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N° 16
Georges GUEQUIER (1878 - 1957)
Portrait de Désirée Manfred en costume de chérubin
Huile sur toile d'origine
160 x 129 cm
Signé et daté en bas à gauche G Guequier 14

Provenance :
Collection particulière

Notre tableau est a rapprocher du portrait de Désirée Manfred par Jacques Emile Blanche actuellement conservé au Musée des Beaux Arts de Reimset exposé au salon de 1904.

« Désirée Manfred, fur le modèle préféré de Jacques-Emile Blanche (1861 – 1942). Cette femme énigmatique fut peinte une cinquantaine de fois. Dans un texte « Mes Modèles », le peintre évoque la découverte de Désirée : « Un soir de décembre, il neigeait, j’étais chez moi méditant et m’apercevant que je n’aurais rien à exposer « pour la vente » chez Georges Petit, quand on sonna à ma porte. Une femme étrange, voilée, venait avec une enfant me proposer un modèle tel que je n’en trouverais un nulle part. On savait que j’étais en peine et que je demandais des fillettes. La pourvoyeuse fit tomber le capuchon couvert de flocons, puis la mante où s’enveloppait la petite. Je fus saisi. Cette petite n’avait point d’âge : corps menu, mais formé, un visage admirable, des yeux verts qui me rappelaient les maitresses de Debussy ; un je ne sais quoi d’indécis, de morbide qui, d’abord, me fit répondre que je n’avais pas besoin de modèle. Mais la mère ne l’entendait pas ainsi ; elle fut insistante, si menaçante, que de guerre las [sic], je donnais rendez-vous à « Daisy » et à sa terrible mère. »
« Désirée incarnera « Bérénice », héroïne du roman éponyme de Maurice Barrès, qui avait inventé une légende poétique à son sujet. Jacques-Emile Blanche dans Portraits of Lifetime décrit Désirée comme « une enfant étrange et sensible avec un don pour la musique et la littérature [qui] devint ma secrétaire. Sa présence m’enchantait ». Blanche la peindra dans une série de tableaux importants où la jeune fille est déguisée en costume de chérubin ; « nous t’avions parée comme une princesse du théâtre des marionnettes : toile d’argent, jupes d’argent, dentelles d’acier, paillettes ; à dix ans ; ta tête pleine de mélancolie, de drôlerie, de chimère, ta tête d’adulte se courbait sur ta poitrine devant la psysché » (Mes Modèles, 1928). Ces toiles sont aujourd’hui dispersées et pour la plupart perdues.
Vers 1903, Maurice Barrès lui suggéra de la travestir en jeune garçon, Blanche peignit Chérubin en knickers de satin gris, personnage de roman d’un « temps des espagnolades fiévreuses », voluptueusement équivoque, le regard presque aguicheur. Désirée fut aussi la mélancolique Voyageuse si mystérieuse du musée de Chicago et fit même une apparition dans La Panne, du musée de Lyon.
En réalité, Désirée Manfred, qui était une étudiante assidue de la Comédie-Française, aimant par-dessus tout la lecture et le silence, était victime d’une mère agressive et bavarde. Elle ne fut jamais que modèle, de Blanche d’abord, d’Alfred Stevens ensuite. Selon Blanche, elle eut une existence triste et solitaire « étant comme enfermée dans une cuirasse d’amiante », même si on la contemple aujourd’hui dans les plus prestigieux musées du monde.

Georges GUEQUIER (1878 1957) Portrait de Désirée Manfred en costume de chérubin Huile sur toile d'origine 160 x 129 c…
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N° 44
Camille CLAUDEL (1864 - 1943)
La vieille Hélène ou Buste de vieille femme
Sculpture en bronze à patine brune
Fonte d'édition posthume. Présenté sur un socle à base carrée en bois peint
Signé Camille Claudel, numéroté 4/8, cachet Fonderie Rocher
H : 28 cm; L : 20 cm; P : 24 cm

Bibliographie :
R-M. PARIS, Camille Claudel, retrouvée, catalogue raisonné, Editions Aittouares, Paris, 2004, modèle reproduit, p. 210

Un certificat de Madame Reine-Marie Paris, portant le n°73 sera remis à l'acquéreur.


« Hélène était l’une des servantes de la famille à Villeneuve. Elle fut, aux côtés de Paul, le premier patient modèle de la jeune artiste. Ce portrait, composé à dix-sept ans, ne pâtit pas de la comparaison avec les bustes ultérieurs. Il marque également l’entrée du thème de la vieillesse dans l’œuvre, thème central, expression de la mort qui a obsédé Camille Claudel de Clotho à L’Âge mûr en passant par La Valse.

Les portraits réalistes de vieillards sont rares, de vieillardes rarissimes. Alors que les nobles pères à la barbe fleurie abondent, la décrépitude chez la femme a fait fuir les modeleurs, d’où l’étonnement du public à la parution de celle qui fut La Belle Heaulmière par Rodin.

Pourtant quelle leçon de modelage qu’un vieux visage ! L’exaspération stylistique des traits y est immédiatement perceptible et nous serions tentés de voir dans l’observation de la vieillesse l’une des sources les plus fécondes du génie de portraitiste de Camille Claudel. De plus, ce buste est le témoignage le plus limpide de l’influence d’A. Boucher, lequel, quelques temps auparavant, avait sculpté le portrait de sa vieille mère, la paysanne illettrée du Nogentais, d’une facture très voisine.

On trouve déjà dans ce buste les caractéristiques essentielles des portraits sculptés de Camille Claudel : port de tête renversé et fier, recherche d’une mimique de la bouche.
Tous les dons de sollicitude pour la misère humaine qui animeront l’œuvre sont contenus dans ce buste prophétique. »

Reine-Marie PARIS, Camille Claudel re-trouvée, Catalogue raisonné, nouvelle édition corrigée et augmentée, Editions Aittouarès Paris, page 210.

Camille CLAUDEL (1864 1943) La vieille Hélène ou Buste de vieille femme Sculpture en bronze à patine brune Fonte d'éd…
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