Tapisseries

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N° 220
Importante et rare tapisserie en laine et soie, dite Millefleurs. Attribué aux Pays-Bas du sud, ou aux ateliers franco-flamands du début du XVIe siècle. Sur un fond des fleurs noir, verte, bleu et rouge, sont disposées verticalement cinq oiseaux dans différentes postures, certains prêts à prendre leur envol, un léopard dans le bas à gauche suivi d'un ours à droite et d'un petit lapin. Le léopard donnant l'aspect d'un prédateur vis-à-vis des oiseaux paisiblement posés dans ce champ de fleurs. Le plan supérieur à fond beige représente des maisons, châteaux, église et un moulin, agrémenté de bouquets de fleurs et animaux. Hauteur: 2m07, largeur: 1m87. Restaurations, doublée vers 1960. Provenance: Ancienne collection Dassy à Meaux dans la première partie du XIXe siècle, puis par successions, vicomte de L, et descendance. Cette tapisserie est intéressante à plus d'un titre. Hormis ce fond mille fleurs, que l'on retrouve sur celle du Rijksmuseum, avec des oiseaux, mais rarement des animaux sauvages, il est très exceptionnel pour ne pas dire unique de voir la représentation dans la partie supérieure d'un paysage de vallons et maisons mais surtout de la présence d'un moulin, ce qui confirmerait l'origine des Pays Bas. Certes il existait des moulins dans tous les pays, mais c'est un symbole des Pays-Bas. Ce type de bordure se rencontre parfois dans le bas sur d'autres tapisseries de cette époque. Un deuxie fragment conservé au Rijksmuseum, inv. BK.17252, 1m46 x 1m19, comporte une partie d'un léopard. Et enfin, le dernier fragment du musée, inv BK-NM-11625, 1m67 x 1m07, provenant le la collection Somzée, vendue à Bruxelles en mai 1905, représente un léopard au centre avec des oiseaux.Autrefois ce type de tapisserie était plutôt attribué aux pays de la Loire ou aux ateliers des Flandres. En effet Gobel en 1923, grand spécialiste reconnu, décrit à l'époque, une tapisserie similaire comme provenant de Tournai en Belgique. Lors de l'exposition de 1947 au Palais des Beaux Arts de Bruxelles, il est indiqué que ce type de tapisserie «à fond de fleurettes et d'animaux» proviennent d'ateliers des bords de la Loire, (ne 25 et 26). Il est aussi intéressant de remarquer que la disposition des fleurs d'une façon verticale diffère par rapport aux autres ateliers remarqués par G.J. Demotte dans son livre «La tapisserie gothique». Ces fleurs sont réparties plutôt d'une façon aléatoire. Un autre animal dans notre tapisserie, est très rarement représenté. C'est le léopard, ou panthère, animal au pelage tacheté, connu depuis l'antiquité et représenté jusqu'à la Renaissance. Les rois d'Angleterre ont choisi cet animal dans leurs armoiries. Nous avons aussi la représentation d'un ours, peu courant dans ce type de tapisserie. Une autre tapisserie dite «Franco-Flamande» circa 1490-1520 de l'ancienne collection Davide Halevim, présente des fleurs presque identiques, plus éparses, sur un fond noir avec les coroles tombantes, mais surtout des animaux semblables dans leur dessin avec notre léopard ou panthère. Il faut rajouter en plus, le bas de la tapisserie qui a le même fond beige clair que le haut de la nôtre. Guy Delmarcel, remarque dans une tapisserie du Victoria & Albert Museum, qu'à Bruges, vers 1540/50, on tissait encore des millefleurs, à fond noir, ce qui prouve le succès à l'époque de ces décors. Il serait intéressant de savoir parmi les fonds de ces tapisseries dites Millefleurs, comportant des bouquets de fleurs plus ou moins denses, lesquelles sont les plus anciennes et peut être ainsi, déterminer les lieux de fabrication. Tous ces éléments, permettent de dater ces tapisseries sans doute de la fin du XVe ou peut-être du tout début du XVIe siècle, mais surtout de la même région d'Europe, sans doute les Pays-Bas, selon les connaissances actuelles. L'architecture des maisons est typique de ces régions. Mais il ne faut pas exclure d'autres ateliers, puisque les ouvriers changeaient parfois de lieux de fabrication et vendaient leur savoir faire au plus offrant mais parfois se faisaient débaucher par une manufacture concurrente. Et pour compliquer la localisation des lieux de tissage, ils utilisaient les mêmes cartons, vu leur prix de fabrication élevé, certainement avec quelques variantesBibliographie et références principalement des musées. -Une tapisserie ou fragment conservé au Rijksmuseum, provenant de la collection Fievez en 1901 à Bruxelles, représente sur un semi de fleurs, un léopard et certains oiseaux très similaires. Reproduite, ne 12 du catalogue, volume 5 «European tapestries in the Rijksmuseum». Waanders Plublishers, Rijksmuseum, Amsterdam. -Une tapisserie ou important fragment avec lionne, licorne, chèvre, chiens et oiseaux, reproduit dans le Göbel en 1923 «Wandteppiche, I.Teil, Die Niederlande, band II. Verlag von Klinkhardt & Biermann/Leipzig, ne 62 du catalogue, attribuée à Tournai et conservée dans une collection américaine à l'époque. -Gobel décrit une autre tapisserie attribuée à Audenarde est conservée à la cathédrale d'Angers. Cette tapisserie dite «scène de jardin» représente des animaux dont un cerf, sur un fond similaire de millefleurs et d'une frise supérieure de maisons sur fond beige. «Wandteppiche, I.Teil, Die Niederlande, band II. Verlag von Klinkhardt &Biermann/Leipzig, ne 251 du catalogue». -Un très rare léopard, animal central de la composition, sur un fond millefleurs, est représenté dans un fragment, illustré dans «Wandteppiche, I.Teil, Die Niederlande, band II. Verlag von Klinkhardt & Biermann/Leipzig, ne 254 du catalogue». Amsterdam, Musée voor Geschiedenis en Kunst. -Lors de l'exposition «Gothique» de la manufacture des Gobelins en 1928 sous la direction d'E. Planes, une tapisserie similaire est représentée sur la couverture du catalogue des éditions Albert Morancé. -Un fragment avec des fleurs et oiseaux très similaires, 0m85 x 2m44, couverture du catalogue vente Sotheby's 1 juin 1978, ne 386. Un autre fragment, lors de la même vente ne 385 avec une frise similaire de paysage et de maisons formant la partie supérieure, provenant de l'ancienne collection du Comte de Kermaingant. -Un fragment de tapisserie de la collection Goldschmidt, vendue à New York Sotheby's 1er juin 1991 avec une partie supérieure, plus étroite à fond beige de maisons, et fleurs et animaux sur fond noir, décrite comme franco-flamande vers 1520. -Bordure supérieure très proche de la nôtre dans une millefleurs du Musée de San-Francisco; «Five centuries of Tapestry», Anna G. Bennett, 1992 Fine Art Muséum of San Francisco

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