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Lettres & Manuscrits Autographes -nos 405 à 716

mardi 11 décembre 2018 - 14:00
3, rue Favart 75002 Paris
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N° 405
Louis BLANC (1811-1882) historien et homme politique, membre du gouvernement provisoire de 1848. 1 L.A. et 4 L.A.S., 1865-1880, à un ami et à Maurice Lachâtre ; 12 pages in-8, la 4e à en-tête Assemblée Nationale (accidents à la dernière).

Au sujet de l’édition illustrée de son Histoire de la Révolution française, que Lachâtre entreprend après avoir quitté la Librairie internationale d’Albert Lacroix et fondé les Docks du commerce et de la librairie.
Brighton 19 décembre 1865. Réflexions concernant les propositions de Lachâtre, d’une Histoire de Paris en 10 volumes, et d’exploiter son Histoire de la Révolution. « 1° Il n’y a pas à parler d’un volume bâclé en trois mois, ou même en six. Mon habitude de faire les choses consciencieusement et, si je puis ainsi parler, ma religion littéraire m’interdisent cet espoir ; c’est donc une lourde tâche à entreprendre ; 2° Je répugne à me lier les mains d’avance pour un laps de temps aussi considérable ; 3° Je crains de manquer de documents », etc. Du reste il faut qu’il termine pour octobre 1866 une Histoire des salons pour Lacroix… Brighton 30 décembre 1867. Il partage la satisfaction de Lachâtre, « ne désirant rien tant que de voir se répandre parmi le peuple des vérités historiques qu’on n’a que trop réussi à mettre sous le boisseau, et comptant pour cela sur cette science de la publicité que vous possédez »… 31 décembre. Refus net de la proposition d’une édition de bibliothèque et d’une édition format Charpentier : le prix proposé est « humiliant »… Il explique son acceptation d’un prix bas pour l’édition illustrée, et transmet des critiques de son frère concernant les gravures… Paris 8 février 1873. Le dossier de Lachâtre ne lui a pas été communiqué, et il ignore quelles charges existent contre lui. « Puis-je vous être utile ? De quelle manière ? »… Bellevue 9 août 1880. « Quoique Félix Pyat n’ait pas toujours été juste envers moi, je n’ai pas oublié qu’il fut un de ceux qui m’accompagnèrent au chemin de fer, lorsqu’en 1848 j’ouvris aux républicains la route de l’exil ; et je me réjouis fort de son retour, auquel j’ai travaillé de mon mieux »…
On joint la copie du traité conclu entre Louis Blanc et Albert Lacroix (30 novembre et 4 décembre 1868) pour la cession du droit d’exploiter l’Histoire de la Révolution française, avec clause de réserve pour l’édition populaire illustrée publiée par Maurice Lachâtre, et la cession de ses Lettres sur l’Angleterre… ; 2 L.A.S. d’Albert Lacroix à Louis Blanc (19 janvier 1869), en réponse à sa plainte concernant l’édition belge de son Histoire de la Révolution française, et à M. Hédouin (5 décembre 1873, déchir.) ; L.S. (minute en partie autographe) au ministre de l’Intérieur, 24 février 1879, pour interdire l’entrée en France de l’édition belge de Lacroix, devenue contrefaçon ; L.S. d’Anatole de La Forge, directeur de la Presse au ministère de l’Intérieur, à Louis Blanc (29 avril 1879), sur les instructions données à ce sujet ; une « Note pour mon excellent ami Maurice Lachâtre », résumant l’histoire des traités entre Blanc et Lacroix, et constatant la vente de contrefaçons par la librairie Marpon ; et le contrat de cession par Maurice Lachâtre de la propriété des éditions illustrées de l’Histoire de la Révolution à Mlle Aurélie Genre (25 avril 1887, rachetée le 4 janvier 1899).

Louis BLANC (1811 1882) historien et homme politique, membre du gouvernement provisoire de 1848. 1 L.A. Et 4 L.A.S., 186…
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N° 406
Jean-Alexandre BUCHON (1791-1846) littérateur, éditeur de la grande « Collection des chroniques nationales françaises ». 6 L.A.S., Paris 1844-1846, à Maurice Lachâtre ; 7 pages in-8, qqs adresses.

Sur l’Histoire universelle des religions, éditée sous la direction de Buchon à l’Administration de la Librairie de M. Lachâtre (5 vol., 1845). 27 janvier [1844]. « Mr Cassou qui se chargera volontiers du second volume (Chine, Japon, Cochinchine, Mongols, Sumatra, Java &c) a déjà commencé ses études »… Il a déjà des volumes de Confucius et de Chine de Pauthier… 13 février. Il a proposé E. Faure pour le troisième volume : Polynésie, Amérique, Antilles. « Voici trois articles de Mr Faure qui vous feront apprécier l’écrivain. Il me semble laborieux et conscientieux. Peut-être son style n’a-t-il pas l’allure assez vive pour ce volume. […] La matière de ce volume est intéressante et dramatique »… Mardi, annonçant la visite de Spazier, chargé du volume Religions du Nord, « homme d’une intelligence prompte et disposé à la critique »… Mardi, sur Eugène Pelletan, « un esprit libre, sérieux, philosophique, clair. Ce sont là les qualités que je cherchais pour votre premier volume »… 20 février. Pelletan est « un homme studieux, un esprit habitué à concevoir des idées d’ensemble, un caractère honorable. Il écrit de temps à autre en signant de son nom dans La Démocratie, et en signant un Inconnu dans le feuilleton de La Presse. Il accepte de faire le volume de l’Inde »… Buchon lui fera dresser une bibliographie par Burnouf fils, et lui choisira des livres ; il nourrit l’espoir que Pelletan fera « le difficile volume sur la Babylonie, la Perse, &c. »… 11 avril 1846. « Une cruelle maladie me prive presque totalement de l’usage de mes jambes »…

Jean Alexandre BUCHON (1791 1846) littérateur, éditeur de la grande « Collection des chroniques nationales françaises ».…
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N° 407
Léon CLADEL (1835-1892) romancier. 14 lettres ou pièces (dont 11 L.A.S.), Sèvres 1880-1887, à Maurice Lachâtre ou son gendre Henri Oriol ; 29 pages formats divers.

Belle correspondance avec ses éditeurs.
30 décembre 1880. « Réflexions faites, j’estime que mes Romans Plébéiens doivent être publiés dans le format des œuvres de V. Hugo. Nous commencerions par N’a qu’un œil […]. Trente mille exemplaires de mes Va-nu-pieds illustrés ont été vendus en moins de deux ans »… Consignes pour l’impression et les droits. « Bon espoir ! En avant ! & que la République, la vraie, l’ouvrière & la paysanne, la plébéienne, pour laquelle vous & moi, nous avons toujours combattu, triomphe enfin ! »… [Fin décembre 1880]. « Soldats du même drapeau, nous combattons le même combat »… 1er janvier 1881. Il signera volontiers son traité avec « vous, prolétaire », mais doit se « délivrer des bourgeois avec qui j’ai dû traiter avant de vous rencontrer »… – Liste commentée de ses œuvres « qui pourraient figurer sous le titre projeté de Romans Plébéiens » : 9 titres en ordre chronologique, du Bouscassié à Crête-Rouge, et annonce de N’a qu’un œil, « chez Charpentier probablement »… 12 janvier 1881. Il va confier leurs traités signés à son beau-frère Félix Mullem, et donne son bon à tirer pour les livraisons 1 à 20 des Romans Plébéiens : N’a qu’un œil… 13 janvier 1881, contrat pour l’édition des Romans plébéiens, écrit et signé par Maurice Lachâtre, et signé par Cladel. 7 mai 1887. Il a été pris par son roman INRI, « qui fera crier en automne la bourgeoisie de France et de Navarre. Ah ! mon ami, je ne ménage pas la clique qui nous gouverne, vous verrez ça ! »… Il corrige Gueux de marque, qui paraîtra à la fin du mois… Instructions pour des épreuves, recommandations pour des affiches publicitaires, rendez-vous, etc.
On joint 2 lettres-manifestes en fac-similé (défauts) des 1er et 2 février 1881 ; 3 L.A.S. de son épouse Julia, à H. Oriol (ou à Mme) ; une L.A.S. du chansonnier Georges Coutan (Pasquin) sur sa « chanson de village » pour la nouvelle édition de N’a qu’un œil (20 janvier 1881) ; et le traité de cession par Lachâtre des clichés de N’a qu’un œil (et du Capital de Marx) à Marie-Thérèse Garrette (31 décembre 1882).

Léon CLADEL (1835 1892) romancier. 14 lettres ou pièces (dont 11 L.A.S.), Sèvres 1880 1887, à Maurice Lachâtre ou son ge…
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N° 408
Jean-Baptiste CLÉMENT (1836-1903) socialiste, communard et chansonnier (Le Temps des cerises). 6 L.A.S., Londres 1875-1879, à Maurice Lachâtre (une à son gendre Henri Oriol) ; 13 pages et demie in-8 ou in-12.

21 janvier 1875. Recommandation de l’illustrateur Montbart à Londres, qui a fait une quantité de dessins « sur les événements de la commune ». Il propose un petit bouquin pour la « Bibliothèque démocratique » : « J’aurais de bonnes choses à dire, m’adressant surtout aux paysans et aux ouvriers »… Il demande des livraisons de l’Histoire de la Révolution française de Louis Blanc… 2 février 1875. Il n’a pas l’intention « de faire le procès des Versaillais ni d’entrer en fureur contre eux », mais de présenter les faits de la Commune, surtout concernant le XVIIIe arrondissement, qui a joué un rôle si important, et sur les derniers jours. « J’ai fait une Carmagnole sur les événements, intitulée La Communarde. Nous la faisons éditer et elle sera vendue au profit d’une école fondée ici pour les enfants de réfugiés. […] J’ai fait une scène en 30 vers que j’ai envoyée à Hugo ; c’est une femme qui cherche son mari derrière les barricades après la commune, c’est très réussi »… 23 mars 1875. Annonce de l’envoi de de 150 Communardes, et demande de conseils pour placer sa chanson à Bruxelles. Mon homme fait son chemin à Paris. « J’ai une chose très typique, intitulée : Au mur. C’est un capitaine à table et à qui l’on amène des prisonniers. Son éternel refrain est : au mur. Il y envoie des siens et des nôtres. […] Des choses de ce genre resteront, je crois, et caractériseront une époque »… 20 juin 1879. Il est heureux de connaître le citoyen Oriol : « Vous ferez du bien à la cause en poussant ma publication »… Il l’entretient de la diffusion du Prolétaire… « Guesde est, m’a dit Maujean, sur le point de faire quelque chose comme un journal. Si vous voyez le citoyen Paulard poussez-le »… Précisions sur ses arrangements avec le libraire Verrycken à Bruxelles, et demande des résultats de vente, afin qu’il augmente ou diminue son tirage, « pour moi une question de vie ou de mort, n’étant pas garni d’argent »… 20 juin 1879. Sur son projet de s’installer à Bruxelles, et de contracter un emprunt auprès d’un particulier fortuné, contre cession de ses droits d’auteur jusqu’à extinction de la dette… 20 juin 1879. Longue lettre d’affaires : offres de service pour son Encyclopédie, exigences pour sa brochure (prospectus, diffusion)…

Jean Baptiste CLÉMENT (1836 1903) socialiste, communard et chansonnier (Le Temps des cerises). 6 L.A.S., Londres 1875 18…
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N° 409
Gustave CLUSERET (1823-1900) général et homme politique, il fut délégué à la Guerre de la Commune. 5 L.A.S., Chêne-Bougeries 1872, au « citoyen et ami » Maurice Lachâtre, et manuscrit signé avec corrections autographes, Mémoire pour mon défenseur contre Jules Simon et Vaperot, [1880] ; 12 pages in-8, et cahier in-4 de 66 pages avec couverture titrée.

Intéressante correspondance au sujet des Bulletins de la Commune, publiés en exil. 2 août 1872. « Notre ami commun F. Pyat vous ayant envoyé ma lettre au sujet de la brochure ou petit volume que je désire faire imprimer (sur les événements de Lyon et Marseille surtout Marseille en 70) je n’ai plus à en parler, pas plus que du travail sur le mouvement religieux en Suisse. […] Si vous pouvez faciliter la publication du premier de ces deux opuscules, je crois que vous rendrez service à la cause »… Il souhaite un organe à Paris pour leur parti, citant des modèles en Amérique et en Angleterre, évaluant les prix de rédaction et de tirage en Suisse, et les ventes ; à Genève, « la liberté de la presse est absolue, puisqu’on y imprime actuellement La Lanterne de Rochefort »… Demande d’éclaircissements sur le clichage, la direction commerciale et financière, le prix à supporter pour une circulaire tirée à 10 000 exemplaires… « Je vous ai demandé le concours de votre expérience professionnelle pour l’œuvre commune, pas autre chose. De même que je considère comme un devoir de donner mon expérience professionnelle quand on se bat »… « Mes papiers sont à peu près complets »… Il presse Lachâtre à venir le voir un dimanche : « nous pourrions passer ensemble la journée à la campagne. J’inviterai deux ou trois bons communards »… « Le n° 5 comme toutes les autres sort de ma plume qui n’est celle ni d’un maître ni d’un élève, mais mienne. Quand au prix, il n’y en a jamais eu de fixé, parce que nous ne le vendons pas. Tout pauvres que nous sommes Gambon, Fesneau et moi nous faisons tout à nos frais ; prélevant sur notre nécessaire pour propagander »…
Mémoire de l’exilé adressé à son avocat Émile Durier, pour motiver la poursuite pour diffamation de Jules Simon (Histoire de la Commune) et Gustave Vapereau (Dictionnaire). Il passe en revue leurs calomnies (inconduite, trahison, malversation), conteste leurs fictions (sa nationalité en doute), et soumet des preuves documentaires de sa conduite, citant des hommes politiques, officiers ou écrivains français et américains, qui témoignent respectueusement de ses services : le maréchal Randon, les généraux Colson, Renault, Cosenz, McClellan, Schenck, von Steinwehr, Bohler, Sigel, aussi bien qu’Alphonse Esquiros, Léon Gambetta, Henri Martin, Carl Schurtz, Edwin Stanton, Thaddeus Stevens, Charles Sumner, etc. Il trouve de la lâcheté morale aux hommes qui ont siégé à l’Assemblée de Versailles et au Sénat (« ils ont voté des remerciements à l’armée qui massacrait leurs électeurs »), et les compare défavorablement à leurs homologues étrangers. « En France, un seul homme me tendit la main ce fut Victor Hugo. Il m’écrivait de Bruxelles à Genève une lettre se terminant ainsi : “Je n’aurai pas pris part à votre triomphe, mais je m’enveloppe dans votre linceul !” La solidarité humaine en dehors et au-dessus des partis, le respect de la liberté d’autrui et du caractère privé de l’adversaire politique voilà ce qui constitue ou plutôt témoigne de la force des sociétés »… Il ne demande ni dommages et intérêts, ni peines, mais « la reconnaissance de la vérité »…

Gustave CLUSERET (1823 1900) général et homme politique, il fut délégué à la Guerre de la Commune. 5 L.A.S., Chêne Bouge…
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N° 410
COMMUNE. 25 L.A.S., 1872-1888, Maurice Lachâtre (petits défauts à quelques lettres).

Très intéressant ensemble de lettres de communards en exil, ou parlant de Commune, alors que Lachâtre lui-même est réfugié en Espagne à San Sebastian.
Armand Adam (2, 1874-1876, sur les journaux, Henri Rochefort et la situation politique), Edmond Adam (1874, sur Courbet et la colonne Vendôme), André Alavoine (Genève 1875, sur La Lanterne et Rochefort), Arthur Arnould (9, Luina di Pazzallo 1875-1876, sur son livre Paris et la Commune dont il donne quelques chapitres au Mémorial de la Commune, et sur le journal qu’il veut fonder La Révolte), Eugène Chatelain (2, Jersey 1872-1874), Amilcare Cipriani (1888, à H. Oriol), Jules Guesde (avec 2 coupures de presse), Francis Jourde (au sujet du Mémorial de la Commune, « œuvre de révolutionnaire »), Jean Larocque (Leominster 1872, racontant son errance après la Commune), Eugène Protot (Londres 1880, s’opposant aux idées d’association matrimoniale de Lachâtre), E. Rajoux (Yverdon 1875, sur sa surveillance en Suisse, et les articles qu’il propose pour le Mémorial de la Commune), Ferdinand Revillon (Genève 1876, sur son errance après la Commune, sa collaboration au Combat de Pyat), Henri Salles (1879, sur l’aide aux amnistiés et Victor Hugo), Maxime Vuillaume (Altorf 1876), etc.

COMMUNE. 25 L.A.S., 1872 1888, Maurice Lachâtre (petits défauts à quelques lettres). Très intéressant ensemble de lettre…
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N° 411
Alexandre DUMAS père (1802-1870). 7 L.A.S., [Paris] et Florence [1839-1840], au baron Maurice de La Châtre ; 9 pages formats divers, une adresse.

Correspondance relative aux Crimes célèbres de Dumas, par lesquels Lachâtre (qui utilise encore son titre de baron) inaugura sa carrière d’éditeur, en 1839-1840, sous la raison commerciale de l’Administration de Librairie.
« Envoyez-moi 5 ou 7 specimens »… Correction d’épreuves : « Je n’ai point été à la campagne une seconde et ne suis pas en retard d’une heure pour les épreuves […] Que graveurs et imprimeurs soient aussi exacts que moi et nous n’aurons pas de retard »… « Faites toujours composer en placard pour ne pas laisser nos hommes oisifs, le commencement des Massacres de Nîmes. Je fais ce qui doit se trouver, entre Les Borgia et ce que je vous envoie. […] Ne vous étonnez pas et ne m’en veuillez pas surtout si j’étais un peu en retard. Je me marie mercredi [5 février 1840, avec Ida Ferrier] et cela me dérange. Gardez pour vous seul, ce dernier paragraphe, je vous prie »… « Envoyez-moi ne fût-ce qu’un volume que je voie la tournure que cela a. Mais ne manquez pas de m’en faire envoyer une pile aujourd’hui »… « Je vous adresse un de nos garçons de bureau de la liste civile qui se charge de faire des placemens dans les bureaux donnez-lui toutes vos instructions »… « je vous envoie un reçu de 1000 quoique ce ne soit que 800 que vous m’avez donné mais nous compléterons tout cela. Au reste ajoutez deux cents francs si vous voulez payer pour moi cent francs demain – vous n’aurez plus alors à me remettre que 100f aux prochaines 25 pages »… Florence 3 novembre 1840, à la suite d’une lettre d’affaires de son associé le banquier Joseph Ambron, contestant les comptes du libraire : « mettez y toute votre activité, et les choses iront au mieux. J’espère que tant bien que mal les Crimes marchent toujours. […] Avant que nous ne nous occupions de la Belgique dites-nous cher ami si vous n’avez pas moyen dy empêcher la contrefaçon. […] vous voyez le grand intérêt que nous avons, à arriver à mille souscripteurs »…
On joint une L.A.S. d’Émile de Girardin.

Alexandre DUMAS père (1802 1870). 7 L.A.S., [Paris] et Florence [1839 1840], au baron Maurice de La Châtre ; 9 pages for…
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N° 413
Friedrich ENGELS. L.A.S. « F. Engels », Londres 31 mars 1873, au « Citoyen » Maurice Lachâtre ; 1 page et quart in-8 ; en français.

Ses conditions pour écrire la biographie de Karl Marx et l’histoire du parti communiste.
« Dans votre lettre du 16 mars, vous paraissez croire que “je vous présente un livre sur le parti communiste” tandis que c’est vous qui, en me demandant d’écrire une biographie sérieuse de Marx, m’aviez demandé l’histoire de ce parti. Marx ayant mené une vie essentiellement active, raconter sa vie, c’est faire l’histoire du mouvement philosophique & révolutionnaire allemand & international depuis 1842 pour y tracer sa participation personnelle & l’influence de ses écrits. Si vous ne désirez qu’une biographie de reporter, c’est déjà fait. L’Illustration en a publié une, & si vous m’en envoyez un exemplaire, je suis prêt d’y faire les corrections nécessaires. L’étude que je comptais faire devant être un travail sérieux, j’aurais cru vous faire injure en supposant que vous qui dans cette affaire commerciale prenez le rôle de capitaliste, vous auriez voulu échapper à cette première règle sociale, appliquée même dans notre société bourgeoise, que le capitaliste paie le travailleur proportionnellement à son travail. Cependant, comme vous dites que vous n’agrandissez votre capital que pour le mettre au service de la communauté, je consens à donner mon travail, à la condition que vous consacrerez une somme à la fondation d’un organe international hebdomadaire dont le besoin est impérieux pour le parti, & que Marx rédigerait »…

Friedrich ENGELS. L.A.S. « F. Engels », Londres 31 mars 1873, au « Citoyen » Maurice Lachâtre ; 1 page et quart in 8 ; e…
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N° 420
Maurice LACHÂTRE. 7 P.S. (dont 4 autographes), Paris 1881-1886 ; 20 pages in-4 avec timbres fiscaux.

Contrats, en partie rédigés par Lachâtre, et signés par toutes les parties.
21 juin 1881, vente à Mme Lagneau des clichés de l’Histoire de la Bastille d’Arnoult, Alboize et Maquet.
31 décembre 1882, vente à M. et Mme Auguste Milbert des clichés de N’a-qu’un-œil de Léon Cladel et du Capital de Karl Marx ; vente à William Heiss des clichés de l’Histoire de la Bastille et de l’Histoire du Donjon de Vincennes d’Arnoult, Alboize et Maquet, et d’exemplaires de l’Histoire de la Bastille ; vente à Henri Oriol des clichés et de la propriété littéraire du Dictionnaire universel de Lachâtre, des clichés des Mystères du peuple de Sue, ainsi qu’un important stock de livres, brochés ou en feuilles.
31 décembre 1885, cession par Henry Oriol et Mlle Marie-Ange Garrette à Lachâtre et autres de la Librairie du Progrès.
26 août 1886, contrat en double entre Lachâtre et Marie-Thérèse Garrette d’une part, et les autres actionnaires de la Librairie du Progrès (les papetiers Gratoiot et Vaissier, les imprimeurs Wattier et Blot), portant à leur crédit pour trois ans les droits d’auteur et redevances.
On joint 6 autres traités, 1883-1904 : pour Un baiser funeste d’Édouard Ducret, l’exploitation de N’a-qu’un-œil de Cladel et du Capital de Marx, les journaux Le Phare de Bretagne et La Semaine républicaine d’Oriol, la clarification et cession des droits Eugène Sue aux Publications Jules Rouff ; les statuts impr. de la Librairie du Progrès (2 ex., plus qqs papiers à en-tête) ; plus qqs documents joints.

Maurice LACHÂTRE. 7 P.S. (dont 4 autographes), Paris 1881 1886 ; 20 pages in 4 avec timbres fiscaux. Contrats, en partie…
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N° 421
[Maurice LACHÂTRE]. 49 lettres, la plupart L.A.S., adressées à Maurice Lachâtre (défauts à qqs lettres).

Guillaume Angebault (évêque d’Angers, 1846), Odilon Barrot (remerciant pour l’Histoire des papes), veuve Cabet (2, 1857, remerciant pour le Dictionnaire qui continue le beau rêve de son mari), Marc Caillard, veuve Cappelle, curé Coquand (4, 1854-1856, sur la situation politique), cardinal Donnet, baron Dupotet, Jules Favre (1850, pour la levée de l’interdiction de l’Histoire des papes et des Mystères du peuple), Dr André Gastier (6, 1855), baron de Gazan, Émile de Girardin, Guinard (1857 à propos de Cabet), baronne de La Châtre (3 à son fils, 1856-1860), Paul Lacroix, Denis Larabit (6, 1854-1857, regrettant que Lachâtre ne soutienne pas Napoléon III), André-Saturnin Morin (2, sur la Bibliothèque démocratique), Michel Morphy (2, 1883, de la prison de la Santé), Alfred Naquet (1876, au sujet de Félix Pyat), Jean Robinet (1876), A. Rogeard, abbé Géraud Rouquette (1874), Jules Simon (2), Léon Talabot (1848), général Emmanuel de Wimpffen (4, 1878-1883, intéressantes, sur ses démarches pour obtenir la grâce de son ami Lachâtre et lui permettre de rentrer en France)….
On joint 5 documents le concernant : assignation en justice (1835), autorisation de visiter Montholon au château de Ham (1841), secours à Sergent-Marceau (1847), bail de location de son appartement signé par Eugène Scribe (1853), laissez-passer pour rentrer en France (1878) ; plus quelques documents joints (dont un lettre de Fursy).

[Maurice LACHÂTRE]. 49 lettres, la plupart L.A.S., adressées à Maurice Lachâtre (défauts à qqs lettres). Guillaume Angeb…
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N° 423
Karl MARX (1818-1883). L.A.S., [Londres] 9 janvier 1872, au « Cher citoyen » [Maurice Lachâtre à San Sebastian] ; 3 pages in-8 remplies d’une petite écriture serrée (légères marques de plis) ; en français.

Sur la préparation et l’impression de la première édition française du Capital (traduction de Joseph Roy, « entièrement révisée par l’auteur », publiée par livraisons chez Maurice Lachâtre, 1872-1875).
« D’après vos lettres il semblerait que je suis responsable, moi et non pas vous, de ce qui se fait dans l’imprimerie Lahure. Voilà les délais excessifs dont elle est la seule source : 1° Le délai causé par les lettres équivoques et contradictoires de M. Lahure par rapport au manuscrit soi-disant perdu. 2° Le délai causé par le non-envoi de l’épreuve de ce manuscrit, qui était déjà imprimé quand j’étais occupé à en faire une nouvelle traduction »… S’y ajoutent des envois « pêle-mêle », et après de longues interruptions, « comme si je n’avais d’autre chose à faire qu’à exécuter les ordres capricieux et imprévus de M. Lahure »… Il a entre les mains les réponses de MM. Lahure et Vernouillet aux « complaintes où je parle même de mauvaise foi ». Par ailleurs, l’imprimeur s’est plaint de corrections sur les nouvelles épreuves. « Mais est-ce ma faute, si l’on ne cesse pas de reproduire avec une remarquable persistance les mêmes erreurs d’impression, ou de faire deux erreurs nouvelles en corrigeant une ? J’avais informé M. Lahure, après m’avoir entendu là-dessus avec vous, que pour donner le bon à tirer et à clicher, il me faudrait toute la série des cinq livraisons d’un fascicule et la livraison suivante. J’ai été forcé de faire le contraire pour le deuxième fascicule. […] j’étais arrivé au bout de ma patience. Je donnai donc à M. Lahure la permission de tirer et clicher, tout en le rendant responsable pour l’exécution des corrections toujours de nouveau indiquées et en lui remarquant que c’est son devoir et non le mien de veiller aux erreurs typographiques ».
Enfin, il incrimine la traduction de Joseph Roy, « qui me donne peut-être plus de travail que si je faisais toute la besogne. Il est vrai que vous ne l’avez pas choisi, mais, en me laissant croire que le premier fascicle devait s’imprimer au commencement de 1872, vous m’avez poussé à l’accepter sur les recommandations de Longuet et de Vaillant. Keller ne pouvait pas disposer de son temps avant mai […]. Presque tous mes travaux sont interrompus par le remaniement de cette traduction. Tantôt j’ai à refaire en entier des pages, tantôt j’ai à corriger des détails du manuscrit, mais dans ces dernier cas, je ne trouve souvent, même après consultation avec Lafargue et Longuet, la forme adéquate qu’en voyant devant moi les épreuves. Longuet a écrit une lettre à M. Roy où il le tance vertement, […] je suis maintenant convaincu que ce n’est pas le traducteur dont j’avais besoin »… Du reste, les chapitres XIII et XIV ne sont pas encore à Paris, parce qu’il n’a pas fini de remanier le manuscrit. « Quant à ma biographie, vous ferez bien de vous adresser directement à M. Engels »…

Karl MARX (1818 1883). L.A.S., [Londres] 9 janvier 1872, au « Cher citoyen » [Maurice Lachâtre à San Sebastian] ; 3 page…
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N° 425
Karl MARX. P.S. « Karl Marx », écrite et signée par Maurice La Châtre, 13 février 1872 ; 1 page in-4 avec timbre fiscal.

Précieux contrat pour l’édition de la traduction française de son livre Le Capital.
« Entre les soussignés,
Mr Karl Marx, homme de lettres, demeurant à Londres, n°1 Maitland Park Road, N.W.
et Mrs Maurice La Châtre et Cie, éditeurs, Boulevard Sébastopol n°38, à Paris.
Il a été dit et convenu ce qui suit :
Mr Karl Marx a offert à Mrs Maurice La Châtre et Cie qui l’acceptent, de se charger de la publication en français de son ouvrage Le Capital à l’exception de tous autres éditeurs.
L’auteur exige que l’édition de son livre soit expressément sous une forme et à un prix qui mettent l’ouvrage à la portée des plus petites bourses ; il a adopté le format, la justification et le prix des livraisons de L’Histoire des Papes, par Maurice La Châtre, à 2 colonnes et à dix centimes la livraison de huit pages de texte.
L’auteur se réserve le choix du traducteur, en lui attribuant une rémunération de cinq centimes à quatre centimes par ligne, et au maximum une rémunération de quinze cents francs pour la traduction entière de l’ouvrage, qui seront payés par les éditeurs.
Mrs Maurice La Châtre et Cie se chargent de tous les frais de la publication moyennant : 1° Une participation en espèces d’une somme de Deux mille francs qui leur sera remise à Paris par les soins de Mr Karl Marx quinze jours après demande. 2° et le droit de faire un tirage à Dix mille exemplaires ou plusieurs tirages s’élevant à ce chiffre, les passes-doubles en plus, sans droits à payer à l’auteur.
À partir du Onzième mille, Mrs Maurice La Châtre et Cie payeront à Mr Karl Marx ou à ses ayants-droits un droit de demi centime par livraison, au comptant, au moment où s’effectuera le tirage, les passes-doubles déduites, suivant l’usage.
Il sera mis à la disposition de l’auteur Cent exemplaires de chaque livraison ou Cent exemplaires brochés, selon les convenances, à titre gratuit, pour être distribué par ses soins à la presse française ou étrangère ou à des groupes d’Ouvriers et d’Ouvrières.
Fait double entre les parties qui ont signé après lecture le 13 février 1872.
Karl Marx.
Approuvé l’écriture ci-dessus Maurice La Châtre et Cie ».

Karl MARX. P.S. « Karl Marx », écrite et signée par Maurice La Châtre, 13 février 1872 ; 1 page in 4 avec timbre fiscal.…
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N° 426
Karl MARX. L.A.S., 1 Maitland Park Road, Haverstock Hill, Londres 7 mars 1872, [à Maurice Lachâtre] ; 2 pages et demie in-8 sur papier fin ; en français.

Au sujet de l’édition française du Capital, et du projet d’une biographie par son gendre Paul Lafargue.
Dès réception de sa lettre trop flatteuse, il a prié le traducteur d’expédier à Paris le manuscrit des premières livraisons. « Quant à la biographie, vous m’obligerez en n’insistant pas sur sa publication immédiate. Mon ami F. Engels, qui fournira les détails à Lafargue, est dans ce moment trop excédé de travail pour s’en occuper. D’après mon opinion il ne faut pas perdre du temps et rien ne nous empêche de publier la biographie plus tard. Je suis tout-à-fait de votre avis qu’il ne faut faire aucune communication aux journaux relativement à la traduction française. Avec l’édition russe on prend les mêmes précautions, et malheureusement la France subit aujourd’hui un régime “russe” ». Il demande que l’on précise « dans la première livraison que la traduction est faite d’après le manuscrit de la deuxième édition allemande dont la publication ne commencera que dans quelques semaines. Puis il souligne l’originalité de son travail : « J’espère que le livre ne vous vaudra des nouvelles persécutions. La méthode est tout-à-fait différente de celle appliquée par les socialistes français et autres. Je ne prends pas pour mon point de départ des idées générales comme “l’égalité” etc., mais je commence, au contraire, par l’analyse objective des rapports économiques tels qu’ils sont et c’est pour cela que l’esprit révolutionnaire du livre, ne se révèle que graduellement. Ce que je crains, au contraire, c’est que l’aridité des premières analyses ne rebute le lecteur français. Néanmoins, il y a dans les premiers chapitres quelques plaisanteries antireligieuses qui pourraient blesser les dévots de la république rurale »… En post-scriptum, il rappelle que leur traité prévoit le versement de 2000 francs quinze jours après demande. « Si cela ne vous gêne pas, je préférerais de verser l’argent le 1er juillet, parce que dans le cas contraire j’aurais à vendre des effets bien placés »…
On joint une L.A.S « K.M. », [Londres] 15 mars 1873, à Maurice Lachâtre] ; quart de page in-8 ; en français. « J’avais oublié à enfermer votre réponse dans ma lettre »…

Karl MARX. L.A.S., 1 Maitland Park Road, Haverstock Hill, Londres 7 mars 1872, [à Maurice Lachâtre] ; 2 pages et demie i…
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N° 428
Karl MARX. L.A.S., Londres 1er mai 1872, au « Cher citoyen » [Maurice Lachâtre] ; 1 page et quart in-8 ; en français.

Sur les traductions du Capital, à propos de son traducteur français Joseph Roy.
« Vous vous trompez ! Monsieur Roy est français. Il a été (mais quand il était déjà un homme fait) pendant quelques années en Allemagne. Il traduit trop litéralement dans les passages faciles, mais il montre sa force dans les choses difficiles. Néanmoins, vos corrections me serviront toujours comme des matériaux utiles pour la correction définitive »... Il annonce la parution prochaine de la première livraison de la deuxième édition allemande ; il a reçu de Saint-Pétersbourg la traduction russe. Celle-ci est excellente : « Le livre a dû passer par la censure, mais la censure n’a rien rayé excepté mon portrait. Néanmoins, comme il y a dans le livre des attaques contre la Russie, l’éditeur russe n’est pas encore en dehors de tout danger »... Pour la dernière correction de leur édition, il aura l’assistance de Longuet, Vaillant, Lissagaray, « et autres communards compétents »… Il prie Lachâtre de continuer à donner des nouvelles politiques, qui l’intéressent beaucoup. « À propos. Un libraire français (de Paris) – tout en me demandant de ne pas le nommer – m’a offert de republier mon livre (français) contre Proudhon : Misère de la Philosophie. Réponse à la Philosophie de la Misère de M. Proudhon. Bruxelles et Paris 1847. L’édition est complètement épuisée. J’ai des mauvaises nouvelles de Madrid sur l’état de santé du petit Lafargue [son petit-fils Étienne Lafargue (1869-mai 1872)] »…

Karl MARX. L.A.S., Londres 1er mai 1872, au « Cher citoyen » [Maurice Lachâtre] ; 1 page et quart in 8 ; en français. Su…
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N° 429
Karl MARX. L.A.S., Londres 19 octobre 1872, à « Cher citoyen » [Maurice Lachâtre] ; 1 page in-8 remplie d’une petite écriture serrée (cote d’inventaire notarial, 2 infimes trous de liassage) ; en français.

Sur la diffusion du premier fascicule de la version française du Capital, et son travail de révision de la traduction de Joseph Roy.
Une lettre de La Liberté de Bruxelles montre « qu’on n’y sait pas même où la première série du Capital est mise en vente. De Bordeaux, de Toulouse et autres villes de la France j’ai reçu des lettres où on dit la même chose. Par exemple, un de mes amis de Bordeaux m’écrit : “à Bordeaux on ne connaît point l’existence de cette traduction du Capital… Il me semble qu’on a négligé les moyens de porter la publication de l’œuvre à la connaissance de tous” »... Marx se livre alors à des critiques de l’imprimeur Lahure, qui prétend que son manuscrit, « recommandé (registered) » à la poste, ne lui est pas parvenu. « Je me suis immédiatement adressé à l’administration supérieure de la poste anglaise. C’est une chose très rare, que des lettres recommandées se perdent. Je n’y crois pas. Dans quelques jours j’aurais la réponse de la poste anglaise. Il serait très désagréable pour moi d’avoir à refaire tout le chapitre VII (III Section). J’ai déjà corrigé tout le manuscrit de M. Roy que j’ai en mains – ch. VIII, IX et grande partie du ch. X – mais à quoi bon de l’envoyer à Paris avant que je sache ce qui est devenu le ch. VII ? Autre chose. À ma demande pourquoi la deuxième série rencontre tant de retards, M. Lahure, dans sa dernière lettre du 17 octobre, me répondit que les épreuves 8 et 9 ont été envoyées à Bordeaux, à M. Roy et qu’on me les renverra après leur retour de B. Considérant que j’ai reçu les épreuves 8 et 9 le troisième Oct. et que je les ai expédiées presque immédiatement, il me semble qu’on perde beaucoup de temps inutilement »… Il termine en demandant « encore un certain nombre du 1er fascicule. Je ne pouvais pas refuser à satisfaire les demandes nombreuses des pauvres réfugiés français, de sorte que de la première centaine il ne me reste pas assez pour les journaux. Bien entendu, je ne m’occupe pas des journaux publiés en France »…

Karl MARX. L.A.S., Londres 19 octobre 1872, à « Cher citoyen » [Maurice Lachâtre] ; 1 page in 8 remplie d’une petite écr…
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N° 430
Karl MARX. L.A.S., [Londres] 1er novembre 1872, au « Cher citoyen » [Maurice Lachâtre] ; 1 page et quart in-8 (cote d’inventaire notarial, 2 infimes trous de liassage) ; en français.

Au sujet de l’impression du Capital.
Il a envoyé son manuscrit à M. Lahure le 8 octobre, et le 19, a reçu avis de l’imprimeur que « le manuscrit n’était point arrivé […] Alors a commencé une correspondance entre moi et l’administration supérieure de la poste anglaise. Dans sa lettre d’avant-hier le secrétaire général de la poste me communique 1) que le manuscrit a été dûment expédié en France et qu’on fait maintenant des recherches à Paris ; 2) que la recommandation de papiers, journaux etc. lesquels ne sont pas inclus dans une lettre mais, comme c’était le cas avec le manuscrit, dans une enveloppe ouverte, ne compte pas en France, mais seulement pour l’Angleterre. Je ferai remarquer en passant qu’à l’exception du dernier envoi, j’avais toujours envoyé le manuscrit à vous et à M. Roy (et il a reçu le manuscrit de presque tout le volume) sous forme de lettre recommandée (j’ai payé plus de deux livres st. pour cela pour Bordeaux seul), mais trouvant que votre librairie, sans tenir compte de cela, n’a pas même affranchi les 100 exemplaires du premier fascicule, je commençais aussi de lésiner et d’envoyer le manuscrit sous une forme qui coûtait moins cher. Le résultat a prouvé que dans les circonstances actuelles de votre pays il est absolument nécessaire d’envoyer le manuscrit par lettre recommandée. Maintenant je vous envoie la première partie du manuscrit perdu que j’ai retraduit. Même dans le cas que la poste française vous remettait le manuscrit original, il faudra faire imprimer le nouveau manuscrit qui vaut mieux que le premier. N’oubliez pas de me renvoyer le manuscrit avec les épreuves. Au commencement de la semaine prochaine je vous enverrai du manuscrit pour plus d’une livraison »…

Karl MARX. L.A.S., [Londres] 1er novembre 1872, au « Cher citoyen » [Maurice Lachâtre] ; 1 page et quart in 8 (cote d’in…
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N° 431
Karl MARX. 4 L.A.S., [Londres] 5-28 novembre 1872, au « Cher citoyen » [Maurice Lachâtre] ; 1 page in-12, demi-page in-8, ¾ page in-8 (un bord effrangé avec petits manques), 1 page oblong in-12 (moitié d’un feuillet in-8 (cotes d’inventaire notarial, infimes trous de liassage) ; en français.

Sur les envois du manuscrit corrigé du Capital.
5 novembre. « Ci-inclus la suite du manuscrit “perdu” ; à demain la fin, et du manuscrit de M. Roy que j’avais prêt, c. à d. corrigé. Pourquoi n’ai-je pas encore reçu les dernières épreuves de livr[aisons] 8 et 9 ? Vous les aviez envoyés à Bordeaux où M. Roy n’est pas pour le moment. Mais quoiqu’il est très juste et même porté par les convenances de lui envoyer des épreuves, cela ne devrait jamais devenir une cause de retard. Les corrections sont faites ici et non par lui »… Il transmet les salutations de son gendre Charles Longuet, qui demeure à Oxford, et ajoute : « Je ne sais plus si je vous ai déjà communiqué que deux traducteurs – le général La Cecilia et Bignon (rédacteur de La Plèbe à Lodi) se sont offerts pour la traduction italienne »…
18 novembre. « Je vous envoie aujourd’hui du manuscrit, p. 365-416 (inclus). Veuillez bien m’en accuser réception. Des trois placards (à commencer par 16) que M. Lahure m’a envoyés je n’ai reçu qu’un seul exemplaire, et je regrette d’avoir à répéter toujours de nouveau qu’il me faut deux exemplaires de chaque placard. Il ne faut donc envoyer un nouveau exemplaire de chaque placard »…
23 novembre. « Il paraît que les agents subalternes de la Poste Anglaise avaient demandé à ma servante un affranchissement “insuffisant” et qu’ensuite l’administration supérieure nous punit pour les péchés de ses propres gens. J’ai immédiatement arrangé l’affaire et j’espère qu’on expédiera le manuscrit aujourd’hui. J’attends encore – en vain jusqu’ici – l’envoi par M. Lahure d’un second exemplaire des placards 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22, 23, 24, 25, 26, 27, 28, 29, 30. Par cela on me fait perdre le temps »…
28 novembre. « Je n’ai pas encore reçu le duplicata des placards que vous m’aviez annoncé dans votre dernière lettre. J’espère que vous mettrez fin, une fois pour toutes à ces procédés dilatoires de M. Lahure »…

Karl MARX. 4 L.A.S., [Londres] 5 28 novembre 1872, au « Cher citoyen » [Maurice Lachâtre] ; 1 page in 12, demi page in 8…
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N° 432
Karl MARX. L.A.S., Londres 11 février 1873, au « Cher citoyen » [Maurice Lachâtre] ; 2 pages ¾ in-8 remplies d’une petite écriture serrée ; en français.

Longue et intéressante lettre commentant l’œuvre d’Eugène Sue, son travail sur le texte français du Capital, et la situation politique en France.
Il a reçu l’introduction de Lachâtre au volume VIII d’Eugène Sue [Les Mystères de Paris, Les Docks de la Librairie, t. VIII, 1873] qui l’a « beaucoup intéressé », mais il n’en dira pas plus : « je suis tellement surchargé de travail dans ce moment que je ne trouve pas même le temps de faire les promenades quotidiennes que mon médecin m’a prescrites et dont ma santé très ébranlée aurait besoin. […] J’ai toujours eu une grande prédilection pour Eugène Sue, et pour les romans de sa première période, distingués par leur originalité, et pour ses romans socialistes. Quant aux Enfants trouvés, il m’a toujours paru avoir mieux saisi la lutte des classes, la base réelle du socialisme, que les socialistes en titre de son époque. Quant à son dernière œuvre je n’en peux juger parce que je n’en ai eu que la première livraison. Mais il est infecté comme le socialisme français de son époque de sentimentalisme. Il y mêle du spiritisme que je déteste. Comme tous les romanciers et artistes, ce n’est pas la classe ouvrière proprement dite, mais cette dernière couche de la société française qu’on appelle “les classes dangereuses”, d’où il tire ses héros et ses tableaux. Sa manière de faire la critique de la société et ses plans d’amélioration j’ai critiqué, à l’occasion des Mystères de Paris, même assez vigoureusement dans un livre allemand [Die heilige Familie, oder Kritik der kritischen Kritik] que j’ai publié en 1845, pendant mon séjour à Paris. Et la règle absolue pour moi, c’est de dire ce que je pense sans vernis ».
Il rappelle à Lachâtre qu’il a déjà l’adresse d’Engels, « parce que vous m’écrivez toujours par son intermédiaire », puis il conteste ses explications sur les délais de l’imprimeur Lahure¸ dont il s’est expliqué avec Lahure et Vernouillet : « je vous dirai tout franchement que tous mes amis français à Londres croyaient qu’il y avait des raisons cachées, politiques ou autres, qui faisaient retarder la publication. Du reste, pour ma part, j’étais toujours convaincu que votre absence forcée de Paris donnerait lieu à quelques irrégularités ».
Il en vient à la traduction de Joseph Roy : « J’ai toujours fait valoir vis-à-vis de mes amis français que vous étiez le premier à apprécier justement la valeur de la traduction. J’étais induit en erreur d’abord par les éloges qu’on me faisait de la traduction de Feuerbach (ce qui du reste s’explique : Feuerbach avait été avant Roy traduit par Everbeck, et il est beaucoup plus facile à travailler sur une telle base) ; en deuxième lieu, par cette circonstance que le commencement du premier chapitre (p. 14, 15) était bien traduit. Enfin je prenais en considération les difficultés réelles que le premier chapitre offre. Cependant il est très sûr que si j’avais prévu les délais de la première publication, j’aurais pris mes précautions. Maintenant, il est trop tard de changer, il faut aller jusqu’au bout. Seulement, je corrige plus radicalement le manuscrit et c’est ce pourquoi il faut moins de corrections dans les épreuves. Quant aux corrections purement typographiques, elles ne se font pas assez soigneusement dans l’imprimerie ».
Il s’inquiète des « choses d’Espagne » qui « s’embrouillent de plus en plus », puis ajoute un long post-scriptum sur la situation politique en France : « A Versailles ce sont des tempêtes dans un verre d’eau. Les singeries, tours-de-force et tournois parlementaires de ces mannequins sont d’autant plus drôles que tout le monde sait – et la presse anglaise, allemande, russe s’amuse à le rappeler chaque jour – qu’ils traînent la chaîne tenue par M. Bismarck. Il soutient Thiers, parce qu’il ne veut pas que les cléricaux (qu’il poursuit en Allemagne d’abord par des raisons toutes policières et aussi à cause de ses relations avec l’Italie) le remportent à Paris. De l’autre côté, l’ambassadeur prussien à Paris, sous les ordres directs du roi, soutient les ruraux qui possèdent toutes les sympathies de son maître. Malheureusement tout cela vous rappèle le souvenir de la diète polonaise à une époque où les Russes donnaient le dernier coup à l’indépendance polonaise ou de Byzance quand les Turcs étaient devant ses portes. »

Karl MARX. L.A.S., Londres 11 février 1873, au « Cher citoyen » [Maurice Lachâtre] ; 2 pages ¾ in 8 remplies d’une petit…
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N° 443
Jean-François-Constant MOCQUARD (1791-1864) avocat et écrivain, chef de cabinet de Napoléon III. 10 L.S. (dont 2 L.A.S.), et une lettre dictée, 1850-1857, à Maurice Lachâtre ; 13 pages in-8, la plupart à en-tête Présidence de la République. Cabinet ou Cabinet de l’Empereur.

Interventions en faveur de Lachâtre, plusieurs fois condamné sous le Second Empire (alors qu’il avait été, au début des années 1840, l’éditeur de Louis-Napoléon Bonaparte).
22 mai 1850. Avant de solliciter Fould en sa faveur, il demande à Lachâtre plus de détails sur son affaire, et notamment « à quel ouvrage était jointe la lettre autographe objet de votre condamnation »… 16 septembre. Il a fait une démarche auprès de Carlier, qui souhaite qu’ils confèrent de l’objet de sa réclamation. Au ministère de la Justice, il a rencontré des obstacles « plus sérieux que vous ne pensez peut-être »… 8 juillet 1851. Exposé de ses démarches infructueuses au Palais de Justice et ailleurs ; Lachâtre est « si inexactement informé […]. Vous ne savez qu’écrire et non marcher. Si vous aviez pris la peine de venir chez moi – cela aurait bien mieux valu »… 4 décembre. « Merci mille fois de votre offre dévouée. J’espère n’avoir pas besoin de l’accepter ; mais les destins et les flots sont changeants & je vous dois l’expression de reconnaissance de toute la famille »… 10 janvier 1852. Renvoi de leur entretien à cause d’un « obstacle imprévu »… 29 mai. Sa femme est hors de danger : « Nous sommes sensibles l’un et l’autre à votre intérêt »… 19 août. Il décline son invitation à écrire des articles : « ne comptez ni sur des notes, ni sur ma collaboration ; et encore bien moins sur celle du Président. Les grandes affaires l’absorbent, les petites me dévorent en détail. Le temps nous manque à tous les deux pour sortir de la sphère dans laquelle nous sommes enfermés »…
12 septembre 1853. « Votre note et la lettre qui l’accompagnait ont été mises sous les yeux de l’Empereur. Sa Majesté en a ordonné le renvoi au Ministre, lequel se trouve chargé aujourd’hui d’examiner votre demande »… 7 mars 1856 : « je me rappelle, en effet, vous avoir apporté de Ham un dessin que vous offrait le prisonnier aujourd’hui notre Empereur. Je ne comprends pas comment on pourrait vous en contester la propriété »… 29 avril 1856. « Relativement à mes Causes célèbres, pourriez-vous me procurer mon traité avec les frères Pourrat ? Je n’entends, cela va sans dire, ni mettre obstacle à votre publication, ni élever des exigences, mais je désire revoir ce traité »… 20 avril 1857. Lachâtre fait les choses en grand seigneur : « j’ai reçu deux exemplaires de votre Dictionnaire, l’un magnifiquement relié celui de l’Empereur, l’autre beaucoup trop richement celui que vous m’avez offert. Quelques heures après je présentais votre hommage à S.M. qui l’acceptait avec plaisir, s’informait avec intérêt de ce que vous deveniez, et me chargeait de ses remerciements pour vous »… Aucun nouveau journal n’est autorisé, sans exception. « Vous demeurez donc compris dans la loi générale. Là où tout le monde est refusé personne n’est refusé »…

Jean François Constant MOCQUARD (1791 1864) avocat et écrivain, chef de cabinet de Napoléon III. 10 L.S. (dont 2 L.A.S.)…
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N° 445
Félix PYAT (1810-1889) homme politique et écrivain. 108 L.A.S. (la plupart du paraphe ou des initiales, 6 du pseudonyme « Solange », une incomplète), Londres et Hastings 1872-1880, à l’éditeur Maurice Lachâtre ; environ 220 pages formats divers, une adresse (qqs défauts, et déchirures à qqs lettres).

Remarquable correspondance politique d’exil d’un ancien membre du Conseil de la Commune, à son ancien collaborateur au Combat et au Vengeur. [Pyat fut condamné à mort par le 3e Conseil de guerre le 28 mars 1873, et Lachâtre, en décembre 1873, à la déportation dans une enceinte fortifiée. Pyat s’est réfugié à Londres, et Lachâtre en Espagne à San Sebastian. À la suite de l’amnistie plénière du 11 juillet 1880, les deux proscrits, rentrés en France, codirigèrent La Commune, quotidien politique et socialiste (45 numéros, 21 septembre-4 novembre 1880).] Nous ne pouvons donner ici qu’un bref aperçu de cette importante correspondance.
1872. Pyat raconte sa fuite de Paris à Londres, via la Belgique, et déplore l’état d’abattement de la France. « Nous sommes libres, c’est vrai, mais elle ! »… Il déconseille de revenir d’Espagne : « devant la Prusse occupante et l’Italie menaçante, ce misérable Versailles emploie ce qui lui reste de force à proscrire les Communes. C’est un homme attaqué par des loups et qui s’occupe à tuer des puces » (28 mars)… Témoignage d’horreurs sur la fin de la Commune : « Tous mes amis arrêtés, fusillés, disparus. J’errais seul par les rues, heurtant le pavé des barricades, trébuchant sur les cadavres, coudoyant les patrouilles, éclaboussé par les tombeaux remplis de morts, étourdi par les coups de grâce qui achevaient les blessés », etc. (10 avril)... Conditions dans lesquelles il souhaite publier une histoire de la Commune, combinaison d’un journal, collaboration de l’imprimeur Juste Vernouillet, comparaison des avantages et désavantages de paraître à Paris ou Bruxelles… Sous le pseudonyme « Solange », il évoque l’éventuelle levée de l’état de siège, pèse l’intérêt d’une publication rapide ou différée de l’histoire et du journal, souligne le risque de dislocation du pays : « 2 provinces détachées, six départemens pourris de prussiens, trente neutralisés, Nice et Savoie centrifuges, Paris dépeuplé, le reste de la France aux Jésuites de Rome ! », etc. (10 juin)… Il parle de secours aux proscrits, et exhorte son ami à rester en sécurité, loin des rigueurs de Thiers… Intérêt pour d’autres auteurs de Lachâtre : Karl Marx, Eugène Sue… Prédictions politiques : les monarchistes rallieront Thiers, l’opinion se radicalisera. « Je n’espère donc ni la levée de l’état de siège, ni l’amnistie ; ni rien qui resssemble à la république avec républicains » (13 novembre)… Il ne faut pas croire à « la baisse même de la terreur honnête et modérée […] l’armée est tout et le peuple rien » (24 novembre)…
1873. Il promet de fournir des souvenirs sur Eugène Sue pour la biographie que prépare Lachâtre… Il s’alarme à l’idée que Lachâtre rentre, sous l’« orgie sanglante » de Thiers : « Vos œuvres sont vos crimes. Il faut tuer les républicains pour refaire la royauté. Elle se refait par la complicité même de l’opposition. Quand les Prussiens seront payés et renvoyés, quand la république chargée comme la boue d’Israël, de toutes les iniquités, des capitulations, des exécutions, des transportations, et du paiement des milliards aura fait la place nette, alors vive le roi ! » (30 janvier)… Réaction d’orgueil ironique à sa condamnation par le Conseil de Guerre : « En 44 condamnation à la prison ; en 49, à la déportation ; en 73, à la mort. Il y a progrès ; je monte en grade » (2 avril)… Il s’inquiète pour Lachâtre de l’état de l’Espagne (2 août)… La chute de Thiers correspond à une loi de la science politique : « la réaction brise ceux qui la font. M. Thiers est tombé après avoir tué la Commune de 71 ; comme Cavaignac après avoir tué la Commune de 48 ; comme Robespierre après avoir tué la Commune de 93. – Et c’est justice que l’assassin de Paris n’ait pas eu la gloire d’être le libérateur de la France et le fondateur de la république »… évocation des querelles entre des hommes de l’internationale (Vésinier, Landeck, Vaillant, Arnault, etc.).
1874. Observations sur la chute de Castelar et la restauration de la dynastie bourbonne en Espagne, et les déboires de Lachâtre en Belgique… Il rappelle ses paroles : « ne vous fiez pas à la parole des soldats vous seriez condamné autant qu’on peut l’être ; ne vous fiez pas à la parole des avocats, vous serez confisqué le plus possible. […] Ce n’est pas seulement la maison Lachâtre qui me semble menacée, c’est la maison du peuple français ; et la vôtre peut quelque chose pour la sienne. Versailles consomme son crime. Après avoir tué la commune, il tue la nation ; après Paris, la France »…
1875. Communication du texte d’une lettre de Garibaldi (copies jointes) à donner à la presse, « pour la propagande française » (25 janvier)… Examen d’une proposition de journal. « Ma pensée, comme je vous l’ai dit dans les quelques lignes qui accompagnaient la Lettre au peuple, était d’arracher Paris à la gauche par une série d’épîtres apostoliques, c’est-à-dire gratuites, mais non périodiques » (17 juin)… Nouvelles affligeantes de la justice de Paris ; c’est le triomphe des assassins... Débats sur le projet d’un journal d’exil. La Voix du proscrit de Ledru, Le Nouveau Monde de Louis Blanc, L’Espérance de Leroux, L’Homme de Ribeyrolles, etc., sont tous morts de faim : « Une feuille d’exilé a les mêmes frais et moins de recettes qu’une autre. Qu’offre-t-elle aux internés de France. La prison » (15 août)…
1876. L’amnistie se gâte : « Victor Hugo malgré tout son talent, ne la sauvera pas. Avoir choisi le 18 mars pour déposer son projet de loi, idée de poète. Sa proposition d’amnistie le jour même de l’insurrection est une véritable provocation au refus. La raison le dit… mais la poésie, que voulez-vous ? Toujours la pose ! Politique de théâtre. Sensation. L’auteur applaudi et nous condamnés. Nous aurons un feu d’artifice d’antithèses, un bouquet de fleurs de rhétorique et d’humanité, un effet éblouissant ; puis la fumée, la nuit sombre et les baguettes noircies nous retombent sur le nez » (20 mars)… « L’état de siège est levé, la vente des journaux libre. Nous tenons le droit que nous souhaitions. […] Ne voyons que Paris ! Là seulement nous pouvons satisfaire notre conscience, payer notre dette, venger les morts, délivrer les vivants, ramener les proscrits, sauver commune et République, la France et l’humanité » (6 avril)… Il combat les hésitations de Lachâtre à investir dans un journal français, rappelle le succès du Combat, et commente les maladresses des Droits de l’Homme. « L’ennemi le plus à craindre par nous n’est pas Dufaure, c’est Gambetta, et le plus sûr à combattre c’est Gambetta et non Dufaure. Soyez certain que Mac-Mahon nous laisserait frapper Thiers à notre aise ; et la guerre à Thiers serait à la fin plus utile et moins coûteuse que la guerre à Mac-Mahon » (22 mai)… « Ce n’est pas en amusant le peuple qu’on le soulève, c’est en le passionnant. On ne fait pas sauter les trônes avec des bons mots. On ne fait pas d’explosion avec un grelot, mais avec un brûlot. Si l’âme de Rousseau n’eût pas enflammé la Montagne, tout l’esprit de Voltaire n’eût pas fait couper le cou du roi à la Gironde. Le peuple qui rit est désarmé » (26 novembre)…
1877. L’ami Gambon lui apprend que Lachâtre va s’éloigner à Naples… Il n’accepterait de diriger La Marseillaise de Duportal que si elle changeait de titre et adoptait la voie que lui-même tracerait ; il blâme la politique indécise du journal, et « je crains et je pleure la chûte d’un peuple qui est mien et qui plus qu’un autre incarne l’humanité. L’erreur de Condorcet et de toute la philosophie de son siècle dont Süe s’est fait le disciple à la fin de sa vie, c’est que le Progrès est éternel… Distinguons… Éternel dans le tout, oui ; mais dans la partie, non. Hommes, peuples races naissent, croissent, baissent et meurent tour à tour. […] La France, aujourd’hui, est entre un cadavre, la bourgeoisie, et un enfant, le peuple. Le mort saisira le vif, si nous ne pouvons enterrer l’un et élever l’autre » (16 juillet)…
1878. Il l’entretient de leur journal, La Commune : finances, saisie des premiers numéros, cautionnement à confier au citoyen Castelnau, ami et collaborateur de Delescluze, assignation par la police correctionnelle pour non-paiement d’une amende, plaintes concernant le Dr Lux (pseudonyme) et l’administrateur Avenant, etc. « Quel jour que celui où nous pourrons lancer le premier numéro du journal Le Travail ! Vous à Paris, le rêve devient réalité, même quand je serais à Londres » (12 octobre)… Plusieurs fois il est question d’un sauf-conduit pour que Lachâtre se rende à Paris…
1879. Nouvelles réflexions sur l’amnistie : Versailles n’avait pas le droit de punir, et n’a pas le droit de gracier ; le devoir du proscrit est de ne rentrer que quand il peut faire prévaloir sa cause et faire rentrer les autres… Il avait pressé Lachâtre de rentrer pour lancer le journal ; il ne s’était pas trompé : pas d’amnistie : « Conservateurs et cannibales, canaques et canailles sont d’accord pour grâcier le moins possible. Donc 2% jusqu’à présent, quel raffinement de torture ! » (24 janvier)… Avis sur Le Travail : déclaration, titre, cautionnement, administration, rédaction (Rogeard, Gambon, Cluseret, Reclus, Protot…)… Il espère que le général [de Wimpffen] fera grâcier Lachâtre malgré lui, et « que vous pourrez enfin rentrer en France et par votre présence à Paris y remettre le levain dans la pâte au profit de la Révolution. Le général voit juste en remarquant l’inertie de la masse, son indifférence, sinon son mécontentement envers la République » (31 mars)… Conseils dans l’hypothèse que Lachâtre soit grâcié, et rentre en France… Émotion de recevoir le portrait de l’homme qui a mieux aimé mourir que trahir : son martyre réhabilite l’humanité… Mise en garde contre une entente avec Blanqui, dont La Patrie en danger prouve qu’il n’est pas le premier des journalistes… Conseils de prudence jusqu’après le vote du Sénat. « Ah ! si j’étais sûr d’être amnistié comme vous l’êtes » (30 juin 1880)…
On joint 2 manuscrits (copie) : Discours de Félix Pyat Faubourg Saint-Antoine ; 14 novembre 1869, déclaration de l’amnistié de 1869, qui prête serment au peuple et non à l’Empereur ; et Félix Pyat et les Tuileries, Londres 25 janvier 1877, adressé au rédacteur du Standard, et concernant son rôle sous la Commune. Plus une L.A.S. d’André Mellado (du journal La Igualdad, 27 mai 1873), hommage des républicains espagnols à Pyat ; et une L.A.S. du général de Wimpffen, commentant la presse française (19 octobre 1877).

Félix PYAT (1810 1889) homme politique et écrivain. 108 L.A.S. (la plupart du paraphe ou des initiales, 6 du pseudonyme …
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N° 446
Eugène SUE (1804-1857) romancier. 40 L.A.S. (la plupart du paraphe, une amputée de sa signature), [1844-1857], à Maurice Lachâtre ; 77 pages in-8 ou in-12, nombreuses adresses (2 lacunes).

Belle correspondance littéraire et politique avec l’éditeur Lachâtre, dont l’Administration de Librairie publia notamment Les Mystères du peuple, « splendide édition » illustrée en 16 volumes (1849-1857), ainsi que des éditions illustrées de gravures sur acier des Mystères de Paris, du Juif errant et des Misères des enfants trouvés. Cette correspondance parle de l’envoi de manuscrits, des prépublications dans la presse, des épreuves, traductions, propositions pour de nouveaux traités, échéances, illustrations, publicité, prospectus et prix, etc. Elle témoigne des principes politiques communs de l’auteur et l’éditeur. Sue fut parrain de la fille aînée de Lachâtre, Amélie, née en 1850. Nous ne pouvons donner qu’un rapide aperçu de cette importante correspondance.
[Paris 21 mars 1844]. « Mr E. Sue n’étant pas quant à présent fixé sur le mode de publication qu’il adoptera pour l’édition du Juif errant, regrette beaucoup de ne pouvoir répondre aux offres que Mr de La Châtre a bien voulu lui faire »…
[Mars 1849 ?]. Remerciement pour l’envoi de La République démocratique et sociale : « je vais lire cet ouvrage avec l’attention qu’il mérite »... En ce qui concerne une édition illustrée des Mystères de Paris, il a pensé à « une combinaison » : « mes œuvres complettes n’ont jamais été illustrées, et le succès de La Comédie humaine de Balzac (illustrée), me fait penser que peut-être une édition pareille de mes ouvrages publiée avec le soin et la rare capacité qui ont présidé à toutes vos publications aurait quelque chance de réussite. Je rentre en possession de mes œuvres complettes l’année prochaine »… Il parle de son dernier traité avec Gosselin, et renvoie à M. Masset (maison Troupenas) pour ses affaires de librairie… [Août]. Promesse de l’envoi de son premier volume, avec proposition de titre : « Histoire du peuple depuis 2,000 ans ou Mr et Made Lebrenne marchands de toile rue St Denis »… Il donne un exemple de sommaire d’un chapitre, et dresse le plan schématique des époques de la fiction, assurant que l’ouvrage sera « historiquement très sérieusement appuyé »… Aux Bordes 2 octobre. Proposition de donner son premier volume gratis à plusieurs journaux socialistes, à la condition de l’imprimer simultanément, et aussi d’un autre titre qu’il préfère de beaucoup à celui des Mystères, auquel il ne peut se faire : « Ce serait Les Martyrs du Peuple ou la Famille Lebrenn »… Considérations sur l’attrait que cela aurait pour les lectrices, en particulier, et sur le rythme de production. « Une fois le lecteur en train, il faudra bien qu’il marche marche comme le juif errant – surtout lorsque vous le pousserez avec votre merveilleuse intelligence »…– Il craint que l’idée de donner gratis le premier volume ne truque la vente. « Mais je ne reviens pas sur mon idée du titre des Martyrs du peuple que je trouve toujours excellente »… 7 octobre, il est consterné d’apprendre des mouvements entre les éditeurs Gosselin, Paulin et Maresq, pour la propriété d’éditions illustrées des Mystères de Paris et du Juif errant… [6 décembre] : « vous savez que l’association des cuisiniers est considérable et qu’ils ont des maisons dans tous les quartiers de Paris fréquentés par des socialistes – ne pourriez-vous faire imaginer et construire une sorte de planchette garnie de fils de laiton qui recevrait les livraisons à mesure jusqu’à la concurrence d’un demi-volume ou d’un volume ? Ce serait peut-être un bon moyen de propagande »… [8 ? décembre]. Sur la correction des épreuves, et les changements par prudence : « Il est cruel d’avoir de nos jours de telles inquiétudes mais l’aveuglement et la haine des gens qui nous gouvernent autorisent tous les craintes ». Sa participation à la revue est « une dette démocratique payée »… Il expose ses projets pour le théâtre avec Le Juif errant et La Louve tirée des Mystères de Paris, dont les revenus lui permettront de se consacrer aux Mystères du peuple…
[11 février 1850]. Correction d’épreuves, avec changement dans l’épisode de Siomara. [18 ? juilllet], sur le baptême d’Amélie : « Je suis désolé de ce que j’apprends sur la pratique du baptême. Il me faudra dire un credo et autres momeries catholiques dont je ne me doutais pas, croyant n’avoir qu’à aller à la sacristie donner mes noms &c. Cher et bon ami, je vous en conjure, songez à ma position à mes antécédens, à la répugnance invincible que me cause cette sorte d’hypocrisie ; dites à madame de Lachâtre que je suis aussi confus que chagrin de cet empêchement »… [5 décembre 1851], trois jours après le coup d’État : « Tâchez de venir me voir au fort du Mont Valérien où je suis détenu. Vous n’avez aucune permission à demander. Présentez-vous seulement à la porte du fort et demandez-moi »…
[Annecy 8 avril 1852]. « J’ai vu avec plaisir […] que vos porteurs avaient été mis en liberté. Cette décision jointe à la levée de l’état de siège vous facilitera peut-être davantage la vente des premiers volumes de l’ouvrage. Je regrette toujours à votre point de vue : de profiter d’une éclaircie que vous n’ayez pas consenti à ce que j’achève complettement l’ouvrage que vous auriez ainsi eu tout prêt en portefeuille. Attendons de meilleurs jours parce que cela vous semble préférable surtout depuis la menace de saisie à l’endroit de toute livraison nouvelle »… 22 mai 1853. Sue renégocie le traité avec de nouvelles conditions financières pour Les Mystères du peuple… Mardi [9 août 1853]. « Je reçois l’épreuve de la Lettre et de la couverture, et je suis navré, atteré. Comment l’auteur de cette lettre a-t-il pu parler de l’appaisement des passions politiques, de la prospérité inouie &c., en mon nom mêlé à tout cela ! Et des oripeaux bonapartistes sur la couverture, encadrant le titre de l’ouvrage et mon nom, cette complicité involontaire m’a tellement révolté que j’avais écrit ce matin une lettre à La Nation journal belge afin de protester du moins à l’étranger contre une pareille surprise, mais ma lettre écrite j’ai réfléchi qu’elle ferait peut-être arrêter l’ouvrage ou retirer le brevet de l’imprimeur, ou fermer votre maison, et je me suis provisoirement abstenu ; voyez un peu dans quel horrible embarras vous me mettez ! Vous me direz que la couverture et cette lettre ne sont pas de moi, que c’est une affaire de boutique et d’enseigne, mais avez-vous réfléchi à ce que les seules apparences avaient de blessant pour les opinions de l’auteur, toujours plus ou moins solidaire de l’éditeur, de l’auteur de cette incroyable lettre qui m’appelle son illustre ami ! Qu’avez-vous besoin de faire l’apologie de cet infâme 2 Xbre et de cette exibition impérialiste ? – Deux mots suffisaient à ma couverture sans aucun emblème. Je vous adjure de ne pas reproduire cette malheureuse lettre dans la livraison à venir et de renoncer à la couverture détestable livrée impériale du moins pour l’avenir, sinon, je vous le déclare franchement, quoiqu’il doive m’en coûter de renoncer à l’espoir de terminer mon œuvre, je m’y résignerais plutôt que d’être même contre mon gré, et le plus indirectement possible complice de cette manifestation bonapartiste ; je ne saurais vous dire le chagrin que cela me fait, la honte que me monte au front, quand je songe que mes amis et mes ennemis lisent cette lettre, voient cette ouverture ! Oubliez-vous donc que je suis en exil, incapable de réclamer par la voie de la presse bâillonnée »… [Août 1855]. Il ne veut pas dépasser les 14 volumes des Mystères du peuple : « il serait impossible de publier l’Empire tel que le comprends à savoir l’exaltation d’Aréna, Topino-Lebrun &c, et autres Brutus du nouveau César. Bornons-nous donc quant à présent à 1792 »…
Annecy 3 mars [1856]. Il redemande que les deux derniers volumes lui soient payés 7.000 F chacun : « Vous savez quelle guerre acharnée me fait le gouvernement de ce bandit, on entrave de toutes forces mes publications afin de me ruiner tout à fait et de me couper les vivres puisque je vis en grande partie de ma plume. […] Il m’en coûte toujours vous le savez d’aborder les questions matérielles, mais ma position que me fait l’exil et les persécutions est telle qu’il me faut braver ma fausse honte et m’adresser à vous en toute sincérité, certain de votre loyauté. Nous voici après tout à la fin de cette œuvre entreprise il y a bientôt 7 ans, et l’espoir de la mener à bonne fin me réconforte contre de bien grands et bien tristes abattements »... 15 mars : « j’ai comme vous le désir de voir notre œuvre achevée le plutôt possible. Lorsque les temps seront venus, nous pourrons si vous le voulez ajouter un volume ou deux où je pourrai à mon aise, mettre en scène l’Empire et Strasbourg et Boulogne, chose impossible à cette heure. L’œuvre telle qu’elle est maintenant s’arrêtant au Consulat est complète, et je puis mourir en disant dans ma petite prière Exegi monumentum car vous le savez les Mys. du p. ont été, seront à mes yeux mon œuvre capitale »… [Avril], précision de ses prénoms et date de naissance en l’an XII de la République. « Avez-vous lu le XIIIe volume et ma petite Lettre aux abonnés (la dernière hélas !!). Je crains bien d’être forcé de faire un volume de plus tant il y a d’admirables choses à dire sur la Révolution puis il faut un résumé du Consulat, de l’Empire, Restauration etc. afin de rabouter la chose en février 1848. Soyez d’ailleurs certain que je m’efforcerai de ne pas dépasser le chiffre XIV […]. Il m’est venu l’idée d’écrire quelque chose comme mes mémoires, je vous reparlerai un jour de cette pensée, et vous dirai de quelle façon je l’entends et peut-être la chose vous conviendrait-elle, mais en tous cas ce ne serait à publier qu’en un temps de liberté »… La Haye 6 août. Il songe à s’établir en Hollande, où il a retrouvé ses amis Barbès, Charras et Lagrange… « l’exil est cruel, et mille fois plus cruel encore, est le spectacle de l’abjection prolongée de la France, et il est funeste pour l’exemple que cet affreux gredin ne soit pas encore pendu. Certes il le sera, j’en ai le ferme et doux espoir, mais il aura joui et désormais son nom est acquis à l’Histoire au lieu d’être acquis au greffe du bagne ainsi qu’il l’aurait dû être le 3 Xbre 1852. Enfin, espérons »... 20 septembre, sur le projet de vente à Lachâtre de ses œuvres en viager… 10 novembre. Des retards dans la publication des tomes XIV et XV des Mystères du peuple l’ennuient beaucoup : « Songez mon ami que je vis de ma plume – que j’aurais pu donner deux volumes au Siècle, je le devais même, mais j’ai tenu à terminer notre œuvre sans désemparer. Maintenant qui sait quand elle paraîtra. Sans parler même du préjudice matériel que cela me cause, puisque Le Siècle ne m’a soldé mes deux volumes contre échange du manuscrit – songez surtout au préjudice moral, que cette interruption si prolongée va causer à notre livre »… Annecy 16 décembre. « Vous pouvez compter pour certain que toute la copie vous sera livrée fin janvier au plus tard – en ce cas, je m’adresserais une dernière fois à votre amicale obligeance afin d’obtenir que le 15e volume soit soldé fin mars – et le 16e fin juin »… 20 janvier [1857]. « Je regrette de ne pouvoir vous envoyer les Lettres sur la question religieuse que j’ai publiées à Bruxelles, et qui ont eu (modestie à part) assez de retentissement en Belgique, en Hollande et en Allemagne […]. Courage, mon ami, vous écrivez et ce qui est mieux vous pratiquez la fraternité, la solidarité humaines »… 28 février. Il a eu « une fièvre de travail » pour une brochure sur les prochaines élections en France [La France sous l’Empire]. « Je ne comptais faire que quelques articles pour Le National, et cela a fini par un véritable livre sur le 2 Xbre et l’Empire. Je m’en suis donné à cœur joie […]. J’ai écrit hier le mot fin et donné le bon à tirer – car le livre s’imprime aussi ici. Me voici donc complettement délivré de cet enfantement intellectuel qui m’a depuis six semaines tenu dans un état fiévreux d’excitation impossible à vous dire. Pourvu que le livre s’en ressente – et je serai content »… Il parle de la rétention de son manuscrit des Mystères à la frontière, et de ses projets littéraires…
On joint 3 traités signés par Maurice La Châtre pour la vente du droit de reproduction d’œuvres d’Eugène Sue à des journaux : Les Mystères de Paris à La Marseillaise (1881), Mathilde ou Mémoires d’une jeune femme à La Bataille et Les Misères des enfants trouvés à La Revanche (1882) ; un décompte du 3e volume des Mystères du peuple ; et un fragment de manuscrit non identifié.

Eugène SUE (1804 1857) romancier. 40 L.A.S. (la plupart du paraphe, une amputée de sa signature), [1844 1857], à Maurice…
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N° 447
AVIATION. Laurent SEGUIN (1883-1944) ingénieur et industriel, inventeur du célèbre moteur Gnome Oméga de 50 CV à 7 cylindres rotatifs (1909) adopté et popularisé par Farman et Blériot (la société des Moteurs Gnome, dirigée par les frères Seguin, deviendra Gnome & Rhône). L.A.S., [1911], à Jacques Mortane ; 2 pages in-12 (petite trace de rouille).

À propos du Circuit Européen… « nos concurrents de tous les pays connaissent fort bien tous les plans de nos aéroplanes, appareils et moteurs, et ça ne sera certes pas la vue de nos machines qui pourra leur apprendre quelques choses [...] Pour les épreuves de 1911 voulez-vous éviter des accidents, faites-les faciles. Voulez-vous faire progresser l’aviation faites-les difficiles. On sacrifie tous les jours des milliers d’existences humaines pour des causes bien moins intéressantes et personne n’y prend même garde ». Et il déplore « les tristes accidents hélas inévitables qui nous ont privés de tant de concours précieux et souvent de si bons amis »... [Le Circuit Européen totalisait 1600 km, en 7 étapes de Paris à Paris en passant par Liège, Spa, Utrecht, Bruxelles, Roubaix, Calais et Londres. Les avions décollèrent le 18 juin 1911. Sur 41 équipages, 9 seulement terminèrent la course. Le vainqueur fut le français Jean Conneau dit André Beaumont (1880-1937) en 58 h 38, sur Blériot XI (moteur Gnome !), devant Roland Garros.
On joint une L.S. de Paul-Louis Weiller (1893-1993) à Jacques Mortane le remerciant d’avoir parlé de lui dans L’Air (17 novembre 1931, en-tête Société des Moteurs Gnome et Rhône).

AVIATION. Laurent SEGUIN (1883 1944) ingénieur et industriel, inventeur du célèbre moteur Gnome Oméga de 50 CV à 7 cylin…
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N° 449
Edmond BECQUEREL (1820-1891) physicien. L.A.S., La Jacqueminière près Courtenay (Loiret), 14 août 1863, à un « cher confrère et ami » ; 4 pages in-8 à son chiffre.

Longue et intéressante lettre sur ses travaux sur la lumière électrique, le courant alternatif et continu, etc. Il doit rester à la campagne jusqu’en novembre et ne peut donc donner « toutes les indications que vous désirez relativement à l’emploi de la lumière électrique. L’éclairage électrique dont il est question est celui que l’on obtient avec des machines magnéto-électriques, construites à Paris et qui ne sont que des grandes machines de Clarke ; mais, et cela est une innovation intéressante, on utilise les courants induits alternativement de sens contraire, de sorte qu’il n’y a pas besoin de commutateur. La lumière électrique obtenue, quand les machines sont assez puissantes, est à un prix bien inférieur à celui du gaz, mais pourvu que l’on utilise le foyer puissant que forme l’arc voltaïque et qu’on ne le divise pas ; ce n’est donc pas dans l’éclairage public ordinaire que l’on peut en faire usage, mais dans des cas spéciaux comme pour les phares, les signaux à bord des navires à vapeur, l’éclairage des passes près des côtes, des mines, etc. C’est du reste la seule application qui résulte […] de l’emploi de ces appareils magnéto-électriques »… Il indique plusieurs publications dans lesquelles il a consigné les résultats qu’il a obtenus, ainsi que les éditions de ses rapports et travaux, en particulier sur la lumière des appareils électro-magnétiques. Si on ne trouve pas ces ouvrages à Turin, on peut en faire la demande au Prince Napoléon, Président de la Commission Impériale. Il peut également se référer à l’exposition de Londres de l’an passé, et il trouvera aussi des documents dans « nos annales du Conservatoire des Arts et Métiers », etc… Son père [le célèbre physicien Antoine Becquerel] est sensible à son bon souvenir et se rappelle à son excellente amitié : « il a toute l’activité possible et se prépare à la réimpression de son traité d’électro-chimie »…

Edmond BECQUEREL (1820 1891) physicien. L.A.S., La Jacqueminière près Courtenay (Loiret), 14 août 1863, à un « cher conf…
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N° 450
Daniel Bernoulli (1700-1782) médecin, physicien et mathématicien suisse. L.A.S., Bâle 25 décembre 1758, [à l’astronome Jean-Paul Grandjean de Fouchy, secrétaire perpétuel de l’Académie des Sciences ?] ; 1 page in-4.

« La Connoissance des tems, que vous avez encore eu la bonté […] de m’envoyer, m’est tous les ans d’un nouveau prix par les nouvelles assurances dont vous l’accompagnez, de votre amitié et de vos bontés pour moi ; agréez que je vous fasse de tout cela mes tres humbles remercimens et que je vous renouvelle à mon tour les assurances de ma parfaite veneration et des vœux que je fais pour votre conservation. La mort de notre cher M. Bouguer m’aflige toujours bien vivement : je laisse à la Republique des lettres de regretter le savant ; pour moi je ne saurois encore regretter que l’ami. Cependant, Monsieur, vous soulagez sensiblement ma douleur en vous faisant de notre perte un motif pour resserrer nos liens ; vous jugez bien par le grand avantage qui m’en revient, que j’y correspondrai de toutes mes forces. Je vous ai toujours été un serviteur fort inutile mais toujours parfaitement devoué et egalement penetré d’estime pour vos belles qualités de cœur et pour vos rares merites. Si tous les savans savoient comme vous allier ces deux choses, on pourroit vivre en paix malgré les excellens ouvrages qu’on donne au Public »…

Daniel Bernoulli (1700 1782) médecin, physicien et mathématicien suisse. L.A.S., Bâle 25 décembre 1758, [à l’astronome J…
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N° 451
Charles BOSSUT (1730-1814) abbé, géomètre (Académie des Sciences), collaborateur de l’Encyclopédie. 2 L.A.S., Paris 1783 et 1793 ; 1 et 2 pages et demie in-fol.

30 mars 1783. « Monseigneur, vous ne laissés échapper aucune occasion de donner des marques de bienveillance aux membres de l’académie des Sciences. […] j’en ai été très souvent l’objet ; et je suis en particulier pénétré de la plus vive reconnoissance de la bonté que vous avez eue d’engager Sa Majesté à faire imprimer mon Traité d’Hydrodynamique »…
19 brumaire II (9 novembre 1793). au citoyen Dupin « adjoint au Ministre de la Guerre ». « Mes travaux pour le corps du génie te sont parfaitement connus, […] je luy ai formé des sujets pendant quarante trois ans, avec un zèle et un succès dont il n’existe que peu d’exemple ». Cela lui attiré des ennemis et soulevé des calomnies contre lui, « mais fort de ma conscience et de ma notoriété publique, qui atteste que j’ai toujours rempli mes fonctions avec intégrité, je ne me plains de personne ». Ces problèmes ne l’étonnent pas, car il sait que la liberté est orageuse : « Mon patriotisme inaltérable est fondé sur des principes philosophiques très anciens », qui l’ont parfois exposé à de grands dangers sous l’Ancien Régime : cela fait plus de 40 ans que la raison et l’étude de l’histoire « m’ont démontré que le gouvernement républicain est le meilleur de tous : je mourrai dans ces sentiments »…

Charles BOSSUT (1730 1814) abbé, géomètre (Académie des Sciences), collaborateur de l’Encyclopédie. 2 L.A.S., Paris 1783…
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N° 452
Pierre Michon BOURDELOT (1610-1685) médecin et anatomiste. L.A.S., Stockholm 9 mars 1652, à M. Bouillaud chez M. de Thou à Paris ; 3 pages in-4, adresse avec petits cachets de cire rouge (brisés).

Intéressante lettre de son séjour en Suède. [En octobre 1651, Bourdelot avait quitté Paris pour Stockholm pour aller servir la Reine Christine de Suède. L’astronome Ismaël Boulliaud (1605-1694) était le bibliothécaire des frères Du Puy et du président de Thou.]
Il se désole de la mort de M. du Puy [Pierre du Puy (1582-1651)] : « rien ne me pouvoit ariver de plus sensible cest une personne de lestime et amitié de qui je me pouvois asseurer, qui estoit une choze tres rare et precieuse, j’honoreray eternellement sa mémoire »… Il a rapporté à la Reine sa rencontre avec le « scavant Monsieur Bouillaud en passant à la Haye elle conoissoit desja sa reputation, quoiquil en soit je nay rien diminué de lestime quelle avoit pour son merite, elle est bien marrie quil nait pas voulu pousser son voyage jusquen Suède et quil ny ait pas amené Monsieur Daubray, la reputation de Monsieur le Lieutenant civil [Antoine Dreux d’Aubray (1600-1666) lieutenant-civil du Châtelet de Paris, père de la Brinvilliers, qui l’empoisonna] est icy fort grande et sa Majesté eust esté ravye de luy temoigner en la personne de M. son fils lestime quelle a pour luy »… Il recommande l’affaire au Châtelet de M. Spar [Gaspard von Sparr ?] : « il en a fait une requeste dressée a la Suedoise […] Cest un fort honeste Gentilhome brave et fort sincere qui a des parens icy en grande consideration ». Il fait ses « tres humbles baisemains » au président de Thou…

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N° 453
John BOWRING (1792-1872) économiste, homme politique et littérateur anglais ; il fut gouverneur de Hong Kong. L.A.S., Hong Kong 9 août 1858, à François Barthélemy Arlès-Dufour ; 3 pages in-4 avec coupure de presse collée au second feuillet ; en français.

Belle lettre faisant allusion à la conjuration des boulangers de Hong Kong d’empoisonner les Britanniques (15 janvier 1857), et au Traité de Tianjin (23 juin 1858), qui ouvrit des ports et villes et le fleuve Yangtsé au commerce occidental et établit des ambassades et légations britanniques, françaises, américaines et russes à Pékin.
Il revoit toujours avec plaisir sa signature. « Je vous reconnais toujours infatigablement occupé dans les questions de progrès – menant une vie plus tranquille – plus utile – quoique certainement moins troublée & moins turbulente que celle que la Providence m’a destinée. Après tant d’éloignement de l’Europe je voudrais bien y retourner pour me recueillir & chercher un peu de repos après tant de tracasseries. Je serai heureux si mon fils peut répondre à vos désirs en établissant des relations avec vous. Les maisons anglaises en Chine ont fait de bien mauvaises affaires en soie »… Il a l’espoir d’y retourner l’année prochaine. « Les nouveaux traités demanderont de nouveaux arrangements et je ne vois pas clair ce qui en arrivera. Les véritables difficultés sont loin d’être vaincues – & en évitant, & éloignant, la réception à Péking – et laissant l’affaire de Canton dans la malheureuse position où elle se trouve, – il y a un legs pour l’avenir dont je ne désire point être l’héritier. À vous dire vrai je ne suis pas content d’avoir été mis de côté – le gouvernement ayant approuvé toutes mes démarches. J’ai encouru tous les dangers – alter tulit honores – c’est bien le sort de beaucoup d’hommes – je m’y résigne mais c’est fort dur »… Il termine en envoyant ses amitiés aux vieux amis, qu’il espère encore revoir, « mais plus de tombeaux que de sourires m’attendent de mes anciennes connaissances. Depuis mon retour en Chine j’ai perdu mon père – tous ceux qui me restaient de mes frères & sœurs – fils – & fille – & encore une longue liste de morts. Ma femme & une de mes filles m’ont quitté pour l’Europe. Toutes les deux avaient beaucoup souffert de l’Empoisonnement qui n’a épargné personne de ma famille »…

John BOWRING (1792 1872) économiste, homme politique et littérateur anglais ; il fut gouverneur de Hong Kong. L.A.S., Ho…
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