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LIVRES & AUTOGRAPHES

vendredi 04 mai 2018 - 14:00
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N° 1
ABBADIE (Antoine d'). Belle L.A.S. "Antoine d'Abbadie", Abbadia, Hendaye, 9 novembre, 1 p. in-8, adressée (selon une note manuscrite au crayon postérieure au verso) à Charles NAUDIN (1815-1899), biologiste et botaniste, directeur du jardin botanique de la Villa Thuret d'Antibes. Cachet de la collection A. Juncker (autogr n°1086).

"Cher confrère, votre eurêka me rappelle que jadis je lisais comme une personne naturelle l’anabase de Xenophon. Mais 40 ans de préoccupations éthiopiennes ont passé là-dessus. A Athènes en 1884, j’ai reconnu que tout mon bagage grec était comme une outre vide et presque un corps sans âme […]. Quenard s’étant rebiffé contre la piquette de cidre qui est la boisson usuelle ici nous lui avons donné 100 ff par an pour son vin […]. Quant à Me Truchi (italien ?) s’il veut venir (…) nous lui offrons gratis une chambre et une cuisine à 150 mètres de mon observatoire […]. J’ai songé tardivement que vous pourriez demander ce que je fais et je vous envoie mes deux dernières brochures. On m’a traduit en italien en italianisant mon Tujurrak car Tagiurrah est une faute manifeste. J’achève lentement mon livre de géographie éthiopienne : il est si peu intéressant que je le tire à 200 ex. seulement […]. Vous avez raison : vanitas vanitatum ! J’ai 3 commanderies et n’ai porté que l’insigne d’une à Edinburgh. Ma boutonnière est même veuve de son ruban de chevalier de la Ln d’H : j’en étais officier avant et n’ai pas réclamé contre mon pas en arrière. Je n’ai pas fait approuver mes commanderies et ne puis ainsi les porter en France. J’allais vous parler politique : je préfère vous envoyer […] le point de droit que j’ai soulevé […]. Avec mes hommages à Madame Naudin […]".

Né à Dublin d'une mère irlandaise et d'un père basque, l'astronome, explorateur et linguiste français Antoine d'Abbadie (1810-1897) étudia à la Sorbonne, au Muséum national d'histoire naturelle et au Collège de France avant de partir en mission scientifique au Brésil en 1836. De ses onze années d'exploration en Éthiopie de 1838 à 1849 avec son frère Arnauld Michel (1815-1893), il rapporta une cartographie précise de ce pays alors peu connu sans oublier de très nombreuses études scientifiques. Parti de par le monde pour étudier le magnétisme terrestre (Norvège, Castille, Algérie, Haïti, etc., etc.), il n'en resta pas moins très attaché à sa région le Pays Basque, auquel il consacré plusieurs publications, notamment linguistiques. Antoine d'Abbadie parlait pas moins de 14 langues dont le guèze, l'amharique et la basque bien entendu. Son important château néogothique (dessiné par Viollet-le-Duc), situé près d'Hendaye et doté d'un observatoire, fut le lieu de nombreuses expériences de géodésie et d'observations astronomiques.

ABBADIE (Antoine d'). Belle L.A.S. "Antoine d'Abbadie", Abbadia, Hendaye, 9 novembre, 1 p. In 8, adressée (selon une not…
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N° 2
ARAGON (Louis). Manuscrit autographe signé "Aragon", slnd, 5 pp. in-4, intitulé "Laissons parler nos couleurs", à l'encre bleue, avec biffures et corrections : "C'est une chose extraordinaire que l'amour de la peinture en France, et qui donne un peu le vertige. Le XIXe siècle l'y a déjà porté plus haut que jamais, et en donner explication historique ne va pas sans risque de tomber dans le sociologisme vulgaire […] où trouver cette explication mieux que dans le développement propre à ce siècle de sentiments nouveaux, qui semblent extérieurs à la peinture, mais qu'on retrouve fortement exprimés dans la peinture française d'alors ? Or le XIXe siècle est celui où le sentiment national, toujours puissant dans les époques de crise, les malheurs du pays, prend son vrai visage populaire, avec le patriotisme, idée nouvelle comme celle du bonheur, et comme elle issue de la Grande Révolution. […] Dans l'immense clameur de l'art où, de l'héritage de David au romantisme, de l'ingrisme au cézannisme, tant de problèmes se débattent, passionnent, laissant derrière eux plus d'oeuvres marquantes que les meilleures années de la Renaissance italienne (et ce siècle n'est-ce pas Géricault, Delacroix, Courbet, Manet, Seurat ?), deux grandes écoles du paysage se succèdent, Barbizon et l'impressionnisme… où comme jamais se sont exprimés la tendresse du ciel français, le parfum de sa terre, ses floraisons, ses lumières. C'est dans ce même siècle où les trois couleurs du drapeau exprimaient enfin l'unité française […] sans doute est-ce avant tout que les grandes idées de France, celles des Encyclopédistes et des Communards, le soleil de Valmy et le Paris insurgé de 44, précèdent ces acteurs ou ces touristes, mais pour quelle part aussi n'est-ce pas cette beauté des couleurs, ce jeu de lueurs, ce chant des yeux qui est Poussin, Watteau ou Cézanne qui leur ont préparé ce chemin ? Parce qu'aux peuples d'ailleurs, avec les chansons et les victoires de la liberté, nos peintres ont appris charnellement la France, et demeurent sans doute les vrais ambassadeurs de notre ciel, de nos rêves, de ce qui monte enfin des êtres de sang et d'amour, de la vie tant menacée, de ce qui est nos femmes, notre enfance, nos raisons pareilles aux raisons de tous les hommes de se prendre les mains et de haïr la mort […] Voici le moment du monde où il semble que les vents dévastateurs aient chance de s'apaiser, et l'on entend déjà le bruit annonciateur du printemps des peuples […] Il faut laisser faire les images. Les mots sont trop bruyants. Voilà, les tableaux devant lesquels à Leningrad, s'arrêtent, songeurs, des étudiants, des Kolkhoziens, des gens venus des hauts plateaux du Pamir, du Toit du Monde… des amoureux, et des philosophes… tout ce dont est fait un monde. Laissons parler nos couleurs."

Beau et important texte sur le patriotisme pictural qui prend sa source au XIXe s. et sur les rapports entre la France et la Russie en particulier et la paix entre pays de façon générale à travers le prisme de la peinture, des musées et de la culture. Il a été publié dans France-URSS n°122, novembre 1955.

ARAGON (Louis). Manuscrit autographe signé "Aragon", slnd, 5 pp. In 4, intitulé "Laissons parler nos couleurs", à l'encr…
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N° 4
[Ballets Russes]. L.A.S. de Lémistin BROUSSAN (1858-1960), 22 septembre [1912], Tsarskoïe Selo (résidence du Tsar Nicolas II), alors qu'il était directeur de l'Opéra de Paris avec André Messager (de 1908 à 1914), à ses "chers enfants" (Jeanne Broussan et son époux Ernest Gaubert, 1881-1945, journaliste, romancier et poète), 2 pp. in-8 sur papier à entête "Tsarskoïe Selo" en cyrillique :

"C'est du palais de l'Empereur à Tsarkoë Selo où je suis pour mon audience, que je vous envoie ces qq mots. (…) J'ai laissé ma lettre ici. Je sors de chez l'Empereur qui a été d'une simplicité et d'un abord très sympathiques ! Il m'a prié de déjeuner au Château ! (…) Je crois que j'ai attrapé un rhume à Moscou. Pensez donc 14° au-dessous et en traîneau ! (…)"

On y joint un programme des Ballets Russes, direction W. de Basil, 30 mai 1934, théâtre des Champs-Elysées (Choreartium - Le Tricorne - Cotillon, chorégraphies de Léonide Massine et Georges Balanchine, Décors et costumes de Terechkovitch, Picasso et Ch. Berard), in-4 broché, couverture illustrée en couleurs par Simon LISSIM, illustrations couleurs (décors et costumes de Ch. Bérard, A. Derain, E. de Beaumont, R. Dufy, P. Pruna, A. Masson, J. Miro) et nombr. publicités et photographies en n&b. Qqs lég. salissures à la couv.

Lémistin Broussan et André Messager furent parmi les premiers et plus importants promoteurs des ballets russes de Diaghilew à Paris.

[Ballets Russes]. L.A.S. De Lémistin BROUSSAN (1858 1960), 22 septembre [1912], Tsarskoïe Selo (résidence du Tsar Nicola…
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N° 5
BARING (Maurice). Belle L.A.S. "Maurice Baring", Londres, 20 février 1930, 2 pp. in-4, relative à Sarah BERNHARDT (1844-1923) :

"Cher ami, je viens de lire votre Sarah. Elle revit dans vos pages […] Je vous envoie un énorme livre : (non pas pour lire !) un livre de mémoires vous trouvez dans le chapitre Eton, une lettre citée écrite par moi à l'âge de […] 15 ans ou 14 […] décrivant Sarah dans Léna. […] Elle est morte assise(?) à une table regardant une photographie. C'était peut être sa plus belle mort à la scène ; mais la pièce était idiote. […] Comme vous l'avez bien comprise, bien appréciée."

Après de brillantes études à Eton, le britannique Maurice Baring (1874-1945) devint écrivain tout en menant carrière dans la diplomatie.

La pièce dont il est question est Lena, une pièce de Pierre Berton de 1889, jouée au Théâtre du Vaudeville et dans laquelle Sarah Bernhard avait le rôle titre. Reynaldo Hahn mentionne cette pièce et notamment la mémorable mort du personnage dans son livre de souvenirs consacré à son illustre amie "La Grande Sarah" (chap. II) :

"Nous parlons des chutes qu'elle fait sur le sol, dans diverses pièces, quand elle "meurt."

C'est idiot de travailler ça, dit-elle ; la première condition pour bien tomber, c'est de ne pas calculer sa chute, de se laisser tomber sans crainte et n'importe comment. C'est une question de souplesse; on ne se fait mal que si on n'est pas souple. Moi, je me lance par terre, je m'abandonne sans me ménager et je ne me suis presque jamais fait mal."

Elle trouve elle-même que sa mort dans Léna était remarquable; c'est là qu'elle tombait sur la figure, terrassée par la morphine." La Grande Sarah étant parue en 1930, il est très probable que cette lettre de Maurice Baring ait été adressée justement au compositeur et écrivain Reynaldo HAHN (1874-1947). Maurice Baring consacrera lui-même un ouvrage à la grande comédienne en 1933.

BARING (Maurice). Belle L.A.S. "Maurice Baring", Londres, 20 février 1930, 2 pp. In 4, relative à Sarah BERNHARDT (1844 …
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N° 7
BENOIST (François). Bel ensemble de 24 L.A.S. du compositeur et organiste François BENOIST (1794-1878) adressées à son proche ami Auguste VARCOLLIER :

- L.A.S. "Benoist", Naples, 26 août 1817, 2 pp. sur papier in-4 plié avec adresse au verso, à Aug. Varcollier à Lucca (peut monter un opéra bouffe grâce à M. Donata, son ami et leurs promenades à Naples lui manquent)

- L.A.S. "Benoist le malade", Naples, 16 septembre 1817, 3 pp. sur papier in-4 plié avec adresse au verso, à Auguste Varcollier à Milan (réflexions générales sur l'amitié, le genre humain et les "crapauds", M. Donato et projets, un petit poème, sa santé)

- L.A.S. "Benoist l'impotent", Naples, 17 octobre 1817, 3 pp. sur papier in-4 plié avec adresse au verso, à Auguste Varcollier à Genève (son opéra est annulé, il est déçu, la Suisse et Voltaire, l'Italie)

- L.A.S. "Benoist", Naples, 12 décembre 1817, 3 pp. sur papier in-4 plié avec adresse au verso, à Auguste Varcollier à Milan (Varcollier est triste, son père est malade, la littérature et la versification, son ami lui manque il voudrait le voir à Naples, admiration commune pour Bossuet)

- L.A.S. "Benoist", Naples, 20 février 1818, 2 pp. sur papier in-4 plié avec adresse au verso, à Auguste Varcollier à Rome (mort du père de Varcollier, santé de Benoist, console son ami et propose son aide et son réseau pour s'installer à Paris comme secrétaire)

- L.A.S. "Benoist", Naples, 16 mars 1818, 3 pp. sur papier in-4 plié avec adresse au verso, à Auguste Varcollier à Rome (est invité à Rome par Varcollier mais sa santé l'en empêche, a écrit à M. de Barante pour un poste pour son ami, a du mal à travailler sans son ami et voudrait vivre et travailler avec lui)

- L.A.S. "Benoist", Naples, 28 avril 1818, 3 pp. sur papier in-4 plié avec adresse au verso, à Auguste Varcollier à Rome (le projet d'opéra est relancé, réponse de Barante, …)

- L.A.S. "Benoist", Naples, 7 mai 1818, 3 pp. sur papier in-4 plié avec adresse au verso, à Auguste Varcollier à Rome (projet d'opéra, brouille avec Roll)

- L.A.S. "Benoist", Naples, 19 mai 1818, 3 pp. sur papier in-4 plié avec adresse au verso, à Auguste Varcollier à Rome (certificat pour Barante, brouille, "je ne voulais pas aller à Vienne et voilà que le marquis de St Clair (au service du prince de Salerne), veut me faire donner une lettre du prince pour l'archiduc Rodolphe afin de me faire faire la connaissance de Beethoven. Quoiqu'il soit bien agréable de faire la connaissance d'un Beethoven par un archiduc, cependant l'envie de revoir Paris me tourmente tellement, que je ne sais si je profiterai de la bonne volonté du marquis.")

- L.A.S. "Benoist", Naples, 3 juin 1818, 3 pp. sur papier in-4 plié avec adresse au verso, à Auguste Varcollier à Rome (l'avancée du poste chez Barante pour Varcollier, leurs possibles retrouvailles à Paris au café Hardi et au Rocher de Cancale, Paris incontournable, veut quitter l'Italie, mort du marquis de St Clair, il ne pourra rencontra Beethoven)

- L.A.S. "Benoist", Naples, 19 juin 1818, 3 pp. sur papier in-4 plié avec adresse au verso, à Auguste Varcollier à Rome (beaucoup de travail, santé fragile, Confessions de Rousseau, les muses)

- L.A.S. "Benoist", Naples, 14 août 1818, 3 pp. sur papier in-4 plié avec adresse au verso, à Auguste Varcollier à Rome (livre des rogations, une messe à venir, déception sur sa carrière à Naples, santé et moral fragiles, déclaration d'amitié, Vésuve)

- L.A.S. "Benoist", Naples, 21 août 1818, 3 pp. sur papier in-4 plié avec adresse au verso, à Auguste Varcollier à Rome (s'indigne des accusations faites contre lui à propos de sa brouille avec Roll)

- L.A.S. "Benoist", Florence, 29 septembre 1818, 2 pp. sur papier in-4 plié avec adresse au verso, à Auguste Varcollier à Rome (santé fragile, voyage à Florence via Sienne)

- L.A.S. "Benoist", Bologne, 14 octobre 1818, 3 pp. sur papier in-4 plié avec adresse au verso, à Auguste Varcollier à Rome (le départ de Mlle N…, quitte l'Italie à regret, ses nouvelles rencontres à Florence, s'excuse du dérangement pour la vente de son piano, lettre de réponse de son père, lettre de N…)

- L.A.S. "Benoist", Venise, 4 décembre 1818, 3 pp. sur papier in-4 plié avec adresse au verso, à Auguste Varcollier à Rome (voyage de Bologne à Venise via Mantoue, Vérone, Vicenza, Padoue, description de Venise "la seule place St Marc est très belle et rappelle un peu le palais royal à Paris", s'inquiète du silence de son ami et de ses relations amoureuses)

- L.A.S. "Benoist", Turin, 26 décembre 1818, 2 pp. sur papier in-4 plié avec adresse au verso, à Auguste Varcollier à Rome (voyage à Turin via Milan, toujours inquiet du silence de Varcollier)

- L.A.S. "Benoist", Naples, 12 octobre 1820, 2 pp. sur papier in-8 plié avec adresse au verso, à Auguste Varcollier à Rome (ne comprend pas le silence de Varcollier, demande des nouvelles de l'accouchement de sa femme, description de la région nantaise, regrette l'Italie maintenant qu'il est en France, Barante nommé ambassadeur de Danemark)

- L.A.S. "Benoist", Paris, 15 novembre 1820, 3 pp. sur papier petit in-4 plié avec adresse au verso, à Auguste Varcollier à Rome (toujours sans nouvelles de Varcollier, a quitté sa famille à Nantes pour Paris, "je ne demeure plus au conservatoire… il est impossible de travailler au bruit que font des violons, des cors &c. &c.")

- L.A., Paris, 12 janvier 1821, 4 pp. sur papier in-4 plié, incomplète de la fin

- L.A.S. "Benoist", Nantes, 13 septembre 1825, 3 pp. sur papier in-4 plié avec adresse au verso, à Auguste Varcollier à Paris (attristé du silence de Varcollier, voyage à l'abbaye de Melleray, a fait de la musique avec Orfila,

- Longue L.A., sl, 4 juillet [1827], 27 pp. in-8 à l'encre brune, (s'est réconcilié avec Roll "victime innocente de l'imprévoyance ou de l'injustice administrative de ceux qui gouvernent le théâtre lyrique", longues et intéressantes réflexions sur l'opéra)

- L.A.S. "Benoist", slnd, 1 p. sur papier rose in-8 plié avec adresse au verso, à M. Varcollier, chef du secrétariat de la préfecture de la Seine (invite Varcollier à la 1e répétition musicale d'un ballet)

Organiste et compositeur originaire de Nantes, François BENOIST (1794-1878) fut pensionnaire de l'Académie à Rome dans la section de musique de 1816 à 1818, en même temps que Pierre-Gaspard ROLL (1787-1851). Après son retour en France, il fut nommé premier organiste de la chapelle du roi et professeur d'orgue au Conservatoire National de Paris. On lui doit plusieurs opéras (Félix et Léonore, l'Apparition) et la musique des ballets Le Diable Amoureux, Nisida et Pâquerette, ainsi qu'une messe de Requiem.

Pierre Gaspard ROLL reçut en 1814 le grand prix de composition pour sa cantate Atala. Après son séjour à la ville Médicis, Roll chercha à Paris les occasions de se faire connaître par des succès à la scène ; mais ce fut en vain qu'après avoir écrit la partition d'Ogier le Danois, grand opéra destiné à l'Académie royale de musique, il sollicita sa mise en scène : ainsi que beaucoup d'autres ouvrages, Ogier le Danois a été oublié par l'administration de ce théâtre. Roll se retira dans une maison qu'il possédait à Ville-d'Avray, et disparut du monde musical.

Michel Auguste VARCOLLIER (1795-1883), chef de division de préfecture de la Seine, pensionné jusqu’en 1853 dans la division des beaux-arts, il mène en parallèle une activité littéraire ; nommé le 1er février 1853 intendant général de S.A.I. le Prince Jérôme, avant de devenir en octobre de la même année, secrétaire des commandements du Prince Napoléon puis conseiller de préfecture de la Seine le 28 juin 1856.

Intéressant et abondant témoignage d'un pensionnaire de la Villa Médicis au début du XIXe siècle. Après avoir occupé plusieurs palais ou riches demeures romaines depuis sa création par Colbert en 1666, l'Académie de France à Rome est définitivement transférée par Napoléon Bonaparte à la Villa Médicis en 1803.

BENOIST (François). Bel ensemble de 24 L.A.S. Du compositeur et organiste François BENOIST (1794 1878) adressées à son p…
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N° 9
BERRY (Marie-Caroline de Bourbon-Siciles, duchesse de). Bel ensemble de pièces de la duchesse de BERRY :

- L.A.S. "Marie Caroline", Brunsée, 23 juin 1854, 1 p. in-8 adressée à "Ma chère Babet", suivi d'une lettre de la princesse CLEMENTINE, 2 pp. in-8. Lettre dans laquelle elle fait allusion à l'assassinat de son gendre le duc de Parme (27 mars 1854) et à la régence de sa fille Louise d'Artois (1819-1864) : "...Ma Louise s'est conduitte comme un ange et on l'adore. Clémentine vous a donné tous les détails de ce triste evenement(…)". La famille ducale fut chassée par les armées du roi Victor-Emmanuel II de Sardaigne en 1859 ; les duchés de Parme et de Plaisance seront rattachés au nouveau royaume d’Italie et Louise mourra en exil cinq ans plus tard.

- Lettre en partie autographe signée "Marie Caroline", Brunsée, 8 novembre 1852, 2 pp. in-8, avec son enveloppe, lettre de condoléance adressée à Mme la Comtesse de Custine qui venait de perdre son mari.

- Lettre en partie autographe signée "Marie Caroline", Brunsée, 14 décembre 1857, 3 pp. ½ in-8, lettre de remerciement adressée à M. de Charrière qui avait envoyé un ouvrage.

- P.S. "Marie Caroline", Gratz, 24 mars 1836, 1 p. in-8 oblong, billet à ordre de 1391 florins.

On y joint :

- P.S. "Le Comte Hector Lucchesi-Palli", Gratz, 4 novembre 1836, billet à ordre de 3000 florins. Hector LUCCHESI-PALLI (1806-1864) épousa secrètement la duchesse de Berry en 1831 à Rome et aurait été le père de la fille à qui la princesse donna naissance, le 10 mai 1833, alors qu'elle était incarcérée à la citadelle de Blaye après sa tentative d'insurrection royaliste dans l'Ouest de la France en 1832.

- Billet d'entrée au Palais de l'Elysée, Paris, 1826, avec la signature autographe du marquis Claude-Henry-Étienne Bernard de SASSENAY (1760-1840), Secrétaire des commandements de la duchesse de Berry sous la Restauration.

BERRY (Marie Caroline de Bourbon Siciles, duchesse de). Bel ensemble de pièces de la duchesse de BERRY : L.A.S. "Marie…
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N° 10
BLACAS D’AULPS (Pierre Louis Jean Casimir). Belle lettre signée "le Ce de Blacas d’Aulps", Hartwell 28 février 1814, 2 pp. in-4, avec adresse et cachet de cire rouge au verso, adressée au "Comte de Penne Villemur, Maréchal des Camps et Armées de Sa Majesté Catholique, Commandant Général de la 1re Division de Cavalerie du 4ème Corps d’Armée Espagnole, au Quartier Général du Feld-Maréchal, Marquis de Wellington".

" Je vous remercie extrêmement, Monsieur le Comte, de la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire. Je me suis empressé de mettre sous les yeux du Roi les offres qu’elle renferme et Sa Majesté qui y a été vivement sensible verroit avec grand plaisir naître l’occasion où vous pourriez la servir dans la partie de la France qu’occupe ou que va occuper l’armée alliée aux ordres du Feld. Maréchal, Marquis de Wellington. M. le Duc d’Angoulême qui est maintenant à cette armée, s’empressera avec une égale satisfaction de vous associer à la noble entreprise qu’il va tenter. Son Altesse Royale connaît déjà parfaitement votre nom et vos services et Elle accueillera on ne peut plus favorablement la proposition que vous aurez à lui faire. Le Roi désire donc, Monsieur le Comte que vous adressiez au Prince, son neveu, relativement à l’intéressant objet de votre lettre, et Sa Majesté se flatte qu’elle ne tardera pas à employer utilement votre zèle, ainsi que celui de Monsieur votre frère et de Monsieur votre neveu au soutien de la cause Sacrée qui vous offre une nouvelle carrière de gloire. Des gentilshommes François qui ont combattu avec tant de distinction pour l’indépendance de l’Espagne, ont suffisamment prouvé d’avance la noble ardeur dont ils seront animés lorsqu’il s’agira de rendre la paix et le bonheur à leur malheureuse patrie ! […]".

Emigré en 1790, le duc et prince Pierre Louis Jean Casimir BLACAS D’AULPS (1771-1839 s'attira les faveurs et la confiance du futur Louis XVIII, dans l'exil et devint dès les premiers temps de la Restauration (en avril 1814) ministre de la Maison du Roi, Maréchal de camp, grand-maître de la garde-robe et intendant général des bâtiments de la Couronne. Il accompagna le roi en exil à Gand durant les Cent-Jours mais son impopularité lui vaut à leur retour d'être remplacé par le plus modéré Elie Decaze et envoyé en ambassadeur en Italie. Charles X le nomme à nouveau intendant général des Bâtiments de la Couronne : c'est à ce poste qu'il créa le Musée Egyptien du Louvre tout en apportant son aide à Champollion et en se constituant une importante collection d'antiquités. En 1830, il suivit à nouveau les Bourbons dans l’exil et mourut en Autriche.

Fervent royaliste, Louis II, Comte de Villemur (1761-†?) lieutenant-général des armées de Ferdinand VII roi d'Espagne, gentilhomme de sa chambre, chambellan de l'Empereur d'Autriche (1805) ; il avait émigré en novembre 1791 pour rejoindre les princes français à Coblentz et fit les campagnes du Prince du Condé et de l'armée du Haut-Rhin, avant de rejoindre le régiment de Rohan et le service de l'empire d'Autriche où il se distingua par la défense d'Ugrath. Après la signature de la paix entre l'Autriche et la France, il rejoignit l'armée espagnole en 1809 ; il obtint ses lettres de naturalisation de l'Espagne en 1811 et fut décoré de l'Ordre de Saint Louis par Louis XVIII en 1820.

BLACAS D’AULPS (Pierre Louis Jean Casimir). Belle lettre signée "le Ce de Blacas d’Aulps", Hartwell 28 février 1814, 2 p…
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N° 12
BOISSY D'ANGLAS (François Antoine, comte de).

- L.A.S. "Boissy", Paris, 8 messidor an 11 (27 juin 1803), 1 p. in-8 avec adresse et timbre au verso "au Citoyen Mejan" [Etienne MEJAN (1766-1846) avocat, journaliste et haut fonctionnaire, nommé secrétaire général de la préfecture de la Seine en 1800 par le Général Bonaparte avant d'être nommé par l'empereur secrétaire du prince Eugène en Italie de 1805 à 1814] : "Faites moi le plaisir mon cher Mejan de faire recherchez dans vos bureaux si le certificat d'amnistie de François Barchi n'a point été envoyé […]"

- L.A.S. "Boissy", le 10 juillet 1820 à (?), 2 pp. in-8, avec adresse et timbre au verso, adressée au pasteur Rabaut-Pommier [Jacques Antoine Rabaut-Pommier (1744-1820), pasteur à Marseille puis à Montpellier jusqu’en 1792, membre de la Convention et député au Conseil des Anciens, de 1792 à 1801, l’un des trois premiers pasteurs de l’Église réformée de Paris dès 1803, condamné à l’exil pour régicide par la Restauration ; il bénéficia finalement d’une amnistie. Passionné de médecine, il milita en faveur de la vaccination. Il est le fils de Paul Rabaut, pasteur cévenol, et le frère de Rabaut Saint-Étienne, homme politique célèbre, guillotiné à Paris le 5 décembre 1793.] : "Voici mon cher et ancien confrère(?) une lettre que vous ecris Mr Rattier pasteur dans l'Ardèche, il crains que vous ne posteriez au detriment du consistoire de la Voute un Mr Astier pasteur qui (de vous à moi) ne meriterait pas votre appui, c'est un brouillon et un ignorant. […]" Boissy d'Anglas, qui s'est longtemps battu en faveur du protestantisme (il est lui-même fils d'un médecin protestant de l'Ardèche), était alors membre du Consistoire de l'Église réformée de France (1803-1826).

- L.A.S. "Boissy d'Anglas", slnd (c. 1820), 2 pp. sur papier in-8 plié, destinataire inconnu : "Je vous ai quitté hier au soir avec beaucoup de regrets mon cher et illustre confrère, recevez encore une fois mes adieux…" il joint à son Essai sur Malesherbes (paru en 1819) deux autres œuvres (l'une insérée dans la Galerie Française et l'autre en préambule d'un volume des Discours des orateurs célèbres.)

On y ajoute une pièce manuscrite signé du Citoyen Jean-François Croset (lieutenant réformé du 1er Bataillon franc du Morbihan) adressée au citoyen Préfet du Département de la Seine, Paris, 4 brumaire an 11 (26 octobre 1802), 1 p. in-folio avec apostilles manuscrites en marge appuyant sa demande d'obtention de place dans la Garde Municipale.

BOISSY D'ANGLAS (François Antoine, comte de). L.A.S. "Boissy", Paris, 8 messidor an 11 (27 juin 1803), 1 p. In 8 avec …
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N° 13
BONNAY (Charles-François Marquis de). L.A.S. "Le Marquis de Bonnay", Fontainebleau, 27 octobre 1824, 2 pp. in-8 (avec adresse au dos et cachet de cire noir brisé – cachets postaux), adressée à Monsieur de la Salle, Greffier en chef de la Cour Royale des Comptes, 3 rue d’Amboise, Paris.

Intéressante lettre du Marquis de Bonnay (1750-1825), gouverneur du château royal de Fontainebleau depuis 1821, suite au décès du Roi Louis XVIII (un mois plus tôt).

"Nous sommes, Monsieur, repartis pour Fontainebleau le soir même des obsèques du feu Roi, car je n’avais pas de temps à perdre pour venir y recevoir Monsieur le Dauphin [1], lequel nous a quittés ce matin emportant 3 pieds de cerfs, trophée de sa chasse d’hier […]. D’après le petit apperçu que vous me donnez Monsieur, de la composition et de l’exécution du tableau dont je vous avais conditionnellement demandé la lithographie, je me désiste de la commission que j’avais pris la liberté de vous donner. Je vois que cette estampe me laisserait à froid, ni plus, ni moins que l’oraison funèbre de l’Abbé Frayssinous [2] de laquelle on peut dire (en parodiant un mot spirituel de Mr Corvetto [3] au sujet d’une longue discussion sur le Budget) qu’il y est parlé de tout, et même un peu de Louis XVIII. Je laisserai donc de côté cette lithographie dont le sujet est si touchant […] et je ne donnerai pour le moment point de pendant à celle de Mde La Duchesse de Berry. Nous voilà rentrés dans notre nid, au milieu des raisins et des lapins, entremêlés de quelques bécasses. Nous y recevrons, j’espère, encore quelques visites de Mr le Dauphin, sans parler de celles que le Roi m’a fait l’honneur de m’annoncer pour le mois de Xbre. Sa Majesté compte faire un jour une chasse à courre, et le lendemain suivant sa tradition un tiré au parquet. […]"

[1] Louis-Antoine d'Artois (1775-1844), fils aîné de Charles X et duc d'Angoulême, dernier Dauphin de France (1824-1830).

[2] Denis Frayssinous (1765-1841), nommé premier aumônier du Roi en novembre 1821, nommé évêque par le pape en avril 1822, et le même mois chef de l’Instruction publique par Louis XVIII, c'est lui qui se chargera de l'oraison funèbre à la mort de ce dernier.

[3] Louis-Emmanuel Corvetto (1756-1821), ministre des finances de la Restauration.

BONNAY (Charles François Marquis de). L.A.S. "Le Marquis de Bonnay", Fontainebleau, 27 octobre 1824, 2 pp. In 8 (avec ad…
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N° 14
BRAQUE (Georges). Carte postale signée "G Braque", Sorgues, 19 mai 1918, adressée à M. Dermée à La Celle Saint Cloud.

"Mon cher ami, je vous envoie un bien cordial bonjour. Je travaille beaucoup. J'espère que de votre côté le recueillement de votre campagne vous est favorable. Il parait que Paris reprend de l'animation. Bien amicalement à vous."

La carte, expédiée de Sorgues (Vaucluse), représente une vue de cette localité avec un groupe de personnages dominé par la haute stature d'un soldat africain. C'est la guerre ; Georges Braque (1882-1963), officier d'infanterie, en revint grand blessé : grièvement blessé le 11 mai 1915 à Neuville-Saint-Vaast, il fut laissé pour mort sur le champ de bataille avant d'être relevé le lendemain par les brancardiers qui avaient trébuché sur son corps, dans ce charnier où 17 000 hommes ont été broyés. Trépané, le peintre ne reprit connaissance qu'après deux jours de coma et ne s'en remit qu'en 1917. Deux fois cité, il reçut la Croix de guerre. Après un banquet organisé pour fêter sa guérison à Paris, il partit en convalescence à Sorgues.

Paul DERMEE (1886-1951, pseudonyme de Camille Zéphirin Janssen), écrivain, poète belge, critique littéraire et directeur de revues, promoteur de la radiophonie, époux de Céline Arnaud, ami de Guillaume Apollinaire, Picasso, G. Braque, Juan Gris, Sonia et Robert Delaunay, Valery Larbaud ou Max Jacob. Il collabora à la revue d'avant-garde SIC de Pierre Albert-Birot, puis à celle de Pierre Reverdy, Nord-Sud. C'est à lui que fut adressée le lettre d'Apollinaire employant le néologisme "surréalisme" pour tenter de nommer le courant littéraire naissant (« Surréalisme n'existe pas encore dans les dictionnaires, et il sera plus commode à manier que surnaturalisme déjà employé par MM. les Philosophes. »)

BRAQUE (Georges). Carte postale signée "G Braque", Sorgues, 19 mai 1918, adressée à M. Dermée à La Celle Saint Cloud. "…
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N° 15
BRETON (André). Bel et important tapuscrit signé "André Breton au stylo, Paris, 11 septembre 1960, 1 p. ¼ sur 2 ff. in-4.

Violent texte contre Jean Cocteau qu’on voulait élire Prince des Poètes :

"On sait que, considérant ce que les prétentions de Cocteau à se faire passer pour un poète avaient manifestement d’abusif, d’un commun accord, à partir de 1920 environ, des poètes tels qu’Aragon, Breton, Soupault, Tzara, Eluard, Péret, Desnos, Artaud, Prévert, Char (et d'autres, depuis) s’étaient promis de ne jamais s’occuper de lui, de ne réagir sous aucun prétexte à sa gesticulation, fût-elle provocante. A distance on peut admettre que ce silence a fait son jeu. Aussi n’est-il pas trop tard pour le rompre.

Tous ceux qui ont connu Apollinaire l’ont entendu dire que c’est Cocteau qu'il a dépeint (lyriquement cela va sans dire) sous les traits du fapoîte Paponat ("fapoîte" : contradiction de faux poète[souligné], Apollinaire spécifiait qu’il fallait entendre par là anti-poète[souligné] et l’ouvrage le désigne clairement comme l’ennemi n°1[souligné]). Il n’y a qu’à en appeler au témoignage d’Aragon, de Breton et de Soupault. […] Pourquoi Cocteau doit-il être regardé comme l’anti-poète ? Parce que chez lui la mécanique de l’image, qui donne la mesure de la capacité poétique, fonctionne constamment à rebours […]. Parce qu’en outre le contenu de sa versification, sans qu’il soit besoin de recourir à la psychanalyse, se ramène aux propositions qu’on lit dans les urinoirs […] S'il doit être regardé comme l'anti-poète, c'est aussi parce que sa complexion est celle de l’imposteur-type[souligné], du tricheur-né. Son astuce […] a toujours été de vouloir passer l'anti-conformisme pour le conformisme et inversement […] Que le Sieur Cocteau soit élu Prince des poètes en 1960 […] serait beaucoup plus grave que si Edmond Rostand, faiseur de même acabit mais sans rien d’équivoque, l’avait été en 1912. […]"

"L'affaire du Prince des poètes, en 1960, n'en finit pas d'agiter le Landerneau poétique. Saint-John Perse s'est désisté, et il a de surcroît reçu le Prix Nobel ; Cocteau a accepté, mais son "élection" n'est pas reconnue par tous, et les surréalistes en particulier y voient une sorte d'usurpation. Quant à Breton, qui d'après le décompte présenté ici apparaît comme un challenger, il se retire officiellement d'une course à laquelle il n'a jamais admis explicitement avoir participé... Le tract ci-joint, signé de Paulhan, Gracq, Pieyre de Mandiargues, Breton, Soupault, Ponge et Ungaretti, prend valeur d'une sorte de point de vue officiel, regroupant les personnalités les plus représentatives ; il entérine l'idée d'un abandon du projet." site Atelier André Breton, 2005, à propos du tract du 15 novembre 1960 relatif à l'élection de prince des poètes dont Saint John Perse venait de refuser le titre.

Le titre de Prince des poètes (élu par ses pairs) fut attribué Clément Marot et à Ronsard avant d'être remis au goût du jour à la fin du XIXe siècle (Leconte de Lisle, Verlaine, Mallarmé, etc.). Le titre fut soumis au vote à la mort de Paul Fort en 1960 et suscitera donc moult débats. Cocteau fut finalement élu, en même temps de J. Supervielle (qui mourra quelques jours après son élection).

L'intransigeant André Breton a, dès leur première entrevue en 1918, voué une haine féroce envers Cocteau, qu'il juge être le parangon de la mondanité et de la superficialité. Il le désigne dans une lettre à Tristan Tzara du 26 décembre 1919 comme "l’être le plus haïssable de ce temps". Cocteau deviendra ainsi la victime favorite du groupe surréaliste comme en témoigne ce texte écrit plus de 40 ans après leur rencontre !

BRETON (André). Bel et important tapuscrit signé "André Breton au stylo, Paris, 11 septembre 1960, 1 p. ¼ sur 2 ff. In 4…
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N° 16
BROCA (Paul). Intéressante correspondance composée de 6 lettres autographes signées du Dr Paul BROCA adressées au Dr Eugène AZAM :

- L.A.S. "P Broca", Paris, 7 avril 1861, 3 pp. in-8 sur papier bleu au chiffre à froid : "Mon cher Azam, j'ai reçu votre manuscrit, et je n'ai pas encore eu le temps de le lire […] il est à peu près impossible que votre rapport soit fait et lu avant la fin du mois de sorte que vous êtes obligé de renoncer au dit rapport ou à la publication de votre travail dans le prochain numéro du journal de méd. de Bordeaux. […] Merci de votre prospection(?) anthropologique accepté avec reconnaissance pour l'Hova bien moins que pour le papou. Tous les renseignements que vous pourriez obtenir ou faire obtenir du Doct. Miller sur la population de Madagascar nous serait infiniment précieux. […] Je n'ai pas le temps de vous répondre aujourd'hui sur le cancer. […] PS Dans l'intérêt de votre candidature chirurgique vous feriez mieux de donner définitivement votre travail à la Société, quitte à le répudier(?) dans le journal de Bordeaux dès qu'il aurait paru […]"

- L.A.S. "P Broca", Paris, 2 mars 1872, 2 pp. in-8 sur papier crème au chiffre à froid : "… Je ne vous ai pas oublié mais les gens que j'ai mis à la besogne m'ont fait attendre. Je vous envoie une liste par pays […] Goubaux m'avait promis une liste des journaux de zootechnie et de zoïatrique elle n'est pas venue. Voulez vous de l'anthropologie , [s'ensuit une liste de qqs revues spécialisées] L'association française pour l'avancement de sciences est en progrès […]"

- L.A.S. "P Broca", Paris, 29 avril 1872, 5 pp. in-8 sur papier à entête du Laboratoire d'anthropologie, Ecole des Hautes Etudes : "…mercredi soir a eu lieu l'assemblée générale des fondateurs de l'Association française. Les statuts ont été adoptés, avec quelques légers changements […la première session sera organisée à Bordeaux...] Elle [la commission] espère que vous voudrez bien prendre une part active à l'organisation de la session. [désignation du comité local et des présidents d'honneur] Veuillez donc, mon chez Azam, vous mettre promptement en campagne. Je connais assez la rectitude de votre esprit pour n'avoir pas besoin de vous recommander de faire abstraction de toute considération autre que la valeur et l'honorabilité des hommes choisis dans toutes les parties, […] dans toutes les branches de la science. S'il y a comme je le pense en dehors des hommes de sciences proprement dits, quelques personnages éclairés connus pour leur dévouement aux choses de l'intelligence, banquier, armateur, industriel ou simple rentier, disposés à pratiquer le mécénisme à un degré quelconque, il serait bon de choisir au moins un ou deux noms parmi eux. […] Si vous jugez qu'il soit utile que j'aille faire à Bordeaux une conférence sur l'institution nouvelle et son importance, je pourrai m'échapper un dimanche mais cela ne sera sans doute pas nécessaire. Rassurez les membres de l'Association scientifique (dont je fais partie depuis sa fondation). Dites leur que la nouvelle association n'est pas la rivale de l'ancienne, mais son alliée, en attendant mieux. […]"

- L.A.S. "P Broca", Paris, 3 mai 1872, 3 pp. in-8 sur papier crème au chiffre à froid : "[…]M. d'Eischal(?) l'un des membres de la commission, un grand pontife du chemin de fer du midi, me charge de vous inviter tout particulièrement à vous mettre en rapport avec les ingénieurs de ce chemin de fer. Il compte beaucoup sur eux ; et il pense qu'il ferait souscrire, au moins comme membre, tous les ingénieurs de la ligne. Nous n'avons pas voulu fixer la date de la session avant d'avoir pris l'avis des Bordelais […] On dit qu'à ce moment la plupart des gens bonnes, du commerce, de la finance, ou de la propriété sont en villégiature. Mais plus tard, il y a les vendanges. Plus tôt ce serait difficile, attendu que la session de British Associates ne finit que le 31 août […] Comme il est question d'établir un observatoire à Bordeaux, nous avons pensé qu'une conférence astronomique serait bien accueillie. Elle serait faite par DELAUNAY. Et d'une . On m'a fait l'honneur de m'inviter à faire […] une conférence anthropologique. Et de deux. Enfin, pour la 3e, qui devrait se rapporter à une science appliquée, il a été question : de la direction des ballons par DUPUY de LÔME, de la fermentation par PASTEUR, de l'emploi du charbon des pins des landes dans la fabrication des aciers […]

- LA.S. "P Broca", slnd (c. 1872), 4 pp. in-8 sur papier crème au chiffre à froid, adressée à Azam ? ("Cher ami") : "… Je suis allé deux fois chez DENONVILLIERS sans pouvoir le joindre ; aujourd'hui enfin je l'ai harponné à l'Académie […] Je l'ai trouvé inébranlable et je crois bien […] que votre cause soit perdue. […] On considère au ministère (c'est Den. qui parle) l'institution des prof. adjts comme mauvaise, et on désire les supprimer. [s'ensuit une longue explication de la sitatutaion des professeurs adjoints en fonction des différentes chaires de médecine et des villes, notamment Bordeaux…] S'il vous reste quelque espoir, je crois que vous ferez bien de venir montrer votre nez au ministre. [Il lui conseille enfin de ne pas donner sa démission par honneur]."

- Longue L.A.S. "P. Broca", slnd, 6 pp. in-8 sur papier de deuil à liseré noir : "… Votre lettre m'a embarrassé ; et m'embarrasse encore. Le papier dont je voulais vous parler est tellement délicat que j'éprouverais la plus vive répugrance à en entretenir tout autre qu'un vieil et bon ami comme vous ou Dennée. [Il lui demande la faveur de soutenir la demande de décoration auprès du préfet de Bordeaux pour son père Benjamin Broca, et lui demande la plus grande discrétion à ce sujet. Il en profite pour dire son rapport aux distinctions et sa conception de ce type de reconnaissance.]"

Originaire de Gironde, Paul BROCA (1824-1880) consacra ses premiers travaux scientifiques à l'étude du cartilage et des os, mais aussi du cancer, du traitement de l'anévrisme et de la mortalité infantile. Ses prolifiques recherches sur le système nerveux central furent suivies de l'étude du cerveau et la découverte du centre de la parole grâce à l'examen de cerveaux de patients aphasiques (notamment M. Leborgne, surnommé "Tan" d'après la seule syllabe qu'il était capable de prononcer). Excellant dans plusieurs disciplines, Broca fut également un précurseur en anthropologie physique ; il fonda la Société d’Anthropologie de Paris en 1859, la Revue d'anthropologie en 1872 et l'École d'anthropologie de Paris en 1876 et fit avancer l'anthropométrie craniale en développant de nouveaux instruments de mesure et de nouveaux indices numériques. (Sa théorie sur la petitesse du cerveau des femmes qui les rendrait moins intelligentes que les hommes a été démentie récemment par Catherine Vidal qui s'est basée sur le poids du cerveau d'Einstein bien moindre que celui de la moyenne des homme…) Broca n'eut certainement pas la postérité qu'il méritait malgré ses innovationsdans maints domaines scientifiques : c'est lui qui, par exemple, en 1859, présenta avec son collègue Eugène Azam devant l'Académie des sciences une intervention chirurgicale pratiquée sous anesthésie hypnotique.

Chirurgien bordelais à la chaire de clinique médicale de l'université, Eugène AZAM (1822-1899) s'intéressa particulièrement à la psychologie à travers notamment le cas de la patiente Félida, atteinte de trouble de la personnalité multiple et qu'il suivit pendant des années. Avec Alfred Velpeau et Paul Broca, il contribua à faire connaître en France les travaux de James Braid sur l'hypnose.

Inspirée d'une société anglaise fondée en 1831 (British Association for the Advancement of Science), l'Association française pour l'avancement des sciences (Afas) fut créée en 1872 par Claude Bernard, Paul Broca, Charles Friedel, Armand de Quatrefages, Charles-Marie Gariel et Charles Adolphe Wurtz - entre autres - afin de mettre en contact les chercheurs et de leur faire partager leurs recherches respectives. Reconnue d'utilité publique en 1876, elle reçut rapidement d'importants dons et legs et ouvrit très tôt ses portes aux érudits, curieux, banquiers et industriels, décloisonnant ainsi le savoir. Un congrès itinérant dans diverses villes de France et des "colonies" était organisé chaque année donnant lieu à des publications. De la première session à Bordeaux en 1872 à celle d'Alger en 1930, les actes des congrès représentent un corpus de plus de 50 000 pages regroupant plus de 20 000 communications de 6 000 intervenants environ. Elle fusionna en 1886 avec l'Association scientifique de France, fondée en 1864 par Le Verrier. Elle existe toujours à ce jour et est actuellement présidée par le chimiste Serge Chambaud.

BROCA (Paul). Intéressante correspondance composée de 6 lettres autographes signées du Dr Paul BROCA adressées au Dr Eug…
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N° 20
CHAIGNEAU (Ferdinand). L.A.S. contenant à la fin un dessin original à l'encre, Barbizon, 18 mai 1865 (avec adresse, timbre & cachet postal au verso), 3 pp. in-8, adressée au peintre William BOUGUEREAU, rue Carnot à Paris.

" Mon cher ami, merci, merci, tu m’as rendu un vrai service, j’éprouve déjà les merveilleux effets du glacis à frais, du couteau et des tons dans la pouasse [1]. Mais il me manque un instrument que je n’ai pas pu me procurer, c’est le couteau à palette grandiose que tu m’as montré, si tu peux m'en avoir un je serai fort obligé […]. Je fais maintenant de la peinture trop fine de ton, trop lumineuse, trop puissante de coloration, que sera-ce donc quand j’aurai le couteau - colichemarde [2] en question !... Il ne m’a pas été possible d’aller te prendre l’autre soir je n’avais pas de billet de théâtre […] A bientôt mon vieil ami, viens donc te reposer un jour ou deux avec moi, j'ai un petit bleu de la côte de Bourg qui n'est pas à dédaigner et un air vif qui fait trouver tout bon, allons un bon mouvement, je te tends les bras […]" Le dessin représente un personnage de dos en sabots tendant les bras à un personnage au loin en costume de ville (mention au crayon papier : « le Duc de Fernandine »).

[1] certainement pour la poisse ou la poix (colle, enduit)

[2] colichemarde ou épée à la franc-toupin : épée à lame à la base large et à la pointe en losange.

Le peintre et graveur Jean Ferdinand CHAIGNEAU (1830-1906) abandonna rapidement la peinture historique académique pour se tourner vers les scènes pastorales et animalières ; il s'installa en 1858 à Barbizon où il devint l'un des principaux membres de l'Ecole du même nom, avec Théodore Rousseau et Jean-François Millet.

CHAIGNEAU (Ferdinand). L.A.S. Contenant à la fin un dessin original à l'encre, Barbizon, 18 mai 1865 (avec adresse, timb…
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N° 24
[Conventionnels – Préfets].

- RÉAL (André, conventionnel, 1752 – 1832), L.A.S «Grenoble le 8 mars 1810, ma cher cousine…» Réal est désolé que le fils de sa cousine n'ait obtenu que peu de succès pour son avancement, puis suivent des considérations familiales.

- RÉAL (André), mot autographe signé : « Je veux que dans la semaine l'état des pre(illisible)soit fait et signé… je conçois trop bien pourquoi cet état qui devait être signé, il y a huit ans...»

- DUBOIS (Louis Nicolas Joseph, comte, conseiller d'état, préfet de police, 1758 – 1845). Mot de la main d'un secrétaire : «Paris le onze frimaire an dix (2 décembre 1801), Je vous adresse ci-joints vingt-neuf procès- verbaux du commissaire de police…» Belle signature autographe de Dubois qui fut le premier préfet de police de Paris en 1800.

- MALLARMÉ (Claude-Joseph, député, préfet de la Vienne, baron, 1758 – 1835). Mot autographe signé demandant la nomination d'un aspirant de marine, 25 germinal an 9 (15 avril 1801). (Mallarmé fit partie du conseil des cinq-cents et du Tribunat.)

- PONS de l'HÉRAULT (André, préfet du Rhône, 1772 – 1853), L.A.S. : «Sire, j'ai des droits acquis, le ministre de l'intérieur en est convaincu… Le Duc d'Orléans m'avait honoré de sa bonté, le Roi Louis-Philippe peut m'entourer de sa confiance…» (Pons de l'Hérault demande à être nommé préfet du Bas-Rhin ce qui ne se fera pas. Il sera nommé conseiller d'Etat.)

On y joint une affichette imprimé signé de Pons de l'Hérault : «12 février 1849 A l'assemblée nationale constituante, représentants du peuple !...» (Il justifie sa nomination comme conseiller d'Etat.)

- THIBAUDEAU (Antoine Claire, député de la Vienne, président du conseil des Cinq-Cents, préfet des Bouches-du-Rhône, comte, 1765 – 1854). Mot autographe signé : «Paris le 20 prairial an V (8 juin 1797), A.C. Thibaudeau, représentant du peuple au ministre de la guerre, Le citoyen Bobiet, vétéran de la 30ième compagnie à Rouen…demande de l'avancement…»

- CAFFARELLI (Charles Ambroise, économiste, préfet de l'Ardèche puis du Calvados, 1758 – 1826), L.A.S. : «Caen le 25 févier 1806, Je suis étonné, monsieur, que vous ignoriez encore que l'affaire de l'indemnité due à Mgr. l'archichancellier est signée depuis longtemps…»

[Conventionnels – Préfets]. RÉAL (André, conventionnel, 1752 – 1832), L.A.S «Grenoble le 8 mars 1810, ma cher cousine……
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N° 25
CRILLON (François Félix des Balbes de Berton, duc de). L.A.S., Paris, 26 août 1815, 2 pp. ¼ in-folio (tâches rousses), adressée au roi Louis XVIII (1755-1824)

"Sire, Après avoir mis aux pieds de votre majesté l’hommage de ma plus profonde reconnaissance pour la bonté qu’elle a eue de me nommer pair de France, au moment où elle annonce qu’elle va donner des titres differens aux pairies, me sera-t-il permis, Sire, d’exposer les raisons qui me donnent l’espérance que votre majesté voudra bien me nommer duc.

Je suis le seul de vos sujets, Sire, qui soit fils aîné d’un père mort grand d’Espagne de la première classe et que votre Majesté ne nomme point duc ; cela tient aux circonstances de la révolution, mais je serais rendu à mon droit naturel si Votre Majesté a la bonté de donner le titre de duché à ma pairie.

Le duché de Bouflers m’appartient depuis plus de trente ans, et porte le nom de Crillon.

Les Crillon, Sire, reconnaissent beaucoup d’égaux parmi les sujets de Votre Majesté, mais pas un supérieur pour l’ancienneté de la naissance, ni pour l’attachement à l’auguste maison de Bourbon…"

François Félix Dorothée des Balbes de Berton (1748-1820), 4e duc de CRILLON, 3e duc de Mahon, est le 2e fils (seul survivant en 1815) de Louis des Balbes de Berton de Crillon (1717-1796), commandant de la Picardie, de l'Artois et du Boulonnais qui passa au service de l'Espagne (par dépit après que son poste ait été confié à Beauvau) et qui se distingua lors de l'expédition de Minorque (il fut nommé duc de Mahon par le roi Charles III en récompense). Son grand père, également nommé François Félix, avait fait ériger en duché, sous le nom de Crillon, sa terre de Boufflers en Picardie.

Député aux États généraux de 1789 par la noblesse du Beauvaisis, François Félix de Crillon regroupa une société d'amis de la Constitution formant le noyau du futur club des Feuillants. Emprisonné en 1792, il fut sauvé par le 9 Thermidor et fut donc créé pair de France par Louis XVIII le 17 août 1815.

En 1788, il acquit l'hôtel d'Aumont, situé au n°10 de la Place de la Concorde et qui devint donc l'hôtel de Crillon puis après son rachat en 1907, le fameux palace qui porte toujours son nom.

CRILLON (François Félix des Balbes de Berton, duc de). L.A.S., Paris, 26 août 1815, 2 pp. ¼ in folio (tâches rousses), a…
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N° 26
DAUMAS (Melchior Eugène). L.A.S. "E. Daumas" puis "E D", Mascara (Algérie), 7 juillet 1839, 2 pp. ½ in-4 (qqs petites déchirures sans gravité), adressée au Lieutenant Général BUGEAUD (maréchal de France, ancien Gouverneur général de l'Algérie - 1784-1849) :

"Mon Général, dans un moment où l’on s’occupe, dit-on, d’une nouvelle organisation de la cavalerie d’Afrique, je prends la liberté de venir encore me rappeler à votre souvenir en poussant, cette fois, la hardiesse, jusqu’à réclamer pour mon compte, une partie de cette haute bienveillance que vous n’avez cessé de porter aux officiers de la Division d’Oran. C’est vous, mon général qui m’avez envoyé à Mascara, il y a bientôt deux ans, et je n’ai reculé devant aucune espèce de sacrifice pour justifier le choix dont vous avez daigné m’honorer. En effet après avoir fait la guerre, je suis venu passer chez l’ennemi le temps du repos, sans jamais voir un seul de mes concitoyens. Chargé d’une mission délicate et difficile, je me suis dévoué corps et âme à la politique du Gouvernement […]. Je parle l’arabe […] comme un indigène […]. J’ai 18 ans de service, 10 Campagnes, deux citations à l’ordre de l’Armée et j’ai depuis deux ans l’honneur de représenter la France, comme Consul auprès de l’émir Abd El Kader […]. Le Capitaine au 2ème ch[asseu]rs à cheval d’Afrique Consul à Mascara E. Daumas […]"

Melchior Eugène DAUMAS (1803-1871) fut en effet chargé par le maréchal Bugeaud des affaires indigènes de toute l'Algérie et de la réorganisation administrative des bureaux arabes. Après la prise d’Abd El-Kader (22 décembre 1847), il fut envoyé au fort Lamalgue, auprès de l’Émir. En 1849, il dirigea une expédition contre les Beni-Sélem qui avaient refusé de payer les contributions imposées par le colonisateur et chassé leur caïd.

Il fut nommé en avril 1850 directeur des affaires de l’Algérie au ministère de la Guerre, puis général de division en 1853 avant de devenir sénateur du Second Empire.

DAUMAS (Melchior Eugène). L.A.S. "E. Daumas" puis "E D", Mascara (Algérie), 7 juillet 1839, 2 pp. ½ in 4 (qqs petites dé…
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N° 31
DIEULAFOY (Jane). Ensemble de 2 lettres autographes :

- L.A.S. Rabat, Maroc occidental, 7 novembre 1914, 2 pp. ½ in-8, lettre très certainement adressée à l’épouse de l’historien d’art et conservateur, André Michel (1853-1925) : "Chère Madame et amie, je lis avec désolation la nouvelle douloureuse de l’affreux malheur qui vient de vous frapper […]. Des consolations ! Il n'en est d’autre pour une mère telle que vous que l’utilité de l’holocauste, mise en face de son immensité. Tant de vies fauchées sont comme la rançon de notre France délivrée, rendue à elle-même et peut-être aussi à ses antiques traditions de vertu […]. Mon mari qui, dès le début de la guerre, avait demandé à reprendre du service […] a été nommé au Maroc et réintégré dans son ancien grade. L'objectif suprême de tous ceux qui sont ici est de garder cette nouvelle France que nous avons bien le droit de baptiser ainsi car elle nous a coûté notre sang le plus pur. […] Adieu. Soyez notre interprète bien amical auprès de Monsieur André Michel […]"

André Michel et son épouse eurent en effet le malheur de perdre successivement leur gendre et leur fils Robert André-Michel (également grand historien d'art) dès 1914. Au début de la Première Guerre mondiale, Marcel Dieulafoy exprima le souhait de retourner au service de son pays entrant en guerre, et ce malgré ses 70 ans. Il fut envoyé à Rabat en tant que lieutenant-colonel du Génie, ce qui lui donna l'occasion d'organiser des fouilles sur le site de la grande mosquée du sultan Hassan.

- L.A.S., Paris 6 avril 1897, 1 p. in-12 : "Cher Monsieur, je vous adresse un roman. Il traite d’une question grave qui nous intéresse tous : celle du divorce. Comme auteur, il va sans dire que je tiens au succès de cet ouvrage […]" Jane Dieulafoy ne voulut pourtant jamais se séparer de son mari, allant jusqu'à s'habiller en franc-tireur pour rester auprès de lui - alors capitaine du génie dans l'armée de la Loire - pendant la guerre de 1870. Elle conserva par la suite cette habitude de s'habiller et se coiffer en homme afin de pouvoir accompagner librement son époux dans ses campagnes de recherches archéologiques en Perse.

Jane MAGRE (1851-1916) épousa Marcel DIEULAFOY le 11 mai 1870. Féministe avant l'heure, Jane Dieulafoy bousculaient les conventions de l'époque en participant aux opérations militaires aux côtés de son mari lors la guerre de 1870 (elle militera d'ailleurs pour l'intégration des femmes dans l'armée à l'approche de la Grande Guerre), ou en se coupant très court les cheveux lors de leurs voyages afin de pouvoir accompagner partout son mari lors de leurs expéditions archéologiques. En plus de ses récits de voyages et études historiques, elle écrivit également des nouvelles, pièces de théâtre, et romans, dont Parysatis qui fut adapté en opéra par Camille Saint-Saëns.

Cf. lettres suivantes de Marcel DIEULAFOY.

DIEULAFOY (Jane). Ensemble de 2 lettres autographes : L.A.S. Rabat, Maroc occidental, 7 novembre 1914, 2 pp. ½ in 8, l…
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N° 32
DIEULAFOY (Marcel). Ensemble de 2 lettres autographes :

- L.A.S., Langlade, canton de Montgiscard, Haute Garonne, 25 avril 1910,1 p. in-8 oblong : "Cher Monsieur, si je n’avais dû quitter Paris le soir même du jour où je vous ai écrit, j’aurais été vous voir et vous expliquer la raison du parti que j’ai pris […] Nos rapports jusqu'ici ont été excellents ; je désire qu'après ma démission, ils gardent ce caractère. […]"

- L.A.S., Secteur Postal 205 – Génie en Etapes, 12 décembre 1916, 1 p. ¼ in-8, sur papier de deuil : "Chère Baronne, Mon confrère à l’Académie des Inscriptions, Monsieur E. Pottier, vient de consacrer une notice à ma bien aimée femme dans le dernier numéro de la Revue Archéologique. Sachant l’affection que vous portiez à ma chère femme, je me permets de vous adresser un tirage à part […]"

On joint la biographie imprimée en question (4 pp.) rédigée par Edmond Pottier.

L'archéologue Marcel DIEULAFOY (1844-1920) épousa Jane MAGRE (1851-1916) le 11 mai 1870. Tous deux passionnés par l'Orient et les antiquités, Jane et Marcel Dieulafoy parcoururent durant 14 mois, entre 1881 et 1882 les routes de la Perse, répertoriant et photographiant les monuments, les ruines, les habitants, les paysages... Ils repartirent l'année suivante pour effectuer des fouilles dans la cité de Suse, où ils découvrirent la frise des Lions et la frise des Archers, actuellement au Louvre.

DIEULAFOY (Marcel). Ensemble de 2 lettres autographes : L.A.S., Langlade, canton de Montgiscard, Haute Garonne, 25 avr…
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N° 33
DOUGLAS (Alfred, amant d'Oscar WILDE). L.A.S. "Alfred Douglas", Villerville (Calvados), villa Myosotis, 23 août 1895, 2 pp. in-8, écrite en français :

"Cher Monsieur, d’ici quelques jours […] j’irai rejoindre ma mère à Aix les Bains. Aussitôt arrivé là, je vous expédierai la somme demandée […]. PS : pourriez-vous me dire le chiffre exacte de la vente de mon livre, afin que je peux songer à cette deuxième édition dont je vous ai parlé ? Edition d’ailleurs qui est là toute prête, puisqu’il n’y aurait qu’à changer les couverts. Je crois que si le chiffre s’élève à 400 ou même à 350, je peux très bien avoir une deuxième édition."

Poète anglais, fils du marquis de Queensberry, Alfred DOUGLAS (1870-1845) est surtout connu pour son histoire d'amour avec Oscar WILDE (qui a seize ans de plus). Après leur rencontre en 1891, les deux hommes s'éprirent l'un de l'autre en 1891 affichant publiquement leur relation et s'attirant ainsi les foudres du marquis de Queensberry. Après plusieurs tentatives pour éloigner Oscar Wilde de son fils, ce dernier lui fit porter au club Albermarle une carte de visite indiquant "For Oscar Wilde posing as Somdomite(sic)". Oscar Wilde lui intenta un procès en diffamation, dans lequel il brilla encore par son esprit et ses réparties, mais qu'il perdit finalement. Arrêté dans sa chambre d'un palace londonien le 6 avril 1895, il fut condamné le 25 mai aux travaux forcés et à l'emprisonnement et enfermé dans la prison de Reading. La longue lettre qu'il y rédigea adressée à Alfred Douglas sera publiée sous le titre de De Profundis, et il composera après sa sortie en 1897 La Ballade de la Geôle de Reading. Douglas et Wilde se retrouvèrent quelques temps plus tard et reprirent leur histoire passionnelle, ce qui provoqua la colère de Constance Lloyd Wilde qui coupa les vivres à son mari. Oscar Wilde mourut à Paris le 30 novembre 1900 dans un profond dénuement et une grande détresse. Son amant se mariera et fondera une famille avant d'être à son tour emprisonné, condamné pour calomnie (antisémite) envers Winston Churchill.

Le poète avait publié en 1892 un poème intitulé 'Deux amours', qui faisait référence à l'homosexualité et s'achevait sur ce vers célèbre : "l'amour qui n'ose pas dire son nom". La première collection de ses poèmes fut publiée en France en 1896, alors qu'Oscar Wilde était en prison.

Cf. 2 lettres autographes suivantes.

DOUGLAS (Alfred, amant d'Oscar WILDE). L.A.S. "Alfred Douglas", Villerville (Calvados), villa Myosotis, 23 août 1895, 2 …
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N° 36
DROUOT – CAFFARELLI du FALGA – CORBINEAU – DEJEAN – BERNARD- DUROSNEL – LABORDE.

- DROUOT (Antoine, général baron, 1774 -1847). L.A.S. : "Nancy, octobre 1844, Mon cher Monsieur Blaise, Je vous envoie par mon frère… trente francs de rente cinq pour cent…"

- CAFFARELLI (Marie François Auguste, général comte, 1766 – 1849), L.A.S. " Vittoria le 22 mai 1812, J'ai l'honneur de vous adresse, mon cher général… Vous avez causé par votre marche sur Ivéas une telle frayeur à Houga que toute sa troupe s'est sauvée en grande hâte…" Lettre adressée au Gal de division Dumoustiers à Burgos.

On y ajoute un document imprimé et manuscrit signé de A. CAFFARELLI date 15 ther. An 9 (3 août 1801)

- CORBINEAU (Jean-Baptiste Juvénal, général comte, 1776-1748). Avis de réception, Ministère de la guerre, exercice de l'an 1812… "Soussigné général de brigade reconnais avoir reçu du payeur-général… la somme de six cent vingt-sept francs pour faits de poste, fait à Paris le 14 février 1812" Signé : le Gal Baron Corbineau.

- DEJEAN (Pierre François Marie Auguste, Général baron, 1780 – 1845, Général puis entomologiste). L.A.S. adressée au ministre de la guerre : "Paris le 18 avril 1815, Monseigneur, J'ai déjà eu l'honneur particulièrement d'écrire à votre excellence pour recommander Mr. Garavaque colonel à la suite du 2ième rgt. De chasseurs…".

- BERNARD (Simon, général baron, 1779 – 1839). L.A.S. "Palais des Tuileries de 27 mars 1835, Mon cher Colonel, je viens de recevoir votre aimable souvenir…et j'ai bien reçu la brochure…au sujet du ferrage des chevaux…" Suit un long commentaire sur ce fascicule.

- DUROSNEL (Antoine Jean Auguste Henri, général comte, 1771 – 1849). L.A.S. "Desde le 25 sept. 1813, Monsieur le Comte, Les travaux de fortification ordonnés par sa Majesté…donnent au génie de la place beaucoup trop d'occupations pour que je puisse en distraire des ouvriers…" Signé Cte Durosnel adressé au général Comte Dumas.

- LABORDE (Etienne, colonel, (1782 – 1856, Député de la Charente inférieure). L.A.S. "Paris le 18 janvier 1852, mon général, Permettez-moi de vus recommander tout particulièrement M. Blocaille ancien capitaine d'infanterie…" Laborde demande la légion d'honneur pour ce capitaine.

DROUOT – CAFFARELLI du FALGA – CORBINEAU – DEJEAN – BERNARD DUROSNEL – LABORDE. DROUOT (Antoine, général baron, 1774 1…
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N° 38
ELUARD (Paul). L.A.S. "Paul Eluard", Sarlat, 7 avril 1951, 1 p. in-8, adressée au poète Jacques Dubois : "Je viens de lire et je relis votre poème pour Paule. J'en suis enthousiasmé. Vous ouvrez de nouveaux domaines à la poésie française - et à l'intelligence. Merci !"

On y ajoute 4 lettres adressées au même destinataire :

- MARAIS (Jean), L.A.S. "Jean Marais", Vallauris, 25 février 1998, ½ p. in-4 : "Jacques Dubois, J'ai été heureux de lire vos poèmes. Quelle bénédiction d'être poète. Le ciel vous aime."

- BRESSON (Robert), L.A.S. "Robert Bresson", sl, 21 juillet 1977, 1 p. in-4 : "vos beaux poèmes si musicalement subtils n'enchantent pas que mes oreilles. Je vous en remercie vivement."

- PAGE (Geneviève), L.A.S. "Geneviève Page", Paris, 15 avril (sans année), 2 pp. in-4 : "Enfin j'ai pu prendre le temps de savourer une grande partie de Zohr et "mettre un peu les doigts dans l'engrenage des étoiles…"

- NOUGARO (Claude), L.A.S. "Nougaro", Toulouse, 27 mai 1998, 1 p. in-4 : "J'ai reçu vos deux recueils de poèmes Rimes intérieures et Lettres à C (…) vos poèmes sont d'une encre, d'une sève, d'un sang d'encre enfin qui fait que Dubois vous va comme un gant. Dubois ! la forêt qui cache l'arbre. Je lis à petites doses dans mes pérégrinations troubadouresques. (…) En tout cas, trinquons nos vers". Avec un texte "Petit chanteur à la croix de moi…" avec E.A.S. de Nougaro "(dont on fait les planches)".

- 4 C.V.A.S. de Simone VEIL, Michèle MORGAN, Jean FERRAT et Régine DESFORGES, remerciements pour l'envoi de poèmes ou demande d'autres exemplaires.

ELUARD (Paul). L.A.S. "Paul Eluard", Sarlat, 7 avril 1951, 1 p. In 8, adressée au poète Jacques Dubois : "Je viens de li…
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N° 42
FAYE (Hervé). Belle L.A.S. "h. Faye", à L’Observatoire, 23 août 1848, 3 pp. ½ in-8, adressée au Comte Narcisse Achille de SALVANDY, au sujet des évènements de la Révolution de 1848 :

"Monsieur le Comte, Un de vos confrères […] m’a procuré le bien vif plaisir de passer une soirée avec un charmant jeune homme plein de bonne grâce et de distinction, Mr Paul de Salvandy * […]. Nous savons ici, Monsieur, qu'au milieu du repos forcé que les évènements vous ont fait, vous avez continué à jouir d'une bonne santé. Les dernières années si rudement employées au bien de l'état pouvaient rendre l'inactivité fatale ; heureusement ni la force morale, ni la force physique ne vous ont fait défaut […] Vous aimez trop la France pour rester là-bas indifférent à sa destinée. Placé loin des révolutions, vous les appréciez mieux que nous et vous en tirez des enseignements dont il vous sera donné peut-être de faire encore profiter le pays.

Quant à nous, Monsieur où sont nos espérances, nos vues d’avenir, nos gages de sécurité, condition première de toute activité scientifique ? […] vos conseils ont été suivis : j’ai tâché de poursuivre ma carrière, mes travaux astronomiques évitant de me lancer comme tant d’autres au milieu des agitations politiques. […]

Votre gouvernement ne nous a t-il pas donné plus de liberté que cette génération-ci n’en verra jamais ? Vous nous parliez de concorde et elle existait alors dans le corps entier de la nation sinon dans le monde politique. Aujourd'hui nous parlons de fraternité au sein du plus effrayant antagonisme […] le pays est profondément divisé contre lui-même […]. Pardonnez-moi Monsieur de vous attrister par ce tableau. Vous voyez plus loin que moi, et vous puisez sans doute des raisons d’espérer dans une science plus approfondie des hommes et des affaires de ce bas monde, science qui manquera toujours à un pauvre astronome. Mais aussi, le contraste est si grand, vous le disiez vous-même, entre le chaos terrestre, et l'ordre, l'harmonie, que je suis habitué à contempler là-haut. […]"

*Paul de SALVANDY (1830-1908), fils du comte Narcisse Achille de SALVANDY (1795-1856), député conservateur et ministre de l'Instruction publique sous le règne de Louis-Philippe. Ce dernier fut forcé de quitter la vie publique et politique par la Révolution de 1848 et se retira dans ses terres normandes (Eure).

Entré en 1842 à l'Observatoire de Paris avec l'appui de François Arago, Hervé FAYE (1814-1902) découvrit l'année suivante la comète périodique qui porte son nom. Membre de l'Académie des Sciences en 1847, il la présidera en 1872. Après une carrière de professeur à l'Ecole Polytechnique et la faculté de Nancy, il fut brièvement nommé (lui aussi) ministre de l'Instruction publique en 1877.

FAYE (Hervé). Belle L.A.S. "h. Faye", à L’Observatoire, 23 août 1848, 3 pp. ½ in 8, adressée au Comte Narcisse Achille d…
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N° 43
FRESSINET – BACHELIER – MARANSIN – DECAEN – GUILLET- DESSAIX (Généraux).

- FRESSINET (Philibert, général, baron, 1769 – 1821). Longue lettre autographe non signée d'une page et demie adressée au ministre de la guerre pour que les généraux rappelés d'exil soient payés de leur solde arriérée.

Y est joint un mot autographe de Fressinet du 27 vendémiaire première année de l'Empire (octobre 1804) : "A son Altesse Impériale le prince Louis à Paris : "Monseigneur, le général de brigade Fressinet arrivant d'Angleterre à l'honneur de prier son altesse de lui obtenir la faveur d'être présenté à sa Majesté l'Empereur…"

- BACHELIER (Gilbert Désiré Joseph, baron, 1779 – 1849), mot autographe signé le 27 juin 1839 : "J'ai bien reçu mon cher monsieur, votre lettre du 20 juin…"

- DECAEN (Charles Mathieu Isidore, général, comte, 1769 – 1832), mot autographe signé daté 19 brumaire et demandant la nomination d'un officier à la place d'un autre décédé.

- GUILLET (Pierre Joseph, 1765 – 1836), mot autographe signé chargeant le capitaine Dauriet de remplacer le général Debarreau pour s'occuper du dépôt des prisonniers anglais. 18 juillet 1815 (…après Waterloo.)

- MARANTIN (Jean Pierre, 1770 – 1828), Mémoire de proposition d'emploi de capitaine au 130ième régiment de ligne, 20 novembre 1813, plusieurs signatures dont celle de Marantin, général de division.

- DESSAIX (Joseph Marie, Général, comte, 1764 – 1834), Lettre autographe signée, adressée à M. Boinod, intendant général. Dessaix recommande un ancien garde magasin des fourrages à Turin.

FRESSINET – BACHELIER – MARANSIN – DECAEN – GUILLET DESSAIX (Généraux). FRESSINET (Philibert, général, baron, 1769 – 1…
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N° 44
GARNIER (Charles). L.A.S. "Ch. Garnier", Paris, 12 août 1867, 1 p. in-8 sur entête du Ministère de la Maison de l'Empereur et des Beaux-Arts - Travaux du Nouvel Opéra - Bureau de l'architecte", adressée à M. Quesnel, ingénieur (avec sa copie de la main du destinataire au verso), avec son enveloppe timbrée et cachetée (attachée anciennement à la lettre par une épingle, rouillée) : "Monsieur, je n'ai pas de bonnes nouvelles à vous donner de la commission. Après un travail très long et très consciencieux, la commission a décidé que l'on n'emploierait pas le procédé hydraulique pour la manœuvre des planchers. Quant au reste, il n'est encore rien décidé, mais en résumé de ce projet que tout le monde a, du reste, admiré est bien compromis par cette décision."

On y ajoute du même une LA.S. "Ch. Garnier", Paris, 8 juillet 1870, sur papier à entête identique, 1 p. in-8 : "Je soussigné architecte du Nouvel Opéra reconnais avoir reçu des mains de MM. Quesnel et Sabathier treize dessins de machinerie théâtrale. Ces treize dessins dont ces messieurs font abandon devront rester aux archives de l'Opéra et n'en sortir qu'avec l'autorisation des auteurs." Avec en 3e page une copie manuscrite de la remise des dessins par Quesnel et Sabathier.

On y ajoute également une enveloppe autographe de Ch. Garnier adressée à M. Quesnel (29 décembre 1871) et un billet autographe signé de A. Quesnel de Rothomago.

Après avoir gagné le concours de l'Opéra en 1861, l'architecte Charles Garnier (1825-1898) visita et étudia de nombreuses salles d'Europe afin d'affiner son projet dans les moindres détails. Le chantier débuta en août 1861, mais le terrain est marécageux rend les fondations difficiles. Il faudra 7 mois pour pomper la nappe phréatique. Devant la construction plus rapide et surtout plus élevés des bâtiments voisins, Garnier dut revoir sa façade pour la rendre plus monumentale et qui sera dévoilée en août 1867. Arrêté par la Guerre et la Commune, le chantier reprit en 1872 et s'accéléra du fait de l’incendie de l’opéra de la rue Le Peletier en 1873. L’Opéra de Paris fut inauguré le 5 janvier 1875 par le président de Mac-Mahon.

GARNIER (Charles). L.A.S. "Ch. Garnier", Paris, 12 août 1867, 1 p. In 8 sur entête du Ministère de la Maison de l'Empere…
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N° 45
[Généraux].

- RAMEL (Jean-Pierre, général, 1768 – 1815). Intéressante L.A.S. adressé à Schérer, ministre de la guerre : "Paris le 16 fructidor an 5em (2.09.1797), Citoÿen(sic) ministre, j'aÿ eu l'honneur de me présenter devant vous pendant trois jours…" Ramel demande si le Directoire a fait un rapport sur son compte… il est prêt à être jugé et à donner tous les renseignements qu'on voudra exiger… "Les journaux ont (ill.) de quelques dénonciations faires contre moÿ par le commandant des grenadiers au corps des inspecteurs … honte au dénonciateur…" (Deux jours plus tard aura lieu le coup d'état du 18 fructidor an V. Le 19, Ramel sera condamné à la déportation en Guyane avec Pichegru, Barthelemy etc… Il s'évadera et nous le retrouverons réintégré dans son grade de général sous le Consulat. Il sera assassiné à Toulouse en 1815.)

- BERTON (Jean Baptiste Breton dit, général, 1769 – 1822 Fusillé à Poitiers). L.A.S. "Mon cher général, Le journal m'apprend aujourd'hui que les 270 capitaines du corps royal d'Etat-Major ont été nommé avant-hier…" Berton se demande si le capitaine Bodier son ancien aide-de-camp en fait partie. Lettre datée 16 Xbre 1818.

On y ajoute du même un petit mot "Je prie MM. Ausselin et Pechard de vouloir bien remettre un exemplaire de mon ouvrage à M. Poupée. Paris 30 mars 1820."

- HARISPE (Jean Isidore, Général puis maréchal en 1851, 1768 – 1855) et VERDIER (Jean Antoine, Général, comte, 1767 – 1839). Mémoire de proposition de nomination comme officier de la légion d'honneur de deux chefs de bataillon signé "Le général de brigade Harispe" et un post-scriptum manuscrit : "Cet officier mérite la distinction…le général de division Verdier."

- BOYER (François Pierre Joseph, général baron, 1772 – 1851), L.A.S. "A Aveiras da Cima le 15 à 3 heures après midy, Mon général, j'ai l'honneur de vous rendre compte, que la retraite ordonnée par Monseigneur le Maréchal command en chef a été faite dans le plus grand ordre sans être inquiété par l'ennemi…" suit un rapport concis recto-verso signé Boyer. (Le Général Boyer était surnommé "Pierre le cruel" par les espagnols…)

- MERLIN (Antoine François Eugène, général comte, 1778 -1854), L.A.S. "Mon général, au moment de monter en voiture, permettez-moi de réitérer la recommandation que je vous ai déjà faite en faveur de M. le chef d'escadron Bayart…victime d'une erreur involontaire, sans doute, mais bien cruelle pour un père de famille qui a besoin de son état…"

[Généraux]. RAMEL (Jean Pierre, général, 1768 – 1815). Intéressante L.A.S. Adressé à Schérer, ministre de la guerre : …
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N° 48
HAARDT (Georges-Marie). Ensemble de 2 L.T.S. sur papier à entête "André CITROEN Ingénieur Constructeur, 143 Quai de Javel", adressées à Messieurs CHAVANNE BRUN (fonderie établie à Saint-Chamond, Loire) :

– L.T.S. "g haardt" avec cachet "pour André Citroën le directeur général", Paris, 29 mars 1918, 1 p. in-4 : "Ayant besoin de toute urgence des cylindres de laminoir que j’ai commandés à votre maison il y a 8 mois […]"

- L.T.S. "g haardt" avec cachet "pour André Citroën le directeur général", Paris, 2 avril 1918, 1 p. in-4 : "j’ai l’honneur de vous confirmer ma lettre du 29 courant par laquelle je vous réclamais la livraison des cylindres de laminoir commandés à votre maison il y a 8 mois par ma Société des Engrenages CITROEN […]"

L'ingénieur d'origine belge Georges-Marie HAARDT (1884-1932) fut attaché pendant 20 ans à l'entreprise Citroën dont il assura la direction générale de 1918 à 1931 (après avoir dirigé l'usine d'obus du groupe pendant la 1e Guerre Mondiale). Instigateur et chef des trois fabuleuses expéditions Citroën (d'abord à travers le Sahara, puis l'Afrique - Croisière noire - et l'Asie -Croisière jaune), il mourut à Hong-Kong en 1932 d'une grippe contracté au retour de la dernière aventure. André Citroën envoya alors ce télégramme à ses compagnons d'expédition : "L'Homme est mort mais l'œuvre reste. Ramenez en France le corps de votre chef. Je pleure avec vous."

HAARDT (Georges Marie). Ensemble de 2 L.T.S. Sur papier à entête "André CITROEN Ingénieur Constructeur, 143 Quai de Jave…
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N° 49
HENRI IV. Pièce manuscrite signée "Henry", Camp de Saint-Denis*, le 28 août 1590, contresignée par le secrétaire d'État Pierre FORGET sieur du Fresne **, 1 p. in-folio oblong sur parchemin (défauts et usures du parchemin, restauration, encre presque effacée par endroits) : "Henry par la Grace de Dieu Roy de France et de Navarre a noz amiz et loiaux Cons[eillers] et trésoriers de nostre espargne François Hotman*** et Balthazar Gobelin**** […]", le roi Henri IV mande à ses conseillers au trésor de donner à "nostre tres chere et tres amee sœur unicque***** la somme de trois mil escus sol" afin qu'elle puisse se rendre auprès de lui avec son équipage.

* Henri IV (roi de France depuis 1 an) entama le siège de Paris, toujours aux mains de la Ligue soutenue entretemps par l'Espagne via les Pays-Bas, au mois de mai de cette même année 1590. Après le siège d'Evreux, la victoire d'Ivry et la prise de Mantes, Henri IV arriva avec une armée de 20 000 hommes à Paris et installa son quartier général dans l'abbaye de Montmartre et aux alentours. Le 20 août, on comptait près de 30 000 morts par famine (sur environ 300 000 habitants), le roi laissa alors sortir femmes, enfants, vieillards et mendiants. Les négociations avec le duc de Nemours aboutissèrent sur le rejet de la demande de reddition. Des troupes espagnoles ayant rejoint l'armée du duc de Mayenne parvinrent à ravitailler la capitale le 30 août et Henri fut contraint à nouveau d'abandonner la conquête de la ville, qui ne tombera qu'en 1594 après la conversion du Roi ("Paris vaut bien une messe").

** Pierre FORGET seigneur du Fresne (1544-1610), issu d'une grande famille de Touraine, seigneur de Fresnes-sur-Marne, baron de Véretz et du Fau, d'abord secrétaire de la chambre et receveur des écuries du roi, trésorier des parties casuelles 1576, grand audiencier de France et secrétaire des Finances 1577, secrétaire des finances de Henri de Navarre en 1576 (le futur Henri IV ; et son agent à la cour de France), ambassadeur en Espagne en 1589, intendant général des bâtiments du Roi, secrétaire d'État le 22.2.1589 (secrétaire des commandements du roi), Surintendant des finances de 1594 à 1597 en conseil avec 8 autres membres, se démit de sa charge le 21.4.1610 et décéda peu après. L'un des rédacteurs (avec Daniel Chamier, ministre calviniste de Henry IV) de l'Édit de Nantes et l'un de ses négociateurs avec les protestants. Considéré comme un bon serviteur de l'Etat, dévoué et modéré, efficace et subtil dans une période trouble : "Subtil, intransigeant, transcendant en matière de finances plus que les autres", d’après Sully.

*** François HOTMAN, (c.1524 - 1600), seigneur de Morfontaine, Fontenay et Pailly (Plailly ?), jurisconsulte, conseiller du Roi, conseiller & Trésorier de l’Epargne, Ambassadeur en Suisse. Son propre père Vincent était Conseiller au Parlement de Paris et son fils Timoléon fut lui-même président des Trésoriers de France. François mourut à Soleure (Suisse) "où la République lui a élevé un magnifique tombeau" selon Moreri.

**** Balthazar GOBELIN, seigneur de Brinvilliers (c. 1575-1666), conseiller au Parlement, trésorier de l'épargne, maître des requêtes, et Président de la Chambre des comptes.

***** CATHERINE DE BOURBON (1559-1604), duchesse d'Albret, comtesse d'Armagnac et comtesse de Périgord, était en effet, avec son frère Henri de Navarre, la seule survivante des 5 enfants de Jeanne d'Albret et Antoine de Bourbon. Protestante endurcie, elle fut contrainte de se convertir au catholicisme après les massacres de la Saint-Barthélémy mais reviendra dès que possible au calvinisme. Catherine gouverna le Béarn et ses possessions dans le Sud-Est au nom de son frère parti conquérir le trône de France. Henri s'opposa à sa relation passionnelle avec son cousin Charles de Bourbon-Soissons, afin de lui faire contracter un mariage politique avec le futur duc de Lorraine, Henri II, fervent catholique, ancien membre de la Sainte Ligue. Le pape Clément VIII s'opposa à l'union des 2 personnes de confession différente et le duc Henri fut excommunié. Catherine poursuivra son prosélytisme protestant depuis sa cour de Nancy et mourra, sans enfants, peu de temps après que le pape ait finalement accordé sa dispense.

HENRI IV. Pièce manuscrite signée "Henry", Camp de Saint Denis*, le 28 août 1590, contresignée par le secrétaire d'État …
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N° 50
HENRION (Pierre Paul Nicolas Henrion de Pansey). L.A.S. "Henrion", Paris, 7 juin (sans année), 2 pp. sur papier in-4 plié, avec adresse et cachet de cire rouge armorié au verso, adressée à M. ?? de Breveaux(?), juge au tribunal civil de Chaumont (Haute-Marne). Longue et intéressante lettre juridique sur un projet de loi sous l'Empire relatif aux juges instructeurs.

On y ajoute une autre L.A.S. "Henrion", sl, 20 mars (sans année), 1 p. sur papier in-4 plié, avec adresse et trace de cachet au verso, adressée au même : "Je reçois mon cher compatriote la lettre que vous avez pris la peine de m'écrire, je vous rends mille grâces des sentimens qu'elle renferme […]"

Juriste et homme politique, Pierre Paul Nicolas Henrion de Pansey (1742-1829) se fit connaître en 1770 dans le procès d'un esclave noir, qui, amené en France par son maître, réclamait sa liberté. Son brillant plaidoyer fut imprimé et lui valut les compliments de Voltaire. Henrion plaidait pourtant rarement, son érudition le poussant davantage vers le travail d'avocat-consultant. Pendant l'exil du Parlement de Paris, décidé par Louis XV à la suite du conflit provoqué par la réforme du chancelier Maupeou (1771-1774), Henrion revint vivre au château paternel de Pansey, près de Joinville (Haute-Marne). C'est vers cette même période qu'il intégra la franc-maçonnerie. Auteur de plusieurs traités juridiques qui firent aussitôt autorité, Henrion fut nommé sous le Consulat juge au Tribunal de Cassation et s'adonna à l'étude des loix nouvelles. Travailleur acharné reconnu pour son intégrité et son indépendance, il sut incarner jusqu'à la fin de sa vie de hautes fonctions juridiques (conseiller d'Etat, président de chambre des requêtes) sous les différents régimes de cette période pourtant politiquement mouvementée.

HENRION (Pierre Paul Nicolas Henrion de Pansey). L.A.S. "Henrion", Paris, 7 juin (sans année), 2 pp. Sur papier in 4 pli…
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