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Lot 3 -

FÊTE DE LA FÉDÉRATION. BAILLY (Jean-Sylvain), Gilbert Du Motier de LA FAYETTE, Joseph CHARON, Alexandre BARRE et Jean-Nicolas LARDIN. Pièce signée par ces deux derniers seuls en qualité de commissaires du pacte fédératif. 3/4 p. in-folio imprimée avec ajouts manuscrits, en-tête imprimé et cachet de cire rouge de la « Confédération nationale ». « Nous, maire de la ville de Paris [Bailly], commandant-général de la Garde-nationale-parisienne [La Fayette], président & commissaires de la Commune pour le pacte-fédératif [Charon, Barré et Lardin], certifions que M. BOUDET PERE, CAP[ITAI]NE, A ASSISTE A LA FEDERATION, EN QUALITE DE DEPUTE PORTE-BANNIERE DU DEPARTEMENT DU LOT, DISTRICT DE MONTAUBAN & que pendant son séjour dans nos murs, il nous a donné les témoignages du plus pur patriotisme & de la fraternité la plus entière... » LA FEDERATION, « CE MARIAGE DE LA FRANCE AVEC LA FRANCE » (MICHELET, Histoire de la Révolution française). L’historiographie conféra rapidement une forte charge symbolique à cet événement qu’elle présenta comme une manifestation de fraternité sincère, comme une mise en scène de l’unité nationale sans égard aux particularismes (donc parfois même comme l’acte de naissance du patriotisme) et comme une étape vers l’abolition de la royauté (les Fédérés s’étant largement radicalisés par la suite). Cette fête de la Fédération, et non du fédéralisme, fut organisée simultanément sur tout le territoire français, avec comme épicentre la grande cérémonie parisienne du Champ-de-Mars où assistèrent des délégués venus de toute la France. Il ne faut pas, cependant, occulter les ambiguïtés de l’événements : il s’agissait plutôt d’une initiative bourgeoise de canaliser un mouvement insurrectionnel et parfois même de répondre à la « Grande Peur » suscitée par les débuts de la Révolution. En outre, quoique sur des modalités plus festives en province, cette manifestation se déroula à Paris dans une atmosphère maussade, par un temps pluvieux, sous la forme d’un défilé militaire, avec messe et serment royal inaudibles pour la masse des assistants.

Estim. 100 - 150 EUR
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Lot 4 -

FEUILLET DE CONCHES (FELIX-SEBASTIEN). Deux volumes provenant de sa bibliothèque, chacun avec son monogramme ex-libris doré au dos. Les « précieuses » selon Somaize – SOMAIZE (Antoine Baudeau de). Le Dictionnaire des précieuses. À Paris, chez P. Jannet, 1856. In-16, lxiv-296-408 pp., feuillets de titre intermédiaires compris dans la pagination, maroquin grenat, dos à nerfs cloisonné et fleuronné avec monogramme doré en queue de dos, triple filet doré encadrant les plats, coupes filetées, dentelle intérieure dorée, tranches dorées sur marbrure , tache sur le premier plat (Capé). RECUEIL DE 4 OUVRAGES DE SOMAIZE AU SUJET DES « PRECIEUSES », établi par Charles-Louis Livet qui, quoique partisan de thèses aujourd’hui contestées, fut le premier historien moderne à travailler sur la préciosité au XVIIe siècle. Il réunit donc ici Le Grand dictionnaire des pretieuses, ou Clef de la langue des ruelles [salons], reprenant la seconde édition augmentée de 1660, Le Grand dictionnaire des pretieuses, historique, poetique, geographique, cosmographique, cronologique, & armoirique, d’après l’édition originale de 1661, ainsi que deux comédies, Les Véritables précieuses et Le Procès des précieuses, également d’après leurs originales de 1660. À cela, Charles-Louis Livet ajoute, en édition originale, sa propre étude biographique des « précieuses » intitulée Clef historique et anecdotique du Grand Dictionnaire des précieuses. Bel exemplaire relié dans l’esprit du XVIIe siècle. Beaux esprits du Grand Siècle – BOSSUET (Jacques-Bénigne) et alii. Manuscrit autographe signé de Félix-Sébastien FEUILLET DE CONCHES (signature avec paraphe sur une des premières gardes, et paraphes sur plusieurs feuillets), intitulé « Lettres inédites de Jacques-Bénigne Bossuet, du cardinal Le Camus, de Colbert, archevêque de Rouen, de Fénelon, de Claude Fleury, de Fléchier et de Mascaron, recueillies sur les originaux ». 1837-1838 et s.d. In-4, environ 390 pp., veau fauve, dos à nerfs cloisonné et fleuronné avec monogramme doré répété aux entrenerfs et pièces de titre brune et noire, encadrement à la Duseuil doré sur les plats, coupes filetées, dentelle intérieure dorée , coupes, mors et coiffes légèrement frottés (Niedrée). CORRESPONDANCES DE CELEBRES HOMMES D’ÉGLISE DU XVIIe SIECLE, PRINCIPALEMENT ADRESSEES AU PHILOSOPHE, THEOLOGIEN ET PHILOLOGUE PIERRE-DANIEL HUET, ami de Ménage et de madame de Lafayette, qui fut évêque d’Avranches, sous-précepteur du Dauphin auprès de Bossuet, et membre de l’Académie française. Parmi les autres destinataires se trouvent ici Bossuet, l’abbé Claude Nicaise, le futur évêque d’Auxerre Charles de Caylus, Michel Chamillart, le Père François de La Chaize, le cardinal Angelo Maria Quirini, mademoiselle de Montpensier ou mademoiselle de Scudéry. Avec une lettre de Charles Perrault, et les passages d’un livre de Pierre-Daniel Huet que, selon Feuillet de Conches, Jean Racine auraient indiqués de sa main comme ayant suscité son intérêt. Feuillet de Conches a accompagné l’ensemble de notes historiques et d’une table générale, rédigées par ses soins. Il a également illustré le volume en y ajoutant 5 planches gravées sur cuivre, portraits de Bossuet, Caylus, Fénelon, La Chaize, Quirini. LE DIPLOMATE, COLLECTIONNEUR, HISTORIEN ET FAUSSAIRE FEUILLET DE CONCHES (1798-1887) : entré dans la carrière diplomatique en 1824 sous la protection de Talleyrand, il occupa des postes importants jusqu’à sa retraite en 1874, notamment introducteur des ambassadeurs puis directeur du protocole avec statut de ministre plénipotentiaire. Durant cette période, il montra déjà un certain goût pour les « arrangements » avec la réalité, prenant le titre de baron et modifiant son nom de famille en « Feuillet de Conches », quoiqu’issu de la classe populaire, fils de Joseph-Philibert Feuillet et de Denise Conches. Il développa un goût pour la collection dès sa jeunesse, et fit l’acquisition de nombreux objets d’art et d’autographes, mais se montra parfois peu regardant sur leur provenance, et dut ainsi par exemple restituer une lettre de Montaigne à la Bibliothèque nationale. Il trouva dans ses collections et recherches la matière de nombreuses publications, en revue comme en librairie, études historiques et éditions de correspondances, dont le célèbre Marie-Antoinette et Mme Élisabeth, lettres et documents (1864-1873). Il fut cependant prouvé qu’il avait « inventé » des documents pour appuyer ses thèses, et même fait d’admirables faux pour en tirer profit chez les marchands, entre autres des lettres de Marie-Antoinette.

Estim. 600 - 800 EUR
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Lot 5 -

FRANÇOIS IER. 3 lettres signées « François » au vice-chancelier de Milan, Jean de Selve. S.d. Toutes avec petites perforations marginales dues au système de clôture, et marges rognées. DU TEMPS OU LE MILANAIS ETAIT FRANÇAIS. Proclamé roi en janvier 1515, François Ier se lança immédiatement dans une grande expédition guerrière pour reconquérir le Milanais, duché conquis en 1499 par son beau-père et prédécesseur Louis XII qui le perdit en 1513. Aidé entre autres du condottière Gian Giacomo Trivùlzio qui avait déjà participé à la conquête de 1499, le roi remporta la victoire de Marignan qui lui ouvrit les portes de Milan dès septembre 1515. Il put alors rentrer en France en janvier 1516, confiant à Jean de Selve la réorganisation judiciaire du duché, et au connétable de Bourbon l’autorité militaire (il serait ensuite remplacé par le maréchal de Lautrec). – Paris, « le viie jour de mars » [probablement 1517]. Avec contreseing du secrétaire du roi Nicolas de Neufville. « J’AY ESTE ADVERTY QUE LE PROCES DE ROCHEBLANCHE N’EST ENCORES VUYDE [contentieux fiscal concernant le château et les terres de Roccabianca], et pour ce que j’en désire la fin et expedicion..., je vous prie que avant tous autres procés, et en la meilleure dilligence que faire ce pourra, vous vacquez et entendez a icelle expedicion. Et vous y emploiez de vostre part en tout ce qu’il vous sera possible, de sorte que de brief ceste matiere preigne fin, et que mes droiz et auctorité, ensembles les decretz sur ce faiz y soient gardez et observez, et qu’il ne me soit besoing de plus en escripre, et vous me ferez plaisir et service trés agreable en ce faisant... » (1 p. in-4, adresse au dos avec apostilles anciennes). – Rouen, « le xixme jour de aoust » [1517]. Avec contreseing du secrétaire du roi Robert Gédoyn. « J’ESCRIPTZ BIEN AU LONG A MON COUSIN LE MARECHAL DE TREVOLSE TOUCHANT CENT MIL ESCUZ QU’IL EST BESOING DEMANDER A MES BONS ET LOYAUX SUBGECTZ DE MA DUCHE DE MILLAN POUR M’AYDER A FOURNIR CE QUE JE DOIZ AUX SUYSSES à ce prochain terme de Noel, qui est deux cens mil escuz d’un cousté et cinquante sept mil cinq cens escuz souleil d’autre, a cause de leurs pensions, et que l’on regarde et advise les meilleurs moyens que l’on pourra pour trouver ladicte somme, soit une porcion par forme de taillon [supplément à l’impôt de la taille], l’autre par croistre et charger les daces et sel [taxes sur les marchandises, et gabelle] jusques a ce que la somme soit acquictee, et aprés ladicte surcharge sera incontinant abolye. AUSSI J’EN ESCRIPTZ A MON COUSIN MESSIRE GALEAS VISCONTE [Galeazzo Visconti, de la famille des anciens ducs de Milan] duquel je me vueil ayder et servir en mes affaires comme de celuy qui le saura bien faire et dont j’ay toutalle fiance. ET PAREILLEMENT J’EN ESCRIPTZ A MON GENERAL DE MILLAN [Goffredo Ferrero, général des finances du duché de Milan] et sera besoing que vous trouvez ensemble pour communiquer de ceste matiere et regarder et adviser les meilleurs moyens que l’on pourra pour plus ayseement recouvrer ladicte somme. Et aprés me ferez savoir la conclusion et resolucion qui y sera prinse... » (1 p. in-folio, adresse au dos avec apostilles anciennes, petites taches marginales). – Mauny [dans le département actuel de Seine-Maritime], « le xxixme jour d’aoust » [1517]. Avec contreseing du secrétaire du roi Nicolas de Neufville. « Ainsi que j’escriptz à la cour de mon Sénat, j’ay par bonne deliberacion, adviz et conseil, fait, ordonné et ESTABLY PRESIDENT DE LA CHAMBRE DE MES INTRADES EXTRAORDYNAIRES DE MILLAN BARTHELEMY FERRIER [Bartolomeo Ferrero] pour ung an, pendant lequel je verray le prouffit et comodité qui m’en viendra et commant il se conduira [la Chambre des entrées extraordinaires jouait plus ou moins le rôle d’une Cour des aides, pour juger les contentieux fiscaux élevés relativement aux impôts extraordinaires]. Pour aprés le continuer et eriger en office ladite presidence si je voy que faire se doyt, et pour ce qu’il y a en aucunes jurisdictions de ma duché de Millan plusieurs procés du fait desdites intrades extraordinaires du temps du feu roy mon beau-pere que Dieu absoille, lesquez il est besoing faire vuyder a toute dilligence, j’ay donné charge audit Ferrier de les poursuyvre et vous prye et mande trés expressement que vous mandez et ordonnez a tous les fiscaulx et officiers de mondit duché... qu’ilz aient a les vuyder incontinant... » (1 p. in-folio, adresse au dos avec apostilles anciennes). HAUT MAGISTRAT ET DIPLOMATE PROCHE DU POUVOIR ROYAL, JEAN DE SELVE (1475-1529) était issu d’une famille de marchands depuis longtemps entrée au service de la monarchie. Juriste, il mena une brillante carrière judiciaire, d’abord comme conseiller au parlement de Toulouse, puis successivement comme premier président des parlements de Rouen, de Bordeaux et enfin de Paris. Il commença son ascension personnelle sous Louis XII, mais s’imposa après la bataille de Pavie (1525) comme un conseiller important, d’abord auprès de L

Estim. 2 000 - 3 000 EUR
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Lot 6 -

GUISE (HENRI DE LORRAINE, DUC DE). Lettre autographe signée « Henry de Lorraine » en qualité de gouverneur de Champagne, à Joachim de Dinteville, lieutenant général dans ce gouvernement. La Ferté-Alais [dans l’actuel département de l’Essonne], « ce xv » [date de réception manuscrite de l’époque du 16 novembre 1587]. 1 p. in-folio, adresse au dos , note marginale ancienne à l’encre en marge , traces de couture marginales dues au système de clôture, découpure marginale au feuillet d’adresse due à l’ouverture. LE DUC DE GUISE EN CAMPAGNE CONTRE L’ARMEE D’INVASION DES PRINCES PROTESTANTS ALLEMANDS. Manquant de troupes et d’argent, aidé tardivement par le renfort de compagnies envoyées par Joachim de Dinteville sur ordre d’Henri III, le duc de Guise laissa les ennemis s’épuiser en une longue course pour les battre en deux temps, à Vimory le 26 octobre 1587 et à Auneau le 24 novembre suivant. « ... Il a pleu au roy me mander vostre arrivee, mais j’ay esté tout estonné, n’ayant veu nulle mention de ce que je vous priay luy dire, ny de voz nouvelles. Je vous prie m’en mander les responces, sy je ne vous voy, au plus tost. Monsieur d’Aumalle s’en retourne [Charles de Lorraine, duc d’Aumale, gouverneur de Picardie, un des chefs ligueurs, et cousin du duc de Guise.] Ne le pouvant sur quoy arrester, comme nous avions devisé, cella n’acroît cette compagnie don[t] il faisoit bonne part, et faute d’argent... en enmene d’autres. Je m’avance vers Estampes ne pouvant vivre hors l’eau et ayme mieux courre fortune, passant prés des ennemis, que mourir de fain, au cul des armees. Or je vous prieray pour fin que j’ay de voz nouvelles bien particulierement, et je me recommanderay a vos bonnes graces... » UN DES FIDELES DE LA COURONNE DE FRANCE, JOACHIM DE DINTEVILLE (1540-1607) était issu d’une famille de noblesse champenoise modeste, mais bien implantée, alliée aux Choiseul, aux Livron, à des maisons autant catholiques que protestantes, et au service des rois de France depuis un siècle. Ayant pour sa part prouvé sa valeur et son habileté dans des missions délicates que lui avait confiées Catherine de Médicis, il fut en 1579 nommé lieutenant général de Champagne, ce qui révèle la confiance que le pouvoir royal lui portait : il devait œuvrer à maintenir la sécurité, réduire les exactions des hommes de guerre, et s’opposer aux extrémistes catholiques ou protestants qui ne respecteraient pas les traités, tout cela dans une province où le gouverneur Henri de Guise, ultra-catholique et rebelle à l’autorité royale, était fortement possessionné et très puissant. Le duc y avait acquis une position d’autant plus forte qu’après 1584 il avait rallié à lui une partie de la noblesse sur le programme ligueur. Dinteville, qui était hiérarchiquement subordonné à Guise, en vint cependant à ne plus prendre ses ordres que du roi. LE « BALAFRE », DUC DE GUISE ET CHEF REBELLE DE LA LIGUE. Brillant, cultivé, séduisant, courageux, charismatique, Henri de Lorraine (1550-1588) servit d’abord la royauté, comme grand maître de France et gouverneur de Champagne et de Brie, et fut un temps très proche du duc d’Anjou, futur Henri III. Après avoir fait ses premières armes en Hongrie contre les Turcs, il participa aux premières guerres de religion, joua un rôle direct dans l’assassinat de l’amiral de Coligny, fut blessé à Moncontour (1569) et à Dormans (1575) où il reçut le coup qui lui valut son surnom. La famille de Lorraine était alors puissante à la Cour, mais Henri de Guise, trop ambitieux, menant par ailleurs une vie moralement et financièrement déréglée, se vit refuser un mariage avec Marguerite de France, et dénier des rôles politiques ou militaires de premier plan. En 1578, tout en continuant de mener des actions contre les protestants, il entra franchement dans l’opposition au pouvoir royal, prenant des contacts avec l’ambassadeur d’Espagne, tentant d’organiser un débarquement en Angleterre. Après la mort du duc d’Anjou qui ouvrait faisait d’Henri de Navarre l’héritier de la Couronne, Henri de Guise se comporta en chef de parti rebelle, rallia les mécontents du clan catholique, et obtint des succès grandissants : en 1585 par le traité de Nemours, par lequel Henri III s’engageait à reprendre la guerre contre les protestants, en 1587, par ses victoires contre les troupes des princes protestants allemands, en mai 1588, par son entrée triomphale à Paris contrôlée par la Ligue, et en juillet 1588, par l’édit d’Union, par lequel Henri III acceptait d’intensifier encore la lutte contre les protestants et de faire de lui le lieutenant général des armées royales. Henri de Guise, qui revendiquait des ascendances carolingiennes, prenait un ascendant dangereux, les insurrections de la Ligue se multipliaient dans les villes de province, les États généraux de Blois et le Grand Conseil étaient en grande partie noyautés acquis aux Ligueurs, Catherine de Médicis manquait de fermeté, et des menaces sur la sécurité personnelle du roi se faisaient jour. Henri III

Estim. 400 - 500 EUR
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Lot 7 -

LOUIS XVI. Lettre autographe signée « Louis » au secrétaire d’État de sa Maison, Antoine-Jean Amelot de Chaillou. Versailles, 8 juin 1783. 1 p. in-4, adresse au dos, vestige de cachet de cire rouge, petite déchirure due à l’ouverture sur le feuillet d’adresse. « IL Y A LONGTEMPS, MON CHER AMELOT, QUE JE VEUX VOUS DONNER UN TEMOIGNAGE SIGNALE DE MA SATISFACTION POUR LES BONS ET LOYAUX SERVICES QUE VOUS RENDEZ A MA COURONNE DEPUIS PLUS DE TRENTE ANNEES. Fidel aux exemples de vos ancestres et spécialement d’Amelot marquis de Combronde, votre père [Jean-Jacques Amelot de Chaillou, qui fut intendant des Finances], qui sous le feu roy s’est honnoré par un désintéressement et une capacité au-dessus de tout éloge, vous avez presté à l’État et à moi-mesme l’appui de votre probité, de vos conseils et de vos talents. Il m’est bien agréable de vous récompenser en érigeant vos biens en marquisat et en vous conférant pour vous et vos enfants, le titre de marquis de Chailloux. J’en signerai avec plaisir les lettres patentes que j’ai recomendées à Vergennes et à Miromesnil [le garde des Sceaux Armand-Thomas Huë de Miromesnil, et Charles Gravier de Vergennes qui occupait alors plusieurs fonctions dont ministre d’État et chef du Conseil royal des Finances] , trouvez, mon cher Amelot, dans cette occasion et dans cette lettre ce qui est en mon cœur, mon estime et mon amitié pour vous... » FIDELE SERVITEUR DE LA COURONNE, ANTOINE-JEAN AMELOT DE CHAILLOU (1732-1795) fut président au Grand Conseil (1754-1764), intendant de Bourgogne (1764-1774), intendant des Finances (1774-1776) puis secrétaire d’État de la Maison du roi (1776-novembre 1783). Il s’opposa à la fronde du parlement de Dijon au moment de la réforme du chancelier Maupeou, se montra relativement libéral envers les protestants, anticipant l’édit de Tolérance de 1787, mais ne procéda pas aux restrictions budgétaires nécessaires dans la Maison du roi, et fut accusé d’abuser des lettres de cachet.

Estim. 1 200 - 1 500 EUR
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Lot 8 -

LOUIS XVI. Lettre signée « Louis » (secrétaire), contresignée par Armand-Marc MONTMORIN DE SAINT-HEREM en qualité de secrétaire d’État des Affaires étrangères, adressée au duc de Deux-Ponts, Charles II Auguste de Wittelsbach. Paris, 19 septembre 1791. 3/4 p. grand in-folio, adresse au dos , dans un portefeuille à dos et bandes de chagrin grenat, et à plats de papier imitation bois, avec pièce de titre de même cuir sur le premier plat. « MON COUSIN, JE ME FAIS UN DEVOIR DE VOUS INFORMER QUE JE VIENS D’ACCEPTER LA CONSTITUTION QUI M’A ETE PRESENTEE AU NOM DE LA NATION, et d’après laquelle la France sera dorénavant gouvernée : je ne doute pas que vous ne preniés part à un événement aussi important pour mon royaume et pour moi, et c’est avec un véritable plaisir que je saisis cette occasion pour vous renouveller les assurances de la bienveillance que je vous porte. Sur ce je prie Dieu qu’il vous ait, mon cousin, en sa s[ain]te et digne garde... » PARTISAN D’UNE MONARCHIE CONSTITUTIONNELLE, PROCHE DE MOUNIER, LA FAYETTE ET MIRABEAU, LE COMTE ARMAND-MARC DE MONTMORIN-SAINT-HEREM (1746-1792) était un proche de Louis XVI, ayant été son menin. Il avait aussi su lui inspirer confiance comme officier et diplomate, notamment quand, ambassadeur en Espagne en 1777, il avait réussi à rallier Charles III à la politique américaine de la France. À la mort de Vergennes, en 1787, il fut donc nommé secrétaire d’État des Affaires étrangères et eut à remplir la tâche délicate de diriger la diplomatie française au début de la Révolution. Sur l’échiquier politique intérieur, il se montra favorable à une monarchie à l’anglaise, et contribua à faire adopter le doublement du Tiers aux États généraux. Disgracié pour cela avec l’ensemble du Gouvernement Necker, il fut rappelé après la chute de la Bastille. Membre de la Société des amis de la Constitution, il fut pourtant un des rares à défendre ouvertement le roi et la reine, et s’opposa par ailleurs à l’idée d’un conflit militaire, s’attirant une grande impopularité : accusé d’avoir fourni des passeports à la famille royale lors de la fuite à Varennes en juin 1791, exclu du Club des Jacobins, et sommé par l’Assemblée de présenter un rapport sur la situation de la France vis-à-vis de l’étranger, il préféra donner sa démission le 30 septembre 1791. Il demeura la cible des Girondins qui le soupçonnaient d’être le chef du Comité autrichien, fut emprisonné peu après la chute de Louis XVI, à la fin du mois d’août 1792, et tomba parmi les victimes des massacres de septembre. PRINCE POSSESSIONNE D’ALSACE, LE DUC PALATIN DE DEUX-PONTS, SE TROUVAIT ALORS AU CŒUR D’UN DES ENJEUX DIPLOMATIQUES DE LA POLITIQUE REVOLUTIONNAIRE. Les princes dits « possessionnés » relevaient du Saint-Empire et possédaient des fiefs alsaciens enclavés dans le royaume de France depuis l’annexion de l’Alsace par la paix de Westphalie (1648) : le traité de Münster leur avait alors accordé le maintien de leurs droits féodaux sur ces fiefs en échange de leur reconnaissance de la souveraineté du roi France. Le duc de Deux-Ponts possédait ainsi de larges domaines autour de Wissembourg qui relevaient de ce statut. Les décrets d’août 1789 abolissant la féodalité lésaient donc les princes possessionnés dans ces droits. Le duc de Deux-Ponts, qui avait épousé une parente de Louis XVI, Marie-Amélie de Saxe, fit partie de ceux qui acceptèrent d’entrer en négociation pour obtenir un dédommagement, mais porta comme tous les autres son contentieux devant la Diète de Ratisbonne. Les princes d’Empire étaient divisés sur ce point entre bellicistes, pacifistes et attentistes, tandis que Montmorin-Saint-Hérem, austrophile, tentait de son côté de traiter la question indépendamment des rapports de la France avec l’Empire. L’empereur Léopold II d’Autriche, frère de Marie-Antoinette, souhaitait éviter un engagement militaire pour sauvegarder la famille royale (après la fuite à Varennes en juin 1791) et expliquait sa position en insistant sur le fait que Louis XVI avait l’intention d’accepter la Constitution (ce que Marie-Antoinette lui avait annoncé par lettre). Cependant, très francophobe, et par ailleurs désireux de ne pas laisser la Prusse belliciste prendre la contrôle de la Diète, Léopold II annonça en juillet 1791 qu’il prenait fait et cause pour les princes possessionnés, contracta une alliance défensive avec la Prusse, et signa en août la déclaration de Pillnitz – vague engagement en faveur de Louis XVI. Les émigrés français s’appuyèrent cependant dessus pour publier en septembre 1791 leur propre texte, dit « manifeste de Brunswick », fort menaçant à l’encontre du régime révolutionnaire et qui occasionna une forte émotion en France. La question des princes possessionnés est ainsi à ranger parmi les causes de la guerre qui opposerait la France à la Prusse et à l’Autriche. Provenance : l’écrivain, ésotériste, voyageur et collectionneur Hans-Hasso von Veltheim (1885-1956, estampille).

Estim. 3 000 - 4 000 EUR
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Lot 9 -

LOUIS XVIII (LOUIS-STANISLAS-XAVIER, COMTE DE PROVENCE, FUTUR). Lettre autographe signée [à la comtesse de Marsan, Marie-Louise de Rohan-Soubise]. Fontainebleau, 23 octobre 1765. 1 p. in-4, encre un peu pâlie, marques de colle angulaires, trace d’onglet au verso. « Petite chère amie, j’attends avec bien de l’impatience le moment où je vous reverrai. MONSIEUR LE DAUPHIN SE PROMENE DEPUIS TROIS JOURS EN CAROSSE ET IL A COMMENCE HIER A MANGER DU POULET [LE PERE DU COMTE DE PROVENCE, LE DAUPHIN LOUIS, SOUFFRAIT DE LA TUBERCULOSE, ET ALLAIT MOURIR le 20 décembre 1765] , je vous prie de demander à madame d’Haussy ce qu’elle veut que nous lui envoyons [sa sous-gouvernante, Jeanne-Thérèse de Launoy de Pencrec’h, marquise d’Haussy] et de me donner des nouvelles de Madame Elizabeth [sa sœur, née l’année précédente] , nous n’avons pas encore été à la chasse mais nous espérons y aller la semaine prochaine. Vous sçavez combien je vous aime et je continuerai toujours de vous aimer , je vous embrasse, petite chère amie, de tout mon cœur... » GOUVERNANTE DES ENFANTS DE FRANCE DE 1754 A 1776, LA COMTESSE DE MARSAN (1720-1803) fut notamment en charge de trois futurs rois, Louis XVI, Louis XVIII (qu’elle affectionnait particulièrement) et Charles X. Elle était la sœur du maréchal prince de Soubise et du cardinal de Soubise, la cousine du cardinal de Rohan, et l’épouse du comte de Marsan, Gaston de Lorraine (mort en 1743). La partie du palais du Louvre où elle résida fut ensuite appelée « pavillon de Marsan ». RARE LETTRE D’ENFANCE DU FUTUR ROI ALORS AGE DE NEUF ANS.

Estim. 600 - 800 EUR
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Lot 10 -

LOUIS XVIII. Lettre autographe signée [au comte Claude-Louis de La Châtre]. Gosfield Hall [Essex, en Angleterre], 4 février 1809. 2 pp. in-4. DEFENSE DE SON AMI LE DUC D’AVARAY ET ATTAQUE CONTRE LE COMTE DE PUISAYE. Chef chouan et agent royaliste très actif sous la Révolution, organisateur de l’expédition de Quiberon, Joseph de Puisaye était peu aimé en raison de son caractère et se voyait en butte à la méfiance des émigrés, notamment du comte d’Artois et de Louis XVIII. Il publié en 1809 des Mémoires en 1809 qui envenimèrent la situation, notamment par ses attaques contre le duc d’Avaray, Antoine Louis François de Béziade. Celui publia une réponse qui s’attira encore une réplique de Puisaye sous forme de libelle, dans la même année 1809. « Je reçois, mon cher comte, le rapport que vous me faites de votre conférence avec Lord Liverpool et M. Canning [le ministre des Affaires étrangères George Canning, et le ministre de l’Intérieur, Robert Jenkinson, comte de Liverpool]. Dans l’avis que vous avez donné au premier, relativement au duc d’Avaray, vous vous serez, je le crains, mal expliqué, c’est une chose simple, une démarche que ma délicatesse et mon respect pour l’autorité royale m’ont porté à vous charger de faire auprès du ministre, car en vérité, comme il ne s’agissoit nullement d’une création, d’un acte de royauté, jamais je ne penserois à faire dans les États d’un souverain qui accorde au cte de L’Isle [le duc d’Avaray, comte de L’Isle-Jourdain] un généreux asyle, je n’étois point tenu à cette participation. Pour éviter tout malentendu, je rétablirai les faits, les voici dans la plus grande exactitude. Étant dans les États de Paul Ier [de Russie], y ayant territoires, j’ai créé le Cte d’Avaray duc et pair de France, par lettres patentes du 12 avril 1798 , par un sentiment conforme à celui qui, quelques années auparavant, avoit fait décliner au d[uc] d’Avaray les honneurs de la grandesse, il me supplia de permettre que le don de reconnoissance et d’amitié que je lui faisois alors, fût ajourné à des temps plus heureux, et nous rendîmes ses parens et le lieu de leur honorable exil, dépositaires des lettres patentes de création. En 1807, en arrivant en Suède, où l’amitié de Gustave IV me donnoit les mêmes droits dont je fis usage auprès de Paul Ier, je voulois que le d[uc] d’Avaray prît alors son titre , il s’y refusa de nouveau. ATTAQUE AUJOURD’HUI DE LA MANIERE LA PLUS ODIEUSE PAR UN HOMME QUI ME CONFOND MOI-MEME DANS SES CRIMINELLES ET CALOMNIEUSES IMPUTATIONS, MON AMI M’AYANT DEMANDE LA PERMISSION DE PUBLIER UN RAPPORT QU’IL M’AVOIT FAIT QUINZE JOURS AVANT L’ATTAQUE ET UNE DENEGATION QUI DEVOILE LA BASSESSE DES MOYENS ET LA FAUSSETE DES ACCUSATIONS QUE M. DE PUISAYE OSE LUI ADRESSER DANS SON LIBELLE, J’AI REPONDU PAR UNE LETTRE OSTENSIBLE où je donne au d[uc] d’Avaray un titre qui depuis dix ans lui appartient, en lui enjoignant en même temps de joindre ma lettre à la publication qu’il alloit faire , c’étoit, je crois, le moyen le plus simple et le plus sage de faire parler à la fois mon mépris et mon estime. Le d[uc] d’Avaray a cependant cru que son dévouement même lui interdisoit de faire usage de la lettre ducale que je lui écrivois et c’est ainsi que je me suis vu réduit à rendre publique, en l’appellant auprès de moi, une dignité qu’il a méritée par vingt années des plus signalés services. ceci n’est donc pas une affaire et je vous charge de vous en expliquer ainsi avec les ministres. Pour terminer, et répondre au second point de votre lettre, je vous charge de prévenir Lord Liverpool que M. de Puisaye m’ayant fait demander de me soumettre, avant les nouvelles publications qu’il projette, ses prétendues preuves des crimes du d[uc] d’Avaray et celui-cy m’ayant demandé de les recevoir, j’ai nommé quelques personnes pour en faire l’examen. Je prends le parti de joindre à ma lettre une note résumée que je vous livre. Communiquez toute cette expédition d’Avaray, je n’ai le temps de lui écrire qu’un mot pour lui témoigner combien je sçais apprécier son silence... » L’ERRANCE D’UN PRINCE INEBRANLABLE DANS L’ADVERSITE ET LES HUMILIATIONS. Le futur roi avait quitté volontairement la France le 20 juin 1791 et était parvenu à Mons en territoire autrichien le jour de l’arrestation de son frère à Varennes. Ainsi débuta cette longue errance qui occupa le tiers de sa vie : privé de ses droits en France, il se proclama néanmoins régent le 28 janvier 1793 après l’exécution de son frère Louis XVI, puis roi le 24 juin 1795 après la mort de son neveu Louis XVII. Son sort fut cependant mal assuré, et il dut changer fréquemment d’asile, au gré des hasards et des expulsions : après Mons, il séjourna à Bruxelles, Coblence, Hamm, Vérone, Riegel, Blankenburg, Mittau, Varsovie, Blankenfeld, de nouveau Mitau, puis, à partir de 1809, neuf ans à Hartwell House en Angleterre chez le Révérend John Lee. UN DES PLUS PROCHES SOUTIENS ET AMIS DE LOUIS XVIII EN ANGLETERRE, CLAUDE-LOUIS DE LA CHATRE (1745-1824) appartenait à une

Estim. 800 - 1 000 EUR
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Lot 11 -

LOUISE DE SAVOIE. Lettre signée « Loyse » en qualité de régente du royaume de France, contresignée par Florimond Robertet en qualité de secrétaire de la Chambre, en charge de la diplomatie française, [adressée à Jean de Selve, chef de la délégation française à Madrid]. Lyon, 20 juin [1525]. 1 p. in-folio, adresse au dos , petites perforations marginales dues au système de clôture. NEGOCIATIONS POUR LA LIBERATION DE FRANÇOIS Ier PRISONNIER DE CHARLES-QUINT APRES LE DESASTRE DE PAVIE. Fait prisonnier sur le champ de bataille de Pavie le 24 février 1525, le roi fut emmené captif à Madrid, et sa libération conditionnée à l’acceptation des exigences démesurées de Charles-Quint. LA REGENTE, LOUISE DE SAVOIE, MERE DE FRANÇOIS Ier, et Florimond Robertet, le chef de la diplomatie, dépêchèrent alors Jean de Selve en Espagne, à la tête d’une délégation comprenant également François de Tournon et Philippe Chabot, pour négocier avec les représentants de l’empereur, le chancelier Mercurino Arborio, marquis de Gattinara, et l’amiral Hug de Montcada. Ses instructions, au regard de l’urgence de la situation, précisaient que tout était négociable, sauf le retour de la Bourgogne aux Habsbourg – mais Charles-Quint demeura inflexible et, par le traité de Madrid, François Ier dut accepter toutes ses conditions. Il fit cependant savoir à Jean de Selve que ses promesses lui avaient été arrachées par la force et qu’il les considérait comme nulles et non avenues. Le roi put rentrer à Paris en mars 1526, et le parlement, présidé par Jean de Selve, refusa donc l’enregistrement de ce traité. « J’ay veu ce que vous m’avez escript par monsr de Lignane [Alessandro di Lignana, conseiller et chambellan impérial, gendre du chancelier Gattinara], et pareillement les lettres qu’il m’a apportees de monsr le chancellier de l’empereur, sur quoy je luy faitz responce telle que vous verrez par icelle que je vous envoye, affin que à vostre arrivee devers l’empereur vous les luy baillez. Et aprés ENTREZ EN BESONGNE AVECQUES LES DEPPUTEZ DUDIT EMPEREUR, et respondez aux quatre pointz principaulx contenuz en sa lettre, lesquelz sont telz que vous trouverez cy-dedens escriptz. Et sur iceulx ENSUYVREZ VOZ INSTRUCTIONS ET CE QUI VOUS A ESTE DIT ICY AVANT VOSTRE PARTEMENT. CAR IL ME SEMBLE QUE C’EST CE QU’ON Y PEUT ET DOIT FAIRE ET LE CHEMYN QU’ON A A TENIR EN CESTE MATIERE, comme vous saurez bien faire. Il y a une autre lettre adressant audit chancellier, par laquelle je luy prie qu’il vueille prendre en main et embrasser ceste paix, laquelle vous luy baillerez pareillement. Et aprés luy porterez toutes les meilleur[e]s et plus honnestes parolles que vous pourrez, luy donnant bien a congnoistre la fiance et seurecté [confiance et sûreté] que j’ay en luy avecques esperance certaine qu’il s’y emploiera, et l’auctorité qu’il a en sorte que les choses prendront bonne et desiree yssue. Et de ce qui vous sera sur le tout dit et respondu et qui sera survenu m’advertirez tousjours et vous me ferez plaisir... » Sur Jean de Selve, voir ci-dessus le n° 5.

Estim. 600 - 800 EUR
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Lot 12 -

MAISTRE (XAVIER DE). Lettre autographe signée à la princesse Aldobrandini. Rome, 28 décembre 1830. 2 pp. 1/2 in-12 sur papier à réglure ornée filigranée, adresse au dos , petite déchirure due à l’ouverture sans atteinte au texte, pâles rousseurs. « En recevant votre réponse, Madame la princesse, j’ai reçu en même tems une lettre de mad[am]e de Marcellus qui m’annonce qu’elle a renoncé au voyage d’Italie et que son mari vient seul [Lodoïs de Marcellus et sa femme Valentine de Forbin étaient des amis intimes de Xavier de Maistre]. Cela nous afflige beaucoup, cette bonne vicomtesse est bien tourmentée par votre politique françoise. Dieu veuille qu’elle tire de tant d’indécision un résultat heureux, on dit même ici que Mr de La Ferronays ne retarde tant que pour ne pas venir et que probablement il aura une autre destination pendant l’hyver [officier émigré puis diplomate, Auguste Ferron de La Ferronays avait été nommé ambassadeur de France à Rome quelques mois auparavant mais n’avait pas adhéré à la monarchie de Juillet]. Puisque vous avez eu l’extrême bonté d’offrir à ma femme de vous charger de quelques commissions, je me hasarde à vous prier d’en faire une pour elle mais à son insçu. Comme cous sommes maintenant dans le monde, elle n’a point de coiffure pour les fêtes de ce carnaval. Natalie [Natalia Ivanova Ivanov, fille adoptive de l’épouse de Xavier de Maistre] me conseille donc de vous prier de lui en apporter une dans vos cartons de voyage, elle est sûre que personne ne peut faire cette emplette importante avec plus de goût, et que vous devinerez précisément ce qui convient , il est impossible ici de rien avoir de bon... » Adèle de La Rochefoucauld avait, sur injonction de Napoléon Ier, épousé Francesco Borghèse, prince Aldobrandini, beau-frère de Pauline Bonaparte et général d’Empire, rallié à la monarchie en 1814. MILITAIRE, DIPLOMATE, ECRIVAIN ET PEINTRE, XAVIER DE MAISTRE (1763-1852) était le fils d’un président du Sénat de Savoie, et le frère de l’homme politique, historien et philosophe Joseph de Maistre. Il mena une carrière d’officier, d’abord dans l’armée sarde (1781-1798), engagée contre la France révolutionnaire, ensuite dans l’armée russe, au service de Bagration et de Souvorov (1799-1800), puis comme colonel dans les opérations du Caucase (1809-1810), comme membre de l’état-major du tsar dans la campagne de Russie (1812), et enfin comme général dans les campagnes de Saxe et de France (1813-1815). En Russie, il vécut sous la protection du prince Gagarine puis de la princesse Chakhovskoï (épousant une nièce de celle-ci), sa nièce et filleule se maria avec l’écrivain Pouchkine, et il fut de 1805 à 1809 directeur de la blibliothèque et du musée de l’Amirauté à Saint-Pétersbourg. De 1826 à 1838, il vécut en Italie pour rétablir la santé de ses enfants, rentra en 1839 en Russie et y demeura jusqu’à sa mort. UN DES PRECURSEURS DU ROMANTISME, Xavier de Maistre publia plusieurs ouvrages dont VOYAGE AUTOUR DE MA CHAMBRE (1794), qui, composé sur le principe de discursivité spirituelle mis à la mode par Laurence Sterne, a exercé une certaine influence sur les auteurs de l’école romantique par la place qui y est accordée à l’introspection.

Estim. 150 - 200 EUR
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Lot 13 -

MARIE-ANTOINETTE. Copie manuscrite en imitation de son écriture, du XIXe siècle, d’une lettre à l’ambassadeur d’Autriche en France, le comte Florimond de Mercy-Argenteau. [Paris], « ce mardy 27 » [janvier 1789]. 2 pp. 1/4 in-12. UN FAUX D’ADMIRABLE FACTURE. LE TEXTE EN EST CELUI D’UNE VRAIE LETTRE DE MARIE-ANTOINETTE, CONCERNANT UN PROJET D’ALLIANCE ENTRE LA FRANCE ET LA RUSSIE. Elle figure bien, sans mention de localisation, dans l’édition de référence de la Correspondance de Marie-Antoinette procurée en 2005 par Evelyne Lever (Paris, Tallandier, 2005, p. 477). En revanche, le papier semble postérieur, trop fin, avec morsures d’encre, tandis que l’enveloppe semble faite artisanalement et porte un cachet de cire inhabituellement taché de suie. Cette lettre fut publiée pour la première fois en 1864 par Félix-Sébastien Feuillet de Conches (connu pour ses faux), qui indiquait en avoir pris copie aux Archives impériales d’Autriche et la datait de mai 1789 dans son ouvrage Louis XVI, Marie-Antoinette et Madame Élisabeth, lettres et documents inédits (Paris, Henri Plon, t. I, pp. 221-222, n° cxxxvi). Elle fut rééditée en 1891 par Alfred von Arneth (directeur des archives de l’État autrichien) et Jules Flammermont, qui, toujours sans mention de localisation, en donnèrent une description qui n’est pas conforme au présent document (Correspondance secrète du comte de Mercy-Argenteau avec l’empereur Joseph II et le prince de Kaunitz, Paris, Imprimerie nationale, t. II, p. 225). Cette description mentionne une apostille autographe de Mercy-Argenteau ici absente et, à l’inverse, ne signale pas l’apostille imitant la main de la reine, « copie de ma lettre ... 2 may 1789 », qui fut ensuite grattée.

Estim. 800 - 1 000 EUR
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Lot 16 -

POMPADOUR (JEANNE-ANTOINETTE POISSON, MARQUISE DE). Lettre autographe [au duc de La Vallière, Louis-César de La Baume Le Blanc]. S.l., [fin de juin 1758]. 2 pp. in-12. TRES BELLE LETTRE SUR LA BATAILLE DE CREVELT, OU SON PROTEGE LE COMTE DE CLERMONT FUT REPOUSSE PAR LES PRUSSIENS. Placé à la tête de l’armée de Hanovre comprenant 47000 hommes mal équipés et frappés par les maladies, le comte de Clermont Louis de Bourbon-Condé, dut affronter les 30000 soldats du prince de Brunswick. Malgré l’héroïsme et la valeur du comte Claude Louis Robert de Saint-Germain, il dut faire retraite. La marquise de Pompadour, qui minimise ici la portée de l’événement, écrivit le 28 juin 1758 une lettre de remontrances au comte de Clermont à qui elle rappelait qu’il était un petit-fils du Grand Condé. « Md la maréchalle ne pouvoit rien vous apprendre hier matin, Broche [Madame de Pompadour le surnommait affectueusement « M. de Broche », « Broche » ou encore « Brochet »], le courier du soir a apporté quelques détails peu considérables, je les ay fait copier pour vous les envoyer, j’en joins un du costé de la Bohème. LA LISTES DES MORTS ET BLESSES PASSE 5000 H[OMMES]. CELA EST TERRIBLE, nous nous sommes battus comme des Césards mais que peuvent 15 b[ataill]ons et 16 es[cadrons] contre 40000 h[ommes]. Les ennemis onts prodigieusement perdus. Ils nous onts fait perdre aussy par le canon, la retraite malgré la canonade s’est fait dans le plus grand ordre, et l’armée qui par le dernier courier étoit à Wering [Worringen, entre Düsseldorf et Cologne], ne ce croit pas battue et veut recommencer. Il n’y a de gens de la Cour que le malheureux Gisords blessé très dangereusement, Mr de Muy deux coups de sabre sur les mains, Mr de Maillé, l’épaule fracassé, Mr de Locman le bras cassé, tous les autres n’ont que des contusions, ou des coups très légers, Mr de Montmorency en a une, il a fait des merveilles. [Madame de Pompadour évoque ici Louis-Marie Fouquet de Belle-Île, comte de Gisors, commandant les carabiniers, qui allait mourir de ses blessures, Louis-Nicolas-Victor de Félix, chevalier Du Muy, commandant l’aile gauche de la cavalerie à Crevelt, futur ministre et maréchal, le comte Charles-François de Maillé, colonel du régiment de Condé, Ulrich Lochmann, colonel du régiment suisse portant son nom, le duc Anne-François de Montmorency, colonel du régiment de Touraine.] Le roy est toujours très fâché, ma santé est en fort mauvais ordre. S[a] M[ajesté] va chasser demain à S[ain]t-Hubert, lundy le voyage. J’espère que votre santé vous permettra d’y venir. Bonjour, Broche. » LE DUC DE LA VALLIERE, PROCHE DE LOUIS XV ET DE LA POMPADOUR, FUT UN DES PLUS GRANDS BIBLIOPHILES DE SON TEMPS. Il loua son château de Champs-sur-Marne à la marquise.

Estim. 1 000 - 1 500 EUR
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Lot 19 -

STRASBOURG. BRETEUIL (LOUIS-CHARLES-AUGUSTE LE TONNELIER DE). LETTRE SIGNEE A FRANZ-GEORG VON DITTERICH. VERSAILLES, 1ER FEVRIER 1785. 1 P. IN-4. « J’ai reçu la lettre... que vous avez pris la peine de m’écrire..., qui accompagnoit un exemplaire du discours que vous avez prononcé dans l’Université de Strasbourg à l’occasion du portrait dont Sa Majesté lui a fait présent. Je suis sensible à cette marque de votre attention. Recevez-en mes remerciemens et croiez qu’on ne peut être plus sincèrement que je le suis,... votre très humble et très aff[ectio]né serviteur... » Louis XVI avait offert son portrait à l’Université catholique de Strasbourg en 1781, et Franz-Georg von Ditterich, qui y enseignait le droit canonique, publia en 1784 un panégyrique latin en remerciements, Ludovico XVI regi christianissimo ob donatam sui effigiem gratias egit. Tenant de l’orthodoxie catholique ultramontaine, il fut le personnage clef d’une célèbre polémique sur le droit des souverains d’intervenir dans le domaine religieux, s’opposant notamment à ses anciens condisciples Johann-Wolfgang von Goethe et Jean de Turckheim. MINISTRE DE LA MAISON DU ROI, LE BARON DE BRETEUIL (1730-1807) était petit-neveu du ministre de la Guerre de Louis XV, cousin du duc de Tonnerre, et neveu de la savante Émilie Du Châtelet qui fut la compagne de Voltaire. Il mena d’abord une double carrière militaire et diplomatique, colonel en 1759 et maréchal de camp en 1780, il fit surtout ses preuves dans la diplomatie, ambassadeur à Cologne (1758-1760), à Saint-Pétersbourg (1760-1763), à Stockholm (1763-1770), à Naples (1770-1775), et à Vienne (1775-1783). Ayant gagné la confiance et l’amitié de Louis XVI, il fut nommé conseiller d’État en 1781, et entra alors dans la carrière ministérielle : secrétaire d’État de la Maison du roi (1783-1788) avec rang de ministre d’État, il eut l’intérim de la Guerre en 1787, et fut chef et président du Conseil royal des Finances (trois mois, en 1789). Philanthrope, attaché aux œuvres de bienfaisance, il fut également l’un des artisans avec Malesherbes, de l’Édit de Tolérance envers les protestants, et lança divers travaux d’urbanisme à Paris. Il fut de ceux qui, avec le marquis de Bouillé, organisèrent en juin 1791 la fuite de Louis XVI interrompue à Varennes. Il émigra alors et ne rentra en France qu’en 1802. AUTORITAIRE ET VIVEUR, IL FUT EGALEMENT UN GRAND LECTEUR ET UN MECENE.

Estim. 150 - 200 EUR
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Estim. 750 - 800 EUR
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Lot 47 -

JEAN URBAIN GUERIN (1761-1836) Portrait d’Honoré Gabriel Riqueti, comte de Mirabeau, en buste. Dessin au crayon, lavis et rehauts de gouache, à vue ovale. Sous verre. Cadre doré sculpté. 32 x 25 cm. A.B.E. Vers 1791. Historique : Ce dessin est probablement le modèle de la gravure de Fiesinger (1723-1807), ami et collaborateur de Guérin, déposé à la Bibliothèque nationale le 15 germinal An VI. Guérin a immortalisé les traits de Mirabeau sur le vif, sans séance de pose, en avril 1790, à l’époque où il réalisait beaucoup de portraits de députés. On citera les propos du graveur Henriquel DUPONT quelques années plus tard sur ce portrait : « Vous, monsieur, je suis surpris que vous jugiez avec tant de sévérité l’œuvre de Guérin, j’aurais cru tout au contraire à votre sympathie, en vérité, il n’a pas fait un Adonis, ne savons-nous pas tous que Mirabeau était laid ? Il le savait bien, lui, mais comme le peintre a su illuminer cette figure si irrégulière par l’expression du génie et de la puissance! Il faut être un grand artiste pour cela, monsieur, la peinture de Boze est le portrait d’un homme quelconque, Guérin nous a conservé Mirabeau. » Sources et bibliographie : Charavay, Une famille de peintres alsaciens, les Guérin, Paris, 1880. Jules Renouvier , Histoire de l’art pendant la Révolution, Paris, 1863. Henry Marcel, Essai sur l’iconographie de Mirabeau, La Revue de l’Art ancien et moderne, 1901. Pierre Baptiste Guillemot et Arnaud de Gouvion Saint-Cyr, « Le peintre et ses graveurs (Jean-Urbain Guérin et Frantz-Gabriel Fiesinger) » in Traditions, n°26, Juin 2019. Provenance : Vente Fontainebleau, étude Osenat, 1er juillet 2018, lot 195. Le lot suivant était la aussi un dessin de Guérin préparatoire à la gravure du Général Kléber.

Estim. 3 000 - 4 000 EUR
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Lot 61 -

CHAISE HISTORIQUE PROVENANT DU SALON DE LA PRINCESSE DE LAMBALLESAISIE A VERSAILLES PENDANT LA REVOLUTION  Chaise de salon en acajou et placage d’acajou, le dossier à grille. Elle repose sur quatre pieds fuselés et cannelés. Estampille de Jean-Baptiste Sené. Porte la marque au fer « Assnat », pour Assemblée Nationale.Vers 1787.H : 86,5 – L : 47,5 – P : 42 cm  Historique :Cette chaise fait partie d’un ensemble de 24 chaises, livré le 27 mars 1787, pour le service de la princesse de Lamballe, surintendante dela Maison de la Reine (ref : 013641). Celle-ci témoigne des saisies révolutionnaires et des réemplois qui pouvaient être réalisés au profitdes nouvelles Institutions.Provenance :Paris, Daguerre, vente Collection Achille Fontaine (1836 -1912), n° 265.Bibliographie :Pierre Verlet, Le mobilier royal français, édition Picard, 1992, n°35 P.150-151OEuvres en rapport :- Archives Nationales, deux chaises du même modèle.- Vente, Neuilly, 6 décembre 2013, n° 161.Biographie :Marie-Thérèse-Louise de SAVOIE-CARIGNAN, princesse de Lamballe, dite « Mademoiselle de Carignan » ou « Madame de Lamballe ».Princesse de la Maison de Savoie née à Turin le 8 septembre 1749 et morte à Paris le 3 septembre 1792.En 1767, elle épouse Louis-Alexandre de Bourbon, prince de Lamballe, fils du duc de Penthièvre (lui-même fils du comte de Toulouse filslégitimé de Louis XIV et de Madame de Montespan) et héritier d’une branche légitimée de la famille royale de France. Elle est veuvel’année suivante, à 19 ans.Amie de la dauphine Marie-Antoinette qui, devenue reine, la nomma surintendante de sa maison, elle fut supplantée par la duchesse dePolignac dans l’affection de la souveraine, à qui elle resta néanmoins toute dévouée, ce qu’elle paya de sa vie.Jean-Baptiste-Claude SÉNÉ (1747-1803)Menuisier en siège – maîtrise obtenue le 10 mai 1769 : A l’égal de Georges Jacob, Jean-Baptiste-Claude Sené est considéré comme leplus grand menuisier en siège français du règne de Louis XVI.Connu pour sa très grande production aussi bien que pour la longévité de sa renommée,fils aîné du menuisier Claude I Sené, Jean-Baptiste-Claude Sené s’impose sans équivoquecomme le plus célèbre des menuisiers parisiens de sa lignée. Depuis la rue de Cléry àl’enseigne du « Gros Chapelet » où il exerce, son talent suscite très vite un grand intérêt.Sené voue les premières années de sa carrière au service d’une clientèle privée à laquelleil livre des sièges Louis XVI aux lignes pures, soignés, raffinés, bien proportionnés, maisclassiques. De 1785 à 1791, il figure avec Jean-Baptiste Boulard parmi les fournisseursréguliers du Garde-Meuble de la Couronne. Il bénéficie alors de commandes pour leschâteaux de Saint-Cloud, Versailles, Fontainebleau ou encore Compiègne du Roi, de laReine mais aussi pour plusieurs membres de la famille royale, pour lesquels il réalise dessièges de la plus haute et belle qualité. Pour les commandes les plus élaborées, il collaboreavec Boulard.

Estim. 5 000 - 8 000 EUR
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Estim. 100 - 150 EUR
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Lot 81 -

DOMENICO GUIDI (1625-1701) ET, PROBABLEMENT, PIERRE LE GROS II, DIT LE JEUNE (1666-1719), D’APRES Louis XIV en pied Plâtre patiné façon terre cuite , sur un socle en bois peint France, premier tiers du XIXe siècle H : 128 cm, Hauteur totale avec socle : 208 cm Le modèle de ce portrait en pied de Louis XIV est le premier marbre romain connu à son effigie, conçu et commencé par Domenico Guidi en 1697 puis achevé par un sculpteur français, vraisemblablement Pierre Le Gros le Jeune, en 1699. Dans une Europe divisée par les conflits militaires et tensions politiques autour de la future succession d’Espagne, son commanditaire, le prince Guido Vaini, affiche publiquement son soutien au parti ludovicien dont il a hissé les armes sur la façade de son palais. Au sein de la Ville-Éternelle, siège de la papauté et point convergeant des monarchies européennes, les partisans du Saint-Empire de Léopold 1er s’insurgent. La commande par le prince Vaini d’un marbre plus grand que nature du Roi-Soleil provoque curiosité et inquiétude. Le choix du sculpteur ajoute à la fébrilité des partisans du Saint-Empire. Les liens de Domenico Guidi avec la France sont en effet connus : il a milité pour le rapprochement de l’Accademia di San Luca avec l’Académie royale de peinture et de sculpture, et son marbre de la Renommée écrivant l’Histoire du Roi a obtenu tous les suffrages de Louis XIV à son arrivée en France (vers 1677-1685, parc du Château de Versailles). Pour le prince Vaini, Guidi représente le monarque vêtu de la cuirasse et couronné du laurier des empereurs romains. Le manteau fleurdelisé des rois de France qui couvre ses épaules le distingue néanmoins de ses augustes prédécesseurs. Il brandit de sa main gauche le bâton de commandement, son pied gauche repose sur un globe et le droit foule une peau de lion jetée à terre. Si le message a perdu avec le temps de sa lisibilité, pour les contemporains de Guidi l’attaque à l’encontre de Léopold 1er est sans équivoque. Le globe foulé par Louis XIV est en effet un emblème régalien récurrent dans les représentations de Charles Quint, symbole de son insatiable soif de conquête. La peau de lion - dépouille de Nemée terrassé par Hercule - est un autre attribut fréquemment associé à l’empereur du Saint-Empire germanique, illustrant sa toute-puissance à l’égal d’une divinité de l’Antiquité. Le lion fait probablement aussi référence aux armes de Charles Quint et de Philippe II. Guidi procède ainsi au remploi des symboles régaliens Habsbourg en les soumettant à l’autorité ludovicienne. La peau de lion jonchant le sol a perdu de sa superbe, elle n’est plus que la dépouille d’une puissance humiliée, piétinée par Louis XIV dominant à son tour le monde. À la vieille du XVIIIe siècle, autour de Charles II - monarque sans héritier a` la sante´ chancelante - la question de la succession d’Espagne attise les tensions entre Louis XIV et Le´opold 1er. Les deux monarques ayant pour épouse une fille de la maison d’Espagne, ils peuvent chacun prétendre légitiment à sa succession. Dans ce contexte sous haute tension, le marbre sur lequel Guidi travaille dans le secret de son atelier est perçu comme un violent camouflet par la faction Habsbourg. L’émissaire impérial à Rome, Georges Adam, comte de Martinitz, est furieux. Il relate à l’empereur les rumeurs en cours à Rome et précise : « […] Il faut savoir que le marquis Vaini avait commandé à Guidi de sculpter le monde sous le pied gauche et le lion à côté du pied droit. Mais on fit comprendre à l’artiste par un message secret que s’il s’exécutait, il terminerait sa statue dans l’autre monde. » (cf. H. Ziegler, op. cit., p. 85). Les propos sont sans équivoque : Guidi est menacé de mort par les partisans du Saint-Empire. Le sculpteur obtempère – malgré le soutien répété des autorités françaises à Rome - et laisse inachevé ce marbre qui pourrait lui coûter la vie. L’identité du sculpteur qui lui succéda n’est pas documenté mais une missive de mai 1699, adressée à Louis XIV par le chargé des affaires françaises, le cardinal de Bouillon, précise : « […] L’ouvrier italien qui l’a faite a été plusieurs fois intimidé par les menaces secrètes de l’ambassadeur de l’Empereur pour l’empêcher de mettre le monde sous les pieds de cette statuë, c’est ce qui a obligé M. le Prince Vaini de la faire achever chez luy par un ouvrier françois […]. » (cf. H. Ziegler, ibidem, pp. 87-88). Pierre Le Gros, ancien pensionnaire de l’Académie de France à Rome et définitivement établi dans la Ville-Éternelle à partir de 1695, a certainement été en rapport avec Guidi au sein de l’Académie. De plus, il a déjà travaillé pour le cardinal de Bouillon (Mausolée de Frédéric-Maurice de la Tour d’Auvergne, duc de Bouillon, et d’Eléonore de Bergh, chapelle de l’Hôtel-Dieu, Cluny). Cette double connexion le désigne comme étant probablement le sculpteur français mentionné par le cardinal. En 1741, le marbre est finalement offert à Louis XV par le neveu du prince Vaini et transporté à l’Acad

Estim. 8 000 - 12 000 EUR
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Lot 82 -

ALBERT SEBILLE (1874-1953) Ces demoiselles de Marseille rentrent au port. Règne de Louis XIV. Grande huile sur toile signée en bas à droite. 1 x 1,90 m. B.E. Cadre à patine verte et dorée. Cette grande composition du peintre de la marine Albert SEBILLE montre le retour au port des galères royales sous le règne de Louis XIV. Biographie : Albert SEBILLE (1874- 1953), nommé peintre officiel de la marine en 1907. Il est méditerranéen, toute sa jeunesse a été passée à Marseille. Il a été formé aux beaux-arts de cette ville. En 1894, à vingt ans «il monte» à Paris. Il ne pratique pas l’impressionnisme, qui débutait à cette époque, il préfère la peinture narrative maritime surtout cela le conduit à être peintre officiel de la marine. Il participe à la guerre de 1914-1918.Apres la guerre, il s’attache au journal « L’ Illustration ». Son rêve publier « l’histoire universelle de la marine » (avec le concours de Georges Toudouze Charles de la Roncière, Tramond, Rondeleux., Dolfus, Lestonnat). Aquarelliste, dessinateur affichiste, l’Illustration a été pour lui un très important support. Il travaille pour la ligue maritime. Collabore avec la Transat Revue. Il s’occupe du musée de la marine durant la guerre. Son oeuvre est très importante et sous diverses formes. Il a contribué à l’ornementation des carrés du Georges Leygues, du Strasbourg, du Richelieu. Oeuvre en rapport : Osenat, La Royauté à Versailles, 24 mai 2020, n°28.

Estim. 2 000 - 3 000 EUR
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Lot 85 -

CLAUDE LEFEBVRE (FONTAINEBLEAU, 1632 – PARIS, 1675) Portrait d’un peintre, les mains appuyées sur son carton à dessins Circa 1670 Huile sur toile sergée à chevrons réguliers 77 x 60 cm (agrandi de chaque côté à 63,6 cm) Provenance : France, collection particulière Considéré comme l’un des meilleurs portraitistes français de la période pré-versaillaise du règne de Louis XIV, Claude Lefebre attend encore une vraie étude et une reconstitution de son œuvre, malgré les travaux menés par Daniel Wildenstein et Jacques Wilhelm. Ce fut un artiste de transition entre la génération des fondateurs de l’Académie de Juste van Egmont et Louis Elle, à la description minutieuse toute flamande, et celle de François de Troy – son élève – et de Nicolas de Largillierre, au pinceau alerte et suave. En même temps, plus que tout autre portraitiste de son époque, Lefebvre savait adapter sa manière à la circonstance, se montrant capable d’une précision remarquable aussi bien que d’un modelé fondu. Issu d’une importante famille de peintres travaillant pour Louis XIII, Claude Lefebvre se forma au contact des collections royales de Fontainebleau, sa ville natale, et sous la houlette de son père. Il entra ensuite dans l’atelier d’Eustache Le Sueur, puis chez Charles Le Brun qui, décelant son talent particulier pour le portrait, l’orienta tôt vers ce genre. Peintre du roi dès avant même d’être reçu à l’Académie en 1666, Lefebvre jouissait d’une grande notoriété et eut l’honneur de peindre le roi et la reine, ainsi que les plus grandes figures du royaume, depuis Colbert jusqu’à la Grande Mademoiselle. La brillante carrière du portraitiste fut interrompue par une mort prématurée à quarante-trois ans seulement. L’inventaire après-décès de l’épouse de l’artiste, Jeanne du Tilloy, dressé en 1674, et celui rédigé après la disparition de Claude Lefebvre le 20 avril 1675, recensent plusieurs dizaines de tableaux, y compris inachevés. Bien qu’inévitablement lacunaires, ces deux documents et la liste des portraits gravés d’après Lefebvre, donnent une idée très précise de sa clientèle. On y découvre les personnages importants de la cour comme le duc d’Orléans ou la fille de Madame de Sévigné, des prélats comme l’archevêque de Paris, mais également des comédiens comme François Juvenon dit La Fleur, des musiciens comme Charles Couperin, des gens de lettres comme Valentin Conrart et des gens des arts : les peintres Samuel-Jacques Bernard et Ephrem Le Comte (ill. 1), le graveur François Chauveau ou le sculpteur François Girardon. Si les débuts de l’artiste furent marqués par un goût nettement nordique, Lefebvre adopta rapidement des poses plus naturelles, sans rien perdre de l’élégance ni de la solennité. Il semble par ailleurs l’un des premiers à inscrire ses œuvres dans un ovale, tels le portrait présumé du juriste et auteur dramatique Thomas Corneille peint vers 1670 (ill. 2) ou l’Autoportrait de l’artiste (collection particulière). Ce dernier, bien que plus travaillé, semble assez proche de notre toile qui représente également un artiste comme l’indiquent le portefeuille à dessins et le porte-mine semblable à celui que tient Antoine Coypel dans son portrait par Gilles Allou (Versailles, inv. MV 3682). Son identité reste à découvrir, même si un certain air de famille avec Jean Jouvenet, lui aussi élève de Le Brun, pourrait laisser croire qu’il s’agit de son père, Laurent Jouvenet, dit le Jeune (1606-1681), peintre de Rouen. Quoi qu’il en soit, vu l’âge du modèle, c’est certainement un artiste de cette même génération qui paraît avoir été la première à pouvoir goûter aussi bien le portrait officiel commandé par l’Académie ou reproduit en gravure que le portrait intimiste destiné à un cercle familial. Témoignage d’une affinité, d’amitié ou de respect entre les confrères, ces représentations surprennent par leur immédiateté et acuité psychologique. Ici, la pose est décontractée et la gestuelle particulièrement naturelle, tandis que le regard ouvert et légèrement ironique, ainsi qu’un très léger sourire semblent exprimer mieux la personnalité du modèle que la biographie la mieux documentée. Le choix d’une toile sergée à chevrons réguliers – bien plus courante en France à cette époque qu’en Italie ou dans les Flandres et qui tend à ressortir avec le vieillissement de la couche picturale – se ressent dans le modelé, plus chargé dans les parties éclairées et plus estompé dans les parties sombres comme la chevelure et le vêtement. Le pinceau rapide et la main sûre sont ceux d’un grand maître, capable de saisir en quelques touches l’essentiel d’un visage ou l’ornement délicat d’un jabot en dentelle. A.Z. Bibliographie générale (œuvre inédite) : Théodore LHUILLIER, « Le peintre Claude Lefèbvre, de Fontainebleau », Réunion des sociétés savantes des départements à la Sorbonne. Section des beaux-arts, 16e session, 1892, p. 487-510. Eugène THOISON, « Claude Lefèbvre », Réunion des sociétés savantes des départements à la Sorbonne. Section des beaux-arts, 2

Estim. 2 000 - 3 000 EUR
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Lot 86 - JEAN-FANÇOIS COLSON (1733 - 1803)

JEAN-FANÇOIS COLSON (1733 - 1803)Oil on CanvasFrame : Old golden wood frame. Presumed portrait of Charles François Panard (Courville-sur-Eure 1689 – Paris 1765)Provenance : -Collection of Madame Georges Duruy, Paris, 1905-Private Collection  Bibliographie : - Georges Wildenstein, Chardin, Paris, 1921, n°459, not reproduced (Portrait du chansonnier Panard, par Chardin).- Les Arts, 1905, n°45, p.1-2, reproduced (Portrait du chansonnier Panard, par Chardin) -- Jean Guiffrey et Armand Dayot, J.-B. Siméon Chardin, Paris, 1907, reproduced (Portrait de Panard, par Chardin), cat. 121, reproduced p. 45.       Exhbitions : Chardin-Fragonard, Galerie Georges Petit, 1907 (according to the serial of the Press, Paris, 16 July 1836)         It starts in 1907 with Jean Guiffrey, that the old attribution of our painting of Chardin is contested. The authorship of its composition has been discussed for a long time, notably changing from Chardin to Duplessis. Our analysis allows us today to propose our painting as one of the masterpieces of the famous portraitist Jean-François Colson Jean-François COLSON was a son of a painter and he was surrounded by painting from the earliest age. Until his adulthood, he was the student of many masters, despite moving with his parents, to Dijon, Lyon, Grenoble, Avignon, Toulouse and even Paris. The paintings of his youth remind the simplicity of the works of Chardin, which is no doubt the reason to why our painting was a long time attributed to. In his first years of his career, the clientele of Colson was more varied. We know portraits of the court, bourgeois, clergymen, military officials, scholars, academics, musicians and actors. In 1771 he committed to the service of Godefroy Charles Henri de la Tour d’Auvergne, Duke of Bouillon (1728-1792), for whom he works almost exclusively for as director and authorizing officer of his buildings. At his death, he participates as well in the Salon of 1793, 1795 and 1797 to where he exhibits old and recent works.   Very critical of his contemporaries, he maintains rocky relationships with the members of Académie royale de peinture et de sculpture, and it wasn’t until the last few months of his life, the 2nd December 1802, that he was elected into the Académie des Sciences, des Arts et des Belles-Lettres de Dijon. We find in our portrait an ensemble of the characteristics specific to the works of Jean-François Colson. In a rectangular format, a man at three quarters strikes a pose in half obscurity rendered by a dark and neutral background, which does not stop the viewer to see facial features of the model perfectly. The beautiful harmony of the dark colours, created by the background and of the clothing of the model, emphasizes the delicacy of the lace of the garment frill and his sleeves. The naturalness of the pose and the sincerity of the expression of the character taken from life shows us the talent of the artist who preferred realism to the embellishment of its model.   The model of our painting is a mature man, probably around sixty years of age, wearing the trendy 1750s short hairstyle. He is sat behind a desk, leafing through a sheet music book surrounded by leaflets on which we can read the inscription Chanson… Panard as well as a book on the back of which is engraved the name of Chaulieu.  Considering these indications, we can think it is the famous songwriter Charles-François Panard (Courville-sur-Eure 1689-1765 Paris).   We know that Colson was introduced into the world of theatre and academia by his brother Jean-Claude, who was an actor in Paris. He was famous under pseudonym of Bellecour, and was dean of the Comédie Française in 1778, where Panard probably played during his lifetime. It is not impossible that Jean-François Colson, who himself wrote texts among which we cite the collection of Poésies Légègeres, having formed a friendly relationship with the songwriter through his brother.   Charles François Panard is one of the great men of the literary scene of the XVIII century. Poet, operetta and dramaturge author, he is especially recognized as one of the best song lyricists that France has ever had. He wrote verses “impromptu, full of ease, finesse and grace” (Louis Loir, Anecdotes de la vie littéraire, Paris 1876, p.95), and many compare the qualite of his verses to those of Jean de la Fontaine. Armand Gouffé (1775-1845), also a songwriter, wrote about Charles François Panard, the following verses that say about his success. « Panard de la chanson naissante,  Fut, chez Nous, le plus sûr appui ; Grâce à lui tout le monde chante,  Mais nul ne chante comme lui.»     Despite extensive production, Panard had to count of the financial support of his friends in the last years of his life. We can compare our painting to the portrait by Jean-Baptiste Gilles Colson, father of the artist, conserved at the Musée des Beaux-Arts of Dijon (oil on canvas, 92 x73 cm ; inv CA253). This painting was done by Colson nineteen years old, and probably was exposed many years later at the Salon of 1793, under the title Citoyen Colson Père.

Estim. 30 000 - 40 000 EUR
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Lot 87 -

HYACINTHE RIGAUD (1659-1743), D’APRES Portrait de Louis XV (1710-1774), âgé de 5 ans, assis sur son trône en grand costume royal Pastel ovale marouflé sur toile Sous-verre. Cadre en stuc doré. 82 x 65.5 cm Né en 1710, Louis XV devient roi de France suite au décès de son arrière-grand-père, Louis XIV, le 1er septembre 1715. Son grand-père, le Grand Dauphin, était effectivement mort en 1711, et son père, le duc de Bourgogne, ainsi que son frère aîné en 1712. Fragile survivant de la dynastie, il est donc un orphelin âgé de 5 ans lorsqu’il monte sur le trône de France. Jusqu’en 1722, date de sa majorité – 13 ans et un jour pour les rois, la régence du royaume est confiée à son oncle, Philippe d’Orléans. Le portrait du jeune monarque est commandé au peintre Hyacinthe Rigaud quelques jours seulement après la mort de Louis XIV. Un ordre écrit, daté du 18 août de l’année suivante et signé du jeune roi, intime l’ordre au prieur de l’abbaye de Saint-Denis de transmettre à l’artiste les emblèmes de la monarchie nécessaires à la réalisation du portrait. Celui-ci est achevé en juin 1717 et présenté au régent puis au roi, qui l’apprécient tant que vingt-quatre exemplaires en sont commandés par les Bâtiments du Roi. Ces répliques, destinées à orner les institutions du pouvoir à travers le royaume, sont confiées à l’atelier de Rigaud. Le peintre est en effet contraint de s’appuyer sur ses collaborateurs pour faire face à ces nombreuses commandes.

Estim. 1 500 - 2 000 EUR
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Estim. 1 000 - 1 500 EUR
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Estim. 4 000 - 6 000 EUR
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Lot 98 -

BIBLIOTHEQUE DE LA REINE MARIE-ANTOINETTE  PETITE BIBLIOTHEQUE DES THEATRES contenant un recueil des meilleurs pièces de théâtre français, tragique, comique, lyrique et bouffon depuis l’origine des spectacles en France, jusqu’à nos jours, Paris 1786 ».Reliure en maroquin rouge.Les plats aux armes de Marie-Antoinette encadrées d’un triple liseré. Dos à quatre fleurs de lys et deux puces de titre « Bibliot/des/théâtres (sic) », « Comique/Boursa/Racine ». Doré sur tranche. Porte plusieurs ex-libris « Jules Bizouard », « Mary Anna Marten », « Allington ».Inscription manuscrite à l’encre noire sur les pages de garde « Ce livre appartien à Alexandrine Lafontaine au poit a laglois (sic) Commune/de Vitry (…) en 1815 ».Dans un emboitage en maroquin rouge à long grain, à dos à cinq nervures et trois titres « Esope à la cour », comédie héroïque en cinq actes de Boursault et « Les Plaideurs », comédie en trois actes et en vers de Jean Racine et « Marie-Antoinette’S COPY »Emboîtage de la Maison Rivière & SonDimensions : petit in.16.B.E. Epoque XVIIIe siècle.  Provenance :-Bibliothèque de Marie-Antoinette, reine de France.Ce volume ni la série ne sont mentionnés par Paul Lacroix dans son catalogue de la bibliothèque de Trianon, ni par Ernest Quentin Bauchart.-Puis, bibliothèque de Alexandrine Lafontaine, de Vitry, voir ex-libris manuscrit sur les premières gardes (1815).-Jules Bizouard.-Mary-Anna Marten.-Famille Stuart d’Allington.

Estim. 4 000 - 6 000 EUR
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