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collections: Estampes, Tableaux anciens et du XIXème siècle, Joaillerie, Mobilier Objets d’Art, Tapis

jeudi 06 décembre 2018 - 15:00
7, rue Rossini 75009 Paris
Lots phares

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N° 47
47
Collier articulé à transformations en or jaune (375 millièmes) et argent (>800 millièmes) à décor de branchages feuillagés, retenant cinq églantines en chute et en pampille, l’ensemble serti de diamants taillés à l’ancienne et en rose. L’églantine centrale ornée d’un diamant plus important. Dans son écrin d’origine doré aux petits fers, en forme, de la maison EV. Schenk et Cy - Toulouse, dissimulant une armature de diadème, cinq montures de broche en or jaune et argent et cinq épingles à chignon en métal doré, montées en trembleuse.
Deuxième moitié du XIXème siècle
Poids brut du collier : 92.81 grammes
8 000 - 10 000 €


Il est souvent plus difficile de saisir la beauté d’un objet sans se pencher sur le contexte dans lequel il est né. Nous vous proposons une mise en perspective qui guidera peut-être les curieux, amoureux d’histoires, à apprécier d’autant plus ce bijou à transformations.
Le XIXème siècle constitue, de manière générale, une période complexe mais également fascinante, durant laquelle se jouent de profonds bouleversements, qu’ils soient politiques, sociaux, culturels ou encore économiques et industriels. L’histoire de la joaillerie reste marquée par quatre évènements majeurs. En premier lieu, la Révolution industrielle se fait l’instrument de progrès techniques sans précédent et participe ainsi à l’accessibilité des pièces de joaillerie par une frange plus importante de la population. En outre, les joailliers bénéficient d’un apport massif de métaux précieux et de pierres. En effet, les grands filons aurifères de Californie et d’Australie découverts au milieu du siècle, les premiers d’ailleurs depuis l’Antiquité romaine, inondent le marché de métal précieux. Parallèlement, les années 1860 signent le début des découvertes des mines de diamants en Afrique du Sud, ce qui va profondément transformer l’industrie diamantaire. Enfin, la première Exposition Universelle qui se tient à Londres en 1851, permet aux joailliers des pays industrialisés, d’exposer ensemble pour la première fois, ce qui ne manque pas de susciter une émulation très fructueuse.
Ainsi donc, ces quatre facteurs déterminants ont mené la joaillerie à prendre une nouvelle orientation au cours du XIXème siècle, laissant peu à peu le courant romantique prendre le pas sur l’engouement très marqué, dans tous les domaines de l’art d’ailleurs, pour le néoclassicisme. Cette tendance se traduit par un goût prononcé pour le style naturaliste qui atteint son apogée dans les années 1840 et devint le style conventionnel. Le monde végétal constitue alors une source d’inspiration remarquable pour les joailliers notamment, qui parent leurs clientes des plus belles pièces. Le répertoire utilisé n’était d’ailleurs jamais anodin et évoquait souvent un évènement significatif, un sentiment ou parfois même une particularité héraldique. En l’espèce et classiquement, les cinq fleurs représentées sur notre bijou sont des églantines, fleurs de l’églantier ou rosier sauvage, constituant l’espèce originelle des roses que nous connaissons aujourd’hui. Nous associons souvent à cette famille des rosacées, les symboles de l’amour, du pouvoir mais également du secret.
Durant la IIIème République, dénuée pourtant d’une vie de cour, les habitudes perdurent et on porte encore bien volontiers toutes les formes de bijoux alors en vogue sous la monarchie, à savoir, colliers, broches, bracelets, épingles à chignon et diadèmes. A cette époque, les bijoux sont considérés comme un signe extérieur de richesse et la valeur d’une personne est en corrélation directe avec l’importance de ses bijoux. Ainsi, plus ceux-ci étaient imposants, plus la personne était respectable. La philosophie matérialiste dominante à cette époque, tendait à établir une équation entre richesse matérielle et richesse spirituelle.
Les bijoux se faisaient donc ostentatoires et certaines pièces étaient tout particulièrement appréciées. C’est le cas notamment du diadème, considéré à cette époque comme l’instrument privilégié de l’élégance. Associé aux cérémonies prestigieuses, il était investi d’une symbolique forte et continuait de séduire les dames qui évoluaient dans un monde en pleine mutation. Le diadème avait finalement pour fonction de pérenniser une tradition à laquelle se raccrochaient furieusement les adeptes de la royauté.

Par ailleurs, les épingles à chignon que nous présentons à l’encan possèdent une particularité, constituant une innovation du XIXème siècle, puisqu’elles sont montées « en tremblant », c’est à dire sur ressort, de sorte que les fleurs vibrent et reflètent la lumière au moindre mouvement de celle qui les porte. Procédé breveté par la maison Mellerio en 1854, il permettait d’accentuer le réalisme des compositions et d’imiter à la perfection le monde végétal.
Enfin, le bijou que nous vous présentons et dit « à transformations », permettait, par les différents ornements amovibles, de changer de style au gré de ses humeurs, de sa toilette ou bien encore en fonction du moment de la journée et des activités entreprises. Ces bijoux se devaient donc d’être facilement transportables, le plus souvent dans un écrin en forme, présentant un emplacement dédié à chaque élément, comme c’est le cas ici, et étaient facilement transformables. Les dames de l’époque, dont le dessein était de briller en société, aimaient porter tour à tour leur bijoux comme instrument de fastes lors de fêtes nocturnes ou simplifiés pour remplir leurs obligations de la journée.
Ainsi donc, notre bijou, en en constituant finalement plusieurs, représente un parfait exemple de création du XIXème siècle, mettant à l’honneur tous ses codes et marqueurs si prégnants et reconnaissables, et en même temps si complexes, car étant le fruit du plus pur éclectisme.

47 Collier articulé à transformations en or jaune (375 millièmes) et argent (>800 millièmes) à décor de branchage…
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