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N° 230

CREIL MONTEREAU

Partie de service de table nommé Rousseau en faïence fine de la manufacture de Lebeuf et Milliet, le modèle créé en 1866 par Eugène Rousseau et Félix Bracquemond, à décor polychrome dans le style japonisant de plantes, herbes, insectes, volatiles, poissons, mollusques et crustacés, les bords contournés soulignés de peignés bleu, se composant de 167 pièces :

Une grande terrine ovale couverte

Deux terrines ovales couvertes

Une soupière ronde couverte

3 sucriers ovales couverts sur plateau attenant

4 saucières ovales sur plateau attenant

2 salières doubles

17 coquetiers

10 plats ovales

10 plats ronds

12 assiettes à pain

48 assiettes plates

24 assiettes à dessert

18 assiettes à potage

5 petites assiettes

8 compotiers demi-lune

Un grand saladier rond

Marqué : Creil LM et cie Montereau modèle Rousseau à Paris.

Fin du XIXe siècle.

Quelques éclats et fêlures.




Le graveur et céramiste français Félix Bracquemond (1833-1914) est une figure incontournable de la vie artistique de la seconde moitié du XIXe siècle. Il fut l’ami proche de Manet, Degas, Gauguin et Rodin, mais aussi de Gautier ou encore des frères Goncourt. Avant tout graveur, il est à l’origine du renouveau de la technique de l’eau-forte. Il guide ainsi de nombreux artistes dans cette voie, de Corot à Milliet, sans oublier Degas et Pissarro, au sein du groupe impressionniste dont il est un membre actif. Sa renommée repose aussi sur sa découverte et son appréciation des estampes japonaises qui participeront au renouvellement esthétique de l’art moderne.
En 1856, Bracquemond découvre un recueil des gravures du japonais Hokusai, typique du genre pictural connu au Japon sous le nom de « Kachô-ga », peinture de fleurs et oiseaux avec figuration d’insectes, crustacés et poissons. Il est séduit par ce thème qui fera de lui l’initiateur de la vogue du japonisme en France à la fin du XIXe siècle.
Entre 1860 et 1864, une collaboration avec Théodore Deck lui permet de travailler sur la céramique dans le cadre des arts décoratifs.
L’histoire du service Rousseau commence le 16 mars 1866, par la première lettre que le commanditaire, François-Eugène Rousseau, adresse à Bracquemond. Rousseau (1827-1890) est dans les années 1860 un « marchand-éditeur » employant des ouvriers libres. Il a le projet d’un service en faïence et ses idées de décors, et demande à Bracquemond un conseil technique pour sa réalisation. Bracquemond prend l’affaire en main et ce sont les planches gravées par Bracquemond lui-même qui sont apportées à la manufacture de Montereau où le service doit être réalisé. Les sujets japonais sont empruntés à différents albums d’Hokusai, Hiroshige, ou encore Katsushika Isai et disposés de manière aléatoire, suivant une composition ternaire, un grand sujet accompagné de deux petits.
Ce service sera présenté pour la première fois à l’Exposition Universelle de 1867 où il obtint un très grand succès. Le jury remet une médaille de bronze à Eugène Rousseau et une médaille d’or à la manufacture Lebeuf et Milliet.
Le service est ensuite complété (tasses à thé, à café, théière, pot à sucre) et la fabrication sera laissée à la manufacture de Creil et Montereau. Barluet, successeur de Lebeuf le réédita au début des années 1880. En 1885, Eugène Rousseau cède son affaire à Ernest-Baptiste Leveillé qui continue l’édition de ce service sous sa propre marque.
A l’occasion de la présentation du service Rousseau à l’Exposition international de Londres, Mallarmé publie en 1871 un vif éloge renouvelé en 1872 : « Je m’étais refusé toute allusion forcément trop brève à cet admirable et unique service, décoré par Bracquemond de motifs japonais empruntés à la basse-cour et au réservoir de pêche, la plus belle vaisselle récente qu’il me soit donné de connaître. Chaque pièce, les assiettes même, veut sa description spéciale », « Je devrais particulièrement citer, comme traduction du haut charme japonais faite par un esprit très français, le service de table demandé, hardiment, au maître aquafortiste Bracquemond où se pavanent, rehaussés de couleurs joyeuses, les hôtes ordinaires de la basse-cour et des viviers »,

Bibliographie :
Catalogue général de l’Exposition Universelle de 1867 à Paris, Paris, 1867.
J.P. Bouillon, C. Shimizu, P. Thiebaut , Art, industrie et japonisme : le service Rousseau., catalogue d’exposition, musée d’Orsay, 1988.
L. d’Albis : « les débuts du japonisme céramique en France de Bracquemond à Chapelet », Sèvres, n° 7, 1998, pp. 21-31,
J.P. Bouillon, C. Meslin-Perrier, Félix Bracquemond et les arts décoratifs, du japonisme à l’art nouveau, catalogue d’exposition, 2005.

CREIL MONTEREAU Partie de service de table nommé Rousseau en faïence fine de la manufacture de Lebeuf et Milliet, le …
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