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N° 142
ESPAGNE. José Antonio CONDE (1766-1820) historien et orientaliste espagnol. L.A.S., Madrid 22 juillet 1811, à l'orientaliste français Amable Jourdain ; 22 pages in-4 ; en espagnol (traduction intégrale jointe). Longue et importante lettre sur la tradition arabe en Espagne. [Conde est alors interprète auprès de Joseph Bonaparte. Après le départ des Français, il sera expulsé d'Espagne et n'y reviendra que pour mourir dans une extrême pauvreté. Son Histoire de la domination des Arabes en 3 volumes ne paraîtra qu'après sa mort.] Il lui écrit par l'entremise de Silvestre de Sacy. « Autrefois, en Espagne, l'érudition orientale était chose assez commune, et presque vulgaire la connaissance de la langue arabe, à cause des rapports continuels avec les musulmans qui occupaient une grande partie de notre péninsule. A Cordoue, Séville, Tolède et Saragosse, il y avait des chrétiens aussi savants que les plus excellents Alims de ces capitales. Il faudrait une longue étude pour compiler une brève notice sur tant d'anciens arabo-hispaniques. Je ferai seulement une brève revue de ceux qui me semblent les plus intéressants. » Conde rédige cette longue étude sur une trentaine de ces savants, accordant à chacun de quelques lignes à plus à deux pages, avec un luxe de détails témoignant de sa grande érudition. Deux exemples : « Maître Pedro de Tolède, par ordre de l'abbé de Cluny, fit une traduction latine du Coran en 1143, la première qu'il y eut en Europe et qui servit aux chrétiens pour réfuter les doctrines alcoraniques ; par les fragments qui s'en conservent, on peut juger des capacités du traducteur. [...] Alphonse X, roi de Castille, surnommé le Sage, mérita bien ce nom, il traduisit de l'arabe beaucoup de livres de science et d'art, des ouvrages d'astronomie, et plusieurs traités d'échecs et de dominos, il favorisa tous les savants juifs et arabes de son temps ; il les assembla à Tolède en 1218 pour la formation des célèbres tables astronomiques appelées de son nom, les Alphonsines ; il introduisit la numérotation en chiffres arabes, alors qu'à son époque on utilisait seulement la latine. Il écrivit des poésies connues comme Cantigas ; la plus grande partie de ses oeuvres existe en manuscrit, et on a seulement imprimé, avec soin, ses lois des sept parties ; à la Bibliothèque Royale, il y a un livre de ce prince intitulé Du Trésor, écrit en superbes caractères arabes, hébreux, grecs [...] Par certains vers qui servent de prologue, on suppose qu'il envoya chercher un savant d'Alexandrie, qui lui enseigna le secret d'amasser de grandes richesses, et pour éviter que les ignorants ou les méchants puissent abuser de cette science, il la voulut occulter dans ce livre. Nul jusqu'ici ne s'est occupé de déchiffrer ce curieux livre »... Conde évoque Pedro d'Alcala, auteur de la première grammaire et du premier dictionnaire arabe imprimés en Espagne, Hieronymo Xavier, qui traduisit les Evangiles en persan, le jésuite Saint François Xavier, qui « écrivit en langue japonaise un élégant traité de la création du monde », sur Pedro de Valencia, qui protesta « contre les procès d'inquisition faits aux sorcières et magiciennes », etc.

ESPAGNE. José Antonio CONDE (1766 1820) historien et orientaliste espagnol. L.A.S., Madrid 22 juillet 1811, à l'oriental…
Enchère terminée