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DU RÊVE À LA RÉALITÉ : L'ART AU XIXè SIÈCLE

mercredi 27 février 2019 - 14:30
Salle 6 - Drouot-Richelieu- 9, rue Drouot 75009 Paris
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27 févr. 2019

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N° 8
08 - ATTRIBUÉ À LEOPOLD ROBERT (1794-1835)
La halte des moissoneurs dans les marais pontins
huile sur toile
122 x 204 cm.

ETAT
Ce tableau a été diminué lors d’un cambriolage, il provient
directement des descendants du mécène et collectionneur du
peintre Francois Roullet-Mezerac, il s’agit probablement d’une
deuxième version réalisée par le peintre pour son mécène.

10 000 - 15 000 €

Oil on canvas; 48 x 80,3 in.

PROVENANCE
François Roullet-Mézerac, mécène de l’artiste.

Leopold Robert fut l’inventeur du pittoresque italien par lequel
le rustique fait revivre l’antiquité. C’est l’ancien monde auquel
la France cartésienne a tourné le dos depuis ses révolutions
industrielles et politiques. L’italien n’est alors plus le figurant
d’un monde romain antique dans les ruines duquel on cherche
un idéal esthétique depuis la Renaissance, mais il devient le sujet
d’un monde ancien encore bien vivant et dont la beauté sauvage
s’exprime dans les forts caractères des modèles, dans la farouche
jeunesse en embuscade dans les Abruzzes contre la police
autrichienne ou dans la femme du pêcheur pleurant sur sa maison
ruinée par un tremblement de terre près d’Ischia.

La Halte des Moissonneurs dans les Marais Pontins nous livre une
vision ensoleillée d’un soir d’été où la dureté du travail du jour laisse
place au délassement. Les attitudes des corps, les jeux de regards
sont empreints de vitalité et de naïveté. C’est sous cette lumière,
en prenant son élève Charlotte Bonaparte comme modèle pour la
première femme à gauche que va naître en secret dans le coeur
du peintre un amour caché qui le portera à se donner la mort à
Venise un an plus tard comme un nouveau Werther.

La Halte des Moissonneurs remporta la Médaille d’or du Salon de
1831 et valut la Légion d’Honneur à Léopold Robert, des mains du
roi Louis-Philippe. Une autre version de ce tableau est connue à
l’époque. Notre tableau, resté jusqu’à ce jour dans la famille de
François Roullet-Mezerac, est très probablement cette deuxième
version. Citoyen de Neufchâtel comme Léopold Robert, il fut son
mécène en Italie, son premier collectionneur, son soutien et son
ami.

Ce tableau a souffert lors d’un cambriolage mais ses dommages
sont superficiels, la matière de la peinture n’a pas été altérée.

08 ATTRIBUÉ À LEOPOLD ROBERT (1794 1835) La halte des moissoneurs dans les marais pontins huile sur toile 122 x 204 c…
Estimation - 10 000 - 15 000 €
Leclere - Maison de ventes - Marseille, France
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N° 12
12 - JEAN-BAPTISTE CAMILLE COROT (1796-1875)
ET THÉODORE CARUELLE D’ALIGNY (1798-1871)
Environs de Rome. Aqueduc de Claude
huile sur papier fort
26 x 55 cm.
Peint vers 1828

50 000 - 70 000 €

Oil on sturdy paper; 10.1/4 x 21.5/8 in.; painted circa 1828.

PROVENANCE
Collection privée, Europe.

Un certificat d’authenticité de Martin Dieterle sera remis à l’acquéreur.

«Un matin... Aligny, frappé par ce qu’il voit, laisse échapper
un cri d’admiration... et quand le soir au café, les plaisanteries
recommencent sur cette naïve application qu’on tourne en ridicule,
il impose silence aux rieurs en disant: ‘Mes amis, Corot est notre
maître.»
- Théodore Caruelle d’Aligny, cité in E. Moreau-Nélaton, Corot raconté par lui-même, 1924, vol. I, p. 16.

«Les études peintes par Corot, avant son séjour en Italie,
n’ont pas grand caractère [...] mais l’Italie le frappa beaucoup
par son climat éclatant, par son rigoureux contraste de lumière
et d’ombres, par la manière grandiose dont les masses se dessinent
sous son beau ciel. La longue observation d’un pays si franchement
éclairé devait lui rendre, pour l’avenir, le travail facile même
dans les contrées d’un aspect voilé. [...] La violence du climat italien
était un alliage indispensable au talent de Corot qui serait peut-être
tombé dans la mollesse à force de douceur; d’un autre coté,
sa nature fine, liante, toute française, l’a préservé de la sécheresse
que provoquait en lui un soleil implacable. »
Théophile Silvestre, Histoire des artistes vivants, 1853.

Crédité comme l’un des pionniers de la peinture en plein air, au même titre que Valenciennes, Michallon
et Caruelle d’Aligny, la première reconnaissance critique de Corot est sans doute dûe à ses paysages d’Italie,
réalisés lors de du premier séjour de l’artiste entre 1825 et 1828. Issu d’une famille de commerçants
parisiens aisés, Corot ne se consacre que tardivement à la peinture, à l’âge de 26 ans, en 1822. Elève
d’Achille-Etna Michallon quelques semaines, puis de Jean-Victor Bertin, auprès de qui il apprend «si peu
de choses», Corot ne s’est pas encore confronté au Salon, et c’est avec l’idéal du Grand Tour et du paysage
classique italien qu’il fait financer son voyage par ses parents, en décembre 1825. Véritable voyage
initiatique, Corot a plus tard considéré ce séjour comme le point culminant de sa formation, et y réalise
les oeuvres qui, de son propre jugement, correspondent le plus à sa sensibilité. Jugeant ses oeuvres de
plein-air comme la partie intime de son oeuvre, Corot n’en expose officiellement qu’une de son vivant (Le
Forum vu des jardins Farnèses, aujourd’hui au Louvre), des quelques cent cinquante produites lors de ce
premier séjour.

Parcourant Rome, Venise et Naples, Corot est loin d’être isolé et s’entoure de confrères venus, comme lui,
découvrir l’idéal italien. Il retrouve rapidement des camarades de l’atelier de Bertin, comme Léon Fleury et
Johann Karl Baehr, et rencontre sur place d’autres paysagistes comme André Giroux et Jacques Brascassat,
tous deux lauréats du prix de Rome. L’historien Vincent Pomarède souligne toutefois que durant cette
période, Corot était le plus souvent en compagnie de deux peintres: Edouard Bertin et Théodore Caruelle
d’Aligny. L’admiration du trio était réciproque, et Caruelle d’Aligny est l’un des premiers à reconnaitre en
Corot le maître incontestable du paysage en plein air. En plus de s’installer sur les mêmes sites, les peintres
pouvaient travailler ensemble en atelier et leurs oeuvres soumises aux critiques mutuelles; c’est probablement
dans ce cadre que la présente composition fut complétée.

Dans l’Aqueduc de Claude, les harmonies suaves du premier plan, les délicats dégradés du ciel et du bleu
des montagnes sont caractéristiques des études à l’huile de Corot, qui parvient à retranscrire la sereine
monumentalité des environs de Rome, dans la chaleur d’un après-midi d’été. On remarque l’attention
particulière accordée aux effets atmosphériques à l’arrière plan, avec la légère nuée au dessus des montagnes,
elles-mêmes bleuies par la distance. Les accents de lumières et d’ombres, très contrastés, dispersées
en touches rapides, rythment la palette et les textures autrement homogènes. Travaillant, il faut le
rappeler, avant l’apparition des tubes de couleurs, Corot lie ses pigments en atelier et les utilise sur le motif
avant leur séchage. Cette approche rapide et instinctive, révèle chez Corot sa compréhension des effets
atmosphériques, et sa capacité à capturer la monumentalité d’un paysage sur un petit format.

Les paysages de plein-air de Corot, même s’ils ne sont pas exposés officiellement, sont largement diffusés
dans les ateliers parisiens au retour de l’artiste, qui est connu pour son altruisme. Rapidement acclamées
par la critique, ces oeuvres sont aujourd’hui considérées comme déterminantes dans le développement
de l’impressionnisme, un demi-siècle plus tard. La présente composition, récemment redécouverte, en est
un exemple caractéristique.

12 JEAN BAPTISTE CAMILLE COROT (1796 1875) ET THÉODORE CARUELLE D’ALIGNY (1798 1871) Environs de Rome. Aqueduc de Clau…
Estimation - 50 000 - 70 000 €
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N° 41
41 - JULES JOSEPH MEYNIER (1826-1903)
La vierge et l’enfant
signé et daté ‘1893’ (en bas à gauche)
huile sur toile
85.5 x 67.5 cm.
Peint en 1893

2 000 - 2 500 €

Signed lower left; oil on canvas; painted in 1893.

PROVENANCE
Donné par Jules Joseph Meynier à Henriette Descat née Telliez,
artiste sculpteur qui exposait au salon la même année, resté dans
la famille depuis.

Jules-Joseph Meynier s’illustre comme digne héritier de ses
professeurs à l’école des Beaux Arts de Paris, Charles Gleyre et
Paul Delaroche. Fidèle exposant au Salon de Paris de 1853 à sa
mort, notre peintre témoigne d’une grande maîtrise de la peinture
académique.

Son oeuvre très variée, allant de la peinture d’histoire aux scènes de
genres, fut des plus appréciées à son époque.
Elle se manifeste à travers un dessin à la ligne maîtrisée et par
des couleurs douces que nous retrouvons dans notre tableau
représentant une Vierge à l’enfant. Ce dernier a son regard tourné
vers le spectateur, semblant vouloir l’introduire à la douceur de cette
scène à la fois maternelle et divine. Datée de 1893, cette oeuvre
est réalisée à dix ans de la mort du peintre, dévoilant une peinture
lisible respectueuse des canons et qui évoque les personnages de
Raphaël.

(Il connaît un vrai succès au cours de sa carrière, comme le montre
la présence d’une de ses oeuvres – la diseuse de bonne aventure –
dans la collection de Napoléon III.)

41 JULES JOSEPH MEYNIER (1826 1903) La vierge et l’enfant signé et daté ‘1893’ (en bas à gauche) huile sur toile 85.…
Estimation - 2 000 - 2 500 €
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