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N° 100
COMMODE Par Jean-Henri RIESENER (1734-1806) Reçu Maître en 1768 Paris, époque Louis XVI, vers 1780 MATÉRIAUX Bâti de chêne, acajou et placage d'acajou, bronzes dorés et marbre gris Estampillée J.H. RIESENER, 58 x 128 x h 90 cm Il est l'un des plus habiles ébénistes du dernier quart du XVIIIe siècle, devenu Ebéniste de la Couronne dès 1774, en remplacement de Gilles Joubert. Une soumission des tarifs de Riesener établies pour le Garde-meuble de la Couronne en 1786, et aujourd'hui conservée aux Archives Nationales à Paris, nous apprend que l'ébéniste avait décliné ce modèle en trois versions plus ou moins riches. La seconde correspond à notre meuble: «ouvrages en bois d'acajou, commodes: -1ère version: Commodes de quatre pieds de long (130 cm) ayant 5 tiroirs, polis à la cire en dedans et son dehors, ornées de sabots chapiteaux, entrées et anneaux dorés, à dessus de marbre ordinaire 300 livres. La même, de 3 pieds de long (98 cm), 280 livres. -2e version: Commodes plus recherchées (...) avec des moulures de bois autour des panneaux, une moulure dorée en dessous de la frise; ornée de consoles, chapiteaux ciselés, sabots, entrées de serrures et anneaux dorés d'or moulu, 400 livres. -3e version: Commodes plus recherchées (...) avec des moulures de bronze autour des panneaux, une moulure dorée au-dessous de la frise; ornées de consoles, chapiteaux ciselés, sabots, entrées de serrure et anneaux dorés d'or moulu, 600 livres» Trois commodes similaires à la nôtre furent livrées par Riesener pour le château de Fontainebleau avant 1786. Elles furent toutes trois estampillées Riesener et Weisweiler, son principal sous-traitant. L'une d'entre-elles appartint à Anna Gould et fut vendue par Sotheby's à Monaco, le 5 février 1979 (lot n°43). Les deux autres firent partie de la collection Cornet- Epinat. Citons encore une quatrième commode, aujourd'hui conservée dans les collections du Musée Carnavalet. Deux de ces commodes en acajou estampillées J.H. RIESENER sont reproduites dans l'ouvrage de Jean Nicolay, L'Art et la Manière des Maîtres Ebénistes Français au XVIIIe siècle. Ed. Pygmalion, Paris, 1976, p.402, fig.AE et AB. En raison du succès de ses créations et face au nombre grandissant de commandes, Riesener organisa le bon fonctionnement de son atelier en mettant au point des déclinaisons d'un seul et même modèle de base, proposant, ainsi que nous venons de le constater à travers notre exemple, des variantes qui tant par les dimensions que par le décor, se devaient de répondre aux demandes exigeantes de la clientèle. Un bel exemple de cette capacité d'adaptation de l'ébéniste nous est fourni par la commode provenant de la collection Viel, présentant un bâti identique mais affichant des différences notables au niveau des pieds (en toupies), du cul-de-lampe (supprimé) et des bronzes (moins riches). Cette commode estampillée J. H. RIESENER et portant les marques au feu des châteaux de Compiègne et de Fontainebleau, fut vendue à Paris en 1932 (Galerie Georges Petit, Me Ader, 24 mai 1932, lot n°89), puis en 1951 (Galerie Charpentier, Me Etienne Ader 27 avril 1951, lot n°113). Jean-Henri Riesener fut un des rares ébénistes à s'être fait portraiturer au Siècle des Lumières. Son portrait par Antoine Vestier (1740-1824) vers 1785, est aujourd'hui conservé dans les collections du château de Versailles. On le voit tenant en main un crayon, affichant ainsi une volonté très nette de se hisser au statut d'artiste concepteur de meuble, plutôt que de rester à celui de simple artisan. Né en 1734 à Gladbeck en Westphalie (Allemagne) Riesener était le fils d'un menuisier en sièges. Nous ne connaissons pas l'année exacte de son arrivée à Paris, peut-être vers 1754. Il fit son apprentissage auprès de Jean-François Oeben, établi à l'Arsenal, et devint rapidement l'un de ses principaux ouvriers. A la mort de ce dernier en janvier 1763, Riesener reprit la direction de l'atelier pour le compte de sa veuve, et cela jusqu'à son accession à la maîtrise enregistrée en 1768. Pendant cinq ans, des meubles estampillés J. F. OEBEN furent donc en réalité exécutés, ou au moins achevés lorsque les bâtis existaient déjà, sous la direction de Riesener. Le meuble le plus célèbre créé dans ces conditions demeure le bureau à cylindre de Louis XV, commencé par Oeben, mais livré en 1769 par Riesener, qui l'estampilla à l'occasion, pour le cabinet de travail du Roi à Versailles. En 1767, notre ébéniste épousa la veuve d'Oeben et reprit le logement et l'atelier de ce dernier à l'Arsenal, enclos privilégié à l'abri des règlements contraignants de la corporation des menuisiers et ébénistes. Il y exerça pendant plus de trente ans, jusqu'en 1798. Riesener connu alors une ascension fulgurante. Le 5 février 1771, il effectua une première livraison au Garde-meubles de la Couronne, sous la forme d'un bureau mécanique dont il s'était fait une spécialité depuis le bureau du Roi. En juin 1774, Gilles Joubert, alors âgé de quatre-vingt cinq ans, lui céda par contrat son titre d'Ebéniste du Roi. Les dix années qui suivirent constituèrent pour Riesener son apogée: entre 1774 et 1784, il livra pour un total de 938.000 livres de meubles au Garde-meuble de la Couronne. Nombre d'entre-deux étaient destinés à la Reine Marie-Antoinette. Citons par exemple la table livrée en 1781 pour le cabinet intérieur de la Reine à Versailles, conservée au Metropolitan Muséum of Art, à New York, ou encore l'important bureau à cylindre plaqué de nacre, livré pour la Reine à Fontainebleau en 1786. L'arrivée en 1784 de Thierry de Ville d'Avray à la tête du Garde-Meuble de la Couronne sonna le déclin de Riesener. La volonté d'ordre et surtout d'économie affichée par le nouveau directeur provoqua en effet son remplacement au profit de son confrère Guillaume Benneman. Quelques années plus tard, la Révolution, avec la disparition de la clientèle de luxe, entraîna sa ruine. Riesener mourut sous l'Empire, en 1806. BIBLIOGRAPHIE Jean NICOLAY. L'Art et la Manière des Maîtres Ebénistes Français du XVIIIe siècle. Ed. Pygmalion, Paris, 1976. Deux modèles similaires reproduits p. 402. Pierre VERLET. Le Mobilier Royal Français. Ed. Picard, 1990, T. IV, p.102. Bill PALLOT et Nicole SAINTE FARE GARNOT. Le Mobilier du Musée Jacquemart-André. Ed. Faton, Dijon, 2006. Un modèle similaire y est reproduit, pp. 192-193. Commode estampillée J.H. Riesener, époque Louis XVI. Collection Bouvier, Paris, Musée Carnavalet.

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N° 212
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" Cabinet en palissandre de Rio à large corniche et tablette débordantes. Il ouvre à un vantail flanqué de quatre colonnes polylobées reposant sur un piètement ventru à cinq pieds cambrés. Riche ornementation de bronzes ajourés, ciselés, patinés et dorés à décor japonisant de dragons, insectes, fleurs, masques de chien chinois, galeries et sabots ajourés. Cartouche central quadrilobé à décor foisonnant enserrant un panneau amovible orné d'une scène du théâtre de Nô en laque, bois, os et ivoire sculpté incrusté. Signé sur la serrure: "Escalier de Cristal, Paris". Par l'Escalier de Cristal, d'après Édouard LIÈVRE (1829-1886). Vers 1895. Avec sa clé. (petits accidents et manques, petites fentes, légère décoloration). H. 208 L. 118 P. 66 cm Provenance Chalet de la Roque, Port-Mort (Eure), vers 1900. Collection privée. Né en 1828, Édouard Lièvre suit des cours de gravure et de dessin à Nancy. Ses premières oeuvres sont des reproductions des travaux des fonderies mosellanes. Les sculpteurs de ces fonderies l'encouragèrent très vite vers une voie artistique. Il s'installe à Paris vers 1848 tout en continuant de réaliser des dessins pour les fondeurs. Il entre dans l'atelier de Théodore Valério (1819-1879) et participe au Salon de 1855 dans la section Gravure et Dessin. En 1860, il intègre l'atelier de Thomas Couture (1815-1879) et se marie en 1862. Il est reconnu alors comme auteur de gravures et de livres d'art grâce notamment au Catalogue des objets d'art du Moyen-âge et de la Renaissance de la collection Sauvageot qu'il réalise avec Alfred de Sauzay, premier conservateur du département des Objets d'art. Cette célèbre publication le fait connaître auprès de nombreux amateurs. Ses dessins deviennent dès lors une référence pour les fabricants de meubles même si son nom n'est que rarement cité. Édouard Lièvre est fait chevalier de la Légion d'Honneur en 1875. C'est durant cette période qu'il entreprend de réaliser ses premiers meubles et objets d'art dont, en 1877, le meuble archétype de notre cabinet qui est aujourd'hui conservé au Musée d'Orsay. Tout en continuant sa carrière d'éditeur et de peintre, il réalise pour Valtesse de La Bigne en 1880 un important lit à baldaquin (actuellement dans les collections du Musée des Arts Décoratifs). à la suite de son décès en 1886, deux ventes furent organisées, en 1887 et 1890, à l'hôtel Drouot. La maison L'Escalier de Cristal achète à l'une d'elle certains modèles, croquis et plans de meubles avec leur droit de reproduction. L'Escalier de Cristal, créé vers 1800 au Palais-Royal, vite reconnu comme une image du luxe et du bon goût parisien, possédait dans son hall un escalier à balustres de cristal. Dirigé à cette époque par les frères Pannier, L'Escalier de Cristal est l'image du chic et de l'avant-garde par excellence. Pour se mettre au goût du jour, il n'hésite pas à déménager lors de la construction du nouvel Opéra et à s'installer à quelques mètres de ce haut lieu de la vie parisienne dans l'immeuble du Grand Hôtel, à l'angle des rues Scribe et Auber. Le meuble initial (aujourd'hui au Musée d'Orsay) est acheté au décès d'Édouard Lièvre par les frères Pannier qui vont éditer six autres modèles d'après ce premier exemplaire. Un des carnets d'Henry Pannier répertoriant ses créations, contient un dessin et une annotation concernant notre meuble: "Meuble (Mod Lièvre), panneau peint à l'huile, cadre bronze doré, palissandre très foncé, cuivres oxydés. Clients: Sieber (5 000, panneau japonais), Magnier (6 200, Berne Bellecour), Gd duc Wladimir (6 500, Clairin), David (3 500, japonais), Galoppe (5 000, M. Leloir), Gizycki (2 800, japonais)." Parmi ces six meubles, trois sont qualifiés de "japonais". Ce qualificatif doit signifier que le cartouche central du vantail est décoré d'un panneau japonais. Le cabinet que nous présentons doit probablement appartenir à ce groupe. Ces trois cabinets japonais sont: - l'exemplaire passé en vente à Londres (vente 4 décembre 2008, Bonhams, lot 153) orné d'un panneau représentant Juroujin le dieu de la Longévité, - l'exemplaire conservé dans une collection particulière, à décor d'un panneau représentant un Bodhisatva assis à côté d'un vase contenant une branche d'osier, - le nôtre orné d'une scène du théâtre de Nô et des petits cartouches simulant des meubles et objets japonais divers. Il faut noter que notre cabinet présente un décor plus "fouillé" et plus abouti que les autres meubles japonais de L'Escalier de Cristal que nous connaissons. En effet seul notre meuble est décoré d'une série de petits objets incrustés sur son vantail rappelant de manière fantasmée le monde japonais: théière, personnage en néphrite, éventail, vase en émaux cloisonnés, etc. Le fronton est aussi orné d'une plaque représentant sous un jour humoristique une Japonaise joufflue tenant un éventail. A cet égard il est intéressant de constater que le dessin du cabinet dans le carnet Pannier présente un décor incrusté dans le vantail autour de la composition centrale et un cartouche sur le fronton. Ainsi notre cabinet serait l'exemplaire le plus proche de celui initialement mentionné par Henry Pannier dans son carnet. Bibliographie - Philippe Thiébault, "Contribution à une histoire du mobilier japonisant, les créations de l'Escalier de Cristal", in Revue de l'art, n° 85, 1989, p. 76-83. - "Optima Propagare, Édouard Lièvre, créateur de meubles & objets d'art", Galerie Roxane Rodriguez, catalogue établi par Olivier Hurstel, 2004. - Catalogue des modèles en bronze, croquis et plans d'exécution pour l'ébénisterie avec droit de reproduction pour Meubles d'art et de décoration (...), provenant de la succession de M. Édouard Lièvre, artiste et dessinateur, hôtel Drouot, 27 février 1890, p. 14

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