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IMPORTANTE COLLECTION AMÉRICAINE D'ART PRÉCOLOMBIEN - DEUXIÈME PARTIE

mardi 20 mars 2018 - 17:00
Salle 5 - Drouot-Richelieu- 9, rue Drouot 75009 Paris
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N° 24
GLYPHE ANTHROPONYMIQUE
Culture Maya, Mexique
Classique récent 600 - 900 ap. J.-C.
Stuc blanc crème et peinture ornementale bleu turquoise
H. 9,2 cm - L. 8,6 cm
Maya stucco glyph, stucco and blue paint, Mexico
H. 3 5/8 in - W. 3 3/8 in

Provenance:
Acquis par l'actuel propriétaire en 2006
Sotheby's New York, 17 novembre 2006 (lot 344)
Carol Meyer, New York
Fine Arts of Ancient Lands, New York, 1980
Exposition:
An Ancient, A Medieval and a Modern American Literature: Maya Thought through Two Millennia, Princeton University Library, 26 avril - 30 septembre, 1992.
Ce fragment de bas-relief a été modelé dans ce fin ciment de chaux qu'en général les archéologues mayanistes appellent improprement stuc.
Les vestiges de polychromie qui sont encore visibles attestent qu'il était à l'origine peint en bleu-vert sur un fond rouge. Analogue à celle des pierres semi-précieuses telles que le jade ainsi qu'à la couleur iridescente des longues plumes caudales de l'oiseau quetzal, ce bleu verdâtre dont étaient peints les glyphes permettait non seulement de mieux les voir se détacher sur les murs rouges de l'architecture monumentale mais montrait en outre la très grande valeur qu'accordaient les anciens Mayas à leur écriture et au pouvoir des glyphes.
Celui-ci marque le nom de Ix Tuun Ajaw. Cet anthroponyme signifie littéralement « dame seigneur de(s) pierre(s) », ce qui veut également dire « dame seigneur des "années" » (les années de compte de 360 jours utilisées pour le décompte dans le calendrier ayant été appelées des "pierres" par les anciens Mayas, probablement en raison de leur coutume d'ériger des mégalithes pour marquer les bornes importantes de leur chronologie). On ne sait malheureusement rien de plus sur Ix Tuun Ajaw, son glyphe étant déconnecté du texte dont il provient. On peut cependant espérer que, dans le futur, de nouvelles découvertes archéologiques viendront nous en apprendre davantage à son sujet.
JMH

GLYPHE ANTHROPONYMIQUE Culture Maya, Mexique Classique récent 600 900 ap. J. C. Stuc blanc crème et peinture ornementale…
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Enchère terminée

N° 25
BOL À COUVERCLE DÉCORÉ D'UNE FORMULE DÉDICATOIRE
Culture Maya, nord-est du Petén, Guatemala Classique récent, 600-900 ap. J.-C.
Céramique à engobe brun orangé et décor polychrome
H. 15 cm - D. 16,3 cm - D. (couvercle) 17,6 cm
Maya polychrome lidded bowl with glyph bands, buffware with polychrome paints, Petén, Guatemala H. 5 7/8 in - D. 6 4/9 in - D(cover) 6 8/9 in

Provenance:
Acquis par l'actuel propriétaire dans les années 1980
Andy and Von
Long, Denver. Actif des années 1960 aux années 1980
Publication:
Kerr, Justin, Maya Vase Database, mayavase.com, n° K8955, ajout du 18 juillet 2006.
Ce haut bol muni d'un couvercle à anse annulaire n'a pour toute décoration que deux élégantes inscriptions, totalisant 27 glyphes majoritairement céphalomorphes. Selon un modèle qui n'était pas exceptionnel dans le nord-est du Petén au début de l'époque classique récente, l'une, qui compte 12 glyphes disposés comme un anneau autour du couvercle, fait écho à l'autre, qui juste au-dessous compte 15?glyphes faisant telle une frise le tour du bol près de son ouverture. Le texte qu'elles composent est en effet une même formule dédicatoire notifiant que cet objet fut destiné à la cour du 22e roi de Tikal, qui a régné dans les dernières années du VIe siècle et au début du VIIe siècle.
Cette habitude qu'avaient les membres de l'élite dirigeante d'ainsi marquer de façon ostentatoire leur vaisselle d'apparat était largement répandue chez les Mayas de l'époque classique. Les exemplaires découverts en contexte archéologique dans des tombes, portant parfois le nom de personnages qui ne furent assurément pas ceux qui les placèrent dans leur trousseau funéraire, montrent que ces céramiques de prestige -dans lesquelles la minorité des privilégiés de la société consommait les meilleurs mets et boissons au cours de fastueux "banquets d'État"- étaient volontiers offertes aux convives afin d'établir des alliances inter-dynastiques; à la même période où fut réalisé cet objet et dans le même royaume, une femme avait par exemple fait placer dans sa sépulture un bol au nom du souverain Aj Wosal de la cité voisine de Naranjo. Les témoignages de certains chroniqueurs espagnols des débuts de l'époque coloniale, telle la fameuse Relación de las cosas de Yucatán du moine franciscain Diego de Landa (1566), attestent que de tels échanges étaient encore une pratique répandue en pays maya au XVIe siècle.
JMH

BOL À COUVERCLE DÉCORÉ D'UNE FORMULE DÉDICATOIRE Culture Maya, nord est du Petén, Guatemala Classique récent, 600 900 ap…
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N° 37
VÉNUS CALLIPYGE DEBOUT
Culture Chupicuaro, État du Guanajuato, Mexique
Préclassique récent, 400-100 avant J.-C.
Céramique à engobe rouge brique et blanc crème, peinture ornementale noire
H. 31,8 cm - L. 20,6 cm
Chupicuaro standing female figure, ceramic with red and cream slip and black paint, Mexico
H. 12 1/2 in - W. 8 1/8 in

Provenance:
Acquis par l'actuel propriétaire en 2004
Herbert L. Lucas, Los Angeles, 2004
Benjamin Johnson, Los Angeles, années 1980
Expositions:
En prêt permanent au Metropolitan Museum of Art, New York, du 1er septembre, 2008 à février 2015.
En prêt permanent au Museum of Fine Arts, Houston, du 1er janvier au 31 décembre, 2003.
Quel âge a-t-elle et quel est le peuple qui nous a laissé de telles traces de son originalité?
Les avis divergent et les preuves font défaut. D'une certaine manière, tant mieux: cette oeuvre est à tel point contemporaine de notre sensibilité que toute chronologie en limiterait la force.
La statuette se présente à nous sans le poids d'une érudition paralysante. Elle est anthropomorphe sans l'être. Son corps est la visualisation du concept de ‘déesse mère' ou de ‘mère terre'; Elle a cet attribut, la monumentalité. Petite, elle parait colossale, dressée dans un espace illimité. Hors temps. Ses peintures corporelles en zigzags, scalaires et diagonales sont comme les tendeurs d'une ordonnance en croix.
Cohésion rigoureuse qui fait le paradoxe de cette oeuvre.
Compacité de la masse, fluidité des lignes, la vénus est calme, sereine, sûre d'elle-même et indifférente à nos hypothèses.
Que raconte-t-elle? Rien.
Aucun support à la narration. Elle est là.

VÉNUS CALLIPYGE DEBOUT Culture Chupicuaro, État du Guanajuato, Mexique Préclassique récent, 400 100 avant J. C. Céramiqu…
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N° 41
PLAT TRIPODE DÉCORÉ D'UN DANSEUR
Culture maya, nord-est du Petén, Guatemala Classique récent, 600-900 ap. J.-C.
Céramique à décor polychrome sur engobes brun orangé et rouge brique
H. 8,3 cm - D. 34,9 cm
Maya polychrome tripod plate with dancer with elaborate costume, polychrome ceramic with brown-orange and red slip, Petén, Guatemala
H. 3 1/4 in - D. 13 3/4 in

Provenance:
Acquis par l'actuel propriétaire en 2004
Herbert L. Lucas, Los Angeles, 2004
Martha Henry Inc., New York, 1996
The Lands Beyond, New York
Publication:
Kerr, Justin, Maya Vase Database, mayavase.com, n°K7266, ajout du 19/1/98.
Cette grande assiette tripode, dont chaque pied creux contient des billes de terre cuite pour qu'ils fassent office de sonnailles, s'inspire d'un modèle originel de plats dits par les céramologues comme appartenant au "complexe Ik", type "Saxche Orange Polychrome".
À l'origine, ce type fut fabriqué à Tikal à l'époque du 22ème roi, c'est-à-dire dans les dernières années du VIe siècle et au début du VIIe. Les exemplaires de tels plats que l'on a - dans un rayon de quelques dizaines de kilomètres autour de Tikal - découvert en contexte archéologique ont montré que le danseur personnifiant la divinité du maïs qui renaît Hun Ixiim, peint au fond de l'objet, était fréquemment neutralisé rituellement (au moyen d'une perforation, ce qui n'est pas le cas ici), à l'occasion du décès de la personne qui avait décidé de l'emporter dans sa tombe. Les exemples trouvés en fouille par des archéologues ont également montré que l'on recouvrait la tête du défunt avec ces plats, décor de la face interne posée contre le visage (et par conséquent pieds de l'objet tournés vers le haut de la sépulture).
L'originalité peu commune du décor de cette pièce est d'avoir été rehaussé avant cuisson de peinture bleue, notamment au niveau de la représentation des bijoux, plumages et autres ornements.
JMH

PLAT TRIPODE DÉCORÉ D'UN DANSEUR Culture maya, nord est du Petén, Guatemala Classique récent, 600 900 ap. J. C. Céramiqu…
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N° 43
VASE CODEX REPRÉSENTANT DEUX SCRIBES
Culture Maya, Mexique ou Guatemala Classique récent 600-900 ap. J.-C.
Céramique sur engobe beige clair dessiné au trait noir avec parties stuquées bleu turquoise
H. 21,6 cm - D. 12,1 cm
Maya codex style cylindrical vase with scribal figures, buffware with black paint and blue painted stucco,
Mexico or Guatemala H. 8 1/2 in - D. 4 3/4 in

Provenance:
Acquis par l'actuel propriétaire en 1991
Ancient Art of the New World, New York, 1991
D. Daniel Michel, Chicago. Actif des années 1950 aux années 1970
Robert et Marianne Huber, Dixon
Publications:
Philips, Christine et Maria Sala, Quand les singes savaient écrire. Mérite, pouvoir et connaissance chez les anciens Mayas, Du côté des Amérindiens, Collection dirigée par Sylvie Peperstraete, EME, Fernelmont, 2014, p. 193, fig 193 (détail du déroulé).
Miller, Mary et Simon Martin, Courtly Art of the Ancient Maya, Thames and Hudson, 2004, p. 123, fig. 42b (dessin d'un des scribes).
Kerr, Justin, Maya Vase Database, mayavase.com, n°K1523, ajout du 29/3/98.
Coe, Michael D. et Justin Kerr, L'art Maya et sa calligraphie,
Éditions de La Martinière, 1997, p. 108, fig. 78 (déroulé) et p. 170, fig. 132 (détail).
Reents-Budet, Dorie, Painting the Maya Universe: Royal Ceramics of the Classic Period, Duke University Press, 1994, p. 218, fig. 5.58b (détail).
Townsend, Richard, The Art of Tribes and Early Kingdoms: selections from Chicago collections, Art Institute of Chicago, 1983, cat. n°61.
McNear, Everett, High
Culture in the Americas Before 1500, The Arts Club of Chicago, Chicago, 1982, p. 12, couverture et quatrième de couverture et fig. 22.
Robicsek, Francis et Donald M. Hales, The Maya Book of the Dead - The Ceramic Codex, University of Virginia Art Museum, Charlottesville, 1981, p. 58, vase 71.
Expositions:
The Art of Tribes and Early Kingdoms: selections from Chicago collections, Art Institute of Chicago, 12 janvier - 4 mars, 1984.
High
Culture in the Americas Before 1500, The Arts Club of Chicago, 15 novembre - 31 décembre 1982.
Orné de l'image des divinités "jumelles" de l'écriture Hun Bats' et Hun Chuen ainsi que d'une frise de dix glyphes peints au trait noir sur un fond crème, le vase cylindrique MBD71 fut publié en 1981 par Francis Robicsek et Donald Hales dans leur Maya Book of the Dead. Il apparaît comme un archétype des céramiques dites de style "codex". Ce style de céramiques mayas est ainsi nommé en raison de la similarité de leur décor avec les pages des livres précolombiens sur papier d'écorce de figuier (communément appelés codex par les mexicanistes), la délimitation de la "mise en page" en haut et en bas par deux bandes rouges renforçant la ressemblance avec les manuscrits mayas préhispaniques. S'inscrivant dans le cadre de la sphère céramique appelée "Tepeu 2" par les archéologues (et datée de la phase principale de la période classique récente), les poteries de style codex sont des productions du royaume de Kaan, dont le centre se trouvait dans les basses terres mayas centrales. À cette époque, la capitale de ce grand royaume maya classique était la cité des « Trois Pierres »: Oxtetuun, l'actuel site archéologique de Calakmul (dans le sud-est de l'État mexicain de Campeche).
Le bandeau glyphique est une formule dédicatoire notifiant que cet objet était un gobelet destiné à boire du chocolat et qu'il fut réalisé pour un k'uhul chahtan winik, à savoir un membre (indéterminé) de l'aristocratie du royaume de Kaan.
Une autre particularité du décor de cette pièce consiste en ce que les bandes rouges typiques du style "codex" ont été dès avant le décès de son dernier propriétaire recouvertes après cuisson d'un "bleu maya" appliqué sur une couche d'enduit.
JMH “ Le plus beau vase incisé au profil de G1 ”
Nicholas Helmuth

VASE CODEX REPRÉSENTANT DEUX SCRIBES Culture Maya, Mexique ou Guatemala Classique récent 600 900 ap. J. C. Céramique sur…
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N° 44
GRAND RÉCIPIENT REPRÉSENTANT LA DIVINITÉ "GI"

Culture Maya, nord-est du Petén, Guatemala Classique ancien, 300-600 ap. J.-C.
Céramique à engobe rouge brique à surface lustrée et décor gravé
H. 19,7 cm - D. 25,4 cm
Maya carved and incised cache vessel with profile head of GI, redware, Petén, Guatemala H. 7 3/4 in - D. 10 in

Provenance:
Acquis par l'actuel propriétaire fin 1980
Joyce Strauss, Denver. Actif du milieu des années 1960 aux années 1980
Publication:
Hellmuth, Nicholas, Monster und Menschen in der Maya-Kunst, Akademische Druck-u. Verlagsanstalt, Graz, 1987, p. 88, fig. 119 (dessin).
En argile peinte à l'ocre rouge puis gravée après cuisson, cette petite urne est une production du Classique ancien provenant de la région de Tikal, dans le nord-est de l'actuel département guatémaltèque du Petén. En général doté à l'origine d'un couvercle, ce type de récipient fait partie de ceux qui étaient associés à l'autosacrifice puis placés dans des caches.
Comme la plupart des pièces analogues, cet objet est à l'effigie, vue de profil, de la divinité dite "dieu GI de la Triade de Palenque". Celle-ci était la première-née d'une sorte de trinité maya. Selon les textes de Palenque, elle aurait été engendrée le 19 octobre 2360 avant J.-C. (d'après la constante 584.283 de la corrélation dite de "Goodman-Martinez-Thompson" entre calendriers maya et chrétien, la plus largement admise de nos jours par les mayanistes). Elle apparaît comme une sorte de jaguar anthropomorphe, bien qu'elle possède également des attributs aquatiques, signalés notamment par des nageoires de poisson curieusement placées sur son visage comme une moustache. Le titre qui est associé à son nom dans les inscriptions de Palenque montre qu'elle était en outre un avatar de la divinité du maïs. Elle se présente ainsi comme une figure, divinisée en "jaguar de l'inframonde", du héros Hun Ajaw « Un-Seigneur » auquel aimaient s'identifier les rois mayas de l'époque classique. Du reste, le signe de l'écriture maya qui représente sa tête était un céphalomorphe du signe Ahau dans le cycle divinatoire.
La divinité apparaît ici couronnée par une tige nouée de nénuphar qui évoque la tête du dragon Wits' (ou "dragon-nénuphar", reconnaissable à la plante nymphéacée qui le coiffe), un animal mythique composite qui symbolisait les étendues d'eau terrestre tels que les lacs, les étangs et les rivières dont les lits sinueux sont semblables à son corps de serpent. Dans la numération écrite céphalomorphe, cette créature symbolisait le nombre 13. Ahau étant le 20e signe du cycle divinatoire connu sous le nom de tzolkin dans le calendrier, on pourra également voir dans cette image une évocation des treize vingtaines soit 260 jours que compte chaque rouage de ce cycle.
Sur le couvercle de ces objets, faisait fréquemment écho à cette image une représentation du "bol quadripartite", ustensile directement lié au rituel d'autosacrifice.
JMH

GRAND RÉCIPIENT REPRÉSENTANT LA DIVINITÉ "GI" Culture Maya, nord est du Petén, Guatemala Classique ancien, 300 600 ap. J…
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