens bonnes, du commerce, de la finance, ou de la propriété sont en villégiature. Mais plus tard, il y a les vendanges. Plus tôt ce serait difficile, attendu que la session de British Associates ne finit que le 31 août […] Comme il est question d'établir un observatoire à Bordeaux, nous avons pensé qu'une conférence astronomique serait bien accueillie. Elle serait faite par DELAUNAY. Et d'une . On m'a fait l'honneur de m'inviter à faire […] une conférence anthropologique. Et de deux. Enfin, pour la 3e, qui devrait se rapporter à une science appliquée, il a été question : de la direction des ballons par DUPUY de LÔME, de la fermentation par PASTEUR, de l'emploi du charbon des pins des landes dans la fabrication des aciers […]

- LA.S. "P Broca", slnd (c. 1872), 4 pp. in-8 sur papier crème au chiffre à froid, adressée à Azam ? ("Cher ami") : "… Je suis allé deux fois chez DENONVILLIERS sans pouvoir le joindre ; aujourd'hui enfin je l'ai harponné à l'Académie […] Je l'ai trouvé inébranlable et je crois bien […] que votre cause soit perdue. […] On considère au ministère (c'est Den. qui parle) l'institution des prof. adjts comme mauvaise, et on désire les supprimer. [s'ensuit une longue explication de la sitatutaion des professeurs adjoints en fonction des différentes chaires de médecine et des villes, notamment Bordeaux…] S'il vous reste quelque espoir, je crois que vous ferez bien de venir montrer votre nez au ministre. [Il lui conseille enfin de ne pas donner sa démission par honneur]."

- Longue L.A.S. "P. Broca", slnd, 6 pp. in-8 sur papier de deuil à liseré noir : "… Votre lettre m'a embarrassé ; et m'embarrasse encore. Le papier dont je voulais vous parler est tellement délicat que j'éprouverais la plus vive répugrance à en entretenir tout autre qu'un vieil et bon ami comme vous ou Dennée. [Il lui demande la faveur de soutenir la demande de décoration auprès du préfet de Bordeaux pour son père Benjamin Broca, et lui demande la plus grande discrétion à ce sujet. Il en profite pour dire son rapport aux distinctions et sa conception de ce type de reconnaissance.]"

Originaire de Gironde, Paul BROCA (1824-1880) consacra ses premiers travaux scientifiques à l'étude du cartilage et des os, mais aussi du cancer, du traitement de l'anévrisme et de la mortalité infantile. Ses prolifiques recherches sur le système nerveux central furent suivies de l'étude du cerveau et la découverte du centre de la parole grâce à l'examen de cerveaux de patients aphasiques (notamment M. Leborgne, surnommé "Tan" d'après la seule syllabe qu'il était capable de prononcer). Excellant dans plusieurs disciplines, Broca fut également un précurseur en anthropologie physique ; il fonda la Société d’Anthropologie de Paris en 1859, la Revue d'anthropologie en 1872 et l'École d'anthropologie de Paris en 1876 et fit avancer l'anthropométrie craniale en développant de nouveaux instruments de mesure et de nouveaux indices numériques. (Sa théorie sur la petitesse du cerveau des femmes qui les rendrait moins intelligentes que les hommes a été démentie récemment par Catherine Vidal qui s'est basée sur le poids du cerveau d'Einstein bien moindre que celui de la moyenne des homme…) Broca n'eut certainement pas la postérité qu'il méritait malgré ses innovationsdans maints domaines scientifiques : c'est lui qui, par exemple, en 1859, présenta avec son collègue Eugène Azam devant l'Académie des sciences une intervention chirurgicale pratiquée sous anesthésie hypnotique.

Chirurgien bordelais à la chaire de clinique médicale de l'université, Eugène AZAM (1822-1899) s'intéressa particulièrement à la psychologie à travers notamment le cas de la patiente Félida, atteinte de trouble de la personnalité multiple et qu'il suivit pendant des années. Avec Alfred Velpeau et Paul Broca, il contribua à faire connaître en France les travaux de James Braid sur l'hypnose.

Inspirée d'une société anglaise fondée en 1831 (British Association for the Advancement of Science), l'Association française pour l'avancement des sciences (Afas) fut créée en 1872 par Claude Bernard, Paul Broca, Charles Friedel, Armand de Quatrefages, Charles-Marie Gariel et Charles Adolphe Wurtz - entre autres - afin de mettre en contact les chercheurs et de leur faire partager leurs recherches respectives. Reconnue d'utilité publique en 1876, elle reçut rapidement d'importants dons et legs et ouvrit très tôt ses portes aux érudits, curieux, banquiers et industriels, décloisonnant ainsi le savoir. Un congrès itinérant dans diverses villes de France et des "colonies" était organisé chaque année donnant lieu à des publications. De la première session à Bordeaux en 1872 à celle d'Alger en 1930, les actes des congrès représentent un corpus de plus de 50 000 pages regroupant plus de 20 000 communications de 6 000 intervenants environ. Elle fusionna en 1886 avec l'Association scientifique de France, fondée en 1864 par Le Verrier. Elle existe toujours à ce jour et est actuellement présidée par le chimiste Serge Chambaud.

BROCA (Paul). Intéressante correspondance composée de 6 lettres autographes signées du Dr Paul BROCA…
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N° 20
CHAIGNEAU (Ferdinand). L.A.S. contenant à la fin un dessin original à l'encre, Barbizon, 18 mai 1865 (avec adresse, timbre & cachet postal au verso), 3 pp. in-8, adressée au peintre William BOUGUEREAU, rue Carnot à Paris.

" Mon cher ami, merci, merci, tu m’as rendu un vrai service, j’éprouve déjà les merveilleux effets du glacis à frais, du couteau et des tons dans la pouasse [1]. Mais il me manque un instrument que je n’ai pas pu me procurer, c’est le couteau à palette grandiose que tu m’as montré, si tu peux m'en avoir un je serai fort obligé […]. Je fais maintenant de la peinture trop fine de ton, trop lumineuse, trop puissante de coloration, que sera-ce donc quand j’aurai le couteau - colichemarde [2] en question !... Il ne m’a pas été possible d’aller te prendre l’autre soir je n’avais pas de billet de théâtre […] A bientôt mon vieil ami, viens donc te reposer un jour ou deux avec moi, j'ai un petit bleu de la côte de Bourg qui n'est pas à dédaigner et un air vif qui fait trouver tout bon, allons un bon mouvement, je te tends les bras […]" Le dessin représente un personnage de dos en sabots tendant les bras à un personnage au loin en costume de ville (mention au crayon papier : « le Duc de Fernandine »).

[1] certainement pour la poisse ou la poix (colle, enduit)

[2] colichemarde ou épée à la franc-toupin : épée à lame à la base large et à la pointe en losange.

Le peintre et graveur Jean Ferdinand CHAIGNEAU (1830-1906) abandonna rapidement la peinture historique académique pour se tourner vers les scènes pastorales et animalières ; il s'installa en 1858 à Barbizon où il devint l'un des principaux membres de l'Ecole du même nom, avec Théodore Rousseau et Jean-François Millet.

CHAIGNEAU (Ferdinand). L.A.S. Contenant à la fin un dessin original à l'encre, Barbizon, 18 mai 1865…
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