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Lettres & Manuscrits - Autographes

mercredi 16 mai 2018 - 14:00
3, rue Favart 75002 Paris
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N° 1
Jacques-Denis ANTOINE (1733-1804) architecte (hôtel de la Monnaie) LAS, Paris 15 janvier 1775, à son « ancien confrère » Jean-Jacques Huvé, architecte, à l’Académie de France à Rome ; 3 pages in-4, adresse (mouill, un coin réparé au scotch)
Belle lettre sur l’avancement des travaux de la Monnaie
Il a été malade… « Ce n’est rien d’avoir vû le Pape vivant, mort, d’en avoir vû faire un neuf, d’avoir fait son jubilé, ce n’est rien non plus d’avoir été noyé et assassiné en route, quand on se porte bien arrivé […] j’ai vû sans voyager, sans sortir de la capitale, un vieux roy vivant et mort, puis un jeune, fouler à ses pieds des monstres affreux, rétablir en quelques mois les désordres de beaucoup d’années, et donner à son peuple l’espoir d’un règne florissant J’ai vû des renversements, des rétablissemens, dans les différentes branches de l’Etat, et je crois que tout est bien, telle est ma philosophie, pour ce qui ne me touche pas de plus près »… Il donne des nouvelles de la Monnaie, terminée, sauf la décoration intérieure du grand salon, et le mur du quai : « les logements sont tous occupés, les atteliers achevés, bientôt la vieille monnoïe sera détruite, on a déjà fait l’essay des laminoirs et des balanciers de la nouvelle, il paroît que le public est assez satisfait de ce monument ; on dit que le Roy doit venir le voir, nous l’esperons beaucoup »… Il lui fait de bon cœur son compliment sur sa pension ; la carrière qu’il parcourt est brillante Et de taquiner son cadet : « C’est un plus grand crime dites-vous, d’embrasser une romaine, que de faire un enfant à une parisienne ! Ciel ! Quelle médisance ! Ô séxe charmant, tendre et facile, souffriras-tu une pareille calomnie ! Et laisseras-tu croire à la race future que l’influence d’un téritoire aussi saint que celui de Rôme, te dénature à ce point ? »…

Jacques Denis ANTOINE (1733 1804) architecte (hôtel de la Monnaie) LAS, Paris 15 janvier 1775, à son « ancien confrère »…
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N° 4
Hans BELLMER (1902-1975) 3 LAS, Paris 1963-1970, à Rudolf Springer, à Berlin ; 2 pages et demie in-4 (2 au stylo rouge sur papier fin rose), une enveloppe ; en allemand
Au galeriste et marchand d’art berlinois, Rudolf Springer, à propos de l’envoi de livres dont la suite de gravures À Sade [tirée à 55 exemplaires, hors commerce, en 1961]
24 février 1963 Bellmer suggère de passer par l’intermédiaire du neveu de Springer, Ferdinand, qui a davantage de relations à Berlin que lui-même Et si les deux ouvrages restaient chez ce dernier quelques temps, ils seraient entre des mains sûres Pour ce qui est de Sade, il s’agit de son dernier exemplaire et un acheteur serait facilement trouvable Il espère avoir des nouvelles un peu plus longues, en dehors des questions commerciales, évoquant sa mauvaise santé et son projet d’aller avec sa compagne Unica pendant l’été sur l’île de Ré Il signe : « Ihr Bellmer und Unica »
28 février 1963 Bellmer informe Springer qu’il lui envoie un exemplaire du livre publié par les éditions Copley dont il donne l’adresse à Longpont s/Orge, dans le cas où d’autres exemplaires seraient demandés [en 1959, Bellmer avait reçu le prix de la Fondation Copley qui avait alors édité sa biographie par Alain Jouffroy] Il a malheureusement vendu la veille l’exemplaire d’À Sade (en couleur) au peintre et excellent lithographe Paul Wunderlich Il a encore deux exemplaires disponibles (en noir sur papier Arches) pour un prix de 100 000 anciens francs
26IV1970 Bellmer annonce qu’il a été victime d’un accident vasculaire cérébral et qu’il souffre d’une hémiplégie latérale ; comme un estropié, il vit principalement au lit, et a une vieille infirmière La maladie mentale d’Unica Zurn s’est déclarée à nouveau et elle a été internée en hôpital psychiatrique [Unica devait se suicider quelques mois plus tard, en octobre 1970] Il ne peut répondre favorablement à la demande de M Feinauer transmise par Springer, il n’a plus d’originaux qui auraient pu être filmés et diffusés Une exposition à Amsterdam est en préparation au Stedelijk Museum On montrera un choix de ses meilleurs dessins…

Hans BELLMER (1902 1975) 3 LAS, Paris 1963 1970, à Rudolf Springer, à Berlin ; 2 pages et demie in 4 (2 au stylo rouge s…
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N° 9
Gaston CHAISSAC (1910-1964) LAS, [1951 ?] ; 2 pages in-4
Longue et intéressante lettre sur l’art contemporain, l’art brut et Jean Dubuffet, faisant allusion à son propre livre, Hippobosque au bocage
« Il n’est pas sûr que je parviendrais à faire autorité en matière artistique mais je pourrais peut-être y parvenir indirectement en signalant des artistes » ; il est assez bien placé pour qu’on l’imprime, même lorsqu’il parle de gens qu’on ne connaît ni d’ève ni d’Adam, mais il est plutôt porté à mettre en vedette des non-artistes, ou tout bonnement le premier venu « Les conceptions d’ailleurs peuvent varier, ainsi Jean Dubuffet a attendu d’être divorcé et remarié pour plonger dans son art brut Et qui sait s’il n’a pas voulu devenir célèbre (il était homme à le devenir plus tôt) pour que sa fille résiste à ceux qui peuvent s’escrimer à la détacher de lui On tient toujours, à un père célèbre Peut-être encore a-t-il voulu affubler les siens d’un parent des plus surprenants Il me semble qu’il fait trop un plat de l’art brut pour en être l’apôtre dans l’âme Il peut se donner en spectacle pour un public, pour un seul peut-être Et malgré toute l’encre qui a coulé à son sujet sans doute n’a-t-on pas encore mis le doigt sur le principal Je l’ai vu lui et sa femme spectateurs du portrait qu’il peignait de Ponge [Personnage hilare (portrait de Francis Ponge), 1947, Stedelijk Museum Amsterdam] Ils riaient tous deux à s’en donner mal aux côtes et ce fut pour moi des plus inattendu après les avoir vu dans une attitude d’un tout autre numéros Peut-être jouaient-ils un rôle pour moi l’écrivassier capable d’ajouter à la légende D’autre part, est-ce par Hasard ou non qu’il m’a connu par Paulhan ? Il n’est pas impossible qu’ils aient songé à me faire jouer un rôle, puis un autre après avoir vu que je ne correspondais pas à l’idée qu’on se faisait de moi Mais comme l’idée qu’ils purent ensuite se faire de moi ne correspondait, ne pouvait pas davantage correspondre à la réalité, ils peuvent en être restés à tirer des plans sur la comète pour me combiner un rôle à jouer et qu’ils n’y renonceront de sitôt »… Il parle ensuite d’un article de Montaron paru dans Ouest-France (édition de Vendée) : « après s’être permis de traiter Picasso de faux primitif, il dit que personne ne peut dire si je suis un non un farceur Il dit aussi qu’on ne peut encore juger de la valeur d’Hippobosque au bocage ni de son art futur mais que mes lettres “invraisemblable” eurent à la longue plus de succès que ma peinture dont il dit simplement que je barbouille drôlement le papier d’emballage Il ne nie d’ailleurs pas mon tempérament artistique qu’il considère comme l’énigme 1ère Et il fait suivre son article de mon poëme J’en reste sardine Même lorsqu’il me concerne, je préfère les articles le mieux écrits quand même me dénigrent-ils Ce Montaron me traite encore de palefrenier amateur alors que j’avais justement voulu ne pas être un garçon d’écurie autodidacte […] Je me réjouis plutôt de l’attitude des lettres françaises à mon égard car perchant dans le pieux bocage vendéen je pourrais pâtir d’être l’enfant chéri des communistes »…

Gaston CHAISSAC (1910 1964) LAS, [1951 ?] ; 2 pages in 4 Longue et intéressante lettre sur l’art contemporain, l’art bru…
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N° 13
Gustave COURBET (1819-1877) 4 LAS, 1860, à Charles Chappuis, professeur à la Faculté de lettres de Besançon ; 14 pages in-8, une adresse, montées dans un recueil d’imprimés, coupures de presse et lettres, tiré au dos Beaux-Arts 1860, relié demi-veau blond (reliure de l’époque)
Importantes lettres inédites sur ses tableaux et l’Exposition universelle de Besançon
[Charles Chappuis (1822-1897), normalien et philosophe, professeur à la Faculté des lettres de Besançon, était un grand ami de Louis Pasteur dont il fut le condisciple au collège de Besançon, où Courbet, lui aussi, fit ses études] Le présent volume fut constitué par Chappuis, qui collabora à l’organisation de l’Exposition universelle de Besançon de 1860, et, à cette occasion, publia plusieurs articles dans le journal La Franche-Comté sous le pseudonyme de Charles Duvernoy
[Printemps 1860] « Je suis heureux d’avoir retrouvé en vous un camarade Je compte sur vous pour m’être de bon secours Du reste je fais pour vous être agréable à tous ce que je ne peux pas faire dans ce moment, comme dépense pécuniaire Vous concevrez cela si je vous dis que je fais construire un atellier que je désire depuis 15 ans, et qui pourtant m’était de la plus grande utilité Vous voyez qu’il y a plusieurs raisons graves si je suis en retard pour l’exposition de Besançon Mais encouragé par la sympathie que vous m’avez manifestée vous tous je vais faire tous mes efforts pour me mettre en ordre avec vos règlements, quoique retardataire »… Il adresse donc des précisions sur l’espace qu’il espère occuper, en recommandant qu’on suive l’exemple des « expositions du gouvernement » à Paris, où, par ses efforts, on a fini par accrocher sur un même panneau les œuvres de chaque peintre, arrangement avantageux pour le public… Suivent les dimensions des tableaux qu’il enverra dès qu’ils seront encadrés : Cribleuses de blé « mœurs anciennes des cultivateur de Franche-Comté » ; Voyage dans la neige dans les montagnes du Jura en 1860 ; Chasseur allemand « chasse non d’ordre » ; Chevreuil pendu « épisode de la curée, tableau de 1858 » ; Paysage des bords de la Loue Printemps ; Renard sur la neige devant sa tanière croquant sa proie ; Cerf qui prend eau, « (chasse d’ordre) un cerf chassé au bout d’une heure va tremper sa langue dans une fontaine » ; Portrait d’une dame allemande ; Portrait de Melle Z*** ; Jeune femme nue dormant Il termine en promettant à Chappuis un paysage…
[Printemps 1860] « J’ai tellement la tête bourrée de bêtises et de peinture que je ne sais plus ce que je fais J’ai oublié de vous mettre les prix Je cherche à vous envoyer tout un musée c’est-à-dire une colection de tableaux qui remplisse pour ainsi dire le cadre des différents genres que comporte l’art de la peinture Je n’ai pas entierrement tout ce que je désirerais sous la main […] Pourtant il y aura un spécimen de chaque chose Ainsi les cribleuses de blé tableau de mœurs ou genre, tableau de chasse à figures, d’automne, et d’été ; chevreuil nature morte, paysage de printemps qui est celui que je vais vous faire, ensuite portrait sérieux, qui peuvent être considérés comme portrait historique par leur manière d’être » : celui de Berlioz, « que je désire qu’on ne mette sur le livret que par ses initiales, vu que je n’ai pas son autorisation », celui d’une jeune fille de Salins « et non d’Ornans », et celui de Max Buchon, mais qu’il voudrait retoucher « si Buchon peut venir à Ornans […] Ensuite ce voyage dans le Jura scène de neige à figures puis de la neige sous d’autres formes encore, (tableaux peu traités par leur difficulté) Maintenant il me reste un petit nud une jeune femme endormie je ne sais si cela vous effarouche ce serait domage car les peintres et les amateurs aiment cela, je vous l’enverrai en tout cas Vous voyez mon cher que je ne me moque pas de vous, comme on a pu vous le faire croire Il me semble que tout cela doit être une bonne aubaine pour votre exposition Avec ma réputation vous pourrez faire une réclame monstre et faire venir des amateurs depuis l’Allemagne depuis la Belgique, etc et qui viendront spécialement pour ces toiles, et pour le coup vous pourriez faire mentir ce fameux proverbe qui maintient depuis longtemps nul ne fait de miracle dans son pay Jusqu’ici il m’a été applicable, aussi cette tentative de ma part est courageuse »… Il voudrait un endroit « très éclairé », parce que sa peinture supporte la grande lumière… Il a décidé de baisser ses prix par rapport àce qu’il vendrait ces toiles à Paris ou Bruxelles ; il dresse la liste chiffrée des douze tableaux, qui coûteront de 3000 francs (Les Cribleuses de blé) à 300 (Portrait d’une jeune fille de Salins)…
[Ornans 14 juin 1860] « J’arrive demain avec arme et bagage, par la petite vitesse comme cela m’est recommandé Je vous porte (car j’irai aussi) 5 grands tableaux le Cribleuses, le Renard, le Chevreuil, le Chasseur allemand, le Voyage dans la neige Ces cinq peuvent déjà faire une grande occupation de place, quant aux autres les cadres ne sont pas terminés »… Le paysage qu’il lui destine, « Paysage de la Roche Oragay (Maysières) », il sera fait incessamment Il raconte l’accident qui lui est arrivé à Amancey : « j’ai glissé dans un escalier de pierre et me suis foulé une main, heureusement c’est la gauche, mais pendant deux jours il m’a été impossible de peindre Si c’eût été la droite mon exposition eût été enfoncée J’écris à Buchon à Salins s’il peut venir poser, je serais content qu’il soit à l’exposition car cela lui ferait plaisir Je porterai demain la petite femme nue pour vous la faire voir, et savoir si elle est possible pour votre exposition »…
Ornans 10 septembre 1860 « Je n’ai rien à vous refuser mon cher ami, parce que c’est vous qui me demandez ; malgré le prix de ce tableau, vous, vous m’en auriez offert 500 f que je vous l’aurais cédé La ville de Besançon de laquelle jusqu’ici je n’ai pas à me louer, aurait pris un autre intermédiaire qu’elle n’aurait pas réussit à ce prix Comme vous me dites que c’est entre nous que se passe ce marché j’ai affirmé qu’il m’avait été acheté 2000 f le prix que j’avais indiqué Veuillez ne pas me démentir vis-à-vis du publique Vous avouerez cher ami que si je ne retire que cela de cette exposition ce n’était vraiment pas la peine que cela m’a donné, et l’argent que cela m’a coûté »… Mais il lui sait gré de sa sollicitude, « et du charmant article si aimable, si savant, si intelligent que vous venez de me faire, qui a enthousiasmé tous mes amis et mes parents, ainsi que moi »… Il ajoute que l’exposition de Bruxelles a vendu à M Vanbeselaere, « amateur », La Femme au miroir, « pour la somme de mille trois cent fr prix que j’avais indiqué, il y avait pour ce tableaux deux autres compétiteurs, qui n’ayant pu avoir ce tableau m’en ont commandé deux semblables à ma volonté Max Buchon en échange du portrait que je lui ai fait vient de faire le mien en littérature Ce portrait est amusant bien fait peut-être trop aimable »…
Le recueil contient aussi : — 2 plaquettes : Exposition de Besançon en 1860 Rapport à la commission générale d’exposition sur les travaux du Comité exécutif […] lu dans la séance du jeudi 24 novembre, par Paul Bial (16 p) Louis de Vaulchier, Revue de l’Exposition de peinture à l’Exposition universelle de Besançon (Besançon, Jacquin, 46 p) — Coupures de presse (montées sur feuillets in-8) du « Feuilleton » de La Franche-Comté, [9 juillet-8 décembre 1860] : articles consacrés à divers aspects de l’Exposition de Besançon, signés Michel Perny, Charles Duvernoy (7, dont un sur Courbet, le 6 septembre 1860), Auguste Achenbach (3) — Coupure de presse [de La Patrie du 23 août 1860] : « Exposition de Besançon Beaux-arts », par Théodore Delamarre fils — D’autres coupures de presse de La Franche-Comté, de feuilletons ou articles concernant le jury et les récompenses : notamment des discours du préfet et du maire, et un échange polémique entre Armand Barthet, le secrétariat général de l’Exposition et Paul Franceschi — 2 LAS de Jules Valfrey, rédacteur en chef de La Franche-Comté, Besançon 3 et 27 septembre 1860, à Chappuis au sujet de ses articles : « J’ai remarqué spécialement l’étude sur Courbet, qui m’a paru excellent et écrit dans le meilleur français que je connaisse C’est un document qui vous fait honneur et qui fera honneur à notre journal Permettez-moi de vous en féliciter »… — 2 LAS à Chappuis de M Lancrenon et Maurice Bretillot concernant un projet d’acquisition d’un tableau de Courbet pour le Musée de Besançon, et le refus du maire

Gustave COURBET (1819 1877) 4 LAS, 1860, à Charles Chappuis, professeur à la Faculté de lettres de Besançon ; 14 pages i…
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N° 26
Institut PS par 42 membres de la Classe de littérature et beaux-arts, Paris 28 pluviose X (17 février 1802) ; 3 pages grand in-fol sur papier administratif à rubriques imprimées
Exceptionnelle réunion d’artistes et écrivains, sur cet État de distribution des droits de présence pour le mois de frimaire IX (novembre-décembre 1800), signé par 42 écrivains, peintres, sculpteurs, architectes, musiciens et comédiens
Architectes : Jacques-Denis Antoine, Jean-François Chalgrin, Léon Dufourny, Jacques Gondoin, David Le Roy, Antoine-François Peyre, Jean-Arnaud Raymond
Littérateurs : Hubert-Pascal Ameilhon, François-Guillaume Andrieux, Paul-Jérémie Bitaubé, Jean-François Cailhava, Armand-Gaston Camus (qui a également visé cet état), Jean-François Collin d’Harleville, Pierre-Urbain Domergue, Jean-François Ducis, Charles-François Dupuis, Nicolas François de Neufchâteau, Louis Langlès, Gaspard-Michel Le Blond, Ponce-Denis Écouchard Le Brun, Antoine Mongez, Charles de Pougens, Nicolas-Joseph Sélis, Gabriel de La Porte du Theil, Gabriel Villar, Noël-François de Wailly
Musiciens : François-Joseph Gossec, André Grétry
Peintres : Jacques-Louis David, Jean-Baptiste Regnault, Gérard Van Spaendonck, Nicolas Taunay, Joseph-Marie Vien, François-André Vincent
Sculpteurs : Claude Dejoux, Jean-Antoine Houdon, Pierre Julien, Jean-Guillaume Moitte, Augustin Pajou, Philippe-Laurent Roland
Théâtre : Jean-Baptiste Fauchard de Grandménil, Jacques-Marie Boutet de Monvel

Institut PS par 42 membres de la Classe de littérature et beaux arts, Paris 28 pluviose X (17 février 1802) ; 3 pages gr…
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N° 28
Roger de LA FRESNAYE (1885-1925) LAS « Roger », [château de Beauvernay à Saint-Nizier-sous-Charlieu (Loire) 20 juillet 1921], à Valentine Hugo à Meudon ; 6 pages et demie in-8, enveloppe (deuil)
Belle et longue lettre sur son séjour au château familial de Beauvernay, avec ses amis
Il la rassure : « votre lettre a subi le supplice radical du feu Je sais trop le danger que quelques malheureuses lignes d’écriture représentent et les ravages qu’elles peuvent commettre […] depuis l’arrivée d’Auric et Irène [Lagut], je suis très mal portant À peine ce lamentable élève [Alfred Courmes ?] que j’ai eu la malencontreuse idée de faire venir, a-t-il été remis, qu’il m’a refilé ses sales microbes de bronchite et de grippe En même temps je devais me rendre à l’évidence qui est que c’est un ballot, un incapable, un bon à rien ; un bien bon garçon, mais affreusement mal élevé par-dessus le marché Il fait ses malles et va retourner chez lui Auric et Irène sont arrivés le même jour et par le même train que [Jean-Louis] Gampert C’était assez plaisant car ils ne se connaissaient pas […] Irène travaille dans la serre, et Auric joue sa musique sur un vieux piano-chaudron Leur présence ici me fait un très grand plaisir, car elle enlève à Beauvernay ce qui m’est le gros défaut l’ennui et l’isolement »… Il a été tellement moins bien ces temps-ci qu’il a songé à repartir dans les montagnes, mais il se « retape » doucement et compte sur sa visite ; Irène peint tout le temps Il a été très peiné par ses allusions à la méchanceté des gens, etc « Pour moi qui vois les choses de l’extérieur, qui ne suis au courant d’aucune méchanceté et espère ne jamais y être mêlé je ne puis que souhaiter de toutes mes forces que le groupe d’amis dont vous êtes le centre reste uni, et vous supplier de faire tout de votre côté pour cela »…

Roger de LA FRESNAYE (1885 1925) LAS « Roger », [château de Beauvernay à Saint Nizier sous Charlieu (Loire) 20 juillet 1…
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N° 43
Henri MATISSE LAS, Lyon 13 avril 1941, [à Henry de Montherlant] ; 1 page ¾ in-4 (un bord et de petites fentes marginales réparés au papier gommé)
Après son opération d’un cancer à Lyon, au sujet des peintures de Louis Bréa du monastère de Cimiez
Il a quitté la clinique il y a une semaine et séjourne à l’hôtel jusqu’au 21 « Je n’ai pas voulu quitter mes médecins sans avoir repris assez de forces pour n’être pas inquiet à Nice quand j’y serai Je passe mon temps à ne rien faire, à récupérer – pensez que j’ai fait 3 mois de lit et souvent tellement bas, que les Sœurs m’appellent le Ressuscité »… Puis il répond à Montherlant au sujet du monastère franciscain de Cimiez et de sa Pietà : « Je vous ai vu dans le jardin du monastère que j’aime beaucoup et dont je ne verrai pas les arbres fruitiers fleurir cette année Dans son église il y a un tableau célèbre de Bréa ou de son école – considéré à Paris comme un tableau de second ordre Il ne me semble pas que c’était celui-là qui a surexcité votre enthousiasme Je le reverrai à mon retour je le connais probablement et j’espère y découvrir les beautés que je n’y ai pas vues On n’aime jamais trop de choses Que faites-vous ? Allez-vous retourner à Paris Je viens de voir plusieurs jours une personne en revenant et y retournant qui m’a dit des choses bien tristes Êtes-vous renseigné sur les possibilités de durée que votre santé va y trouver Là-bas c’est un peu la prison C’est la sensation paraît-il qu’on éprouve lorsqu’on repasse la ligne de démarquation en y retournant Gardez votre santé avant tout, votre talent fera le reste »…

Henri MATISSE LAS, Lyon 13 avril 1941, [à Henry de Montherlant] ; 1 page ¾ in 4 (un bord et de petites fentes marginales…
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N° 47
Henri MATISSE LAS, [Nice fin 1943], à un ami [Henry de Montherlant] ; 6 pages in-4 (petite fente marginale réparée au scotch)
Longue et importante lettre sur leur édition de Pasiphaé Chant de Minos (Martin Fabiani, 1944), et où le peintre médite sur la fin de sa vie [Le poème dramatique de Pasiphaé, publié en 1936 à Tunis, aux Éditions Mirages, fut représenté pour la première fois le 6 décembre 1938 au Théâtre Pigalle, dans une mise en scène de Sylvain Itkine, scénographie de Charles Wolff et Georges Vakalo]
« Nous supprimerons la page “Le poëme… a paru etc … avec la distribution” Cependant dans la préface-conférence vous faites allusion à cette représentation d’une façon assez marquée : Mmes Mrs le poème dramatique qu’on va représenter devant vous… J’ai trouvé certes très heureux que l’auteur des décors et des costumes Mr Wolff, vous montrât… C’est pourquoi lorsque Sylvain Itkine me dit qu’il jouerait le chœur en habit de soirée… Il me semble qu’il faut modifier la préface et ce serait vraiment dommage, ou bien indiquer la première représentation de cette pièce »… Matisse propose une formulation succincte, ainsi que d’autres modifications touchant aux premières pages du livre
« En réponse à votre souvenir fidèle de 1937, au sujet de la conclusion d’une œuvre, je vous dirai, en vous remerciant d’avoir gardé ce souvenir, que je suis en train de conclure J’ai fait la conclusion l’an dernier pour le dessin – comme moyen complet d’expression – et j’y suis engagé en ce moment pour la Peinture Je pourrai ainsi partir satisfait pour ce Grand Voyage si commode, car il n’y faut aucun bagage, et tout y est multiplié Cet heureuse période de ma vie est advenu après ma sévère opération chirurgicale d’il y a 2 années et sa longue et périlleuse convalescence (2 ambolies, dont la dernière 60 jours après l’opération) Ayant eu conscience que tout avait été presque perdu – puisque les bonnes sœurs m’appelaient ensuite “le ressuscité”, je me suis trouvé comme rassasié de l’intarrissable curiosité qui m’a affolé toute la vie, et j’ai dominé mon affaire et moi-même Mon éblouissement de la nature radieuse qui m’empêchait de distinguer un objet distinct de l’ensemble de ma contemplation a cessé et j’ai pu pénétrer à l’intérieur des choses Je fais partie de la grande fête Je me vois, avant ma grande transformation, mon appaisement plutôt – comme ces petits gosses au Luxembourg qui veulent enfiler sur une fiche des anneaux pendant qu’ils tournent avec leur gentil manège de chevaux de bois Ils ne peuvent cependant y arriver, car leur attention captivée irrésistiblement par le paysage qui les entoure »…

Henri MATISSE LAS, [Nice fin 1943], à un ami [Henry de Montherlant] ; 6 pages in 4 (petite fente marginale réparée au sc…
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N° 48
Henri MATISSE LAS, Vence Avril 1944, à Henry de Montherlant ; 5 pages et demie oblong in-8
Belle lettre relative à sa participation à l’œuvre de la Croix Rouge suisse à laquelle Montherlant s’intéressait très activement, et exprimant sa grande satisfaction de leur édition de Pasiphaé Chant de Minos (Martin Fabiani, 1944)
Sa lettre l’a profondément touché, et rapproché de lui : Matisse voudrait, lui aussi, faire un don à la Croix Rouge de Suisse pour les enfants français « Je voudrais donner 1 ex de Pasiphaé ainsi que 5 exp de Thèmes & Variations Dites-moi par quel moyen je pourrais arriver à ce que mes livres soient à Genève et vendus au mieux » Il a demandé à Cortot de s’en occuper
« Votre lettre m’a peiné, car je vous ai vu à Paris un peu traqué Je ne sais comme je m’y comporterais, mais ici, à 7 km à vol d’oiseau de la mer, je ne m’affole pas et j’accepte les risques avec philosophie, il est vrai que nous n’avons pas le même âge et que vous avez pas supporté les mêmes épreuves sentimentales, que vous n’avez pas été labouré du cœur comme je l’ai été À peine j’ose espérer vous rasséréner en vous certifiant que notre Pasiphaé est parfaite J’ai le 1er exempl sous les yeux Je ne puis pas croire qu’il vous laisserait indifférent C’est chose faite Il en restera toujours un certain nombre quoi qu’il arrive et j’espère le faire arriver en Suisse avec vos renseignements Je viens de signer les justifications de vos 20 exemplaires de I à XX Ça fait une œuvre importante qui m’a coûté 9 mois de travail exclusif comme à une faible femme Je suis presque certain que vous serez content »
Il évoque la préparation d’une manifestation de charité qu’il organise : « Cortot et ses amis feraient la partie musicale », et il y aura le groupe la Pléiade-Gallimard « Je suis obligé de laisser faire pour ne pas compliquer » La lettre de Montherlant l’a beaucoup touché « Regagnez votre équilibre, haut les cœurs dois-je vous dire ? Vous pourrez voir à la Gallerie Fabiani dans une semaine une toile, ainsi que celle de Bonnard Je vais faire imprimer des programmes de luxe à un nombre limité (pour flatter la manie des amateurs mais je compte bien leur faire payer) avec une lithogr de Bonnard, et une de moi sur chacune des moitiés du nombre de programmes, de façon à obliger les enragés amateurs-snobs à acheter les deux Je ne sais pas encore la salle qui aura ce concert Réjouissez-vous cher ami, votre livre ne peut être mieux, dans son caractère, je pense avoir fait un chef-d’œuvre »… Il ajoute en post-scriptum : « Je reste ici jusqu’au bout ! J’y suis seul, heureusement, quand je vois ou j’entends les Parisiens, tellement désemparés »…

Henri MATISSE LAS, Vence Avril 1944, à Henry de Montherlant ; 5 pages et demie oblong in 8 Belle lettre relative à sa pa…
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N° 49
Roberto MATTA (1911-2002) LAS avec dessin, au galeriste Julien Lévy ; 2 pages in-4 au crayon noir avec rehauts de rouge et vert (quelques petites fentes sur les bords)
Belle et rare lettre illustrée du peintre surréaliste chilien
En haut de la première page, Matta a calligraphié en grosses lettres « Julien » aux crayons gras noir et rouge, et dessiné une forme verte, entourée de traits de crayons, légendée : « Cercles fatal de la mouche »
« Aux tenebrement de la mort théâtrale de la ville, ronronement de ce lac rouge d’homar, ou comme une construction de l’esprit on aurait put perdre, dans une atmosphère photographique, la jeune fille blanche (limite de la représentation de ce couleur) Eaux noires du Golfe, je vous cache ! maudiment »… Il a appris par Calas que Watson à Londres veut reproduire une de ses toiles en couleur : « je n’ai pas une seule photographie de mes tableaux, broderie couteuses, j’ignore de mon point de mire le prix d’une photo en couleur mais si ça est possible, bon » Il faudrait envoyer si possible le négatif en couleur « de la toile avec l’arbre centrale, aux problèmes multiple de la vision (reploiement dans son être astral) Toile 15 Figure, qui est à la galerie et qui répond au nom de Mémorables transformations du mort » Il lui conseille de téléphoner à Lee qui ferait un bon travail, et d’envoyer le négatif par avion, car ils sont pressés à Londres Il termine sa lettre : « Un amour moderne mais rare pour la Muse et toi » Il signe « Matta » en vert et rouge
Hommage à Julien Lévy (Tajan 5-7 octobre 2004, n° 683)

Roberto MATTA (1911 2002) LAS avec dessin, au galeriste Julien Lévy ; 2 pages in 4 au crayon noir avec rehauts de rouge …
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