Flacons et parfums

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N° 205
Nécessaire de voyage
de forme rectangulaire en placage de frêne dans des encadrements de filets en amarante et de laiton. le couvercle orné en son centre d'un losange en laiton présente au revers un miroir démasquant un nécessaire à courrier en satin. L'intérieur avec des accessoires en cristal, argent et nacre se compose de deux plateaux : à la partie inférieure, entonnoirs, tasse et soucoupe, flacons ....à la partie supérieure, nécessaire à couture: bobines, canif, écuelle....
Il comporte deux prises latérales en bronze et laiton simulant une vasque
Epoque Restauration
(petites restaurations quelques éléments remplacés et manquants)
H: 14 - L: 35 - P: 24, 5 cm

Le terme de nécessaire apparaît au XVIIIème siècle. Adopté pour désigner les différents accessoires utilisés pour la toilette, le voyage, la couture et la dégustation de boissons telles que: le chocolat ou le café.
Le dictionnaire de Trévoux publié à partir de 1704 donne cette définition: "On appelle nécessaire, l'assortiment et tout l'attirail qui convient pour faire, pour servir et prendre du café, du thé ou du chocolat (.....) petite boite divisée par compartiments pour renfermer différentes choses nécessaires ou commodes en voyage. Il ne s'agit là d'ustensiles utiles à la consommation de boissons. Le livre journal de Lazare Duvaux le 18 juin 1750 note la livraison de "tout ce dont on a besoin pour la toilette": pots à crème, boite à savon, pots à pommade….. écuelle couverte...
Chaque accessoire est placé dans un vaste coffret dont l'intérieur aménagé de multiples caissons évidés.
Les nécessaires résultent de la collaboration de plusieurs métiers: Orfèvres, coutelier, miroitier, manufacture de porcelaine; tous sous la direction du tabletier. En 1737 on compte au moins 70 tabletiers.

Bibliographie:
- Indispensables nécessaires, Exposition 24 octobre 2007-14 janvier 2008, Musée National des châteaux de Malmaison et Bos-Préau
- Histoires de nécessaires, Anne Dion et Gérard Mabille in l'Estampille l'Objet d'Art novembre 2007, n°429, p.60-65.

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N° 213
Émile Gallé 1846-1904
Cristallerie "Vase-gourde aux lions héraldiques et fleur de lys" Vers 1871-1878.
Important vase en cristal légèrement fumé en forme de gourde aplatie sur piédouche, deux rangées de passants appliqués sur les côtés. Décor émaillé de trois lions passants sur une face, et d’une fleur de lys stylisée sur l’autre.
Décor gravé à la meule en intaille, peint aux émaux durs polychromes et rehaussé à l’or.
Signé en creux "Émile Gallé fecit Nancy"
Hauteur : 35 cm

Un vase bien énigmatique…

Émile Gallé, dès le début de sa production d’œuvres de verre se trouve confronté à divers courants et événements qui l’influencent. En effet, notre artiste subissant les affres de la guerre territoriale avec la Prusse ; le 15 juillet 1870, la France et la Prusse entrent en guerre, puis le 10 mai 1871, est signé le traité de Francfort qui reconnait la capitulation de Paris et ampute la France du Nord de la Lorraine et de presque toute l’Alsace. Ce traumatisme affectera les lorrains en profondeur. Émile Gallé d’autre part, empreint de chevalerie, de visites de musées sur la Lorraine au Moyen-Âge, de décoration héraldique, ainsi que de vases en verre anciens (Asie, Perse, Venise, etc.) fera comme ses contemporains, œuvre de résistance.

A quel moment É. Gallé décide-t-il de réunir ces influences dans sa création artistique ?
Participant à l’Exposition Internationale de Londres en 1871, nous pouvons nous interroger sur le choix iconographique de cette gourde.
A l’image d’un écu armorié, l’artiste a positionné sur ce vase trois lions superposés sur l’une des faces. Cette symbolique héraldique correspond à celle de Richard Cœur de Lion et fait appel à son histoire et ses valeurs : courage, réunification d’un vaste Empire, Croisades et chrétienté. Nous remarquons également que l’artiste a subtilement donné des expressions humaines aux lions, détail qui ajoute du mystère à ce vase.
Le motif de la fleur de lys est le symbole royal par excellence, car sa forme le fait ressembler à un sceptre. D’après la légende véhiculée par les clercs du Moyen-Âge, un ange aurait offert un lys au roi Clovis (481-511) ; ces trois branches stylisées ornent les armes des rois de France depuis 1179 et signifient : Foi, Sapience, Chevalerie.

C’est certainement la portée esthétique, symbolique et spirituelle, ainsi que la profondeur de ce langage universel, qui ont séduit Émile Gallé.
Jean Cayon (1810-1865), historien et libraire, auteur des Chroniques, lois, mœurs et usage de la Lorraine au Moyen-Âge, va l’initier au lotharingisme (régionalisme lorrain) et à la décoration héraldique. Egalement influencé par son cousin Ernest Gallé, peintre amateur, qui écrit un livre sur les blasons dessinés.

Cette pièce d’Émile Gallé, en cristal légèrement ambré présente également les caractéristiques typiques d’un flacon appelé « gourde de pèlerin », qui se différencie par sa forme ronde, son corps aplati et sa rangée de passants appliquée sur chaque flanc. Ces cabochons creux permettaient au pèlerin d’y glisser une corde pour transporter la gourde autour du cou, à la ceinture ou sur la monture.

É. Gallé, dans sa fougue et cette création qui l’anime, a-t-il voulu nous parler de résistance, de courage chevaleresque et de reconquête (tel Richard Cœur de Lion) face à l’ennemi prussien ? A-t-il utilisé cette gourde et ses décors pour incarner ce message à l’exposition londonienne ? Toute l’Œuvre de Gallé, ainsi que ce qui va suivre, peut se résumer dans cette énergie créatrice. Au-delà de ses prouesses techniques et de son univers naturaliste et symboliste, l’artiste apporte une réflexion sensible et sensée sur le contexte de cette époque, une société vulnérable à l’avenir incertain, et particulièrement sur sa terre meurtrie, l’Alsace-Lorraine.



« Dans l’ornement, le symbole est un point lumineux parmi l’insignifiance paisible et voulue des rinceaux et des arabesques. Le symbole pique l’attention, c’est lui qui fait entrer en scène la pensée, la poésie et l’art. Les symboles sont les pointes où se concrétisent les idées ».

Émile Gallé, Écrits pour l’Art,
Lafitte reprints, Marseille, 1980 (extrait).


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