Livres religieux

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Heures dessinées
au coeur du foyer artistique des Frères Limbourg
premier quart du XVe siècle

Heures à l'usage de Paris. XVe siècle. Manuscrit & dessins sur parchemin (inachevé). Un volume in-16 (15 x 10,5 cm), plein veau marbré à l'acide, trois filets dorés encadrant les plats, fleuron aux angles, dos à nerfs orné, toutes tranches dorées (reliure du XVIIIe siècle). Traces de fermoirs, et de fer d'angle & de milieu. usage Calendrier à l'usage de Paris (par exemple, sainte Anne en lettres d'or, le 28 juillet). Ce calendrier est quasi conforme à celui du livre d'heures de Jean de Berry. Il est encore plus conforme à celui des Heures Artz. Parmi les variantes, on note en particulier: -janvier: sainte Bautheuch (présent dans le nôtre, absent dans Berry) -13 et 14 juin: Léon et Babile (idem) -30 décembre: Perpétue (idem) Les Heures de la Vierge sont selon l'usage de Paris.collation Collation: 25 cahiers réunissant 178 feuillets de vélin: {a7 + b8} - {c8 + d8 + e4} - {f2} - {g8 + h8 + j8 + k8 + l8 + m6 + n8 + o4 + p8 + q6 + r6} - {s8 + t8} - {v8 + x9 + y7 + z8 + aabb15 (7+8)} Il manque 2 ff blancs & 10 ff de texte (comprenant vraisemblablement 3 images): - cahier a: le premier feuillet (probablement vierge). - cahier m: mq 2 ff au milieu (fin de Laudes et début de Prime, sans place pour une grande image) - cahier o: mq 4 ff: - 2 ff au début (fin de Tierce et début de Sexte, avec peut-être la place pour une image) - 2 ff à la fin (fin de Sexte et début de None, sans place pour une image) - cahier q: manque le second bi-ff = le 2e f (dernier psaume des Vêpres) et le 7e f (début des Complies, sans place pour une image). - cahier x: mq le premier f (début de la messe de la Sainte Trinité, avec la place pour une image). Les deux feuillets centraux ont été ajoutés. - cahier y: mq le premier f (fin de la messe pour les défunts, début du suffrage à saint Michel). - cahier aabb: il est constitué d'un cahier (aa) de 7 ff (autrefois de 8: il manque le f blanc jumeau du 4e), au milieu duquel on a inséré un autre cahier (bb) de 8 ff (Oraisons). Pas de manque au cahier e (composé de quatre ff), qui termine les Oraisons à la Vierge (par deux ff blancs). Pas de manque au cahier r (composé de six ff), qui termine les Heures de la Vierge (par un f blanc). Pour les besoins de l'illustration (scènes devant se dérouler sur deux pages en vis-à-vis: Annonciation & Office des morts), le peintre a ajouté le bi-ff constituant le cahier f, ainsi qu'un bi-ff au milieu du cahier x.détermination du texte manquant Les Grandes Heures (GH) du duc de Berry présentent, pour les Heures de la Vierge et les Heures de la Croix, un texte presque identique à celui des Heures Dessinées (HD), avec quasiment la même disposition des lignes. Exceptions: - GH f 13 r / j2,3: lectio secunda... tertia, versus etc. - GH f 55r / t6: dans les GH, la recommandatio (Has horas canonicas) est une hymne, placée avant l'antienne et l'oraison. Cette quasi-identité du texte permet de connaître le nombre de lignes manquant sur notre manuscrit, et donc de déterminer si le texte manquant laisse de la place pour une image, et si cette image manquante est une simple lettrine ou une grande image. - cahier m: m 4 et 5: - équivalent dans les GH: f 22 r et 24 r: soit 27 lignes pour finir Laudes, et 27 autres lignes pour commencer Prime. En tout, 54 lignes dans GH. - comme notre manuscrit contient 13 lignes à la page, soit 26 lignes au feuillet, le texte manquant tient l'intégralité des deux feuillets manquant. Donc, pas de place pour une grande image: à la rigueur, une simple lettrine. - cahier o: - mq o1, o2 (fin Tierce & début Sexte): équivalent GH (f 29 r - 31 r): 51 + 6 = 57 lignes, soit deux de nos feuillets plein (2x26=52) et 5 lignes vierges (soit, si on tasse un peu le texte, une grande image, à moins que les lignes ne soient restées vierges). - mq o7, o8 (fin de Sexte & début de None): équivalent GH (f 32 r - 34 r): 38+26 = 64 lignes, soit deux de nos feuillets plein de texte, sans aucun espace pour une image. - cahier q: - mq q2 et q7 (dernier psaume de Vêpres): équivalent GH (f 38 r): 25 lignes. Soit un feuillet du nôtre. - mq q7 (début de Complies): équivalent GH (f 41 r): 25 lignes. Soit un feuillet du nôtre, sans place pour une image.écriture Calendrier en français, chaque mois sur deux pages vis-à-vis. Texte liturgique en latin: - jusqu'au cahier z: texte latin sur 13 lignes. Rubriques rouges, en latin. - cahier final aa: texte latin sur 13 lignes. Rubriques en bleu, en français. - cahier final bb: texte latin sur 18 lignes. Rubriques en bleu, en français. Le cahier bb (Oraisons) est d'une autre composition, d'une autre écriture. Du point de vue de la mise en cahier (et donc du "projet"), il est ajouté. Néanmoins, il est de la même époque que les Heures proprement dites, et la décoration (marges, grandes lettrines) est identique. La rubrication en bleu (et en français) de ce cahier se retrouve dès le cahier aa, ainsi que dans le texte de l'Ave Maria (cahier ajouté f). Cette écriture en bleu se voit dans des manuscrits peints par les frères Limbourg.distribution liturgique CALENDRIER (cahiers a & b) PÉRICOPES ÉVANGÉLIQUES & ORAISONS À LA VIERGE (cahiers c à e) - Jean - Luc - Marc - Matthieu - Obsecro - Intemerata HEURES de la VIERGE (cahiers f, & g à r) - Matines - Laudes - [Prime] - Tierce - [Sexte - None] - Vêpres - [Complies] PETITES HEURES DE LA SAINTE CROIX (cahier s & t) - Matines - Prime - Tierce - Sexte - None - Vêpres - Complies MESSES (cahiers v à x) - de la bienheureuse Vierge Marie - du Saint Esprit - de la Sainte Trinité - pour les défunts. MÉMOIRE DES SAINTS (cahiers y à aa) - [saint Michel archange] - saint Pierre apôtre - saint Paul - saint Jehan le Baptiste - saint Christophe - sainte Catherine - saint Nicolas - saint Jacques - saint Antoine - saint Paul premier ermite - saint Jérôme docteur - saint Georges ORAISONS (cahier bb)illustration GRANDES IMAGES - 30 grandes images présentes (en comptant les deux sur les bifeuillets ajoutés: Ange Gabriel & Prière pour les morts). - 2 grandes images ayant figuré dans les feuillets absents. - 6 grands emplacements laissés vierges (dont 2 dans les oraisons finales). LETTRINES HISTORIÉES - 1 lettrine historiée ayant figuré dans un feuillet absent. - 2 lettrines et 1 emplacement de lettrine, laissés vierges. Soit un ensemble iconographique qui devait présenter 42 images: - 38 grandes images (ou 36 scènes si on compte pour une seule scène les deux images en vis-à-vis de l'Annonciation & de l'Office des morts) - et 4 lettrines. MARGES DÉCORÉES La décoration marginale semble légèrement postérieure: par exemple, la marge du f date de la moitié du XVe siècle. IMAGES MANQUANTES Le thème des images manquantes se déduit du cursus iconographique traditionnel (par exemple, la Visitation et la Nativité entre l'Annonciation et l'Adoration des mages). La dernière image correspond au thème de la prière (le départ en voyage); notons que cette image, très rare, est présente dans les Belles Heures du duc de Berry.le peintre Ce manuscrit vaut par ses images dessinées. Elles sont l'oeuvre d'un artiste parfait. Sa main est sûre, rapide, précise, proportionnée, vigoureuse. Plus précisément, nous sommes d'emblée au coeur du foyer artistique des trois frères Limbourg (Pol, Jehan et Hermann), qui dès 1405 jusqu'à leur mort brutale en 1416 ont oeuvré de façon exclusive pour Jean de France, duc de Berry (lui aussi mort en 1416). Pour ce prince, ils réalisèrent les plus grands chefs-d'oeuvre de l'enluminure parmi lesquels: les Belles Heures et les Très Riches Heures. Le fait que toutes les images n'aient pas été dessinées, et que la mise en couleurs n'ait pas été poursuivie (mais devait-elle l'être ?), indique un arrêt brutal de la production; la même chose apparaît pour les Très Riches Heures du duc de Berry, interrompues la même année. Tout indique une oeuvre "limbourgienne". La question qui se pose est de savoir si elle est l'oeuvre d'un des frères Limbourg, ou celle d'un proche collaborateur. Naturellement, on pense au maître qui dessina le Saint Jérôme présent dans la Bible moralisée de Philippe le Hardi (frère du duc de Berry). Toutefois, rien n'indique que ce maître ne soit pas l'un des Limbourg; ni que ce dessin ait fait partie à l'origine de ladite Bible (le feuillet, indépendant au départ, a été monté sur onglet et placé en frontispice); ni que ce rapprochement immédiat ne soit dû davantage à la technique employée (le simple dessin), qu'au style proprement dit. Nos images sont de trop bonne qualité pour que l'on puisse les attribuer à un élève (si tant est que les Limbourg en eussent formé qui eussent à ce point assimilé leur art). Une comparaison avec les Belles Heures (BH), réalisées par les frères Limbourg sur commande du duc de Berry, sera concluante. Nous présentons en annexe deux scènes: - Sainte Catherine au Mont Sinaï - Saint Georges. chacune d'entre elles étant représentée dans notre livre d'heures et dans les BH. La scène de l'enlèvement de Sainte Catherine est quasiment identique dans les deux livres: ce qui indique une origine commune, ou un lien de modèle à copie; et dans les deux cas, la production est clairement "limbourgienne". Mais cette scène ne suffit pas à poser l'antériorité de l'un par rapport à l'autre. Les deux images du martyre de Sainte Catherine procèdent de la même inspiration; il serait délicat d'acertainer la priorité de l'une par rapport à l'autre, quoique le personnage gisant à terre soit plus logiquement placé là en raison des grêlons qui, dans les Heures Dessinées, l'ont frappé. En revanche, la scène de Saint Georges est concluante: - d'un côté, nous avons une scène vigoureuse, précise, enlevée, douée d'un incroyable mouvement, tracée dans une fougue parfaitement maîtrisée. - de l'autre côté, nous avons une scène statique, assez malhabile, et par endroits illogique. Il suffit de regarder, dans les HD, le mouvement qui anime le combat; la confrontation du dragon et du cheval; la queue du dragon qui entortille et déséquilibre les jambes du cheval dans un "crochepattes" particulièrement bien venu; la plénitude de l'occupation de l'espace. En outre, dans les BH, le mouvement de la tête du cheval ne s'explique pas: autant il est logique dans les HD car le cheval se cabre face au dragon et lève la tête pour échapper à ses crocs, autant dans les BH ce mouvement n'a aucune raison d'être dans la mesure où le dragon s'avance vers l'arrière. Malgré toutes ces différences d'esprit, les deux scènes ont entre elles un lien de modèle à copie, et c'est précisément le mouvement de la tête du cheval qui en indique l'ordre: le peintre des BH s'est inspiré de celui des HD. Les mêmes observations peuvent se faire au sujet de plusieurs autres images. Ainsi: les Heures Dessinées se situent en amont & au-dessus des Belles Heures du duc de Berry Cette observation purement graphique étant bien assise, peut-on déterminer l'identité de l'artiste ? Les BH sont attribuées, sur la foi de documents incontestables, aux frères Limbourg. Plutôt que d'essayer de trouver un peintre 100 % limbourgien mais produisant de meilleurs dessins que ceux des frères Limbourg qui ont servi aux BH, il faut plutôt dire que nos Heures Dessinées sont un premier jet venant des frères Limbourg, et qu'ensuite ceux-ci, peut-être aidés par des collaborateurs, ont produit, en plus grand format et en les enluminant, les Belles Heures que leur avait commandées le duc de Berry. Pour expliquer la précellence des HD sur les BH, il y aurait l'hypothèse d'aller quérir Jean Malouel, oncle et maître des Limbourg... Mais la chose est par trop incertaine, d'autant plus que l'oeuvre de Jean Malouel est trop réduite pour qu'on puisse tirer une telle conclusion. Et sur le principe, il faut rester chez les Limbourg lorsqu'on est en présence d'une oeuvre 100 % limbourgienne. On ne peut être plus limbourgien que les Limbourg. A notre avis, il nous suffit de procéder par induction, comme le philosophe le fait dans l'expérience de l'être pour dégager la substance: nos Heures se situent au coeur le plus intime de la production limbourgienne, en amont de tous les grands travaux d'enluminure entrepris pour répondre aux commandes du duc de Berry. Nous sommes à la naissance de l'image limbourgienne, la naissance secrète, abritée à l'intime de l'atelier comme le fut la naissance du Seigneur dans la crêche de Bethléem. Nos dessins ont jailli sur le parchemin par pur plaisir et grand art, sans idée de devoir ni de commande. Ils n'ont certes pas la grandeur ni l'éclat ni la magnificence des Belles Heures ni des Très Riches Heures du duc de Berry. Mais, en un sens, ils sont plus importants encore, car ils en sont la source. Ainsi, selon la plus grande probabilité: les Heures Dessinées sont l'oeuvre la plus intime des frères Limbourg importance de ce manuscrit Il est trop tôt pour dire l'importance qu'auront ces Heures Dessinées dans l'histoire de la peinture française. Assurément, elle sera grande. Dans les années qui viennent, les érudits se chargeront de la déterminer. Dores & déjà, disons que ces petites images dessinées à l'encre vont permettre de: - mieux comprendre le simple génie graphique des frères Limbourg. Les oeuvres déjà connues sont enluminées, c'est-à-dire peintes. Or, la peinture a tendance à recouvrir et à masquer le trait. Ici, nous avons le trait pur, et quel trait ! quel mouvement ! quelle amplitude ! quelle sûreté ! quelle maîtrise ! - mieux comprendre le fonctionnement de l'atelier des Limbourg: il est très probable que chacun exerçait le domaine où il excellait, plutôt que de se mêler confusément de tout: par exemple, l'un dessinait, l'autre mettait en couleurs, le troisième retouchait les teintes. En nous présentant l'un seul de ces domaines (le dessin), nous avons un élément important pour poursuivre cette recherche. - mieux saisir l'agencement des différentes oeuvres limbourgiennes. Nous avons vu que les Belles Heures, certes magnifiques par leur taille et leurs coloris, sont dans la dépendance des Heures Dessinées pour le dessin proprement dit. Dans le corpus limbourgien, nos Heures Dessinées vont jouer le rôle de pierre de touche, de vérificateur, de principe. - mieux faire le départ entre les différents artistes qui se situaient en amont ou en aval ou gravitaient autour des frères Limbourg: André Beauneveu, Jaquemard de Hesdin, le maître de Boucicaut, le maître de la Mazarine, le maître de Bedford, le maître de Dunois, le maître de Rohan, le maître du Parement de Narbonne, le maître de Luçon, le maître d'Egerton, le maître de la Cité des Dames, le maître du bréviaire de Jean sans Peur et bien d'autres encore Plus largement, en voyant l'ensemble de l'histoire de l'art, ces petites images dessinées nous rappellent qu'il convient toujours de: - mettre définitivement en relief ce qu'a d'exceptionnel l'art français au premier commencement du XVe siècle. Vraiment, il fallait que le XIXe siècle n'ait rien compris, pour qualifier péjorativement de "gothique" l'art si divers de ces époques. - abattre le concept-même de «Renaissance». Peut-on "renaître" après les frères Limbourg ? Non. On ne peut que continuer, dépasser, se détacher, renier ou déchoir. Au choix ! Mais on ne peut "renaître" comme si nos prédécesseurs n'eussent point existé et que seuls les temps antiques si lointains eussent produit du beau. Car la perfection limbourgienne, comme la perfection dite "romane", comme la perfection carolingienne ou comme toutes les autres perfections si diverses atteintes par l'art humain depuis les peintures rupestres de ces premiers hommes qui n'auraient rien à nous envier d'autre que le confort et la mécanique, toutes ces perfections s'enchaînent et roulent dans l'histoire sans qu'il soit besoin pour exister de recourir à une prétentieuse "renaissance". - contribuer à replacer le dessin comme suppport nécessaire de la peinture. Sans dessin, sans structure, sans composition, la peinture n'est rien. Les frères Limbourg furent de grands peintres car il furent de grands dessinateurs. Il en va de même pour la pensée: le mot, la couleur, n'est rien; le dessin, la clarté, est tout. Ainsi, petites par leur taille, sobres par leur absence de coloris, humbles par leur long sommeil à l'abri des regards, ces images dessinées sont un chef d'oeuvre de tout premier ordre Leur découverte récente au fin fond d'une bibliothèque familiale est un événement exceptionnel pour l'art français

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