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Collection Béatrice et Patrick Caput - Arts d'Afrique et d'Océanie

jeudi 15 novembre 2018 - 17:00
Salle 9 - Drouot-Richelieu- 9, rue Drouot 75009 Paris
Lots phares

43 Résultats

N° 2
POULIE BAOULÉ, CÔTE D'IVOIRE
Bois
H. 19,8 cm
BAULE HEDDLE PULLEY, IVORY COAST
H. 7.79 in

Provenance:
- Collection Anne et Georges Loiseau, Abidjan-Paris
- Galerie Serge Le Guennan, Paris
- Collection Béatrice et Patrick Caput, Paris

Publication:
- Patrick Caput et Valentine Plisnier, Arts d'Afrique. Portraits d'une collection, 2016, p.196-197

Proche d'une œuvre ayant appartenu à Charles Ratton, reproduite dans Trésors de Côte d'Ivoire, cet étrier de poulie konantré est surmonté d'un visage masculin. Couronné d'une coiffure striée en diadème, il offre une expression d'une belle intensité. Les yeux sont clos en signe de sérénité. Sous le long nez fin, la bouche esquisse une jolie moue. Trois barbes tressées ceignent élégamment le menton. Cette tête, d'une ampleur exceptionnelle, est élaborée selon les canons esthétiques Baoulé, exaltant les qualités morales - l'autorité et la sagesse - de l'ancêtre masculin représenté. Les tempes et le long cou tubulaire sont agrémentés de multiples scarifications gaufrées. Ces ornements «démontrent qu'un objet quotidien, l'étrier de poulie, est aussi le dépositaire de l'identité d'un peuple, de même qu'une technique - le tissage - est investie d'une dimension métaphorique, la manifestation d'une parole, celle de l'histoire et de la transmission» (voir Arts d'Afrique. Portraits d'une collection, p.183).

POULIE BAOULÉ, CÔTE D'IVOIRE Bois H. 19,8 cm BAULE HEDDLE PULLEY, IVORY COAST H. 7.79 in Provenance: Collection Anne et …
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N° 5
STATUETTE BUTHIB LOBI, STYLE DAGARA-LOBR, BURKINA FASO
Bois
H. 17 cm
LOBI FIGURE BUTHIB, DAGARA-LOBR STYLE, BURKINA FASO
H. 6.69 in

Provenance:
- Collectée par Maine Durieu
- Galerie Akagni, Paris
- Collection André Schoeller, Paris
- Collection Béatrice et Patrick Caput, Paris

Publication:
- Maine Durieu, Statuaire Lobi, carton du vernissage d'inauguration de la Galerie Akagni, 1987
- Daniela Bognolo, Lobi, 2007, p.133, pl.28
- Laurence Durieu-Gendelman, L'arbre et la statuaire Lobi, 2016
- Patrick Caput et Valentine Plisnier, Arts d'Afrique. Portraits d'une collection, 2016, p.84-85

Exposition:
- Paris, Galerie Akagni, Statuaire Lobi, avril - mai 1987

En 1987, ouvrait à la Galerie Akagni la première exposition française entièrement consacrée à la statuaire Lobi. Organisée par Maine Durieu (1941-2015) à l'occasion de l'inauguration de son nouvel espace parisien, elle témoignait avec force de la richesse et de la créativité de ces artistes établis à la jonction du Burkina Faso, de la Côte d'Ivoire et du Ghana. La célèbre marchande choisit précautionneusement pour son carton d'invitation, cette remarquable statuette féminine qu'elle avait collectée en pays Lobi quelques temps auparavant.

Cet objet fascine par la puissance de son modelé et la modernité de ses proportions. Sa construction n'est pas sans évoquer un petit bronze de Matisse, La Vie, daté de 1906 et ayant appartenu à Alfred Stieglitz, une provenance très symbolique, à New York dans les années 1920.

Dressé sur des jambes légèrement fléchies, le personnage semble en total tension. Bien que le modelé du corps soit minimaliste, les lignes sont nerveuses, dynamiques. Les bras sont dressés vers le ciel afin d'éloigner la sorcellerie et les maladies. À la puissance de la posture s'ajoute ici l'expressivité du visage. Retranchés sous de lourdes paupières, les yeux sont empreints d'une douce sérénité. La profonde patine nuancée témoigne de préhensions fréquentes. Cette œuvre s'impose d'elle-même comme un chef-d'œuvre de la sculpture Lobi.

STATUETTE BUTHIB LOBI, STYLE DAGARA LOBR, BURKINA FASO Bois H. 17 cm LOBI FIGURE BUTHIB, DAGARA LOBR STYLE, BURKINA FASO…
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N° 7
CIMIER BAMANA TJI WARA REPRÉSENTANT UNE ANTILOPE FEMELLE ORYX ET SON FAON, MALI
Bois et métal
H. 66 cm
BAMANA CIWARA CREST REPRESENTING A FEMALE ORYX ANTELOPE AND ITS FAWN, MALI
H. 25.98 in

Provenance:
- Collection Henri Kamer, Paris
- Collection Jacques Boussard, Paris
- Collection Béatrice et Patrick Caput, Paris

Publication:
- Patrick Caput et Valentine Plisnier, Arts d'Afrique. Portraits d'une collection, 2016, p.154-155

Artiste, peintre et esthète, Jacques Boussard (1915-1989) fit évoluer sa recherche artistique au fil des grands mouvements du XXe siècle (réalisme, cubisme, abstraction). Particulièrement sensible à la question de la forme, il s'intéressa à l'art africain à partir des années 1950 suite à ses nombreuses visites chez ses amis F. H. Lem et I. Païlès, eux-mêmes collectionneurs d'arts primitifs. Cette rencontre avec les arts lointains résonna ensuite tout au long de son travail. Amateur d'art antique, son goût le porta davantage vers la statuaire que vers les masques. Il appréciait particulièrement «la gravité et la noblesse, la sérénité, la logique, la clarté» des sculptures sub-sahariennes (voir Arts primitifs dans les ateliers d'artistes).
Ce beau cimier fait indéniablement écho à l'intérêt de Jacques Boussard pour la pureté plastique. Alliant merveilleusement la stylisation des formes à la pureté des volumes, il s'inscrit, à travers l'envolée remarquable des cornes, dans la verticalité. Le corps de l'antilope oryx est réduit à sa plus simple expression. Elle porte sur son dos un petit faon, dynamique et graphique. Ce jeu entre les deux personnages, la mère et l'enfant, leur modelé et leur touchante patine nuancée témoignent d'une grande ancienneté.

CIMIER BAMANA TJI WARA REPRÉSENTANT UNE ANTILOPE FEMELLE ORYX ET SON FAON, MALI Bois et métal H. 66 cm BAMANA CIWARA CRE…
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N° 8
CANNE TEFALIPITYA SÉNOUFO AVEC UNE SCULPTURE FÉMININE ASSISE, CÔTE D'IVOIRE
Bois et métal
H. 35 cm - 165 cm
SENUFO TEFALIPITYA STAFF WITH A SEATED FEMALE SCULTPURE, IVORY COAST
H. 13.77 in - 64.96 in

Provenance:
- Collection Bernard Bottet, Cannes
- Collection Alain Schoffel, Paris
- Collection Béatrice et Patrick Caput, Paris

Publication:
- François Neyt, Trésors de Côte d'Ivoire, 2014, n°107
- Patrick Caput et Valentine Plisnier, Arts d'Afrique. Portraits d'une collection, 2016, p.148-149

Les cannes tefalipitya étaient offertes aux cultivateurs Sénoufo les plus méritants à titre de récompense. Véritables trophées honorifiques, elles étaient remises à l'issue d'une compétition agraire où chaque jeune initié du poro démontrait sa force de travail, sa rapidité et sa dextérité.
Enrichies d'une figure sommitale, symbolisant l'épouse que le champion serait en droit de recevoir, elles étaient brandies devant l'assemblée.
Elles apparaissaient également lors des cérémonies funéraires en guise de sceptre.
Exaltant la beauté féminine et la fécondité, la jeune fille est ici agrémentée d'une élégante coiffure tressée traditionnelle (voir photographie ci-dessus). Des scarifications linéaires rythment délicatement son visage sensible. Assise sur un petit tabouret, elle déploie ses longs bras fins autour de son ventre rebondi. Cette statuette présente un parfait état de conservation.
La canne se termine par une pointe en fer forgé «qui permettait de la planter dans le sol à côté du travailleur pendant le labeur des champs» (voir Arts d'Afrique. Portraits d'une collection, p.140). Notons ici la belle marbrure rouge et noir du bâton en bois.

CANNE TEFALIPITYA SÉNOUFO AVEC UNE SCULPTURE FÉMININE ASSISE, CÔTE D'IVOIRE Bois et métal H. 35 cm 165 cm SENUFO TEFALIP…
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N° 9
MASQUE WAN-SILGA (ÉPERVIER) MOSSI-SUMKOMSE, BURKINA FASO
Bois dur et pigments
H. 26 cm
MOSSI-SUMKOMSE MASK WAN-SILGA (HAWK), BURKINA FASO
H. 10.23 in

Provenance:
- Collection William Wright, New York
- Collection Thomas G. B. Wheelock, New York
- Collection Béatrice et Patrick Caput, Paris

Publication:
- Holly Solomon et Alexandra Anderson, Living with Art, 1988, n°119
- Christopher Roy et Thomas Wheelock, Land of Flying Masks: Art and Culture in Burkina Faso, The Thomas G. B. Wheelock Collection, 2007, n°106
- Patrick Caput et Valentine Plisnier, Arts d'Afrique. Portraits d'une collection, 2016, p.156-157

Au sein du corpus des masques Mossi, cet objet très rare, en bois dur, se distingue par son ancienneté remarquable, sa surprenante rigueur géométrique, son abstraction formelle et son élégante polychromie. Appelé masque wan-silga ou «masque de l'épervier», il s'inscrit dans le style des masques Mossi Sumkomse, s'étant développé dans l'ancien royaume de Ouagadougou, au sud-ouest du pays Mossi.
De forme ovale, percé de quatre orifices circulaires figurant les yeux et la capacité à appréhender l'au-delà, ce masque n'était pourtant pas censé être porté devant le visage.
Il était plutôt placé au sommet de la tête, couronnant un lourd costume de fibres noires dissimulant ingénieusement l'identité du danseur. La beauté du jeu de polychromie - alternance de triangles bleus, rouges et blancs - s'allie parfaitement au travail géométrique des traits. Le nez est accroché au sommet du front.

MASQUE WAN SILGA (ÉPERVIER) MOSSI SUMKOMSE, BURKINA FASO Bois dur et pigments H. 26 cm MOSSI SUMKOMSE MASK WAN SILGA (HA…
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N° 10
CANNE AVEC TÊTE SUPPORTANT UNE PALETTE LUBA, RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO
Bois et métal
H. 55 cm
LUBA STAFF WITH HEAD SUPPORTING A PALETTE, DEMOCRATIC REPUBLIC OF CONGO
H. 21.65 in

Provenance:
- Collection Alain de Monbrison, Paris
- Collection Béatrice et Patrick Caput, Paris

Publication:
- Patrick Caput et Valentine Plisnier, Arts d'Afrique. Portraits d'une collection, 2016, p.56-57

Majestueux témoins de l'art royal Luba, les sceptres étaient l'apanage des membres de la noblesse, des chefs territoriaux et des devins. Transmis de génération en génération, ils possédaient chacun leur propre singularité car ils étaient étroitement liés à l'histoire, à la généalogie, aux migrations d'une famille, d'un lignage ou d'une chefferie spécifique. Chaque détail était porteur de sens et de mémoire, vecteur de souvenir et de réviviscence du passé. Mêlant remarquablement force et sensibilité, ces objets hautement symboliques exaltaient l'autorité de leurs détenteurs et symbolisaient le pouvoir de leurs familles. Ils renforçaient leur aura et les hissaient au-dessus de leur condition de mortel. Les sceptres servaient donc à la fois d'appareil mnémonique et d'emblème d'un pouvoir temporel et spirituel.
À leur iconographie complexe s'ajoute leur remarquable qualité sculpturale. Ces objets sont généralement agrémentés d'une figure féminine rendant hommage au rôle déterminant des femmes Luba dans l'exercice du pouvoir. Elles intervenaient en effet aussi bien dans la constitution des alliances que dans les prises de décision ou les rituels d'investiture.
L'œuvre que nous présentons ici se distingue par sa construction segmentée. Au centre, figure un ravissant visage féminin. Il est surmonté d'une imposante palette en bois. De forme triangulaire, elle est ornée de fines incisions formant un agréable décor abstrait. Les traits du visage ovoïde sont élégamment taillés et parfaitement équilibrés. Le front arrondi est auréolé d'un bandeau délicat. Les yeux en grains de café sont clos offrant au personnage une expression de recueillement. La bouche généreuse est légèrement entrouverte.
Une remarquable coiffure cruciforme rythme l'arrière. La partie inférieure est recouverte d'une torsade en cuivre soigneusement enroulée autour de la structure. Magnifiquement modelé, ce sceptre se distingue par la délicatesse des traits et l'incroyable expression de sérénité qui émane de son personnage sculpté.

CANNE AVEC TÊTE SUPPORTANT UNE PALETTE LUBA, RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO Bois et métal H. 55 cm LUBA STAFF WITH HEA…
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N° 13
STATUETTE D'ANCÊTRE BEMBE, RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO
Bois et perles
H. 14,5 cm
BEMBE ANCESTOR FIGURE, DEMOCRATIC REPUBLIC OF CONGO
H. 5.70 in

Provenance:
- Collection Max Pellequer, acquis dans les années 1920, Paris
- Collection privée, transmis par descendance
- Collection Béatrice et Patrick Caput, Paris

Publication:
- Patrick Caput et Valentine Plisnier, Arts d'Afrique. Portraits d'une collection, 2016, p.34-37

Neveu par alliance du célèbre marchand et collectionneur André Level, Max Pellequer (1883-1974) s'inscrit parmi les grands protagonistes de l'art du XXe siècle. Banquier de profession, il rencontra Pablo Picasso dans les années 1920 par l'intermédiaire de son oncle. Les deux hommes se lièrent d'amitié. Pellequer devint également le conseiller financier de l'artiste et l'un de ses correspondants les plus prolifiques. Grands amateurs d'arts primitifs, ils prêtèrent ensemble une partie de leurs collections lors de l'exposition emblématique de 1930 organisée à la Galerie Pigalle.

A l'époque de sa rencontre avec Picasso, Max Pellequer avait déjà un œil certain et avait acquis de très beaux objets égyptiens et africains dont ce bijou de l'art Bembe. Dressée sur une fine base circulaire, cette figure d'ancêtre est très similaire à une œuvre conservée au British Museum (inv. MMO 14623).
La force du visage aux traits serrés, la dynamique de la pose - exprimée ici par la stylisation des omoplates et du sillon dorsal -, l'extrême finesse des modelés, l'attention minutieuse portée sur les pouces relevés et les malléoles, la beauté de la profonde patine nuancée, placent cette œuvre exceptionnelle au sein de l'étroit corpus du style Gangala dont ces détails sont la signature. Mis en lumière par Marc Félix en 1995 dans son ouvrage Art & Kongo, ce style avait déjà été répertorié par Raoul Lehuard comme l'arrivée de l'art Bembe à sa perfection (voir Bakongo, les centres de style, p.371). Cinq statuettes, trois féminines et deux masculines, y étaient alors rattachées. Hormis l'effigie conservée au British Museum (ancienne propriété du Museum of Mankind), elles demeurent toutes en mains privées. Découverte en avril 2015 lors d'une vente aux enchères à Vannes, la statuette Pellequer prouve que le style Gangala, véritable quintessence de l'art Bembe, n'a peut-être pas encore livré tous ses trésors...

STATUETTE D'ANCÊTRE BEMBE, RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO Bois et perles H. 14,5 cm BEMBE ANCESTOR FIGURE, DEMOCRATIC …
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N° 16
STATUETTE RELIQUAIRE CULTUELLE LUBA, ATELIER DE LA MOYENNE LUKUGA, LUBA ORIENTAUX, RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO
Bois
H. 19,5 cm
LUBA CULT RELIQUARY FIGURE, WORKSHOP IN THE MIDDLE LUKUGA, EASTERN LUBA, DEMOCRATIC REPUBLIC OF CONGO
H. 7.67 in

Provenance:
- Collectée par Georges Van Halle entre 1940 et 1945
- Collection Pierre Dartevelle, acquis de Georges Van Halle en 1974, Bruxelles
- Galerie Bernard de Grunne, Bruxelles
- Collection Béatrice et Patrick Caput, Paris

Publication:
- François Neyt, Luba, aux sources du Zaïre, 1993, p.157
- Mary Nooter Roberts et Allen F. Roberts, Memory: Luba Art and the Making of History, 1996, p.196, n°79
- Patrick Caput et Valentine Plisnier, Arts d'Afrique. Portraits d'une collection, 2016, p.88-89

Exposition:
- Paris, Fondation Dapper, Luba, aux sources du Zaïre, 25 novembre 1993 - 17 avril 1994
- New York, The Museum of African Art, Luba: to the source of the Zaire, 2 février - 8 septembre 1996
- Washington, The National Museum of African Art, Smithsonian Institution, Luba: to the source of the Zaire, 30 octobre 1996 - 26 janvier 1997
- Buffalo, Albright-Knox Art Gallery, Luba: to the source of the Zaire, 26 juillet - 5 octobre 1997
- Wellesley, Davis Museum & Cultural Center, Luba: to the source of the Zaire, 5 février - 7 juin 1998

Les statues cultuelles Luba sont rares. Intermédiaires entre le visible et l'invisible, elles étaient utilisées pour faire face à des puissances antagonistes, ambivalentes, qui engendraient le bonheur, la fécondité, la richesse mais aussi l'envoûtement, la possession ou la mort.
Elles apparaissaient principalement lors des rites de divination, de guérison et d'initiation.
Collectée entre 1940 et 1945 par l'officier colonial Georges Van Halle, cette statuette reliquaire s'impose comme un chef-d'œuvre de l'art Luba.
D'une très belle patine sombre, elle mêle magistralement à la fois des influences Luba, Hemba et Tabwa.
La tête, siège de pouvoir, lieu de sagesse et de clairvoyance, est surmontée d'une petite coupe circulaire finement décorée. Logée au sommet d'une élégante coiffure gaufrée, cette dernière était destinée à accueillir des remèdes magiques. Les immenses yeux en amande mi-clos suggèrent une grande intériorité. Le nez et la bouche sont sculptés avec une extrême délicatesse. Le long cou magnifiquement annelé mène à une poitrine généreuse rappelant l'importance de la féminité dans l'art Luba. Les mains sont symboliquement posées sur l'abdomen rebondi.
La beauté de cette sculpture, la plénitude de ses formes, l'expressivité de son visage, et plus précisément son haut front bombé, ses grands yeux en amande et son long cou annelé, permettent de l'attribuer à un atelier établi aux confins des pays Luba et Hemba, dans la région de la Lukuga. D'après François Neyt, les plus belles représentations Luba, les plus prestigieuses d'un point de vue esthétique, ont été réalisées dans cette contrée du Congo (voir Luba aux sources du Zaïre, p.158).

STATUETTE RELIQUAIRE CULTUELLE LUBA, ATELIER DE LA MOYENNE LUKUGA, LUBA ORIENTAUX, RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO Bois…
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N° 19
PORTEUSE DE COUPE-TABATIÈRE TSHOKWÉ, STYLE DE L'EXPANSION, ANGOLA
Bois
H. 9,5 cm
CHOKWE CUPBEARER-TOBACCO BOX, EXPANSION STYLE, ANGOLA
H. 3.74 in

Provenance:
- Ancienne collection portugaise, début du XXe siècle
- Collection Eduardo Uhart, 1970, Chili
- Collection Myriam Negret, Paris
- Collection Béatrice et Patrick Caput, Paris

Publication:
- Patrick Caput et Valentine Plisnier, Arts d'Afrique. Portraits d'une collection, 2016, p.186-189

Parmi les nombreuses tabatières Tshokwé, cet objet de prestige se distingue par l'originalité de sa construction. La coupe destinée à recevoir le tabac est ici soutenue par un délicat personnage féminin. Assise, le dos droit élégamment scarifié, elle porte entre ses mains et ses jambes fléchies le réceptacle. Sa féminité est joliment mise en valeur, le bout de son sein sensuellement ébauché. Son visage naturaliste est traité avec une extrême finesse. Le détail de son œil droit s'est agréablement estompé au fil d'un long contact avec son propriétaire.
D'un très bel équilibre plastique, cette porteuse de coupe rend hommage à la première femme Tshokwé qui joua un rôle fondamental dans la naissance et le développement de la société. Cette présence féminine vient remarquablement contrebalancer l'usage même de l'objet habituellement associé au monde masculin. Il n'existe pas, à notre connaissance, d'exemplaire similaire.

PORTEUSE DE COUPE TABATIÈRE TSHOKWÉ, STYLE DE L'EXPANSION, ANGOLA Bois H. 9,5 cm CHOKWE CUPBEARER TOBACCO BOX, EXPANSION…
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N° 20
STATUETTE RELIQUAIRE ASSISE, UNE MAIN SUR LA JOUE, VILI, RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO
Bois
H. 13 cm
VILI SEATED RELIQUARY FIGURE WITH ONE HAND ON THE CHEEK, DEMOCRATIC REPUBLIC OF CONGO
H. 5.11 in

Provenance:
- Collection Bela Hein, Paris
- Collection Gisèle Weinberg, Paris
- Collection privée, Paris
- Galerie Schoffel-Valluet, Paris
- Collection Béatrice et Patrick Caput, Paris

Publication:
- Patrick Caput et Valentine Plisnier, Arts d'Afrique. Portraits d'une collection, 2016, p.86-87

Assis en tailleur, ce personnage Vili présente une incroyable force esthétique exprimée ici à travers le dynamisme des volumes et la majesté de la pose.
La tête est couronnée d'une coiffure rase. Les traits sont puissants, ordonnés selon une géométrie rigoureuse. Sous les sourcils délicatement arqués, les yeux percés en amande offrent une très belle expressivité. Les lèvres sont généreusement ourlées. La sérénité du visage fait écho au mouvement du corps, évoquant le respect et la méditation. Le bras gauche est replié, la main droite soutenant délicatement la joue comme une invitation à la réflexion. D'après Frank Herreman, cette attitude évoquerait la sagesse d'un chef qui réfléchit avant de parler ou «la figure d'un ancêtre qui médite sur la mort et pleure sur le sort de ceux qui viennent après lui» (voir Arts d'Afrique. Portraits d'une collection, p.76).
Empreinte d'une belle patine sombre nuancée, la particularité de cette œuvre réside dans l'agencement de ses espaces évidés, destinés à accueillir des médecines aux propriétés spirituelles et aux pouvoirs surnaturels appelées bilongo. Comme il est généralement d'usage sur certaines grandes statues Songye, ces réceptacles creusés dans la tête, le ventre et le socle sont reliés entre eux. Ce réseau favoriserait ainsi le déplacement du pouvoir des bilongo dans l'ensemble de la statuette.

STATUETTE RELIQUAIRE ASSISE, UNE MAIN SUR LA JOUE, VILI, RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO Bois H. 13 cm VILI SEATED RELI…
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N° 23
COUPLE DE STATUES ORACLES SÉNOUFO KAFIGELEDIO, DISTRICT DE KORHOGO, CÔTE D'IVOIRE
Bois, fibres, plumes et cauris
H. 75 cm (85 cm avec les plumes)
SENUFO PAIR OF ORACLE KAFIGELEDIO FIGURES, KORHOGO DISTRICT, IVORY COAST
H. 29.52 in (33.46 in with feathers)

Provenance:
- Collection Eddy Hof, La Hague
- Galeria Arte y Ritual, Ana et Antonio Casanovas, Madrid
- Collection Béatrice et Patrick Caput, Paris

Publication:
- Patrick Caput et Valentine Plisnier, Arts d'Afrique. Portraits d'une collection, 2016, p.102-103

Exposition:
- Bruxelles, Galerie Ana et Antonio Casanovas, juin 2003

Appelées kafigeledio (littéralement «celui qui montre la chose blanche», qui énonce la vérité), ces œuvres saisissantes étaient employées par les Sénoufo à des fins divinatoires et conjuratives, pour dénoncer et punir les malfaiteurs et les menteurs. Puissantes et troublantes, elles représentaient des esprits invisibles, qui se camouflaient dans la nature. Les couples sont rares au sein de cette iconographie.
Les visages sont couronnés d'un diadème de plumes. Les yeux sont figurés par des cauris. Des bâtons sont disposés à la hauteur des épaules. Articulés, ils pouvaient être dirigés pour désigner les coupables. Dotées de redoutables pouvoirs surnaturels, ces statuettes en bois sont entièrement recouvertes d'un costume de jute, semblable à celui que portaient les danseurs masqués du poro.

GOGA, CASQUE-TROPHÉE DE CULTIVATEUR ÉMÉRITE (PROTO-SÉNOUFO)
Jadis, au sud du Mali, l’activité rurale, parfois ritualisée en d’exceptionnelles circonstances, donnait naissance à des oeuvres surprenantes1. Si étrange que cela puisse sembler, ce « casque » clôturait une cérémonie honorant un « champion de culture », un agriculteur qui, au terme d’une compétition, était parvenu à la fin d’une parcelle avec une avance certaine sur ses concurrents. Il recevait un titre : sambali (« maître cultivateur ») et un trophée, un « chapeau de bois » ou goga, arborant à son sommet une statue de jeune femme. Ainsi coiffé, il dansait alors, accompagné de musiciens et d’un choeur du village. Comme il était jeune, célibataire, la figure sommitale, sur le casque-socle transmué en globe, évoquait symboliquement la jeune fille qu’il était en droit de recevoir comme épouse, puisque, grâce à son ardeur au travail, il était désormais recherché pour un mariage avec une adolescente de bonne famille – les alliances matrimoniales étant gérées par les patriarches. Mais cette figure magistrale a aussi pour rôle d’exalter l’ascendant qu’exerce toute jeune femme : son charme (célébration de sa sveltesse, de sa grâce, avec la rectitude du maintien, souligné par l’axe vertical de la colonne du dos, de la nuque, de la tête dressée sur un long cou, signe de beauté ; mais avec un fessier proéminent, autre marque ostensible d’élégance pour les jeunes filles en Afrique, pour séduire les hommes) ; sa distinction (la crête de sa coiffure lui confère explicitement un rang qui l’empêche de se livrer à des tâches subalternes : le port d’un colis sur la tête, comme c’est la règle pour les femmes de la région) ; et enfin les promesses de fécondité – seins coniques, fortement allongés, ombilic protubérant désignant à la fois le lien charnel, la marque du lignage et la prospérité (un proverbe le confirme : « Epouser une femme au gros nombril apporte chance et bonheur »).
Alors que les casques-trophées se caractérisent souvent par une surenchère d’ornements, de stries, celui-ci, c’est son atout, se distingue par d’éminentes qualités de sobriété, de retenue, de simplicité ; sa rigueur plastique, son dépouillement lui octroient un surcroît d’éclat. La patine brillante, noircie, les surfaces lissées, lustrées, qui mettent en valeur le galbe des jambes, du torse, du ventre, témoignent d’un usage séculaire.
La stylisation dégage une saisissante puissance d’expression, au service de l’allusif, puisque la composition élude le superflu, avec un remarquable sens graphique, grâce au choix de proportions emblématiques, à l’opposé de l’illusionnisme naturaliste : raccourcis virtuoses des jambes,
allongement démesuré des bras amincis, élimination des mains. Et aussi grâce au profil de la tête approximativement hémisphérique, qui semble céder à la tentation géométrique, avec le menton triangulaire, l’ovale de la face, les demi-cercles du crâne, des cheveux, des oreilles : autant d’échos plastiques. Mais, en étant prodigieusement allongée vers l’avant, elle acquiert un étonnant dynamisme: elle se termine par un visage presque minuscule, délicat, traité de manière calligraphique ; le nez, la bouche et les yeux, finement ciselés, donnent l’impression d’être juste esquissés pour mettre en valeur l’adoucissement des traits, polis par des milliers de doigts. L’ancienneté d’une telle oeuvre s’explique parce que le « champion de culture » n’était pas le dépositaire toute sa vie de ce trophée, transmis à un successeur lors de la compétition suivante. A sa mort, on déposait, pour l’honorer, près du lit funéraire où il reposait, une pile d’ignames. Le nouveau détenteur du trophée - qui lui avait succédé dans le titre de sambali - apportait alors le casque qu’il gardait chez lui, le posait à ses côtés pendant la durée des obsèques. Ce passage de relais est capital en ce qui concerne l’âge de l’objet. Sans qu’il ne fût jamais renouvelé, refait, resculpté, les générations s’écoulaient. L’oeuvre était soigneusement conservée par chaque tenant du titre, dissimulée sous le toit ; considérée comme infiniment précieuse, elle transportait en elle, dans sa patine, son odeur, la sensualité de ses courbes, le souvenir de tous les ancêtres disparus.
Alain-Michel BOYER

COUPLE DE STATUES ORACLES SÉNOUFO KAFIGELEDIO, DISTRICT DE KORHOGO, CÔTE D'IVOIRE Bois, fibres, plumes et cauris H. 75 c…
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N° 27
ORNEMENT IVIPO'O EN OS REPRÉSENTANT UN TIKI, ILES MARQUISES Os
H. 5 cm
IVIPO'O BONE ORNAMENT REPRESENTING A TIKI FIGURE, MARQUESAS ISLANDS
H. 1.96 in

Provenance:
- Collection Paul Rupalley, Paris
- Vente Hôtel Drouot, Paris, 17 mars 1930
- Collection Charles Ratton, Paris
- Collection Michel Leveau, Paris
- Collection Béatrice et Patrick Caput, Paris

Publication:
- Daniel Réal, La Décoration Primitive
- Océanie, 1922, pl.VIII
- Karl Von den Steinem, Les Marquises et leur art, vol. I, 1925, p.50, Abb. 98
- Karl Von den Steinem, Les Marquises et leur art, vol.II, 1925, p.111, fig.2 et p.163, fig.151
- François Poncetton et André Portier, Les Arts Sauvages d'Océanie, 1930, pl.XLVIII, n°60
- François Poncetton et André Portier, La décoration océanienne, 1940, pl.XLII
- Vincent Bounoure, Vision d'Océanie, 1992, p.46

Exposition:
- Paris, Musée Dapper, Vision d'Océanie, 22 octobre 1992 - 15 mars 1993

Grand collectionneur passionné d'art africain et océanien, Paul Rupalley compte parmi les figures emblématiques du début du XXe siècle. Instituteur, il acquit très tôt un grand nombre de chefs-d'œuvre qu'il exposa en 1923, au Pavillon Marsan lors de l'Exposition de l'Art Indigène des Colonies Françaises avant de les disperser en mars 1930 à l'Hôtel Drouot. Parmi ces objets, cette œuvre remarquable trouva preneur auprès du célèbre marchand parisien Charles Ratton. Elle fut ensuite acquise par un autre grand nom de l'art primitif, Michel Leveau, le fondateur du musée Dapper.
Au sein du large corpus des ivipo'o, cet objet s'impose indéniablement parmi les plus aboutis. Reproduit dans plusieurs ouvrages de référence, il se distingue par la qualité de son exécution et son sujet de représentation - un père et son descendant. Cette thématique est rarissime.
Les traits du visage massif oscillent entre rondeur - les yeux - et linéarité - la bouche. Les bras sont pliés. Les mains soigneusement détaillées sont placées de part et d'autre de l'ombilic saillant. À l'arrière, le petit personnage semble fermement agrippé. Le modelé des bras et des jambes fléchies offre un beau dynamisme.

ORNEMENT IVIPO'O EN OS REPRÉSENTANT UN TIKI, ILES MARQUISES Os H. 5 cm IVIPO'O BONE ORNAMENT REPRESENTING A TIKI FIGURE,…
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N° 28
SCEPTRE TSHOKWÉ, STYLE PAYS MOXICO, ANGOLA
Bois
H. 42 cm
CHOKWE SCEPTER, MOXICO STYLE, ANGOLA
H. 16.53 in

Provenance:
- Collection Charles Ratton, avant 1930, Paris
- Collection Guy Ladrière, Paris
- Collection Alain de Monbrison, Paris
- Collection Béatrice et Patrick Caput, Paris

Publication:
- Jean Maes et Henri Lavachery, L'Art nègre à l'exposition du Palais des Beaux-Arts, 1930, pl.37
- Walker Evans, African Negro Art: Photographs by Walker Evans, 1936, pl.469 et 470
- Werner Schmalenbach, L'Art Nègre, 1953, p.163, fig.143
- Margaret Plass, African Tribal Sculpture, 1956, n°38A
- Hélène et Henri Kamer, Arts d'Afrique et d'Océanie, 1957, fig.306
- Marie-Louise Bastin, La sculpture Tshokwe, 1982, p.198, fig.117
- Catalogue «Galerie Monbrison», 2009
- Patrick Caput et Valentine Plisnier, Arts d'Afrique. Portraits d'une collection, 2016, p.62-65

Exposition:
- Bruxelles, Palais des Beaux-Arts, Arts nègre
- Les arts anciens de l'Afrique noire, novembre - décembre 1930, n°608 du catalogue
- Paris, chez Louis Carré, 2bis Villa Guibert, Sculptures et objets: Afrique noire, Amérique ancienne, Mélanésie, Polynésie, exposition de MM. Charles Ratton et Louis Carré, juillet 1933
- New York, The Museum of Modern Art, African Negro Art, 18 mars - 19 mai 1935, n°590 du catalogue
- Philadelphie, University Museum, African Tribal Sculpture, avril - septembre 1956, n°38A du catalogue
- Cannes, Palais Miramar, Arts d'Afrique et d'Océanie, juillet - septembre 1957, n°306 du catalogue
- Paris, Galerie Monbrison, Parcours des Mondes, septembre 2009

Recherches effectuées par Jean-Louis Paudrat.

Le 15 novembre 1927, Charles Ratton découvrait un très beau sceptre Tshokwé, publié deux ans plus tard par Adolphe Basler dans L'Art chez les Peuples Primitifs. Vraisemblablement sensible à cette esthétique, il en acquit un second, avant 1930, d'une fantaisie époustouflante. Présenté lors des grandes expositions du XXe siècle, le personnage se fond ici magnifiquement dans l'architectonie du bâton. Sa tête, taillée avec une finesse remarquable, est couronnée d'une imposante coiffe cheffale traditionnelle appelée mutwe wa kayanda. Cet attribut témoigne avec force du pouvoir et de la puissance de son détenteur. Le visage présente une surprenante solennité, chaque détail anatomique étant traité avec soin.
L'exceptionnelle dynamique de ses lignes et la volupté de ses formes inscrivent cet objet au sein d'un étroit corpus. Ces détails relèvent en effet d'un illustre atelier: l'Ecole de Moxico, capitale de la région du haut Zambèze où furent sculptés les objets d'apparat Tshokwé les plus puissants et les plus aboutis au XVIIIe et XIXe siècle.
Seuls quatre sceptres - présentant une telle stylisation du corps - sont connus à ce jour. Hormis celui que nous présentons aujourd'hui, ils sont tous conservés dans des institutions prestigieuses, à savoir le British Museum (inv. 1949 AF33-1), l'Ethnologisches Museum de Berlin (inv. IIIC778) et le Musée d'Ethnographie de Genève (inv. ETHAF 031244).

SCEPTRE TSHOKWÉ, STYLE PAYS MOXICO, ANGOLA Bois H. 42 cm CHOKWE SCEPTER, MOXICO STYLE, ANGOLA H. 16.53 in Provenance: Co…
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N° 31
CUILLÈRE BOA, RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO
Ivoire
H. 20,5 cm
BOA SPOON, DEMOCRATIC REPUBLIC OF CONGO
H. 8.07 in

Provenance:
- Collection William O. Oldman, 1924, Londres
- Collection Roger Bédiat, avant 1957, Abidjan
- Collection Georges Stoecklin (beau-fils de Roger Bédiat), Juan-les-Pins
- Galerie Alain Bovis, Paris
- Collection Pierre Dartevelle, Bruxelles
- Collection Béatrice et Patrick Caput, Paris

Publication:
- Alain Bovis, Congo Mythique, 2008, p.74
- Marc Léo Félix, White Gold, Black Hands, vol. 8, 2014, fig.34
- Pierre Dartevelle, Collections privées, 2015, n°23
- Robert Hales et Kevin Conru, W. O. Oldman. The Remarkable Collector, 2016, p.126, fig.133 (photographiée en 1924 par Oldman à son domicile)
- Patrick Caput et Valentine Plisnier, Arts d'Afrique. Portraits d'une collection, 2016, p.202

Exposition:
- Paris, Galerie Alain Bovis, Congo Mythique, septembre 2008

A l'instar des Lega voisins, les cuillères Boa étaient utilisées lors des cérémonies d'initiation qui rythmaient l'activité du bwami. Les initiés du grade ultime de cette association en étaient les détenteurs exclusifs. Transmises de génération en génération en signe de continuité, elles étaient conservées dans un grand sac avec d'autres emblèmes de grade.
D'une grande pureté esthétique, ces objets pouvaient également servir lors de l'épreuve du poison, organisée suite à des accusations de sorcellerie, ou aux initiés les plus âgés qui avaient des difficultés à s'alimenter. «L'éléphant représente la puissance, et aussi l'abondance. La cuillère pourrait symboliser à elle seule ces notions primordiales» résume brillamment Christine Valluet (voir Cuillers-sculptures, p.160).
Les formes épurées de cet objet sont remarquablement mises en valeur par la belle patine brun-rouge. L'eurythmie de ses lignes et de ses volumes en font un très bel exemple de la culture Boa.

CUILLÈRE BOA, RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO Ivoire H. 20,5 cm BOA SPOON, DEMOCRATIC REPUBLIC OF CONGO H. 8.07 in Prov…
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N° 32
CANNE CHEFFALE BAOULÉ, PROVENANT TRÈS PROBABLEMENT DU TRÉSOR DES SALÉFOUÉS, NORD-EST DU PAYS BAOULÉ, CÔTE D'IVOIRE
Bois, fer, tissus, traces d'or sur toute la canne
H. 25,5 cm - 156 cm
BAULE CHIEF'S STAFF, PROBABLY FROM THE TREASURE OF THE SALEFOUES, NORTHEASTERN BAULE TERRITORY, IVORY COAST
H. 10.03 in - 61.41 in

Provenance:
- Collection Patrick Girard, Lyon
- Collection Béatrice et Patrick Caput, Paris

Publication:
- Patrick Caput et Valentine Plisnier, Arts d'Afrique. Portraits d'une collection, 2016, p.48-51

En juin 1960, le marchand parisien Maurice Ratton (1903-1973) s'intéressait au «Trésor des Saléfoué» dans la revue La Vitrine. Composé d'une dizaine de statuettes et d'objets cérémoniels, ce trésor ancestral fut remis en juin 1910 au «commandant par intérim du Cercle de Nzi-Comoni», Joseph Cornet, en signe de soumission par le roi des Saléfoués. Bien que cette canne ne figure pas dans son argumentation, il est très probable qu'elle ait appartenu à ce trésor légendaire. Elle est en effet très proche stylistiquement de plusieurs sculptures masculines.
La finesse de sa coiffure tressée en chignons, la délicatesse de son visage «fin, suave, traité de manière presque réaliste», l'élégante rondeur de ses yeux ciselés, son nez fin aux ailes déployées, la jolie moue de sa bouche fluette, l'incroyable asymétrie de sa barbe striée semblent corroborer ainsi cette idée. De même, le traitement du corps - cou puissant orné de multiples scarifications, bras plaqués le long du buste, soin des détails anatomiques, pouces séparés, fesses rebondies, petites jambes légèrement fléchies, grands pieds reposant sur une base géométrique très travaillée, est esthétiquement très proche des statues du Trésor des Saléfoué.
D'un raffinement extrême, cette canne cheffale était autrefois entièrement recouverte de feuilles d'or. Soulignons également le travail du forgeron d'une très belle qualité.

CANNE CHEFFALE BAOULÉ, PROVENANT TRÈS PROBABLEMENT DU TRÉSOR DES SALÉFOUÉS, NORD EST DU PAYS BAOULÉ, CÔTE D'IVOIRE Bois,…
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N° 33
COUPE ROYALE KUBA CÉPHALOMORPHE À ANSE, RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO
Bois
H. 18 cm
KUBA HEAD-SHAPED ROYAL CUP WITH HANDLE, DEMOCRATIC REPUBLIC OF CONGO
H. 7.08 in

Provenance:
- Galerie Jeanne Walschot, Bruxelles
- Collection Jacques et Denise Schwob, Bruxelles
- Collection Jo de Buck, Bruxelles
- Collection Béatrice et Patrick Caput, Paris

Publication:
- Patrick Caput et Valentine Plisnier, Arts d'Afrique. Portraits d'une collection, 2016, p.208

Personnage emblématique de la vie de l'art tribal bruxellois du début du XXe siècle, Jeanne Walschot (1896-1977) fut l'un des premiers marchands belges d'art africain. Passionnée invétérée, elle accumula des centaines d'objets - dont de nombreuses coupes Kuba - dès les années 1920-1930 comme en témoignent superbement les photographies de Germaine Van Parys chez la collectionneuse (voir «Tribal Art», Summer 2018, p.140-151).
Symbole de pouvoir et de richesse, cette coupe Kuba est quasiment identique à une œuvre conservée au Nationaal Museum van Wereldculturen de Leiden, aux Pays Bas (inv. RV-1177-3). Reproduite dans un ouvrage de Vladimir L. Markov, publié en 1919 (voir Iskusstvo Negrov, p.129, pl.95), cette dernière présente le même modelé - coiffure gaufrée taillée en zigzag sur les tempes, ornements tripartites au coin des yeux, scarifications linéaires sur les joues et cou annelé. Le traitement des yeux, du nez et de la bouche est également très similaire. Aux vues de leurs ressemblances, il semble évident que ces deux œuvres ont été sculptées par le même artiste.

COUPE ROYALE KUBA CÉPHALOMORPHE À ANSE, RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO Bois H. 18 cm KUBA HEAD SHAPED ROYAL CUP WITH H…
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N° 34
STATUETTE CULTUELLE FÉMININE LUBA-SHANKADI, RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO
Bois
H. 27 cm
LUBA-SHANKADI FEMALE CULT FIGURE, DEMOCRATIC REPUBLIC OF CONGO
H. 10.62 in

Provenance:
- Collection du comte Jean-Jacques de Launoit, Bruxelles
- Vente Sotheby's, Londres, 21 juin 1979, lot 203
- Collection Alain de Monbrison, Paris
- Galerie Yann Ferrandin, Paris
- Collection Béatrice et Patrick Caput, Paris

Publication:
- Patrick Caput et Valentine Plisnier, Arts d'Afrique. Portraits d'une collection, 2016, p.130-131

En 1964, William Fagg et Margaret Plass mettaient en lumière un étroit corpus au sein de la statuaire Luba, attribué au «Maître de la coiffure en cascade». Exerçant entre la fin du XIXe et le début du XXe siècle, ce ou ces artistes sculptèrent dix-huit appuies-nuque, un siège et un instrument de divination dont la virtuosité formelle fascina immédiatement les occidentaux. D'après les recherches approfondies d'Ezio Bassani, ce style aurait été initié dans les environs du village de Kindondja, situé au bord du lac Kisale. Cette désignation géographique fut établie suite à une étude comparative avec un appuie-nuque collecté par un membre de la Force publique dans la colonie belge du Congo, Ernesto Brissoni, dans ce village en 1901. Cette œuvre de référence est aujourd'hui conservée au Museo di Antropologia e Etnografia de Florence (inv. 8312).
D'une facture moins sophistiquée, cette statuette Luba Shankadi reprend les canons alloués à ce style emblématique. Ses traits fins - yeux ronds, nez plat, bouche agrémentée de petites lèvres en saillie -, sa remarquable coiffure en éventail, son buste étroit, ses membres étirés et le dynamisme de sa pose laissent penser qu'elle aurait été sculptée dans cette région avant l'émergence des grands maîtres de la coiffure en cascade. Cet objet pourrait ainsi dater de la seconde moitié du XIXe siècle.
D'un remarquable archaïsme, cette statuette cultuelle se singularise par l'agencement des seins au niveau des épaules, la construction des jambes en zigzag et la présence d'un creux à l'arrière de la tête destiné à accueillir des bilongo. On notera la superbe patine d'usage.

STATUETTE CULTUELLE FÉMININE LUBA SHANKADI, RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO Bois H. 27 cm LUBA SHANKADI FEMALE CULT FIG…
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N° 35
STATUE FÉMININE LOBI, STYLE BIRIFOR, BURKINA FASO
Bois et fer
H. 66 cm
LOBI FEMALE FIGURE, BIRIFOR STYLE, BURKINA FASO
H. 25.98 in

Provenance:
- Collectée par Maine Durieu
- Galerie Akagni, Paris
- Collection Béatrice et Patrick Caput, Paris

Publication:
- Daniela Bognolo, Lobi, 2007, n°62
- Patrick Caput et Valentine Plisnier, Arts d'Afrique. Portraits d'une collection, 2016, p.46-47

Collectionneuse et galeriste, Maine Durieu (1941-2015) tomba sous le charme de l'art Lobi dans les années 1970 au cours de l'un de ses nombreux voyages en Afrique. Pionnière dans ce domaine, elle n'eut de cesse de promouvoir l'art de cette région carrefour dont les formes mystérieuses la fascinait. «Si ces sculptures attirent notre attention, c'est parce qu'elles s'adressent à notre mémoire, à notre inconscient, pour s'articuler par rapport aux autres en une histoire qui nous est familière. Elles répondent à un besoin d'espace imaginaire, de terre lointaine, où chacun pourrait retrouver ses souvenirs secrets et ses racines» (Maine Durieu).
Sensible et poétique, cette œuvre est un bel hommage à cette culture tant appréciée de la galeriste parisienne. La tête est empreinte d'un charme émouvant. L'arcade sourcilière est délicatement signifiée donnant au visage une allure pensive et profonde. Les yeux en amande reposent sous de lourdes paupières. La bouche est petite, les lèvres fines et pincées. Le cou est, fait rare, orné d'un collier en fer représentant les ondulations d'un serpent. La belle envolée du corps est accentuée par l'absence des bras. La poitrine est rebondie, les jambes allongées doucement fléchies. Témoins d'une grande ancienneté, les nuances de patine rythment les volumes avec élégance.

STATUE FÉMININE LOBI, STYLE BIRIFOR, BURKINA FASO Bois et fer H. 66 cm LOBI FEMALE FIGURE, BIRIFOR STYLE, BURKINA FASO H…
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